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Allen Iverson versus Vince Carter, NBA Playoffs 2001 : retour sur un duel épique, à base de matchs à 50 pions

C’est le très grand duel de ces Playoffs 2020 pour l’instant. Jamal Murray face à Donovan Mitchell. Les deux arrières, sur une autre planète lors de la série opposant Denver à Utah, sont sur le point de se disputer un Game 7 qui s’annonce tout simplement énorme. De quoi raviver quelques souvenirs. Retour en 2001, quand Allen Iverson et Vince Carter enchaînaient les matchs à 50 pions… 

Impossible de ne pas repenser à cette demi-finale de Conférence Est 2001 en voyant Murray et Spida se répondre du tac au tac avec des perfs de folie. Car c’était un peu le même délire à l’époque, avec deux joueurs en transe et face à face au cours de la même série de Playoffs, tout ça ponctué par un septième match décisif pour les départager. Il y a 19 ans, Allen Iverson et Vince Carter ont proposé l’un des plus gros duels de l’histoire de la postseason. Un duel qui a d’abord tourné à l’avantage du second. Game 1, 6 mai 2001 à Philadelphia. Les Raptors remportent la première rencontre de la série grâce à 35 points et 7 passes décisives de VC. En face, Iverson plante 36 pions mais se montre particulièrement maladroit au tir avec un 11/34 assez crade. Menés pendant pratiquement tout le match, les Sixers ratent leur entrée dans la série, et AI sait qu’il doit faire mieux. « Je n’ai pas joué très intelligemment » déclare-t-il à ses copains après la rencontre, avant d’ajouter « ça sera différent au prochain match ». Ça, c’est dit. Et quand Iverson fait une promesse, il la tient. Pourtant, les Raptors de Carter prennent une nouvelle fois les devants dans le Game 2, mais « The Answer » apporte la réponse tant attendue. 20 unités à lui tout seul dans le deuxième quart-temps, avant de marquer 19 des 20 derniers points de son équipe dans le quatrième pour permettre à Philly d’égaliser. 54 pions au total pour Iverson (nouveau record de franchise en Playoffs à l’époque), quasiment deux fois plus que Carter (28).

Cette performance marque véritablement le début d’un mano a mano exceptionnel entre Allen Iverson et Vince Carter. Parce que VC ne perd pas de temps pour proposer à son tour un petit chef-d’oeuvre. Dès la rencontre suivante, à Toronto, le franchise player des Dinos sort le très grand jeu. Bandeau et chaussettes hautes, il enflamme le parking du Air Canada Centre. 9/13 de loin (record NBA égalé à l’époque pour un match de Playoffs), un parfait 8/8 pour commencer le match (8/9 en première mi-temps, record NBA qui tient toujours pour le plus grand nombre de 3-points marqués en une mi-temps de Playoffs), 19/29 au tir en tout, pour 50 points (career high en Playoffs pour VC), avec 6 rebonds et 7 caviars en prime. Pas de doute, Carter était en feu. 102-78 pour Toronto, Allen Iverson ne peut que constater les dégâts, lui qui a été limité à seulement 23 points.

« Il n’y avait aucun moyen pour l’arrêter. S’il y avait eu un moyen, on l’aurait utilisé. »

– Allen Iverson

Sous pression avant le Game 4 au Canada, les Sixers réagissent en équipe pour égaliser dans la série et ainsi reprendre l’avantage du terrain. Cette fois-ci, pas de perfs à 50 points, mais un vrai combat défensif, avec un Vince qui redescend de son nuage (8/27 au tir, 1/7 de loin). Cependant, il ne faut pas attendre longtemps pour voir l’un des deux exploser à nouveau. Dans le cinquième match à Philadelphia, Allen Iverson reçoit son trophée de MVP de la saison et confirme plus que jamais son statut : 52 points à 21/32 au tir dont 8/14 derrière l’arc, 7 passes et 4 interceptions pour The Answer. Wow ! Malgré un bobo au pouce, AI fait la totale aux Canadiens, qui ne voient pas le jour au First Union Center avec une lourde défaite 121-88 dans les dents. Iverson devient alors le deuxième joueur de l’histoire seulement à dépasser la barre des 50 points dans une même série de Playoffs. L’autre ? C’était Michael Jordan, lui-même.

« Les gens disent que j’ai une faiblesse dans mon jeu, que je suis incapable de marquer depuis l’extérieur. Mon truc, c’est de punir les adversaires quand ils me laissent de l’espace. Pour moi ce soir, le panier ressemblait à un océan. »

– Allen Iverson

Touché à la tête lors de la cinquième rencontre, Vince Carter se dit prêt pour le Game 6, qui se déroule à Toronto. Il assume parfaitement ses propos avec 39 points, dominant ainsi un Iverson maladroit et provoquant un septième match décisif à Philly. Ça ne pouvait que se finir comme ça. Et ce Game 7, il va se décider dans les ultimes secondes. Sur un tir, une action, un instant. Alors que le score est de 88-87 pour les Sixers, Carter hérite de la gonfle à deux secondes de la fin. Tyrone Hill monte sur lui, Vince lâche une feinte, puis un fadeaway. Pendant que le buzzer retentit, la balle rebondit. Ça termine sur le cercle, la salle explose, Allen Iverson peut exulter. Bien accompagné par Aaron McKie, Dikembe Mutombo, Jumaine Jones ou encore Eric Snow, le MVP (21 points à 8/27 au tir, 16 passes décisives) poursuit sa formidable campagne, qui se finira par une défaite en Finales NBA face aux intouchables Lakers de Shaq et Kobe. Quant à Vince Carter, il est sur le point de se prendre un flot de critiques dans la tronche. Pas forcément pour sa performance décevante lors du match couperet (20 points, 7 rebonds, 9 passes, 6/18 au tir) ou son tir raté à la dernière seconde, mais surtout pour avoir fait le déplacement en Caroline du Nord le jour du Game 7. La raison de ce voyage ? Remise de diplôme à son université.

Dans une NBA bien moins ouverte sur l’attaque qu’aujourd’hui, Allen Iverson et Vince Carter ont proposé l’une des séries les plus folles de l’histoire en matière de duel un-contre-un. En 2020, c’est Jamal Murray et Donovan Mitchell qui font le show, et on a hâte de voir comment ça va se terminer la nuit prochaine. Un nouveau finish au buzzer ? On ne dit pas non.

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