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Zoom « The Last Dance » – la défaite de Michael Jordan en 1995 : pas facile de revenir après avoir foulé les terrains de baseball

Même le meilleur joueur du monde a eu besoin d’un peu de temps pour réhabituer son corps à la balle orange et dominer à nouveau.

Source image : Netflix - The Last Dance

À travers la sortie de deux épisodes de « The Last Dance » tous les lundis jusqu’au 18 mai prochain, on va bouffer du taureau pendant un mois, et découvrir – ou redécouvrir – de nombreuses anecdotes ainsi que des histoires concernant les Bulls de Michael Jordan. Alors en plus du débrief dédié à chaque épisode, on a décidé de faire un zoom sur certains passages de ce docu-série qui nous paraissent particulièrement intéressants. Allez, on enchaîne. 

La retraite de Michael Jordan en 1993 suite à la mort de son père et sa parenthèse sur les terrains de baseball ont fait partie des sujets dominants des deux derniers épisodes de « The Last Dance ». MJ avait décidé de laisser de côté la grosse balle orange pour se consacrer à la petite balle blanche, un changement radical mais nécessaire pour Jordan, épuisé sur le plan mental. Et puis en mars 1995, après avoir rechargé les batteries, il se sentait prêt à revenir sur les parquets. Sauf qu’après quasiment 18 mois de break, le retour en NBA ne fut pas facile, même pour le meilleur joueur du monde…  

# Un corps qui change

Changer de sport après des années et des années de travail adapté pour progresser dans votre discipline de prédilection, c’est évidemment un énorme challenge mais Michael Jordan n’était pas du genre à baisser les yeux devant un défi. Pour son père, pour lui, il voulait se mettre au baseball, un sport qui n’a pas grand-chose en commun avec le basket. Et comme il ne faisait pas les choses à moitié, MJ s’est entraîné à fond pour progresser dans cette nouvelle pratique, sans penser à un éventuel retour sur les parquets dans le futur.

« Je lui ai dit, ‘Michael, il faut que tu comprennes que les entraînements seront complètement différents. Les deux méthodes d’entraînement – pour le corps et les muscles – sont complètement différentes. Cela sera néfaste pour ton jeu au basket’. Il m’a répondu, ‘ça m’est égal, je suis à fond dans le baseball’. »

– Tim Grover, l’entraîneur perso de Jordan

Les propos de Grover montrent bien que MJ avait véritablement mis sa carrière de basketteur de côté à ce moment-là. Et son corps a forcément changé avec la modification des méthodes d’entraînement. Dans un récent article de The Athletic consacré justement à cette transformation physique de Jordan, on apprend qu’il a eu besoin de trois mois pour se préparer au baseball et que son poids avait dépassé les 105 kilos. Pour taper la petite balle blanche ? C’était OK. Pour le basket ? Un peu moins, vu que le poids de forme de Jojo était d’environ 98 kilos.

« Les muscles et les angles utilisés pour lancer une balle de baseball sont complètement différents de ceux utilisés pour shooter au basket. […] La manière dont vous utilisez vos hanches lorsque vous frappez la balle avec une batte est complètement différente de la manière dont vous les utilisez pour dribbler, défendre, shooter. »

– Tim Grover, via The Athletic

# L’échec des Playoffs 1995

Avec le lock-out de la ligue professionnelle de baseball en 1994-95, et la balle orange qui crie « Reviens ! » de plus en plus fort, Michael Jordan a finalement décidé de revenir dans le sport où il a excellé, avec ces deux mots qui ont bouleversé la planète basket – la planète tout court même – le 18 mars 1995 : « I’m back ». Cependant, malgré l’excitation de son retour, il faudra attendre un peu plus longtemps pour revoir le vrai Jordan, c’est-à-dire celui qui est bien au-dessus de la concurrence.

« J’ai dit à Michael que le temps était trop court pour revenir à un corps de basketteur afin qu’il puisse exceller comme il en avait l’habitude. Je lui ai dit, ‘Michael, est-ce que tu seras toujours meilleur que 75, 80 ou 90% des joueurs de la Ligue ? Probablement. Mais je ne pense pas que tu seras à ton meilleur niveau. Avec ce break de 18 mois, il y a beaucoup de choses, pas seulement du point de vue de l’entraînement, mais aussi du timing. Tu ne vas pas aller jouer au playground du coin, tu vas jouer contre les meilleurs joueurs du monde’. »

Tim Grover avait vu juste. Malgré des coups d’éclat (coucou les Knicks), malgré des statistiques toujours très sales, Michael Jordan n’était pas tout à fait lui-même. Son tout premier match à Indiana avait mis en avant son manque de rythme, et son dernier match des Playoffs 1995, quand il a vu le Magic d’Horace Grant l’emporter sur le parquet du United Center en demi-finale de conférence, a confirmé ses limites physiques. Un moment très difficile pour Jojo, pas habitué à tomber de la sorte, lui qui avait déjà foiré le money time du Game 1 de la série avec le numéro 45 sur le dos.

« Quand j’y repense, je n’avais tout simplement pas assez de temps pour retrouver mon corps de basketteur. J’étais un peu nerveux au moment des Playoffs. »

– Michael Jordan

# Le retour au top 

Monstre de compétition, Michael Jordan n’a pas perdu une seconde pour essayer de revenir au top de sa forme. Au cours de l’intersaison 1995, durant laquelle il a notamment tourné Space Jam, Jojo a bossé très dur afin de retrouver toutes ses sensations en vue de la saison suivante, sur le plan physique comme sur le plan basket. Tournage avec Bugs Bunny la journée, entraînement perso avec Tim Grover durant les pauses, matchs d’entraînement le soir face à certains des meilleurs joueurs de la NBA au sein du « Jordan Dome », bonjour le programme. Si c’était mignon de tourner Space Jam, MJ n’avait qu’une seule vraie idée en tête, reprendre la main sur l’ensemble de la Ligue. Et pour cela, il a notamment profité de ces petites rencontres face à Reggie Miller, Patrick Ewing et Cie pour les observer attentivement afin d’avoir le plus d’infos possible pour la campagne à venir.

« J’ai passé 15 mois à transformer mon corps pour jouer au baseball. Pour le basket, on travaille plus au niveau des épaules, la poitrine. J’ai dû reconstruire l’ensemble de mon corps, et c’était difficile. »

– Michael Jordan

Et la suite, elle fut brutale… pour le reste de la NBA. La saison 1995-96 fut celle de la vengeance pour Michael Jordan et ses Bulls. Meilleur bilan all-time en régulière à l’époque (72 victoires, bilan dépassé par les Warriors de 2016), MVP de la saison et du All-Star Game pour MJ (également meilleur marqueur de la saison, pour la huitième fois de sa carrière, tranquille), tout ça suivi du titre de champion face aux Sonics avec un Jojo MVP des Finales le jour de la fête des pères. Michael était arrivé au sommet, comme en 1991. Et comme en 1991, les larmes ont coulé, mais pas tout à fait pour les mêmes raisons.

Les huit premiers épisodes dans la boîte, on se retrouve la semaine prochaine pour le bouquet final, avec de nouveaux débriefs et de nouveaux papiers zoom revenant sur les grands tournants de la dynastie Bulls de Michael Jordan. En attendant, portez-vous bien, une semaine ça passe vite.

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