Defensive Rankings

Défenseur de l’Année 2019-20 : les freaks et les géants sont de retour dans le game, et l’un d’entre eux vient de Saint-Quentin

Saint-Quentin

Saviez-vous qu’à Saint-Quentin, 27% des locaux commerciaux sont vides alors que leurs propriétaires ont divisé le loyer par deux ?

Source image : Wiki Common via Wikipédia

Place pour commencer 2020… aux gardiens du temple. Aux libéros, aux stoppeurs, aux milieu- récupérateurs. Place à ces mecs sans qui certaines équipes gagneraient beaucoup moins de match même si cela ne se voit pas forcément dans les boxscores ou les Top 10. Allez, on file au royaume des défenseurs, alors munissez-vous immédiatement de votre plus grosse doudoune parce qu’on préfère vous prévenir, il y en a certains qui mordent.

NB : on essaie d’être objectif, mais on regarde surtout les matchs, quasiment tous et toutes les nuits. Bien conscients que l’on risque parfois de déborder du moule habituel, mais le classement suivant est bien souvent davantage… un ressenti qu’un pronostic sur le futur lauréat désigné par la NBA, une NBA qui a élu il y a un mois, on le rappelle, Carmelo Anthony meilleur joueur de la semaine à l’Ouest. Voilà, c’est tout.

#10 Myles Turner

On l’avait zappé lors de notre premier ranking de la saison, au moins autant pour signifier le caractère comique de ses déclarations que les sorties défensives catastrophiques de la raquette des Pacers. Force est de constater que Ponytail Turner nous lit et qu’il a depuis passé la seconde. Non pas qu’il ai individuellement explosé, mais c’est surtout son rôle de capitaine de la défense d’une équipe particulièrement séduisante qui lui offre son entrée dans le classement. Le petit fils de Tina est toujours aussi dissuasif même si ses stats défensives ont baissé, mais c’est aussi car le roster des Pacers est si homogène qu’il laisse peu de place à la performance perso. On pourrait d’ailleurs parler également du cas Malcolm Brogdon, lui aussi plus que concentré par la chose défensive mais si bon en attaque et si fondu dans le collectif que l’effort parait le plus souvent général. Myles Turner, Malcolm Brogdon, mais cette dixième place est en fait pour l’équipe d’Indiana toute entière. Sixièmes aux points encaissés, neuvièmes au defensive rating et cinquièmes à l’Est depuis hier et leur victoire face aux Sixers, Indy réalise une nouvelle saison magnifique et ce toujours sans son leader Victor Oladipo. Chapeau bas messieurs.

#9 Pat Beverley

La hype du début de saison est retombée au chenil… mais Pat Beverley reste le leader vocal de la défense des Clippers. Huitième au defensive rating, la ligne Maginot squattée par le trio Beverley – Kawhi – PG est parfois infranchissable et c’est clairement au meneur hurleur que le bénéfice doit en être offert. Souvent dans le trop-plein d’énergie donc gaspillant des litres inutiles de force, Patoche n’en demeure pas moins le mec qui fera sortir la star adverse de son match, grâce à une activité de tous les instants et une folie assez unique en NBA. On s’agite, on braille, on ambiance la salle, on trashtalke et derrière ça suit, au talent évidemment mais également grâce au leadership du point guard. Six rebonds de moyenne, 1,4 vol de ballon par match, mais au-delà des stats c’est l’impression laissée par Patoche qui lui vaut sa place ici, même si les plus coincés du cul voteront plutôt KL ou PG dans un ranking officiel. Pour nous ? On vote Patoche, parce qu’on parle quand même d’un mec qui nous épuise à travers l’écran du PC et ça, c’est une sacrée performance.

#8 Marcus Smart

Tout comme son alter-ego du chenil des Clippers, Marcus Smart perd quelques places dans notre classement mais c’est surtout dû à la montée en puissance des mecs du dessus et à l’absence du roquet durant la quasi-totalité du mois, plus qu’à une quelconque suite d’oublis défensifs. Quand Marcus Intelligent est sur le terrain la différence est folle, au sein d’un groupe ultra-talentueux en attaque mais qui se cherche autant en défense qu’elle se cherche des intérieurs. Ça tombe bien, quand Marcus est présent il défend sur pratiquement tous les postes, même s’il rend trente centimètres à certains pivots. Dernier représentant du spirit celte de la génération Bradley-Crowder-Jerebko-Lee-IT, Cusse fait en tout cas toujours autant plaisir à voir sur un terrain même si les fils semblent parfois se toucher. Il faut un mec comme ça dans une équipe, un mec dont le sang coule de la couleur de la franchise et capable de se mettre le cul par terre à chaque seconde. Et ce mec c’est Marcus Smart.

#7 Gary Harris

Le nom de l’arrière des Nuggets n’a peut-être rien de clinquant, mais il n’empêche que dans les catégories défenseur sur l’homme, emmerdeur de première et empêcheur de tourner en rond, Gary Harris se place parmi les tous meilleurs. Spécialiste de la tâche que personne ne voit, Harris continue d’être envoyé systématiquement sur la superstar adverse, pendant que Nikola Jokic s’enfile des Banana Split et que Jamal Murray empile les briques aux quatre coins du pays. Si les Nuggets tournent aussi bien aujourd’hui ? Si leur défense est la sixième meilleure du pays au nombre de points encaissés ? C’est évidemment grâce à l’intelligence de Papy Millsap, aux bodys de Jerami Grant et Mason Plumlee, aux missions un peu moins fréquentes toutefois de Torrey Craig, mais c’est surtout grâce à l’ami Gary, qui justifie cette saison son contrat et ce des deux côtés du terrain. Good job Monsieur Harris, la bise à tous ceux qui vous traitaient de brioche, et on va faire comme si cette phrase n’avait jamais existé.

#6 Jonathan Isaac

On ose pas encore le monter plus haut, peut-être à cause du nom des mecs au dessus, mais possible que l’erreur n’en soit plus une dans les mois qui viennent. 7,1 rebonds, 1,6 steal et 2,5 blocks par match cette saison pour le deuxième meilleur contreur de la Ligue, et surtout un rôle de commandant en chef de la troisième meilleure défense de la Ligue en termes de points encaissés, le tout à seulement 22 ans. Ne cherchez plus le roi du five-by-five vous l’avez sous les yeux, facile peut-être quand vous pouvez toucher les deux lignes de touche en écartant les bras, mais gageons tout de même que le gamin est incroyable. Mensurations de rêve clairement en phase avec l’époque, envie puissance dix et triple-poumon, Jonathan possède tout le bagage d’un elite defenseur et est déjà reconnu comme tel en NBA. Pas mal le début de carrière, on va rire quand le type va se mettre à rentrer ses tirs. Une progression qui permet d’ailleurs de rappeler qu’Aaron Gordon est une banane, et rien que cette phrase… devrait offrir à Jojo une ou deux places de suite. Allez, on y pensera la prochaine fois va.

#5 Anthony Davis

Impossible de passer à côté de l’ombre imposante de l’Unibrow. Car si les Lakers impressionnent le plus souvent grâce à leur puissance offensive, axée autour de leur duo d’extra-terrestres, on oublie parfois à quel point le groupe de Frank Vogel est solide dans sa moitié de terrain. Quatrième de la Ligue au nombre de points encaissés, cinquième defensive rating, et les observateurs avisés auront bien remarqué que le grand AD n’y est pas étranger. Avec ses 9,3 rebonds, 1,5 steal et 2,5 blocks de moyenne (deuxième meilleur contreur de la Ligue avec Jonathan Isaac), Antoine est la principale raison des échecs des attaquants adverses et le shine mis sur les Lakers cette saison met enfin en valeur ses immenses qualités défensives parfois mises en sourdine par ses matchs à 40 points et 20 rebonds. Véritable menace que vous soyez un malabar de la peinture ou un sniper d’élite, l’intérieur des Lakers semble enfin en mesure d’aller chercher un vrai trophée individuel cette saison, et si celui de MVP sera bien compliqué à aller chercher, celui de stoppeur le plus solide de la Ligue lui tend aujourd’hui les bras…

#4 Rudy Gobert

Il est là le Rudy ! Dans le dur en début de saison car il fallait s’habituer aux nouveaux copains et à l’exigence d’une année de plus lors de laquelle il fallait dominer, le pivot français a cette fois-ci pris la mesure de ce nouvel exercice. Leader incontesté du trio de chiens de garde qu’il forme avec Joe Ingles et Royce O’Neale (les Clippers s’en souviennent encore), Rudy a repris la mesure du classement des contreurs, plus globalement de celui des protecteurs de cercle, ceux qui le font sans se soucier ni des statistiques ni du fait de se prendre un poster dans la tronche tous les deux matchs. Le Jazz va beaucoup mieux en décembre et la bonne forme de Monsieur Gobert n’y est en tout cas pas pour rien, et si la quête du three-peat s’annonce périlleuse, disons que le Frenchie en est beaucoup plus proche aujourd’hui qu’il y a un mois. La courbe de progression est validée, sûr qu’une petite sélection au All-Star Game viendrait alimenter un peu la hype d’un mec qui ne fait pas beaucoup parler de lui, alors rendez-vous dans un mois pour… l’ascension du podium ?

#3 Bam Adebayo

Certains le mentionnent comme un évident MIP, d’autres comme une belle gueule de DPOY, et quelques statisticiens se sont même avancé en plaçant Bam Adebayo parmi les dix joueurs les plus valuables de toute la Ligue. Le gamin est tout bonnement incroyable sur ce début de saison et avec lui c’est tout South Beach qui se marre, squattant en ce 1er janvier à une étonnante deuxième place à l’Est. Bam Eudrice ? 10,6 rebonds, 1,4 steal et 1,6 contre, hallucinant de polyvalence en attaque et donc impérial en défense, semblant évoluer dans la Grande Ligue depuis vingt ans tant il joue les roublards. On ne compte déjà plus les fins de match grattées à la malice par Bam-Bam et globalement l’intensité déployée est folle, l’occasion d’ailleurs d’en placer une pour le mentor Jimmy Butler, clairement pas étranger à l’explosion des jeunes du Heat cette année. Le chef donne les ordres et les soldats exécutent, mais à ce moment-là le presque Adebayor est peut-être l’un des plus beaux soldats qu’on ai vu dernièrement. Et dire que le type n’est que sophomore.

#2 Joel Embiid

On avait fait la part belle à Ben Simmons le mois dernier et on switche cette fois-ci sur son collègue de la peinture. Sans pour autant oublier Beny bien sûr, ni même Al Horford ou… Matisse Thybulle, mais c’est le Defensive Ranking ici, pas la soirée privée des Sixers. Joel Embiid donc, qui a su élever son niveau en défense sur ce mois de décembre malgré les passages à vide de son équipe. Cruel manque de constance pour Philly mais un Jojo qui monte en puissance individuellement, qui a décidé semble-t-il de s’arrêter de parler et tant mieux pour sa production personnelle. Toujours aussi imposant dessous, solide sur les jambes malgré son envergure de Grand Condor, le Process chasse tout ce qui passe à moins d’un mètre de lui et oblige par sa seule présence les attaques à ‘adapter, ce que ces dernières ont d’ailleurs bien souvent du mal à faire. Probablement pour ça d’ailleurs que les hommes de Brett Brown affichent la quatrième meilleure défense de la Ligue aux points encaissés, et bon courage pour que ça change tant le verrou posé chaque soir semble être l’une des priorités de Philly et de son phare.

#1 Giannis Antetokounmpo

Le meilleur défenseur de la Ligue cette saison. C’est peut-être bien… le MVP en titre, et accessoirement favori à sa propre succession. Et c’est bien ça d’ailleurs le plus flippant avec le Greek Freak, c’est que le mec est aussi fort en attaque qu’en défense. Meilleure défense de NBA au rating, les Bucks sont une machine offensive et défensive et c’est évidemment la présence du Freak qui conditionne ce genre de propos. Des bras de huit mètres, des jambes de douze, un hang time au dessus de la moyenne et une rapidité de déplacement inhumaine, autant de facteurs qui font aujourd’hui de Giannis une anomalie. L’anomalie supplémentaire dans le paysage NBA pourrait donc bien être un combo MVP / DPOY vu deux fois seulement dans l’histoire (MJ en 88 et Olajuwon en 95), idée absolument pas saugrenue compte tenu de la domination du franchise player de Milwaukee en défense. AD et les Lakers peuvent en témoigner, et la NBA toute entière peut d’ailleurs en témoigner. On connaissait le Giannis qui rafle tout sur le terrain et dans les boxscores, on pourrait découvrir bientôt le Giannis qui rafle tout aux NRJ Music Awards. Êtes-vous prêts ? Pas nous.

Giannis, Joel, AD, Rudy… faîtes-nous signe si vous apercevez des mecs au corps humain normalement constitué, merci. Et pour vous, qui est LE mec qui sur-domine en défense cette saison ? Qui mérite les lauriers ? Section commentaires, première à gauche et au feu à droite après la fromagerie, vous connaissez le chemin.

3 Commentaires

3 Comments

  1. killerdescore

    1 janvier 2020 à 15 h 04 min at 15 h 04 min

    Le trio pour le DPOY ,ça reste 1-Giannis 2-Gobert 3-Embiid/AD
    et mon favori c’est soit Giannis soit AD pour le DPOY ,même si AD l’aurait mérité plusieurs fois quand il jouait chez les Pelicans

    Petite mention pour Kawhi aussi

  2. twenytncents999

    2 janvier 2020 à 9 h 06 min at 9 h 06 min

    Juste je vois que Dédé Drummond ne casse même pas le Top 10 donc on va jeter un peu de stats : 1er aux rebonds (bien évidemment 1er aux REB DEF), 4e aux steals (pour un pivot lourd !!!) , 4e aux Defensive Win Shares, 4e aux Defensive Box Plus/Minus, et Top 10 aux blocks. Et avec ça il ne craque même pas le ranking monsieur Gio ?!?

    • Giovanni Marriette

      2 janvier 2020 à 10 h 19 min at 10 h 19 min

      J’avoue que j’y pense souvent mais là… oubli assez terrible de ma part. Seul souci je pense pour Dede ? Le fait qu’il soit terriblement seul dans le bordel de Detroit et qu’il soit en conséquence obligé de faire les trois-quarts du taf et c’est un peu pour ça aussi que ses stats sont folles. je dis pas qu’il n’a pas le defensive instinct hein, mais peut-être moins marqué que tous les gars cités dans le papier. En tout cas il mérite sa mention, au moins pour les stats et pour son courage haha

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