Equipe de France

La France a battu l’équipe F de Team USA ? Peut-être bien, mais la France a surtout battu Team USA tout court

Grincheux

Gneugneugneu, ainsi soit-il.

Source image wikipedia

Sitôt le quart de finale d’hier terminé, le flot de larmes de joie et d’explosions de bonheur des Français s’est rapidement retrouvé confronté à un autre genre de débat. Et si jamais cette victoire était une victoire… au rabais ? Si, finalement, ce n’était pas une perf si folle que de taper cette équipe faite de bric et de brac, à des années lumières d’un roster composé des meilleurs joueurs américains ?

Avant toute chose : un constat. Non, cette équipe des États-Unis ne faisait rêver personne, à part peut-être quelques fans des Celtics et le collectif de soutien à la famille Plumlee. On était tous d’accord pour le dire, c’était peut-être cette année ou jamais. 2020 sera une toute autre histoire, on sait le goût de nos cousins ricains pour les Jeux Olympiques, et puis après… demain c’est loin. Ce qui nous intéresse aujourd’hui ? Ce foutu match d’hier, le 11 septembre 2019, date qui restera à n’en pas douter dans les mémoires franco-américaines. Peut-on avoir le droit de se gargariser d’une victoire face à une nation amputée de ses… 50 meilleurs joueurs ? Oui ? Non ? Doit-on profiter de l’instant présent en se félicitant d’avoir fait tomber un ogre qui n’était pas tombé depuis 13 ans et 58 matchs ? Ou alors, peut-être, aurait-il fallu déclarer forfait avant le match ? Le débat existe bien sûr, pas sur le forfait hein n’abusons point, mais le débat existe sur le réel « statut » de cette victoire. Est-ce un exploit « sportif » ? Pas forcément, car cette Équipe de France était tout simplement meilleure que son adversaire, tout comme l’Espagne, l’Australie, la Serbie ou l’Argentine l’étaient probablement aussi cette année. Est-ce quand même un exploit ? Assurément. On parle de l’une des plus grandes dominations dans l’histoire du sport avec un grand S, on parle d’une nation qui roulait sur le monde depuis 2006, on parle d’une planète basket dont le complexe d’infériorité face aux Américains l’empêche de vivre depuis presque… toujours. L’ennemi était blessé, absent, moins bon, moins là, un peu prétentieux peut-être, mais l’ennemi reste l’ennemi, sportivement j’entends. Et cet ennemi… les Français ne se sont donc pas embarrassés à « trop » le respecter, cet ennemi les Bleus l’ont affronté comme si c’était n’importe quel ennemi. Certains ont argué – à juste titre – qu’hier n’était peut-être « que » la victoire d’une équipe de NBA face à une autre équipe NBA ? Arguons également que dans trente ans les pages de la FIBA rapporteront que l’EDF a battu Team USA après treize ans d’hégémonie, rien d’autre.

Si la France avait perdu face à Team USA version remasterisée ? Les critiques les plus folles se seraient abattues sur le ciel bleu. Après cette victoire ? On se demande ça et là si cet exploit en est vraiment un. La conclusion ? La France était tout simplement plus forte que les États-Unis, et pas sûr qu’il ne faille pas en être fiers. Depuis tout temps le pays de l’Oncle Sam est en avance basketballistique sur le reste du monde, depuis tout temps il le regarde de haut, et aujourd’hui comme il y a treize ans, d’irréductibles gaulois ont contesté ces dérangeants constats. Est-ce que ça veut dire que la France du basket est meilleure que l’Amérique du basket ? Évidemment que non, mais hier c’était le cas. Car les absents ont toujours tort et si l’Équipe de France n’a pas effacé hier un siècle de règne américain, elle a au moins prouvé à la planète basket que pour vaincre… les États-Unis devaient prendre au sérieux n’importe quelle compétition. Et puis, ah oui, pensons également à rendre hommage aux vainqueurs plutôt qu’à essayer de comprendre les vaincus ! Un double DPOY en titre, statut au passage assez historique en NBA, un récent MVP de l’Euroleague, petite compétition de campagne, l’un des leaders offensifs d’une équipe de Playoffs, un mec capable il n’y a pas si longtemps de lâcher des five by five en NBA (regardez, ils ne sont pas si nombreux)… et huit autres soldats qui n’ont rien de nains dans le monde de Gulliver. Même Gregg Popovich, qui s’y connait un peu il nous semble, a reconnu que ces Bleus-là étaient une vraie équipe de basket, alors… amen ? Hier les Américains savaient à peine prononcer Ntilikina et appelaient Axel Toupane Alex, disons qu’aujourd’hui ils ont (peut-être) appris à écrire leur nom correctement.

Victoire face à l’équipe F ? Victoire quand même. La vraie Team USA en aurait probablement mis 40 aux Bleus ? Les gens dont vous parlez n’étaient pas là hier. La France a battu Team USA dans une compétition internationale, c’est écrit comme disait Cabrel, et une victoire c’est une victoire. Alors laissez-nous être fiers et, bordel, laissez-nous être heureux.

6 Commentaires

6 Comments

  1. Guillaume

    12 septembre 2019 à 11 h 03 min at 11 h 03 min

    Plutôt équipe C que F quand même, c’était pas une équipe de bras cassés non plus, y’a plusieurs all stars dedans !

    • Xavito04

      12 septembre 2019 à 11 h 22 min at 11 h 22 min

      Comme Guillaume, équipe C, mais pas F.
      Walker, Middleton, Mitchell, Tatum (blessé hier certes) et Turner font largement partie des 50 meilleurs joueurs du monde.

  2. BLADE

    12 septembre 2019 à 16 h 56 min at 16 h 56 min

    moi ça me fait rire les gens qui parle d équipe b, c, d, e, f pour les usa.

    Ils ont un tel vivier de joueurs … c’est une institution du basket tellement puissante .. déjà tu regardes juste le nombre de licenciés aux states c’est 12 millions de joueurs (juste 20 fois plus que chez nous)…

    C’est comme si demain l islande gagnait contre la france et qu on leur disait ouaaaiiiii mais il y avait pas MBAPPE, KANTE, POGBA ETC ….. ohhh les gas !!! lol même l équipe C de la france doit faire le boulot contre des nations du foot aussi modeste.

    la c’est pareil ils avait quand même mitchell , walker, smartt, middleton, harris, brown, tatum c’est pas des peintre les gas non plus t as deux allstar, deux des meilleurs sophomore, un sniper, deux trois gas sérieux des celtics qui se connaissent bien, un coach alltime ….

    Le truc c est que quand t as que la creme de la creme des allstar … oui les drives a gogo, les shoot complexes et les systèmes bidon a max 3 passes ça passe easy … les gas sont tellement fort qu il y a pas besoin de plus … mais quand t as une team un peu moins sexy sur le papier baaaaaah le basket collectif reprend ses droits c est tout et sur ce plan la les states ne sont pas a la pointe.

    on s en bas les co**lles de ces histoires d’équipe b c d f F … On a juste la nation du basket qui a perdu contre une fédération 20 fois moins puissante POINT merci au revoir

  3. Golfy

    12 septembre 2019 à 18 h 43 min at 18 h 43 min

    Non non. Ne pas minimiser l’exploit. Les Dream teams ont vécu et déjà perdu ; et également le team Usa a déjà tout balayé dans l’histoire avec des équipes mixtes ou pures universitaires. Donc un énorme bravo.

    Maintenant magnifier la perf et ne pas s’arrêter en 1/2 sinon ça ne restera que l’égal du France Brésil de la coupe du monde de foot de 86

  4. MesureEtPondération

    13 septembre 2019 à 9 h 19 min at 9 h 19 min

    Je ne suis pas pour minimiser la chose, je ne suis pas plus pour qu’on se paluche d’avoir fait tomber les USA, qui a mon sens était un des top 3 de la compétition avec la Serbie et l’Espagne – sans vraiment de hiérarchie entre ces équipes d’ailleurs. Or si l’objectif de l’EDF était d’accrocher une breloque, il fallait bien faire tomber l’une de ces équipes hiérarchiquement supérieure.

    Soyons-en fier oui, et j’irais pas emmerder ceux qui s’en gargariseront encore dans 10 ans mais en vrai, dans cette fable, David n’était pas si petit et Goliath pas si gros…

  5. Guez25

    13 septembre 2019 à 9 h 48 min at 9 h 48 min

    D accord avec les commentaires déjà produits. Mitchel, Tatum, walker, Harris, turner….donne moi une team à cette coupe du monde qui a plus de talent (sur le papier je précise). Malgré le manque de superstar Team USA était favori ou l un des favori si vous préfèrez. Si ils avaient été au bout tout le monde aurait dit « normal la hiérarchie est respectée » donc oui nos bleus ont fait un truc énorme et tout fan de basket devrait être en hélico-b**e .
    Mais oui on est d accord, team usa n avait pas les meilleurs joueurs possible, si un line up Curry/Lillard/Kawhi/LeBron/Davis s était pointé ça n aurait pas été la même, y aurait même pas eu de compétition ils auraient marché sur tout le monde, la ils étaient plus abordable on les a tapé on va en demi on est content voilà point final

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