One-on-One

La story d’Élie – Episode #7 : pour Élie Okobo, 2019 rime avec time to be tough

Meeting Okobo Parker Diaw Batum

Que désirez-vous ? Une brochette de francophones basketteurs s’il vous plait.

Source image : Twitter/@theborisdiaw

Oh my, here we are. Dans le dictionnaire, à côté du terme « ascension fulgurante », vous trouverez une photo d’Élie Okobo. Le gamin de Bordeaux, passé à la postérité à la mène avec l’Élan Béarnais, a fait le grand saut le 22 juin 2018, où il a été sélectionné par les Suns à la 31ème position de la Draft. Du talent plein les doigts, des rêves de gosse plein la tête, le jeune frenchie débarque aux States avec l’insouciance de la jeunesse. De quoi lui dédier une rubrique bimensuelle afin de suivre son évolution lors de son année rookie dans la Grande Ligue. C’est parti mon Élie, septième épisode pour l’entrée dans le grand bain.

NBA :

  • 1er janvier vs Golden State Warriors (défaite 132 à 109) : 4 minutes de jeu, 4 points (à 1/2 au tir, dont 1/1 du parking, 1/2 aux lancers-francs), 1 rebond, 1 faute, 1 balle perdue
  • 3 janvier vs Philadelphia 76ers (défaite 132 à 127) : 18 minutes de jeu, 9 points (à 3/5 au tir, dont 3/3 du parking), 2 assists, 1 rebond, 2 interceptions , 2 fautes, 2 balles perdues
  • 5 janvier vs Los Angeles Clippers (défaite 121 à 111) : 17 minutes de jeu, 3 points (à 1/3 au tir, dont 0/1 du parking, 1/1 aux lancers-francs), 4 assists, 2 rebonds, 4 fautes, 2 balles perdues
  • 7 janvier vs Charlotte Hornets (défaite 119 à 113) : 13 minutes de jeu, 4 points (à 2/5 au tir, dont 0/2 du parking), 1 interception, 1 balle perdue 
  • 10 janvier @ Dallas Mavericks (défaite 104 à 94) : 23 minutes de jeu, 10 points (à 4/10 au tir, dont 2/5 du parking), 3 assists, 4 rebonds, 5 fautes, 2 balles perdues
  • 13 janvier vs Denver Nuggets (victoire 103 à 92) : 16 minutes de jeu, 5 points (1/3 au tir, 3/4 aux lancers-francs), 5 assists, 3 rebonds, 1 interception, 1 block, 1 balle perdue

Statistiques sur la saison NBA: 26 rencontres disputées (4 fois titulaire), 18,4 minutes de jeu, 6,3 points (à 38,9% au tir dont 31,3% du parking, 85,7% aux lancers-francs), 2,4 assists, 1,9 rebonds, 0,7 interception, 0,2 block, 2,4 fautes, 1,5 balle perdue.

La première partie de saison d’Élie Okobo n’a vraiment pas été de tout repos. Parfois en manque de temps de jeu avec les Suns de Phoenix, il a été a plusieurs reprises envoyé chez d’autres soleils, ceux de Northern Arizona, la franchise de G League affiliée à celle possédée par Robert Sarver. Trimbalé de part en part, notre Frenchie a peiné à trouver sa place, mais n’a jamais cessé de travailler pendant ces trois premiers mois de compétition. Ainsi, pas de bonnes résolutions à prendre à la veille du match contre Golden State, tout est en place pour le prodige issu de l’Élan Béarnais. Par contre, quelques vœux peuvent être émis : du temps de jeu, de la stabilité, la paix dans le monde, le retour des Suns en Playoffs, souhait qu’un français remporte l’Open d’Australie (vous remarquerez la gradation de l’improbabilité de ces vœux). Quoi qu’il en soit, le Bordelais n’en oublie pas de vous souhaiter la bonne année.

Hasard du calendrier ou non, Swaggy E joue en ce début d’année civile. Hormis la rencontre du 9 janvier face à Sacramento, il a pris part aux six matchs des Suns sur les deux dernières semaines, à raison d’un peu plus de 15 minutes chaque soir. Ok, un quart d’heure ce n’est pas énorme, mais l’important ne se trouve pas forcément dans la quantité, mais plutôt dans la régularité. Si les performances d’Élie sont cohérentes, et ce à chacune de ses apparitions, cela va lui permettre de s’installer de manière plus durable dans la rotation d’Igor Kokoskov. La mi-saison est passée, c’est l’heure de capitaliser, dans la période où la Ligue commence à préchauffer, un mois avant le All-Star Game.

Le rookie wall n’est pas encore là pour le meneur tricolore, il faut en profiter. Ses performances sur la dernière quinzaine ne sont pas éblouissantes, mais sont sérieuses. Du scoring, une pointe à 10 puntos, des pourcentages corrects, quelques passes décisives, son association sur le backcourt de la second unit avec Jamal Crawford ne fonctionne pas mal. Certes, De’Anthony Melton est toujours titulaire, parce que le bonhomme défend un peu mieux qu’Élie Okobo, il est sans doute un peu plus NBA-ready, physiquement parlant notamment. Ceci dit, rien n’est vraiment définitif. Puis, un poste de titulaire n’est pas nécessaire pour progresser. Non, avec du sérieux, de l’application et de la communication, on va de l’avant, et on apprend tout simplement son métier. Puis, lorsque l’on a des illustres exemples qui ont ouvert la voie et qui souhaitent transmettre leur savoir, c’est un petit coup de pouce non négligeable.

# ÉLIE OKOBO CONTINUE D’APPRENDRE, UN DIAMANT BRUT AU CONTACT DES JOYAUX FRANÇAIS DE LA BALLE ORANGE

Ciel, mes bijouuuuux ! Allez Bianca Castafiore, retourne faire vriller les tympans du Capitaine Haddock, la métaphore n’est que peu ad hoc, même si des perles bleues-blanches-rouges qui sont passées en NBA, il y en a eu. Rappelez-vous de Tariq Abdul-Wahad, le pionnier, de Mickaël Pietrus, d’Antoine Rigau… Ok, le Roi n’a pas fait un passage exceptionnel dans la Grande Ligue. Son court séjour démontre quand même une chose : nombreux sont les compatriotes français qui sont passés, de manière plus ou moins longue, faire un coucou à David Stern ou Adam Silver selon les époques. Ce sont quand même 27 tricolores qui ont foulé les parquets ricains, le troisième plus gros total pour un autre pays que les States, derrière le Canada (évidemment) et la Serbie. Élie Okobo est le vingt-septième d’entre eux, et a la chance de pouvoir s’appuyer sur ces espèces de grands frères, pour discuter, pour prendre de l’expérience. Cette entraide peut se manifester dans des moments particuliers, comme le soir du 7 janvier, où Phoenix affrontait Charlotte. De quoi voir de superbes images sur et en dehors du terrain.

Élie Okobo qui affronte une de ses idoles, considéré comme le meilleur joueur français a avoir joué en NBA, ça vaut son pesant d’or. Quinze ans séparent les deux hommes, l’expérience et la jeunesse sont là. La relève est assurée, elle prend soin de s’inspirer des anciens, à tel point que Swaggy E s’est permis de poser un petit floater face aux Hornets, comme un petit pied-de-nez tel l’élève face au maître, mais surtout tel un signe de l’immense héritage de TP. La communion entre Parker, Batum, Diaw et le petit dernier ne fait aucun doute. Bismack « sit down » Biyombo vient lui aussi sur la belle photo de famille (même si certains ne seront pas fans de la couleur de la veste du rookie), qui montre la réussite des francophones au plus haut niveau de la pratique de la balle orange. Bref, c’est mignon tout plein tout ça, mais l’essentiel est que cela ne s’arrête pas là. Derrière les objectifs et projecteurs, le partage et la transmission priment, les quatre français sont allés dîner ensemble. Clairement, notre Babac national a dû commander la meilleure bouteille de rouge que le bistrot devait avoir, sortir les bonnes petites vannes qui vont bien pour passer une agréable soirée. Si c’est un bon moment pour partager beaucoup d’anecdotes et d’histoires pour les vétérans, c’est une véritable mine d’or pour un notre jeune gaucher, qui s’est confié le lendemain sur ses collègues auprès d’Ashley Nevel de Bright Side of the Sun.

« Je lui ai demandé [à Tony Parker, NDLR] comment il avait fait pour être si fort si rapidement, et être consistant. Il m’a répondu qu’il fallait simplement travailler et rester le plus positif possible. Même s’il y a des hauts et des bas dans une carrière, il faut rester positif et continuer à travailler. On ne peut pas juste être un bon joueur et le rester éternellement, il faut toujours travailler et être consistant pendant les matchs. »

Il raconte également comment il s’est senti sur le terrain face à TP.

« Wow, j’apprends énormément. Il a amené beaucoup d’énergie sur le terrain ce soir-là, et j’essayais de le contenir en défense, il était très patient sur ce qu’il faisait en attaque. Il gardait la balle, rappelant un écran, jouant autour de lui, lisant la défense, et il fait ça vraiment bien. Je pense que c’est ce sur quoi je dois travailler, juste être confiant sur le terrain et m’assurer que je sais où je vais. […] Il gardait la balle pendant les 24 secondes, et j’essayais de le fatiguer de l’autre côté du terrain, il m’a dit qu’il était assez fatigué mais il a juste vraiment bien joué. »

Le vétéran ne tarit pas d’éloges sur son jeune adversaire du soir.

« Je pense qu’il peut être un solide joueur dans cette ligue. Il a tous les outils pour être un bon meneur de jeu dans cette ligue. Il est gaucher, donc c’est une galère de défendre contre des gauchers comme lui. »

Il s’agit typiquement du genre d’événements qui fait évoluer, qui amène tant de choses lors d’une saison rookie. Cela donne confiance, cela donne des repères, et ça fait toujours plaisir. Élie Okobo continue de progresser peu à peu, et démontre son talent lorsqu’il en a l’occasion, comme contre Dallas où, lors de ses 24 minutes de temps de jeu, il pose une belle ligne de stats, à base de 10 points, 4 rebonds et 3 passes. Bien sûr, il n’aura pas autant de temps de jeu tous les soirs, tant qu’il ne sera pas titulaire. De’Anthony Melton est désormais installé depuis un moment dans le cinq, et dans un esprit de tanking stabilité, il risque d’être maintenu à ce poste. Enfin, sait-on jamais, mais on espère que notre Frenchie aura l’occasion de débuter quelques rencontres d’ici la fin de saison, et ainsi de prendre part aux rares succès des Suns, à l’image de celui face à Denver. Oui oui, le dernier de l’Ouest a battu le premier, tout va bien. En attendant, le plus important est que le numéro 2 des Suns semble s’adapter à merveille au mode de vie du côté de chez l’Oncle Sam, à l’American way of life. Bien dans ses sneakers sur le parquet, et dans ses baskets au quotidien, il prend soin de lui, notamment de son apparence. Toujours stylé et apprêté, le rookie doit faire chavirer certains cœurs du côté de l’Arizona. En même temps, il ne porte pas le surnom de Swaggy E pour rien.


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# LE PROGRAMME DE SWAGGY E

Deux prochaines semaines :

  • 16 janvier @ Indiana Pacers
  • 18 janvier @ Toronto Raptors
  • 19 janvier @ Charlotte Hornets
  • 21 janvier @ Minnesota Timberwolves
  • 23 janvier vs Minnesota TImberwolves
  • 25 janvier vs Portland Trail Blazers
  • 26 janvier @ Denver Nuggets

Six matchs au programme pour des Suns qui sont déjà quasiment condamnés à terminer dernier de la Conférence Ouest après seulement 44 matchs de saison régulière. Et ce n’est pas la récente addition d’une des barbes les mieux taillées de la planète basket, en la personne de Quincy Acy qui va provoquer un électrochoc du côté de Phoenix. De toute façon, le bilan est de 11 victoires pour 33 défaites. Foutu pour foutu, il va falloir arrêter de gagner des matchs contre Denver, de peur de se faire distancer par Cleveland, Chicago et New York qui ont un ratio W-L encore plus rincé que celui des hommes de Kokoskov. La course au tanking bat son plein, il ne faut pas rater le coche.

En ce qui concerne Élie Okobo, les match-ups sur les sept rencontres des deux prochaines semaines s’annoncent sympathiques, surtout que cinq d’entre elles sont à l’extérieur. Collison-Joseph, ce n’est pas un cadeau. Lowry-VanVleet, on a vu plus sympa comme comité d’accueil. Swaggy E va retrouver Tony Parker en Caroline du Nord, avant d’enchaîner sur une double confrontation face aux Wolves et leur nouveau coach Ryan Saunders. Jeff Teague et D-Rose au programme, wouhou. Damian Lillard et Seth Curry à se taper face à Portland ? Youpi. Rajoutez-moi un back-to-back chez les leaders de l’Ouest, où Jamal Murray et Monte Morris attendent le rookie Bordelais de pied ferme, et on peut annoncer que la prochaine quinzaine s’annonce bien corsée pour les Suns et leur numéro 2. Bon tests au programme, souhaitons qu’un temps de jeu conséquent permette à Mr Okobo de se mesurer à ces pointures de la Ligue.

Grailler avec TP, Nico et Babac, ça doit en faire rêver certains de derrière leur écran. Pour Élie Okobo, c’est juste une bouffe avec soit des adversaires NBA, soit des anciens coéquipiers chez les Bleus. Tranquillou Billou (pardon, OKLM pour les jeunes), à 21 ans, Swaggy E grandit à vitesse grand V, il évolue, s’améliore, et travaille à balle dans l’Arizona. Le temps de jeu vient peu à peu, il faut que cela se pérennise, afin de peaufiner IRL tout le talent de notre Frenchie. La belle histoire continue de s’écrire pour Mr Okobo, rendez-vous le dimanche 27 janvier pour le huitième volet de la story d’Élie.

Source texte : Twitter/@ElieOkobo_0Twitter/@SunsFR, Twitter/@theborisdiaw, @Twitter/AshleyNevel, Bright Side of The Sun, Instagram/@elie_0kb

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