Le Paycom Center : habitat naturel du Marsupilami pendant de nombreuses années

A chaque salle NBA son âme, ses anecdotes et ses bannières accrochées au plafond. Toutes les arènes sont uniques et leurs couloirs cachent bien souvent des secrets qui révèlent leur histoire et leur personnalité. Direction l’Oklahoma et plus particulièrement Oklahoma City, pour une visite guidée du Paycom Center qui accueille le Thunder depuis 2008.

La fiche

  • Nom actuel : Paycom Center
  • Anciens noms : Ford Center, Oklahoma City Arena, Chesapeake Energy Arena
  • Adresse : 100 West Reno Avenue
  • Ville : Oklahoma City, Okahoma
  • Date d’ouverture : 8 juin 2002
  • Affluence maximum : 18 203 personnes
  • Propriétaire : ville d’Oklahoma City
  • Surnoms : Loud City, The Thunderdome, The Peake

Histoire

Si les travaux du Paycom Center ont débuté en 1999 pour une ouverture le 8 juin 2002, la NBA a mis du temps avant de s’installer durablement à OKC. En effet, l’enceinte servira exclusivement à l’équipe de hockey sur glace des Blazers d’Oklahoma City jusqu’au tragique ouragan Katrina qui força la franchise des Hornets de New Orleans à venir jouer deux ans au Ford Center, entre 2005 et 2007. Là aussi, plusieurs entreprises ont joué au jeu des namings musicaux avec la salle puisqu’après le Ford Center, c’est la boite Chesapeake Energy qui décide d’investir dans un contrat de douze ans à trois millions de dollars l’année en insérant une inflation de 3% chaque saison. Depuis la reprise de la saison 2021-22, c’est désormais Paycom qui pose son nom sur tous les sièges de l’enceinte. Grâce à ça, la ville d’Oklahoma City peut espérer rembourser au plus vite les 89 millions de dollars investis dans la construction de l’édifice. Lors de la soirée inaugurale le 1er novembre 2005, les Hornets s’imposeront 93-67 contre les Kings tandis que le Thunder s’inclinera 98-87 le 29 octobre 2008 lors de son premier game à la maison contre les Bucks avec un Russell Westbrook sortant du banc à l’époque suite au déménagement polémique des SuperSonics.

Le Paycom Center est reconnue comme étant une des salles les plus bruyantes de la Ligue, à tel point qu’elle a gagné le surnom de Loud City au fur et à mesure des années. Doté d’une capacité avoisinant les 18 200 places, le building d’OKC n’exerce pas des prix affolants pour ses fans compte tenu de la taille du marché. En effet, pour la saison 2020-21, les abonnements variaient entre 16 et 298 dollars les 41 matchs. Attention tout de même à la potentielle augmentation des tarifs suite aux travaux de rénovation prévus prochainement. N’ayant pas procédé à d’énormes changements depuis le déménagement de la franchise en 2008, la ville effectuera un petit lifting au Paycom Center. Au programme ? Une rénovation de la coursive pour offrir une meilleure vue sur le parquet, réaménagement des stands d’alimentation et du hall principal, modernisation des vestiaires ainsi que de la boutique du club sans oublier un écran encore plus géant que l’actuel. Ce seront même les premières modifications après celles ayant débuté en 2009 et qui se sont terminées un an plus tard. À l’époque, le coût s’élevait à hauteur de 121,6 millions de dollars pour améliorer et agrandir le complexe sportif en axant déjà sur les éléments évoqués précédemment. En 2020, la salle comptait déjà plus de 1200 événements à son actif depuis l’ouverture des portes. Parmi ces events, concert, WWE mais aussi des rencontres NCAA enchantent les fans de sport locaux. On parlait un peu plus tôt de la capacité de la Thunder Nation à foutre le bordel pour encourager ses joueurs, sachez que sur les trois premières années d’OKC le taux d’affluence se situait en moyenne à 97,7%. Depuis l’exercice 2011-12, l’équipe de Billy Donovan évolue même systématiquement à guichets fermés.

Meilleur souvenir au Paycom Center

Quand les choses sérieuses pointaient le bout de leur nez en Playoffs, la franchise de Sam Presti a souvent répondu présente à la maison. On pense notamment au sweep infligé contre des Mavericks champions en titre grâce notamment à ce game-winner de KD au premier round en 2012 ou bien à la victoire aussi décisive que polémique face aux Clippers au Game 5 des demi-finales 2014. Néanmoins, on préfère retenir le moment d’histoire qui s’est écrit le 4 avril 2017. Ce n’est pourtant qu’une simple rencontre de saison régulière opposant OKC et les Bucks, déjà qualifiées pour les joutes printanières. Sauf que depuis le coup d’envoi de la NBA, un monstre pose des stats de mutant soir après soir qui créent sa légende. Ce type, c’est Russell Westbrook. Véritable cyborg d’1m90 pour 90 kilos, le Marsu compile triple-double sur triple-double à tel point qu’on ressort tous les avis d’anciens spécialistes sur la question d’un possible exercice en triple-double… de moyenne. Que ce soit Jason Kidd, Magic Johnson ou d’autres, tous sont catégoriques : il est impossible que quelqu’un tape une saison digne de celle offerte par Big O et de ses 41 triple-doubles en 1961-62. Qu’en pense le principal intéressé quand on lui demande s’il se sent capable d’un tel exploit ? « Why not », comme sa fameuse devise. Auteur de 40 triple-doubles avant l’affiche du jour, tout le monde n’attend désormais plus qu’une chose : que le Brodie fasse mentir la populace ayant douté de lui. Et le phénomène ne tardera pas à rejoindre Robertson. Déjà à 12 points, 9 passes et 9 rebonds en début de troisième quart, RussWest récupère l’échec de Middleton, remonte la balle, la donne à Taj Gibson qui finit sous le cercle. 12 points, 10 rebonds et 10 passes, l’occasion pour le commentateur de lâcher « Big O, you’ve got company ». À l’issue de cette rencontre et même de la saison, certains estiment que tout était mis en œuvre pour que ça arrive. Peut-être était-ce le cas, toujours est-il qu’il figure désormais parmi les légendes de ce sport et qu’il demeure encore aujourd’hui le seul joueur a enregistrer de tels chiffres (31-10-10) sur une saison.

Pire souvenir au Paycom Center

Champions en titre, les Lakers auront joué un bien mauvais tour aux coéquipiers de Nick Collison en 2010 à l’image du Game 6 empoché par les Angelinos à l’aide du tip-in décisif de Pau Gasol à moins d’une seconde de la fin. Cette défaite synonyme d’élimination constitue un véritable crève-cœur pour l’Oklahoma mais le fait d’accéder aux Playoffs pour la première fois depuis le déménagement de la franchise et avec une ossature aussi jeune (le duo KD-Westbrook a 21 ans, Harden et Ibaka ont à peine 20 piges tandis que Jeff Green n’a que 23 ans) qui arrive à tenir tête aux futurs champions donne de l’espoir aux fans. Six ans plus tard, alors que The Beard s’amuse sous les couleurs texanes, OKC n’a toujours pas accroché de bannière au plafond. Pourtant, les hommes de Billy ne sont qu’à un coup de chaud de Klay Thompson de sortir l’équipe aux 73 victoires en 2016. Revenus à 3-2 suite à leur succès à domicile, les Warriors n’ont encore d’autre choix que de s’imposer dans un Paycom Center chaud bouillant pour pouvoir espérer réaliser un doublé. Au début, le cinq majeur d’Oklahoma impose la même densité physique qui leur a permis de se retrouver dans cette situation. De la longueur, des coups, de la défense, du contre (4 blocks dès le premier quart pour OKC), le Thunder rassemble tous les ingrédients pour se retrouver devant à l’issue des 12 premières minutes (23-20). Malgré 18 unités des Splash Bros qui préchauffent, GSW ne parvient pas à réduire l’écart et semble souffrir face à la densité physique d’OKC à l’image d’un Draymond Green baptisé par Steven Adams. Andre Roberson se régale en back-door, KD trouve son rythme… Bref tout l’Oklahoma croit de plus en plus à l’exploit d’autant que cette domination se poursuit au retour des vestiaires. Menant toujours de sept points à cinq minutes du coup de sifflet final, les hommes de Donovan gâchent leur avance en 2’30, sous les coups de boutoir des deux grands tarés de la Baie. Après un dernier panier de Roberson, OKC va enchaîner les pertes de balle comme des perles, ce qui permettra à Klay de donner l’avantage aux Californiens grâce à un onzième tir longue distance (record de Playoffs) puis au Chef de fermer la boutique à l’aide d’un drive mettant fin à toute forme de suspense. Avec ça, on aurait presque oublié de parler du buzzer beater incroyable de Stephen Curry à 12 mètres à la fin de la prolongation quelques mois plus tôt… Décidément, les Warriors ne réussissent pas au Thunder.

Maillots retirés au plafond du Paycom Center

Palmarès au Paycom Center

  • Champions de Conférence (2012)
  • Champion de Division (2011, 2012, 2013, 2014 et 2016)
  • Meilleur bilan : 60-22 (2013)
  • Pire bilan : 23-59 (2009)

Et maintenant ?

Avec ses futures rénovations, le Paycom Center se met à la page. On espère cependant que les travaux n’affecteront pas les prix, qui on le rappelle restent abordables à l’échelle de la Grande Ligue, afin qu’on puisse continuer de profiter de la magnifique ambiance qui y règne à chaque match. La franchise est drivée d’une main de maître par Sam Presti d’un point de vue sportif et on voit mal le groupe de propriétaires mené par Clay Bennett chercher à se séparer de son nouveau joujou avant un moment.

En quelques années à peine, OKC est devenu une place forte de la NBA. Le Paycom Center est devenue une habituée des soirées de Playoffs et avec des jeunes joueurs à fort potentiel comme Shai Gilgeous-Alexander, peut-être que la franchise dispose enfin d’atouts pour aller encore un peu plus haut.

Source image : NBA League Pass


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