Dépression, surpoids… Nicolas Batum revient sur sa période noire aux Hornets

Le 30 mars 2026 à 18:36 par Jules Bousquet

Nicolas Batum
Source image : YouTube

Invité du podcast « The Old Man and the Three » vendredi dernier, Nicolas Batum est revenu sur la fin de son aventure avec les Hornets. Une période hyper difficile pour le Frenchie, entre dépression, prise de poids, mal-être et perte de motivation… 

Après ses années à Portland (2008-2015), Nicolas Batum a disputé cinq saisons à Charlotte. Si ses débuts avec les Hornets se sont plutôt bien passés, la fin de son aventure en Caroline du Nord a été beaucoup plus difficile à vivre pour lui.

Entre les démons qui le tourmentaient à cause de la perte de son père 25 ans plus tôt, et le contrat de 120 millions de dollars sur cinq ans qui pesait sur ses épaules, Nico a vécu des heures sombres qui se sont traduites par une grosse diminution de son rôle aux Hornets.

« Ça a été les deux années [fin de contrat à Charlotte 2018-19 et 2019-20, ndlr.] les plus dures de ma carrière. Tu sais, quand tu commences à lire tout ce qui se dit sur toi, à faire attention aux critiques… et quand, même à domicile, t’entends le public te crier dessus, te tomber dessus… en fait, pendant deux ans, j’avais l’impression de jouer à l’extérieur tout le temps. Mais je comprends pourquoi aussi… il y avait ce contrat, et tout ce qui va avec. »

Ce qui a aussi blessé Nico Batum, c’est le regard que possédaient certains observateurs français sur lui à cette même période. De quoi nourrir les doutes.

« Même en France, c’était dur. Je me faisais descendre, les gens disaient que je n’étais même pas assez bon pour revenir jouer là-bas, même en deuxième division. Je me disais : ‘Je suis vraiment devenu si nul que ça ? J’ai que 30 ans et encore des choses à donner’. »

La dépression et le déclic

Vous l’avez compris, le vase était bien rempli chez Nico Batum. La goutte qui a fini par le faire déborder ? Le COVID, et la période de confinement qui a suivi. Un véritable calvaire, avec un grand C.

« Puis il y a eu le COVID. J’étais bloqué à la maison pendant environ huit mois et je suis tombé en dépression, j’ai pris presque 20 kilos… c’était n’importe quoi. Vers mi-octobre 2020, mon agent m’appelle et me dit ‘On doit parler’. Là, j’étais monté à 122 kilos, c’était n’importe quoi. J’avais touché le fond.

Ensuite, j’ai perdu presque tout le poids. Je me suis remis au travail comme un dingue. Heureusement, j’ai été bien entouré : ma femme, une équipe, des coachs. On bossait tous les jours dès 5h du matin jusqu’à 23h : entraînement, diète, tout. »

Son aventure à Charlotte s’est arrêtée via un « cut » (se faire couper de l’équipe) que Nico raconte avoir appris sur Twitter, sans même avoir été prévenu. Il raconte également que son regain de motivation est venu du traitement qui lui avait été réservé à son départ des Hornets.

« They put all my stuff in a box outside … [my son’s] drawing was at the bottom all crushed » — Nic Batum tells a story about how a drawing from his son became his greatest motivation after being waived by the Charlotte Hornets pic.twitter.com/2YISiWAoFn

— TheOldManAndTheThree (@OldManAndThree) March 29, 2026

« En octobre, j’étais au fond, en surpoids. Et là, j’apprends sur Twitter que je suis coupé. J’étais à Paris, et je vois passer l’info comme ça, une Woj Bomb… même pas un appel, pas un message.

Quand je suis revenu à Charlotte, il y avait ce dessin que mon fils avait fait à l’école et que j’avais accroché dans mon vestiaire, et quand je suis allé récupérer mes affaires tout avait été mis dans un carton, laissé dehors. Le dessin était en dessous, complètement froissé…

Aujourd’hui, il est toujours dans mon casier à Los Angeles, six ans plus tard, dans le même état. Je n’y ai jamais touché. C’est devenu ma source de motivation. »

L’histoire de Nico est une histoire de résilience, et surtout la preuve qu’on peut rebondir même quand on croit être au fond du trou. C’est une manière aussi de mettre la lumière sur ce que peut représenter la violence d’une carrière NBA pour certains joueurs. Parce que oui, la Grande Ligue et son business, ce n’est pas rose tous les jours.

Aujourd’hui, six ans plus tard, Batum est dans sa 17e saison NBA, a un rôle qui lui convient aux Clippers et continue de marquer l’histoire du basket français.


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