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Anthony Davis est-il un joueur de catégorie all-time ? Si oui, le monstre des Lakers doit le rappeler sur la saison 2022-23

anthony davis pelicans

Anthony Davis ne doit plus laisser de place au doute : c’est l’heure de la saison niveau MVP.

Source image : nba league pass

Arrivé aux Lakers il y a trois ans, Anthony Davis a remporté un titre de champion dans la bulle d’Orlando, à l’été 2020. Mais depuis ? Entre blessures, contre-performances et miséricorde collective, l’intérieur est loin des immenses attentes placées sur lui. Invité à rejoindre la catégorie des joueurs all-time il y a encore peu de temps, AD est-il vraiment un des grands monstres dans l’histoire de la NBA ? Si c’est le cas, la réponse doit venir la saison prochaine. 

C’est un soupir, et c’est souvent le même.

Ce soupir qui accompagne Anthony Davis, où qu’il aille, quoi qu’il se passe. Soupir et secouement de la tête, lentement, les sourcils baissés. Comme si un air blasé gagnait le visage de toutes celles et ceux qui, ces dernières années, ont vu le phénomène se produire sur les parquets NBA.

Anthony Davis, 2m08 pour 115 kilos. Des bras interminables, une intelligence de jeu hors-normes, une polyvalence rare, du tir, du dunk, du contre, de la passe, de l’interception, du rebond, du clutch, de l’altitude, le package total. Vous pouvez aimer ou ne pas aimer le bonhomme, vous pouvez aimer ou ne pas aimer son look, le basketball ne ment pas et le profil d’AD ne ment pas. Depuis son arrivée en NBA, les étoiles s’installent dans les yeux de ceux qui posent leur regard sur lui. Tout doit lui être possible, absolument tout. Et on l’a vu, par séquence, lorsqu’il est en forme et en confiance, débarrassé de ses soucis physiques et piqué par le moustique de l’agressivité, Anthony Davis est une arme de destruction massive au sport du panier-ballon. C’est indéniable.

Mais c’est bien ça le problème.

« Lorsqu’il est en forme. »

Anthony Davis, en forme.

62, puis 36 puis 40.

Ce sont les nombres de matchs joués par AD sur ses trois saisons avec les Lakers, soit 138 matchs sur 236 possibles.

Et ce même soupir qui revient, encore et encore, inlassablement.

Pourtant, il y a encore très peu de temps, on sentait que le cap était passé. Souvenez-vous de 2020 (sic).

On se disait tous, ça y est, la NBA est à lui, le poids de l’obtention d’une bague est derrière lui. Astérisque ou pas, ce titre de champion est bien dans son CV et les Lakers sont positionnés pour avoir le meilleur futur possible : prolongation d’Anthony Davis à Los Angeles, LeBron qui finit sa carrière en empilant les bagues et en laissant le kraken dévorer la concurrence, meilleur trade de l’histoire de L.A, voilà le nouvel intérieur qui rejoindra les Shaq, les Wilt Chamberlain, les Kareem Abdul-Jabbar et les George Mikan de l’histoire des purple and gold. 

Sauf qu’aujourd’hui ? Mentionner AD aux côtés de ces légendes revient davantage à une farce, voire à un blasphème, qu’autre chose.

Il suffisait de voir les réactions de la planète basket, lors des 75 ans de la NBA, pour capter toute la gêne autour de sa situation. Anthony Davis nommé dans la Team des 75 ans de la Ligue, et puis quoi encore ? Nombreux sont ceux qui, sûrs d’eux, ont grimpé sur l’estrade pour hurler leur mécontentement. Que non seulement ce n’était pas mérité, mais que c’était trop tôt, encore à prouver, et qu’hormis – je cite – « une bague en carton chez Mickey et quelques stats« , il n’y avait pas grand chose à se mettre sous la dent. Pas autant que pour les Tony Parker, les Dwight Howard, les Chris Bosh, les Klay Thompson ou les Pau Gasol de ce monde pour ne citer qu’eux.

Alors on a fait ce qu’on fait souvent, ensemble. On a redonné une chance à AD, afin qu’il ferme quelques milliers de bouches.

Et ce soupir est réapparu, encore et encore, inlassablement.

Une saison flinguée, des blessures à gogo, les Lakers qui sombrent dans l’oubli pendant que LeBron se démène avec 800 000 minutes au compteur. On parlait d’Anthony Davis comme de l’intérieur du présent et du futur, mais au lieu de le montrer le géant a dû regarder, en silence, les plus grands de la Ligue se battre réellement entre eux. Nikola Jokic, Joel Embiid, Giannis Antetokounmpo, trois monstres ne laissant aucune place dans la conversation des bigs… et clairement pas de place pour AD. Personne en ce bas-monde, pas même les membres de la famille de Davis ou les die-hard fans des Lakers, peuvent mettre l’ailier-fort devant ces trois spécimens. Le terrain l’a montré, le terrain l’a démontré, tout simplement parce qu’il faut être dessus. Et c’est là que l’interrogation se transforme en blague, et que toutes les bonnes blagues ont une fin dans la classe des grands joueurs.

Les plus grands de l’histoire ont su dire non, stop, ça suffit.

Stop aux boutades, aux punchlines, aux remises en question incessante.

Anthony Davis parmi les 75 meilleurs joueurs de l’histoire de la NBA, c’est l’heure de le prouver.

Doit-on attendre autre chose qu’une saison de niveau MVP de sa part ? Non.

Doit-on attendre autre chose qu’une saison à minimum 65 matchs de sa part ? Non.

Doit-on attendre autre chose qu’une saison de patron, des deux côtés du terrain, vu l’état d’incertitude chez les Lakers aujourd’hui ? Non.

Les berceuses et les caresses ont assez duré. Si AD est vraiment le joueur qu’il est censé être, alors la saison prochaine devra être sa meilleure en carrière. Que faudra-t-il inventer comme nouvelle excuse pour lui venir en aide ? C’est la faute de Rob Pelinka ? Ou de Darvin Ham ? Un staff médical défaillant ? Des mauvais coéquipiers ? Nikola Jokic, Joel Embiid et Giannis Antetokounmpo, pour ne citer qu’eux, ont décidé de ne plus chercher d’excuse. Et pourtant, ils n’ont pas LeBron à leurs côtés. Difficile de savoir si Anthony Davis est dans ce groupe. Sur le potentiel c’est indéniable, il peut mieux jouer que les trois réunis vu son immense talent. Mais combien de fois a-t-on vu des phénomènes de la NBA s’enfoncer dans une caricature d’eux-mêmes, n’étant finalement pas ceux qu’on espérait les voir devenir ?

Il y a deux ans, en sortie de bulle, Anthony Davis toisait la NBA et devait la dominer sans pitié pendant plusieurs années. Aujourd’hui, on ne sait plus trop quoi dire. Alors dans ces cas là, il n’y a qu’une chose à faire : laisser le jeu parler, et AD fermer toutes les bouches de la Ligue. C’est à lui de jouer, littéralement.

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