Futures stars

Le mois de juin de Victor Wembanyama : un premier sacre national avec l’ASVEL et puis s’en va, direction Levallois

Victor Wembanyama 1er juillet 2022

À 18 ans, Victor Wembanyama veut taffer son leadership avant de sauter le pas pour rejoindre la NBA.

Source image : YouTube/LNB

Beaucoup de choses à dire pour le dernier épisode de la saison ! Un premier titre de champion de France dans la poche et sur le CV, Victor Wembanyama quitte l’ASVEL aussi vite qu’il était arrivé pour rejoindre son troisième club français en trois ans. Probablement le dernier avant de faire le grand saut vers la NBA l’été prochain.

Après des débuts timides pour ses premiers Playoffs chez les pros contre Cholet, Victor Wembanyama était attendu au tournant pour aider son équipe face à l’un de ses rivaux majeurs depuis quelques années : Dijon. Utilisé 26 minutes dans le Game 1, il manque d’adresse mais pose tout de même 3 contres et grapille 4 rebonds en 26 minutes. Malheureusement, c’était aussi sa dernière apparition sous le maillot de l’ASVEL. Car à l’aube du deuxième match de la série, le club publie un communiqué annonçant une blessure musculaire synonyme de fin de saison pour le crack de 18 ans. Un point final qui résume tristement la campagne 2021-22 du natif du Chesnay, marquée par plusieurs blessures. Le 3 juin, il redevient donc un simple supporter pour le reste des Playoffs et suit l’équipe en restant en civil sur le banc.

L’obstacle de la JDA est finalement écarté en trois manches sèches et l’ASVEL se retrouve nez à nez avec l’autre représentant du championnat français en EuroLeague pour tenter de valider un Threepeat historique. Victor Wembanyama est toujours sur le téco, il ne participera pas à ces Finales de très haut niveau. Après un scénario à rebondissements et un dernier chasedown block de William Howard contre la planche en prolongation du Game 5, Villeurbanne est sacré championne de France pour la 21è fois de son histoire, la troisième consécutive. Une première couronne nationale pour le double meilleur espoir du championnat qui célèbre le titre avec un smile XXL et invite même son frère sur le podium pour la photo de famille. Le temps d’une soirée, Victor oublie les rumeurs qui entourent son futur et profite de ce trophée qui restera toujours dans son palmarès.

Une dernière Draft vécue devant la télé

Deux jours avant la délivrance à l’Astroballe, Victor Wembanyama a certainement suivi la Draft NBA 2022 avec beaucoup d’intérêt. En plus de voir quatre de ses compatriotes être appelés ce soir-là, c’est aussi la dernière cérémonie qu’il regarde devant sa télé avant de se retrouver sur l’estrade du Barclays Center pour venir serrer la main du commissionnaire de la NBA, Adam Silver. Toujours en tête de la plupart de mock draft 2023, le V pourrait succéder à un Italien et ainsi devenir le premier Frenchie à se faire sélectionner avec le premier choix. Le suspense va encore durer un an, mais certaines franchises n’ont déjà d’yeux que pour lui. Il n’y a qu’à se promener un peu partout sur les réseaux sociaux pour voir combien les fans des équipes médiocres rêvent de la French Unicorn pour venir les sauver. Récemment, la rumeur autour des Spurs a pris de l’ampleur. Le récent trade de Dejounte Murray contre Danilo Gallinari (bientôt buy-out), un premier tour de draft 2023, un premier tour 2025, un premier tour 2027 et un pick swap 2026 va aussi dans ce sens. Que les fans des Éperons se préparent à passer une année difficile car San Antonio semble déjà all-in pour récupérer celui qui pourrait incarner la franchise pendant les 15 prochaines années dans la plus pure tradition texane. Il faudra pour cela avoir un peu de chance à la loterie de Draft, d’autant qu’il ne seront pas les seuls sur le coup. Le tanking risque d’être un sport à la mode en 2022-23 et c’est en grande partie à cause de Wembanyama. Il est tellement attendu chez l’Oncle Sam qu’il aurait déjà atteint « plus d’intérêt que n’importe quel autre prospect depuis LeBron James au sein de la communauté NBA » selon Jeremy Woo de Sports Illustrated. Le prodige, lui, ne se soucie pas trop de toutes ces spéculations. On a ainsi pu l’apercevoir en loges pour la finale de Roland Garros ou bien en backstage au concert d’Alpha Wann plus récemment. Il a depuis pris l’avion pour la Californie où il va encore pouvoir profiter de son relatif anonymat pour passer des vacances reposantes et continuer à préparer la suite.

Le duo Wembanyama – Collet

Même s’il a déjà l’habitude d’affronter des adultes et qu’il a remporté sa match-up avec le #2 de la Draft 2022, de deux ans son aîné, lors de la finale du Mondial U19 l’été dernier, Victor doit encore attendre un an pour sauter le pas. Le plan initial en quittant la JSF Nanterre en 2021 était le suivant : prendre le maximum d’expérience et continuer son développement en participant à l’EuroLeague du côté de l’ASVEL jusqu’en 2023. Finalement, l’expérience villeurbannaise sera de plus courte durée et la rumeur d’un départ du géant a vite émergé au milieu des Finales de championnat de France. Parmi les courtisans selon Jonathan Givorny d’ESPN ? Pas de franchise NBA évidemment, puisqu’elles devront attendre son passage par la Draft dans un an. Il y a tout de même du beau monde sur la future star mondiale. Du grand Real Madrid, vice-champion d’Europe, au Barça en passant par la ligue professionnelle australienne qu’Ousmane Dieng connaît bien, Wemby n’a que l’embarras du choix. Autre option envisagée ? La G League Ignite qui réunit les meilleurs talents préférant signer un premier contrat pro que d’évoluer en NCAA en attendant de passer au niveau supérieur. Mais finalement, le choix final se resserre sur la ville de Paris avec d’un côté le Paris Basket, fraîchement promu depuis un an et crédité d’une wild-card pour disputer l’EuroCup la saison prochaine et les Metropolitans 92 de l’autre. Quelques jours plus tard, l’annonce est officielle, Wembanyama signe au club de Boulogne-Levallois où il retrouvera le sélectionneur de l’Équipe de France, Vincent Collet. Outre leur appartenance à la même agence, Comsport, l’homme qui partage les mêmes initiales que Vince Carter est reconnu pour bien accompagner les jeunes talents au début de leur carrière, à l’image d’un Nicolas Batum au MSB il y a une quinzaine d’années. De quoi aborder la saison 2022-23 avec sérénité pour le joueur.

Visiblement mécontent de son temps de jeu en terre lyonnaise, Victor Wembanyama a donc décidé d’opt-out sa deuxième saison de contrat avec l’ASVEL. C’est évidemment une mauvaise nouvelle pour Tony Parker qui comptait encore sur celui que le scout Jonathan Givorny d’ESPN aime comparer à Kevin Durant, la saison prochaine. C’est aussi un manque à gagner pour le club qui touchera moins de bonus au moment de la signature de contrat de son prodige en NBA. TP est revenu sur cette décision dans une longue interview accordée à David Loriot de L’Équipe :

« Le premier sentiment, le mot qui domine, c’est « dommage ». Franchement, c’est un bon gamin. Il a vraiment une bonne attitude et c’est dommage qu’il ne nous ait pas donné l’opportunité de poursuivre. […] Après, je lui souhaite tout le bonheur du monde. Il réussira de toute façon. […] Non, moi je ne comprends pas [ses arguments, ndlr]. Mais après, je respecte sa décision. Je ne comprends pas parce que nous, on l’aurait fait jouer 30 minutes par match de toute façon la saison prochaine. C’était le plan, lui donner des responsabilités et qu’il grandisse. »

Même son de cloche chez son frère, confirmé à la tête de l’ASVEL après son deuxième titre de champion de France en tant qu’entraîneur principal. Sur le plateau du Super Moscato Show sur RMC, T.J. Parker fait le bilan du passage de Victor dans le Rhône.

« C’était une année difficile pour Victor qui a raté 6 mois de l’année. Il n’a pas eu de chance, les pépins physiques n’ont pas aidé. Il n’a pas commencé la saison avec nous. Il est revenu et s’est reblessé au bout de quelques semaines. Mais franchement il a eu un vrai passage au mois d’avril quand il est revenu de sa dernière blessure. Il fait un match incroyable contre Le Portel et il n’a fait que monter après ce match. Il n’y avait plus l’EuroLeague, il s’entraînait tous les jours avec nous donc ça permet de progresser avec l’équipe. Pendant l’année, on n’a pas ça à cause de l’enchaînement des matchs. »

Pour accompagner les mots avec des chiffres, Victor Wembanyama a participé à 33 matchs sur 76 possibles avec Villeurbanne cette saison. Ses petits bobos à répétition l’ont empêché de prendre son envol malgré des passages remarqués en EuroLeague et en championnat. Sur la plus grande scène européenne, il tourne à 6,5 points à 34,8% au tir et 30,3% du parking, 3,8 rebonds et 1,9 contre (!) par match en 17 minutes de moyenne. Il aurait tout simplement terminé meilleur contreur de la compétition s’il avait atteint le nombre minimum de matchs imposé. Dans l’Hexagone, il a ramené une deuxième statuette de meilleur espoir – comme Nicolas Batum, Evan Fournier et Frank Ntilikina avant lui – avec des moyennes de 9,4 points, 5,1 rebonds et 1,8 contre en 18 minutes, le tout à 61% à 2-points et 70% aux lancers-francs.

Le highlights 2021-22 de Victor Wembanyama en championnat :

Le mois de juin de Victor Wembanyama en chiffres :

  • 1er juin vs Dijon (Playoffs) : 5 points à 2/7 au tir dont 0/3 du parking, 4 rebonds, 3 contres, 1 passe, 1 interception, 1 turnover, 1 faute personnelle et 4 fautes provoquées en 26 minutes
  • 3 juin vs Dijon (Playoffs) : DNP
  • 6 juin @ Dijon (Playoffs) : DNP
  • 15 juin vs Monaco (Finales) : DNP
  • 17 juin vs Monaco (Finales) : DNP
  • 20 juin @ Monaco (Finales) : DNP
  • 22 juin @ Monaco (Finales) : DNP
  • 25 juin vs Monaco (Finales) : DNP

C’est donc sur un titre de champion de France que se conclut le chapitre de Victor Wembanyama à Villeurbanne. À 18 ans, la future star a pris une décision décisive pour la suite de sa carrière et va donc continuer de se développer sous l’aile du sélectionneur national. Dans la capitale, il va aussi attirer davantage la lumière et faciliter le déplacement des scouts pour venir l’observer. Cela devrait coïncider avec une augmentation significative de ses responsabilités et de son temps de jeu. Rien de tel que de montrer ses qualités de leader quelques mois avant de rejoindre la NBA. En espérant quand même que son corps le laisse un peu tranquille et que sa dernière saison à la maison ne soit pas hachée par les blessures comme cela a pu être le cas cette année. Le rendez-vous est pris, ici même, pour suivre les derniers mois de Victor Wembanyama en terre française.

Sources texte : ASVEL, L’Équipe, ESPN, Sports Illustrated, Metropolitans 92

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