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Le Big Three des Nets s’est désintégré : James Harden, Kyrie Irving, Kevin Durant… a-t-on déjà vu tel trio échouer ?

Durant Harden Kyrie Irving Nets 31 mai 2021 preview

La réponse est non.

Source image : NBA League Pass

Une barbe, une vipère et un complotiste sont sur un bateau, la barbe tombe à l’eau, qui reste-t-il ? Une vipère et un complotiste sont sur un bateau, la vipère tombe à l’eau, qui reste-t-il ? Un complotiste est sur un bateau, le complotiste tombe à l’eau, que reste-t-il ? Ni plus ni moins qu’un navire à la dérive, avec Ben Simmons – incapable de tenir la barre – à son bord.

« Entre Kevin Durant et James Harden, il y avait comme une guerre froide ». En février dernier, le barbu file à l’anglaise : direction Philly pour y rejoindre Joel Embiid et ses ambitions de titre. Le premier rouage du Big Three pète, Kyrie Irving et Kevin Durant devront composer seuls. Quatre mois plus tard s’ouvre le feuilleton Kyrie Irving. Par « s’ouvre », on entend plutôt « amorce son dix-huitième chapitre ». Cette saison, Uncle Drew a monopolisé l’attention publique : la controverse vaccinale, le doigt du milieu à Boston, puis – à quelques jours de la Free Agency – cette soudaine rumeur Lakers. LeBron James l’attendrait sur Hollywood Boulevard pour y reformer ce duo tah l’époque Ohio, bien titre 2016, bien fiestoche pendant un mois, bien barbecue en lendemain de match. On a tellement de souvenirs de cette période – pour la plupart excellents – que même les fans des Warriors en sont nostalgiques. M’enfin, en début de semaine dernière, Kyrie Irving est venu doucher les espoirs californiens en activant sa player option à Brooklyn. Fin des fantasmes, Sean Marks ferme la porte, tout le monde reste.

Mais… ?

Qu’est-ce que c’est que ce foutoir ? Dès l’instant où Shams Charania balance son tweet, l’échec Nets est prononcé. Un Big Three, fait de deux MVP et du meilleur manieur de ballon que ce sport ait connu, disloqué après seulement une saison et demie ? On a beau chercher, mis à part la réunion entre José Garcia, Omar Sy, Franck Dubosc, Gad Elmaleh, Ramzy et JoeyStarr dans Les Seigneurs, aucun rassemblement de ce nom n’a – à notre sens – aussi mal terminé. Additionnez le talent, les performances et les accomplissements, il n’en découlera pas obligatoirement une donnée positive. « Oui mais là en l’occurrence, ça s’est joué à une poiture de KD, donc l’échec est à nuancer ». Oui messieurs mais l’histoire, c’est du détail. Aussi condescendant fasse ce dicton, on ne peut pas minimiser l’échec sous prétexte qu’en 2021, les Nets auraient pu accéder à la Finale de Conférence Est, pour ensuite y désosser des Hawks en surrégime. On aurait alors eu des Finales 2021 entre Suns et Nets, or, si l’on vivait en 450 avant J-C, affronter James Harden et Kevin Durant sur une seule série – de surcroit la dernière avant le titre – serait le 13e travail d’Hercule.

À une seule pointure, ce scénario n’a jamais existé. Les Nets ont perdu la prolongation du Game 7, et ce fadeaway de Kevin Durant est rentré dans l’histoire par la mauvaise porte. Savez-vous ce qui accentue encore davantage cet échec ? C’est le projet sacrifié pour réunir ces gars-là. Souvenez-vous des Brooklyn Nets édition 2018-19 : D’Angelo Russell, Caris LeVert, Spencer Dinwiddie, Jarrett Allen, Jared Dudley et l’irréductible Joe Harris, seul boulon conservé dans la disposition actuelle. Cette équipe respirait la rue, les sons de Biggie, le bitume mouillé, frais, lequel reflète la sirène d’un camion de pompier. « Ouai mais vous comparez un Big Three fait des meilleurs individualités de ce siècle, à une équipe qui ne passait même pas un premier tour de Playoffs ». Pas faux, c’est facile de parler une fois l’échec prononcé : l’ambulance passe, on n’a plus qu’à tirer. Mais sous Kenny Atkinson, le projet – bien qu’encore modeste – dégageait quelque chose. Un gros tir du parking de D-Lo, et la caméra faisait le focus sur Rondae Hollis-Jefferson, animateur en chef du banc new-yorkais. Certains considéreront toujours la compétitivité au-dessus de l’esprit, de l’âme et de l’équilibre d’un collectif. D’autres savent que de toutes ces valeurs découle forcément un vrai projet.

Sean Marks a joué et a perdu. Avec le poste de General Manager qui est le sien, s’il y avait eu une fuite d’infos, les fans des Nets lui auraient toujours reproché de ne pas avoir réuni Kyrie Irving, James Harden et Kevin Durant à Brooklyn, ne serait-ce que pour « assurer au moins un titre ». Il l’a fait, mais ça n’a pas fonctionné. Peut-on lui mettre cet échec sur le dos ? Difficilement.

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