Dossiers NBA

Kevin Durant et Sean Marks, le bras de fer : qui dirigera ce transfert entre la superstar des Nets et le manager de Brooklyn ?

Kevin Durant et Sean Marks 4 juillet 2022

Kevin Durant est une superstar. Mais il lui reste quatre ans de contrat à Brooklyn. Du coup, qui a la main ?

Source image : montage via YouTube

Quelques jours après la demande de transfert de Kevin Durant qui a véritablement secoué la planète basket, on se trouve désormais dans les premières phases de négociations entre les Nets et le reste de la NBA. Le téléphone du manager général de Brooklyn Sean Marks n’arrête pas de sonner pendant que les franchises voulant acquérir les services de KD essayent de monter le meilleur package possible. Mais dans ce processus qui pourrait bien durer plusieurs semaines, on se demande forcément quel pouvoir possède une superstar du niveau de Durant, actuellement lié avec les Nets jusqu’en… 2026.

La situation contractuelle de Kevin Durant, un atout pour Sean Marks et les Nets

Il y a un peu moins d’un an, Kevin Durant signait une prolongation de contrat de 198 millions de dollars sur quatre ans avec les Nets. Il ne s’imaginait sans doute pas demander un transfert onze mois plus tard, mais nous y sommes. Si on ne va pas revenir sur tous les éléments qui ont poussé KD à appuyer sur le bouton rouge, l’avalanche qui s’est produite du côté de Brooklyn depuis août 2021 a provoqué une situation quasiment inédite dans l’histoire de la NBA. On a l’un des trois meilleurs joueurs du monde qui demande un transfert, le tout avec quatre années restantes sur son contrat. Et ces quatre années, elles donnent aujourd’hui de sérieux atouts à Sean Marks. Déjà parce que beaucoup d’équipes tentent de discuter avec les Nets pour obtenir ce qu’il reste du prime de Kevin Durant, ce dernier n’ayant pas la possibilité de partir via la Free Agency avant 2026. Pour certaines franchises, notamment de petits marchés, c’est une occasion unique de s’attacher les services d’une superstar du niveau de Durant. Et qui dit beaucoup d’équipes sur le coup dit forcément beaucoup plus d’offres et de possibilités pour les Nets. Ensuite, comme Brooklyn n’est aujourd’hui pas sous la menace d’un départ de KD en tant qu’agent libre, la franchise new-yorkaise n’a vraiment pas besoin de se précipiter sur ce dossier. En théorie, les Nets peuvent même décider de garder Durant s’ils estiment que c’est la meilleure chose à faire pour une raison ou pour une autre. Est-ce que KD pourrait tout simplement refuser de jouer en réponse ? On doute que Durant fasse une Ben Simmons car il aime trop le basket pour ça, néanmoins c’est un chemin qui mène rarement quelque part. Alors pas sûr que ça soit dans l’intérêt de tout le monde sur le court/moyen terme.

L’objectif ultime pour les Nets : obtenir la meilleure contrepartie possible pour KD

Les Nets sont évidemment devant un énorme tournant. Un tournant qu’il faut parfaitement gérer car il va tout simplement définir l’avenir de la franchise de Brooklyn. Et comme vous pouvez l’imaginer, le manager général Sean Marks va faire monter les enchères bien comme il faut pour obtenir un package Triple XL qui permettra aux Nets de rebondir vite et bien après l’échec cuisant du projet Big Three. C’est d’autant plus le cas après les récents transferts de Dejounte Murray à Atlanta et surtout Rudy Gobert chez les Wolves, Minnesota lâchant pas moins de quatre first round picks, un pick swap et leur choix de premier tour à la Draft 2022 (le pivot Walker Kessler). En échange de Kevin Durant, les Nets viseront logiquement un jeune joueur déjà calibre All-Star (genre Jaylen Brown ou Brandon Ingram, tous les deux 25 ans) ou grand espoir pouvant potentiellement le devenir (coucou Scottie Barnes), avec potentiellement en prime des garçons prometteurs (rookies de la classe 2022 par exemple, ou des jeunots ayant déjà montré de belles choses en première ou deuxième année) et/ou un wagon de picks de draft. En partant de cette base, on a essayé de monter 29 packages pour chacune des franchises de la NBA mais y’a moyen que ce futur blockbuster trade – qui pourrait être le plus gros de l’histoire – implique bien plus que deux équipes au final. Trois voire même quatre franchises pourraient être concernées par le transfert de KD.

La stature de Kevin Durant

Théoriquement, au vu de sa situation contractuelle (quatre ans, pas de player option sur la dernière année, pas de clause anti-transfert), Kevin Durant n’a pas grand-chose à dire dans ce dossier. Mais évidemment ce n’est pas si simple. Parce qu’on parle de Kevin Durant. L’un des trois meilleurs joueurs de la planète, un double champion NBA, un ancien MVP des Finales, un ancien MVP de la saison régulière et un triple champion olympique. Quand vous avez acquis la stature d’un KD, votre voix porte en toute circonstance. Ce n’est pas un hasard si Durant a immédiatement laissé entendre ses préférences après sa demande de transfert (Phoenix en premier lieu, Miami aussi), car il sait que cela peut orienter le sens des négociations. Historiquement, quand un gros joueur demande à se faire bouger, il finit souvent par tomber dans l’une des destinations qu’il avait cochées sur sa wish list (exemple : James Harden, envoyé des Rockets aux Nets puis aux Sixers, ses deux franchises préférentielles). Pourquoi ? Car l’équipe annoncée préférentielle fait en sorte d’offrir un package suffisant devant l’opportunité d’obtenir une superstar (on se souvient des énormes packages obtenus par le Thunder et les Rockets dans le cadre du transfert de Paul George à Los Angeles et Harden à Brooklyn, notamment en matière de picks de draft), tandis que les autres franchises sont forcément plus réticentes à l’idée de lâcher une très grosse contrepartie sachant que la superstar en question pourrait très bien repartir à la première occasion. Là évidemment, avec un KD qui est encore sous contrat pour quatre ans, la dynamique est un peu différente mais ce n’est pas pour autant qu’il devient un pion qu’on déplace vulgairement, au contraire. On est dans une NBA où les superstars ont le pouvoir après des années de player empowerment. Et si les Nets venaient à envoyer Durant à Châteauroux parce que la Berrichonne offre le meilleur package, la réputation de la franchise de Brooklyn pourrait en prendre un coup à travers la Ligue (et donc réduire ses chances de recruter d’autres stars à l’avenir), elle qui voit déjà son championship project exploser devant les yeux de toute la planète basket. Pour la faire courte, on ne fait pas n’importe quoi avec un joueur du calibre de Kevin Durant, qui est évidemment reconnu et respecté en NBA pour son immense talent et ses accomplissements.

Quelles relations entre Sean Marks et Kevin Durant ?

Les Nets savent qu’ils ont le leverage et comptent bien en profiter. Mais dans le même temps ils savent également qu’ils sont sur le point de transférer celui qui est considéré par certains comme le meilleur joueur du monde. Ce qui pourrait vraiment définir la manière avec laquelle ce dossier évolue, c’est la nature des relations entre Sean Marks et Kevin Durant. Est-ce que c’est la guerre aujourd’hui ou est-ce que des discussions peuvent se mettre en place entre les Nets et le camp KD ? Si un silence très pesant s’était installé entre Durant et le management de Brooklyn lors des négociations autour d’une potentielle prolongation de son pote Kyrie Irving, on est plus sur la deuxième option. D’après le New York Post, Marks et le proprio de la franchise Joe Tsai semblent prêts à travailler un minimum avec Durant et son business manager Rich Kleiman pour trouver une destination acceptable pour KD (qui veut évidemment jouer le titre à ce stade de sa carrière) en plus de la contrepartie recherchée par les Nets. Tout ça pour dire qu’on n’est pas non plus sur le même niveau d’animosité que Kawhi Leonard avec les Spurs par exemple, quand San Antonio avait carrément décidé à l’été 2018 – après des mois de tension constante – d’envoyer Kawhi dans le grand froid de Toronto alors que sa préférence allait au grand soleil de Los Angeles. En fin de compte, pour résumer la dynamique actuelle en une phrase, on peut dire que les Nets ont la main sur le dossier – notamment en matière de timing – mais que les envies de Kevin Durant seront également prises en compte dans l’équation par Sean Marks. C’est ainsi qu’une équipe comme Phoenix, qui se trouve sur la wish list de KD et qui dans le même temps peut mettre en place un package séduisant, fait figure de premier favori pour acquérir ses services.

Le futur transfert de Kevin Durant est évidemment au centre de l’actu NBA aujourd’hui, et bien malin celui qui pourrait prédire le dénouement de ce dossier clairement pas comme les autres. Ce qui est sûr, c’est que les Nets vont bien prendre leur temps pour analyser toutes leurs options avant de bouger KD. Et même s’ils tiendront compte des préférences de ce dernier, c’est véritablement la première fois depuis 2016 que Durant ne contrôle pas à 100% son avenir.  

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



To Top