Hawks

L’association Dejounte Murray – Trae Young : swag absolu sur le papier, mais en profondeur ça donne quoi ?

Trae Dejounte

Faites que la sauce prenne.

Source image : montage TrashTalk via YouTube

On se souvient de la falaise de quarante-douze mètres dont étaient tombés tous les footix au Mondial 2018 en Russie : « Eh, il faut une attaque Mbappé – Griezmann – Dembele et dégager Giroud, ilétronul ». Étrangement, comme la vie n’est pas FIFA Ultime Team, ça n’a pas fonctionné. Ce jeudi, en NBA, au lendemain du transfert de Dejounte Murray à Atlanta, la hype autour de son association à Trae Young est similaire. À raison ?

« Trae Young efface son défenseur, drive, la ressort pour Dejounte Murray qui efface son défenseur, drive, la ressort pour Trae Young qui efface son défenseur, drive, la ressort pour Dejounte Murray, qui eff… ». Ils étaient les 3e et 4e meilleurs passeurs sur cette régulière 2021-22, Trae Young (9.7 assists par match) et Dejounte Murray (9.2 assists par match) sont désormais coéquipiers. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Adrian Wojnarowski a annoncé l’arrivée de Dejounte à Atlanta en échange de Danilo Gallinari, trois premiers tours de draft et un « pick swap » 2026. Ni une, les réseaux s’enflamment, les premiers montages tombent, les fans des Spurs mangent du sable : la planète basket implose. En ce début d’après midi, à plusieurs heures de l’ouverture de la Free Agency 2022 – minuit pétante heure de Paris – le plat a refroidi. Nous sommes désormais aptes à disséquer l’association Trae Young – Dejounte Murray, sans qu’une parole de fan n’invective l’analyse.

La vidéo est marrante, bien qu’un peu caricaturale #JeanSébastienRabajoie. Quand un altruiste rencontre un autre altruiste, l’un veut absolument prendre l’addition, mais l’autre profite pour aller régler en cachette. C’est même parfois source d’embrouille. Ainsi, une association entre deux meneurs aussi portés vers leurs coéquipiers peut-elle fonctionner ? Un effectif n’est ni linéaire, ni soumis à une règle cartésienne. Bien sûr, il faut conserver un certain équilibre, mais la logique du « meneur – arrière – ailier – ailier-fort – pivot » n’est qu’un point de départ à développer selon les convictions du coach. On l’a vu avec Luka Doncic et Jalen Brunson cette saison, deux teneurs de ballon peuvent très bien cohabiter, à condition qu’ils portent chacun des attributs différents et indispensables à l’effectif. Intrinsèquement, Dejounte Murray et Trae Young ne se ressemblent pas. L’un est le 29e choix de la Draft 2016, résultat d’un Process rondement mené par Gregg Popovich et sa clique. Une sorte de dragster, puissant, pas forcément très grand mais excellent défenseur, capable d’aller prendre des droites sous le cercle comme de décocher from nowhere. L’autre est un naingui affreusement insolent, agile, talentueux et professionnel des fumisteries dans la provocation de fautes. Deux joueurs d’avenir – 25 et 23 berges – encore sous contrat jusqu’en 2024 pour Dejounte Murray, et 2027 pour Trae Young. Avenir doré en Géorgie.

On voit mal Trae stopper ses montées de balle pour laisser la gonfle à Dejounte Murray, comme on voit mal Dejounte Murray dans un rôle d’arrière larbin. Là encore, ils seront tous deux titulaires, mais l’un accompagnera probablement l’entrée de la second unit. C’est-à-dire ? C’est-à-dire qu’il y aura parfois un petit décalage entre leurs périodes de jeu. On les verra jouer ensemble hein, mais si les Hawks ont monté ce trade, c’est pour tirer un maximum des qualités de chacun. T’en fais jouer un huit minutes dans le premier quart-temps, l’autre reste sur le parquet, puis sort une fois lessivé : zou, un top meneur revient dans pas trop longtemps. Expliqué de la sorte, ça fait un peu discussion entre Sylvain et René qui accueilleront à la rentrée les deux meilleurs intérieurs U14 de la Creuse, mais dans notre esprit le schéma est clair. Du coup, quel impact aura la nouvelle collaboration entre Dejounte Murray et Trae Young, sur le reste du roster ? On n’aimerait pas être dans le joggo de Nate McMillan qui va devoir envoyer un valeureux sur le banc. À cet instant, Kevin Huerter semble désigné. Cette arrivée permet donc de bien bien renforcer la second unit, tout en gagnant 82 kilos de défense dans le cinq de départ. Ouai, on a beau chercher, on ne trouve aucun défaut qui pourrait nuire à l’alchimie collective, ni à la cohérence visuelle de ce que proposeront ces Hawks édition 2022-23. Coup de maître.

Autant on a vu un paquet de duos bien bien sexy se rétamer, autant celui-ci paraît réfléchi et inscrit dans une certaine logique de renforcement d’effectif. Un an après avoir atteint la Finale de Conférence Est, la réaction du front office d’Atlanta est parfaite : Trae Young et Dejounte Murray montent à l’avant du camtar, le meilleur est devant eux.

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