Suns

Nouvel échec pour Chris Paul en Playoffs : le Point God est passé à côté de sa série, ça risque de peser lourd sur le CV tout ça

Il y a de quoi être frustré, et pour plusieurs raisons.

Source image : NBA League Pass

L’élimination des Suns par les Mavericks au terme d’un Game 7 à sens unique a fortement fait réagir toute la planète basket. Au lendemain d’un naufrage collectif, il est nécessaire d’évoquer le cas de Chris Paul. Complètement à l’Ouest (lol) depuis que la série a basculé dans le Texas il y a une dizaine de jours, il aura fortement contribué à précipiter les siens dans l’abîme… 

Les clés de cette saison régulière historique proposée par les Suns sont multiples. On peut parler de Devin Booker, l’option offensive numéro un de cette équipe et moteur du scoring de Phoenix. Il y a aussi Mikal Bridges, l’incarnation individuelle de toute la puissance défensive que représente le groupe de Monty Williams. Dans la peinture, on trouve Deandre Ayton et son affinité pour nettoyer les arceaux. Mais surtout, il y a Chris Paul. Le meneur vétéran a été le métronome, le maître à jouer… tout terme pour décrire celui qui dicte le tempo, calme les choses quand c’est nécessaire et crée les ouvertures aux copains. Quand un joueur de cette stature loupe un match, le résultat à la fin s’en ressent fortement, surtout dans la forme. Bien sûr, personne n’est parfait et les trous d’air, ça arrive. Pour autant, rater cinq matchs de suite dans une série qui en comporte sept, ça sonne tout de suite moins naturel. Pris défensivement et jamais dans le rythme en attaque depuis le Game 3 et son 37e anniversaire, Chris Paul est tout simplement passé au travers, mettant les chances des siens en péril. Le maestro qui a lâché un début de série de patron s’est complètement écroulé, enchaînant les turnovers au Game 3, les fautes au Game 4, sans plus jamais retrouver le droit chemin derrière. Aucun impact, dans le jeu et même dans le leadership, l’inverse de ce que Chris est censé amener dans une équipe comme les Suns. Est-ce qu’il fut diminué physiquement en cette fin de série comme Marc J. Spears d’ESPN le laisse entendre ? Peut-être mais le résultat est sans appel : défaite de 27 points à la sixième manche, défaite de 33 points la nuit dernière. Terrible pour celui dont le CV en Playoffs contient déjà plusieurs taches…

Faisons un bond en arrière. Chez les Clippers, lors de la première moitié des années 2010, Chris Paul était dans le prime de sa gigantesque carrière individuelle mais s’est planté à plusieurs reprises avec son équipe. On s’arrête en 2014, année où les Clips perdent contre le Thunder en demi de conf’ après la faillite CP3 dans le tournant que représente le Game 5. On n’a pas oublié le terrible enchaînement dans le money time de ce match (deux pertes de balle, une faute à 3-points dans la dernière minute pour Paul). L’année suivante, match 6 face aux Rockets en demi de l’Ouest. Alors qu’ils menaient 3-1 dans la série, les Clips ont la balle de match au Staples Center de Los Angeles, mais ça choke monstrueusement fort. 40-15 dans le dernier quart-temps, le match est perdu et la défaite bien trop importante dans les esprits pour empêcher James Harden de plier l’affaire à Houston dans le Game 7. Chez les Rockets en 2018, on pense forcément au Game 7 contre les Warriors. Auteur d’une série d’un génie absolu, c’est depuis les gradins (maudit ischio) qu’il a regardé les siens sombrer face aux Guerriers qui écrivent alors leur histoire à l’encre dorée. Débarqué chez des Suns aux ambitions estivales en 2020, il est tout près du titre lors des Finales 2021 contre Milwaukee, mais les Bucks remportent quatre matchs de suite après les deux victoires initiales de Phoenix. Un peu comme face aux Mavs cette nuit, CP3 voit son niveau chuter brutalement après un très gros début de finale. Un nouvel échec qui fait mal alors que le Point God avait les choses en main.

Maintenant que cette série contre Dallas – cradingue au possible – est derrière lui et qu’il taille une fois de plus sa route vers Cancun au mois de mai, il va falloir qu’on discute de Chris Paul dans sa globalité. Par globalité, on n’entend pas faire une analyse capillaire – il n’y aurait pas grand-chose à dire – ou parler de ses choix textiles, mais bien de sa carrière et de la trace qu’elle laissera. La legacy du Point God a encore une fois pris du plomb dans l’aile, lui qui est l’un des principaux responsables de l’élimination prématurée de Phoenix. Bien sûr, pas question non plus de raisonner en mode « culture de l’instant », non. Pas de critique de bas étage. Juste le factuel qui nous dit que le meneur s’est feint d’une série caca culotte. Le titre s’est offert à lui l’année dernière, il n’a pas pu aller le conquérir, il est passé à un Grec près. À 37 ans, il n’y aura plus beaucoup de tentatives. On lui souhaite évidemment d’aller chercher la bague pour l’ensemble de son œuvre et surtout pour changer la narrative à son égard. Aujourd’hui, lorsqu’on parle de son parcours en carrière, on ne peut pas s’enlever de la tête ses échecs sur la grande scène des Playoffs. Si Chris Paul est un remarquable joueur capable de sublimer le jeu, il possède aussi la réputation de se planter quand il ne faut pas. Une réputation qui a encore gagné en crédibilité depuis le fiasco de cette nuit.

Il est compliqué de revenir à chaud sur la performance de Chris Paul, mais le constat est lui bien froid. Il n’y aura plus énormément de chances pour le Point God d’aller s’adjuger un titre. Les fois où il a eu une sérieuse opportunité de le faire, il est passé à côté pour des raisons sportives ou physiques. Attention à la trace que cela laissera à la fin de la foire. 

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