Kings

L’épopée Kings 2002 – 20 ans plus tard : la construction du groupe parfait

Kings starting five 2002

Le temps passe vite.

Source : YouTube

C’était il y a 20 ans, déjà. Les Kings s’offraient – sur la saison 2001-02 – la plus belle épopée de leur histoire en Playoffs, qui rentrera carrément dans la légende du basket lors de cette finale de conférence perdue contre les Lakers. Deux décennies plus tard, retour sur la formation d’une équipe si particulière, dont l’histoire est devenue un classique des récits pour coucher les gosses. 

Quand Rick Adelman, le coach qui emmènera les Kings aux sommets de l’Ouest en 2002, pose ses valises à Sacramento en 98, la franchise est alors dans une situation sportive plutôt morose. Une seule participation aux Playoffs en 13 ans – depuis l’arrivée de l’équipe en Californie, donc – et surtout un groupe certes doté de qualités indéniables mais ô combien sous-exploitées. On y reviendra. Pour la petite histoire, les Kings ont un passé assez unique. Équipe présente à l’heure de la fondation de la NBA en 1946 sous le nom des Rochester Royals, les premières saisons sont encourageantes et ponctuées par un titre en 1951. Comme quoi avant de vous foutre de la tronche des fans de Sac Town, souvenez vous bien qu’ils ont possiblement un titre de plus que votre franchise de cœur. Bref, l’équipe est certes championne mais l’argent est le nerf de la guerre, et justement de l’argent, il n’en rentre pas assez dans les caisses. L’institution Royals est donc baladée de Rochester, dans l’État de New York, à Cincinnati puis Kansas City, s’offrant au passage les services de joueurs légendaires comme Oscar Robertson -(aka Mr. Triple-Double, n’en déplaise à Russell Westbrook). Les résultats ne suivent pas, même si l’on note une finale de conférence en 1981, perdue face aux Rockets de Moses Malone.

Ça ne marche pas et à Kansas City, la flamme du basket est très compliquée à entretenir. En 1985, fini le Midwest et bonjour la Californie et son climat plus enclin à jouer au basket : Lakers, Warriors, le coin semble être le bon pour que la sauce prenne enfin avec les fans. Pour autant, les premières années sont, à l’image des dernières décennies, plutôt nazes. En 1991, tout change quand Mitch Richmond, alors joueur chez les voisins de Golden State, parcourt les 100 kilomètres qui séparent la baie de Sacramento et vient dynamiser cette équipe des Kings. Une équipe qui veut par-dessus tout s’implanter durablement en offrant à la NBA des résultats synonymes de sa légitimité parmi les cadors. Encore raté, les Kings n’iront qu’une seule fois en Playoffs, en 1996, pour manger une torgnole des Seattle SuperSonics de Shawn Kemp et Gary Payton. Cette franchise est maudite.

Mais nommé entraîneur des Kings au début de la saison 1998-99, Rick Adelman débarque avec son bagage rempli d’espoir. Son groupe est composé de Peja Stojakovic, d’un certain rookie nommé Jason Williams et du first pick de la Draft 1993, Chris Webber, récupéré à l’intersaison lors d’un échange incluant Mitch Richmond et un tour de draft. Mais Sac Town pioche aussi Vlade Divac, agent libre, histoire de chapeauter tous ces princes pleins de fougue. Et devinez quoi ? La sauce prend, avec un style de jeu à l’effet de grande bouffée d’air frais dans une NBA qui ne jure que par l’isolation depuis qu’un certain Michael Jordan a prouvé l’efficacité de ce « système ». Et que dire des actions spectaculaires de l’intrépide Jason Williams qui jongle avec les codes du basket, autant qu’avec les ballons. Quelle hype.

En plus d’être un véritable show ambulant, cette équipe est diablement efficace. La grande NBA est toute acquise à la cause de ces Kings qui retrouvent les Playoffs dès leur première saison sous les directives de Rick Adelman. Les termes « Kings », « retrouver » et « Playoffs » dans la même phrase, avouez que ça sonne carrément chelou. Mais moins à l’époque lorsqu’il s’agit de ce groupe, prêt à se frayer un chemin vers le titre. Malheureusement, les Californiens sont éliminés au premier tour par le Jazz de John Stockton et Karl Malone. Pas d’inquiétude, c’est de l’expérience engrangée pour la suite, et comme dirait Liliane dans Scènes de ménages : « C’est dans la défaite qu’on apprend ! ». Elle l’a vraiment dit hein. Et la suite, c’est une année de perfection dans tous les compartiments du jeu, la joyeuse bande tirant profit de cet échec partagé. Ça passe la régulière tranquille, mais encore une fois, les Kings échouent dès le premier tour sur l’exercice 1999-00. Tombés, les armes à la main, face aux Lakers de Shaq’ et Kobe, le duo le plus stylé de la NBA de l’époque.

Avoir un style de jeu carrément canon, c’est une chose, mais le rendre efficace pour passer un tour de Playoffs en est une autre. À l’intersaison 2000, les Kings s’attachent les services de Doug Christie, l’un des meilleurs défenseurs de ligue sur les lignes arrières. Un joueur plutôt intéressant qui apporte un gros gain en terme de solidité, sans compter que le garçon est aussi du style gâchette derrière l’arc et que tout ça nous donne un bonhomme qui s’arrache des deux côtés du terrain. Parfait pour compléter cet effectif bien talentueux, mais trop léger pour les joutes de Playoffs. On n’a pas parlé des autres gars qui complètent le groupe, mais il y a de l’excellente jeunesse ! Hedo Turkoglu, tout juste drafté, mais aussi du Scot Pollard et du Bobby Jackson. Bref, un tas de role players dont l’apport n’est pas négligeable. Et ça paye ! Les Kings passent enfin un tour de Playoffs, s’offrant les Suns du trio Jason Kidd, Shawn Marion et Clifford Robinson. Boum, un vilain 3-1 dans les dents de Phoenix au premier tour, et direction la demi-finale de Conférence Ouest. Quel bonheur pour les Kings, qui voient enfin leur travail récompensé. Seulement, la NBA est cruelle et au tour suivant, les deux lurons de Los Angeles – messieurs O’Neal et Bryant – se muent en hommes de ménage pour envoyer un gros coup de balai sur la truffe des Kings. Retour à la case départ façon Team BS.

Plus question de continuer dans le vent. Durant l’été 2001, Rick Adelman et le front office des Kings prennent une très lourde décision : se séparer de Jason Williams, l’âme de cette équipe, la figure de proue du style si particulier des Kings. Les fans sont forcément remontés car on les prive subitement de leur White Chocolate préféré, celui qui faisait chavirer les cœurs bien au-delà de la Californie. En même temps, il faut faire quelque chose car Chris « Je veux ma bague » Webber commence à ronchonner et qu’il est inconcevable de laisser partir l’un des meilleurs postes 4 de l’époque. On parlera de lui plus en profondeur, pas d’inquiétude. Contre Jason, Sac Town récupère toutefois Mike Bibby, un profil de meneur bien plus défensif que JW, mais aussi plus calé sur ses fondamentaux : pas de passes sorties de Namek, mais du jeu dur, efficace. Ce dont ont besoin les Kings pour enfin aller sonner à la porte du Staples Center et causer droit dans les yeux avec les proprios. On parle toujours des Lakers tiens, mais on vous adore les Clippers hein. Tout ça donne cette équipe des Kings à l’orée de la saison 2001-02, un bataillon prêt à marquer l’histoire.

Kings 2001 2002De gauche à droite, rang supérieur puis rang inférieur : Mateen Cleaves, Bobby Jackson, Mike Bibby, Brent Price, Doug Christie, Chucky Brown, Hedo Turkoglü, Gerald Wallace, Vlade Divac, Chris Webber, Peja Stojakovic, Lawrence Funderburke, Scot Pollard. 

Après une douzaine d’années de galère, Sacramento retrouve enfin les Playoffs en 98. Régularité s’ensuivra. Le groupe échoue, encore et encore, mais arrivera le couteau entre les dents en novembre 2001 pour le début d’une saison qui marquera à jamais l’histoire de la franchise. Plus globalement, l’histoire de la NBA.

Sources : Basketball-reference.com / ESPN / The Sacramento Bee

 

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