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Jusqu’où peuvent aller les fans en NBA ? Kyrie Irving vs Boston, une bataille qui teste les limites du trashtalking et de la réponse accordée aux joueurs

Entre provocations, animosité, insultes et règlements de compte, le duel Kyrie contre les fans de Boston marque ce début de Playoffs. Alors il fallait qu’on en parle.

Source image : YouTube

Ce fut l’une des images du premier week-end des Playoffs NBA. De retour à Boston pour affronter son ancienne équipe sous le maillot des Nets, Kyrie Irving a eu droit sans surprise à un accueil houleux de la part des fans des Celtics, auquel il a répondu à travers des mots forts et surtout des gestes considérés comme « obscènes » par la Ligue. Cette dernière a ainsi décidé de sanctionner Uncle Drew d’une amende de 50 000 dollars, mais ces interactions entre Kyrie et le public de Boston pose surtout un vrai débat : jusqu’où peuvent aller les fans en NBA, et quelle marge de manœuvre peut-on laisser aux joueurs pour faire face à ça ? 

Les origines de l’animosité

Avant de plonger au cœur de cette question, il semble utile de revenir sur les origines de cette forte animosité qui existe aujourd’hui entre Kyrie Irving et les fans toujours très passionnés des Celtics. Pour cela, il faut remonter jusqu’à octobre 2018. Un an après son arrivée à Boston en provenance de Cleveland et surtout en échange du chouchou local Isaiah Thomas, Uncle Drew partage aux supporters de Beantown son intention de prolonger sur le long terme lors de la Free Agency 2019. Mais quelques mois plus tard, il fait marche arrière en déclarant sans trembler du menton « Je ferai ce qu’il y a de mieux pour ma carrière », tout ça au milieu d’une saison décevante pour les Celtics qui galèrent à trouver un équilibre collectif malgré un effectif XXL. C’est le début d’une fracture qui ne va cesser de grandir, Kyrie étant souvent pointé du doigt pour son soi-disant manque de leadership. Et à l’été 2019, l’inévitable arrive. Après une élimination humiliante face aux Bucks en demi-finale de Conférence Est, Irving décide de quitter Boston pour rejoindre Brooklyn avec Kevin Durant. Uncle Drew devient alors officiellement l’ennemi public numéro 1 à Beantown.

Même s’il explique plus tard que la mort de son grand-père a joué dans ses difficultés rencontrées au cours de cette dernière saison à Boston, ainsi que dans sa décision de rejoindre la franchise des Nets qui est basée pas très loin de là où Kyrie a grandi (West Orange, New Jersey), la rupture avec la fanbase des Celtics est complète. Et il va le remarquer à son retour à Beantown. Entre les différentes blessures de Kyrie sous le maillot de Brooklyn et l’arrivée du COVID, il faut attendre le premier tour des Playoffs 2021 pour voir Irving retrouver les supporters de Boston au TD Garden. Quelques mois après avoir brûlé de la sauge (true story) avant une rencontre de présaison pour amener une énergie positive à l’intérieur de la salle bostonienne, Uncle Drew doit faire face à beaucoup de négativité : il est lourdement sifflé à chaque fois qu’il touche la balle, y’a des insultes qui descendent des tribunes, et une bouteille d’eau est même lancée dans sa direction après le Game 4 de la série. Visiblement, un fan de Boston n’a pas du tout apprécié le geste d’Irving à la fin de cette rencontre remportée par Brooklyn, Kyrie n’hésitant pas à s’essuyer les pieds sur le logo des Celtics.

Depuis, comme vous pouvez l’imaginer, Kyrie a droit à un joli comité d’accueil à chaque fois qu’il remet les pieds dans son ancienne salle. D’autant plus que le garçon a tendance à mettre un peu d’huile sur le feu, comme lorsqu’il déclare en mars dernier que les fans des Celtics sont un peu comme « cette copine vexée qui veut comprendre pourquoi elle s’est fait larguer mais espère toujours un SMS ». Ouch, ça pique. Tout ça nous amène au Game 1 des Playoffs 2022 entre les C’s et les Nets à Boston, joué ce dimanche dans une ambiance très très chaude.

Retour sur les faits de dimanche

Brillant sur le terrain avec 39 points et des actions clutch dans tous les sens, Kyrie Irving s’illustre également par ses interactions avec les fans des Celtics. Certains joueurs préfèrent répondre à l’hostilité en enchaînant les buckets, d’autres préfèrent répondre aux fans en leur renvoyant des mots doux, y’en a aussi qui pointent du doigt certains supporters pour qu’ils soient expulsés de la salle, et puis il y a Uncle Drew. Là, on est dans un autre monde. Non seulement Kyrie prend un malin plaisir à torturer la défense de Boston pendant le match, mais en plus il n’hésite pas à envoyer des majeurs au public après un panier ou lors d’une remise en jeu. Il répond également à un fan en lâchant un commentaire à connotation sexuelle (« suce ma bite » pour être précis) en retournant aux vestiaires, et mime même les pleurs des supporters suite à un lay-up. Bref, The Full Kyrie Experience.

Mais outre ces images qu’on n’a pas l’habitude de voir dans une rencontre NBA, c’est surtout sa déclaration d’après-match qui met la lumière sur la véritable nature de ses échanges avec les supporters de Boston. Et qui par la même occasion ouvre le débat concernant l’attitude des fans et la réponse des joueurs à ces derniers.

« Il n’y a rien de nouveau quand j’arrive dans cette salle. L’énergie qu’ils m’envoient, je leur renvoie la même. Cela ne concerne pas tous les fans. Je ne veux pas attaquer tous les fans de Boston.

Mais quand les gens commencent à vous balancer des « Mauviette », « Salope », « Va te faire foutre » et ce genre de trucs, à un moment donné vous atteignez une limite par rapport à ce que vous pouvez encaisser en tant que compétiteur. Nous sommes ceux qui doivent soi-disant être dociles et humbles… Non, rien à foutre, c’est les Playoffs. C’est comme ça.

Je sais à quoi m’attendre en venant ici, et je leur renvoie la même énergie. Je ne me focalise pas vraiment là-dessus. C’est fun. De là où je viens j’ai dû faire face à tellement de choses, alors en arrivant ici vous savourez ça en tant que compétiteur. Je vais me répéter mais ce n’est pas la première fois que je viens au TD Garden. Ce que vous avez vu, ce que vous pensez être du divertissement, ce que les fans pensent être du divertissement… tous les coups sont permis dans le cadre de la compétition. Donc si quelqu’un m’insulte, je vais le regarder droit dans les yeux pour voir s’il est vraiment chaud [pour aller plus loin, ndlr.]. Et la plupart du temps, ce n’est pas le cas. »

Kyrie Irving a-t-il franchi la limite ? Et d’ailleurs, existe-t-il une limite ?

L’état d’esprit de Kyrie Irving est clair : « Vous m’attaquez ? Je réponds, et sans filtre en plus. » Si les interactions directes entre les joueurs et les fans ne sont pas rares, Uncle Drew est allé plus loin que ce qu’on peut voir habituellement au cours d’un match NBA. En effet, on n’est plus dans l’échange purement verbal (insultes inclues ou non), on n’est pas non plus dans la catégorie des gestes provocateurs mais sans insulte (regard noir lancé à un fan par exemple, doigt sur la bouche après avoir réduit le public au silence, ou encore des signes d’au revoir envers les fans après une victoire en déplacement). Avec Kyrie, on est sur un geste explicite universellement reconnu pour signifier : « Allez tous vous faire fo*tre ». Et ça, forcément ça change un peu la donne. Parce que c’est visuel, parce que c’est flagrant, parce que ça parle à tout le monde, et parce que c’est généralisé. Encore plus dans l’ère actuelle où tout est filmé et balancé sur les réseaux sociaux à la seconde, ce qui peut vite faire monter les tensions.

Kyrie Irving a-t-il raison de répondre ? Et si oui, quelles sont les limites de la réponse ? Voilà les questions qu’on peut se poser aujourd’hui après les gestes et la déclaration de Kyrie. Deux écoles existent : la première, c’est l’école Uncle Drew. Celle qui dit que toute attaque mérite réponse équivalente. Après tout, les joueurs sont des êtres humains, et ce n’est pas parce qu’ils gagnent des millions de billets verts qu’ils doivent se laisser insulter sans jamais renvoyer la balle à certains fans qui se croient un peu tout permis juste parce qu’ils ont acheté leur billet. Pourquoi les joueurs devraient-ils la boucler et jouer uniquement à la balle orange alors que les supporters semblent avoir le champ libre pour balancer des « C*nnard », « FDP », « Enc*lé » pendant la rencontre ? Bien évidemment, on a déjà vu des fans se faire exclure de la salle en plein match NBA, mais c’était soit parce qu’ils avaient réalisé une action flagrante touchant directement un joueur (jet de bouteille ou de popcorn sur la tête par exemple), soit parce qu’un joueur a signalé à l’arbitre les propos déplacés d’un fan à son encontre. La plupart du temps, ça passe comme une lettre à la poste et cela est lié évidemment à l’environnement dans lequel se jouent ces matchs. On est dans des salles de pratiquement 20 000 personnes, l’ambiance est hyper chaude en Playoffs et ça permet à des « petits malins » souhaitant déverser leur énergie négative de passer inaperçus. C’est d’autant plus vrai après la période COVID qu’on a vécue, une période marquée notamment par l’absence des fans qui veulent aujourd’hui rattraper le temps perdu, ce qui peut augmenter le taux d’incivilités à l’intérieur de l’arène. Face à ça, les joueurs doivent quand même trouver un moyen de se défendre un minimum et de faire comprendre aux supporters trop insolents qu’ils ne sont pas des marionnettes ou simplement des machines à jouer au basket.

Kyrie Irving et la responsabilité accompagnant le statut de superstar NBA

La deuxième école, c’est celle qui aime employer le mot « responsabilité ». La responsabilité dans le sens où Kyrie a évidemment joué un rôle dans l’hostilité affichée par les fans des Celtics. On l’a dit plus haut, l’animosité entre Irving et la fanbase de Boston puise sa source dans la manière avec laquelle Uncle Drew est parti et dans les différents épisodes qui ont suivi son départ, notamment celui du logo. Bien entendu, cela ne justifie pas les insultes provenant des tribunes du TD Garden ou ailleurs (bah ouais, y’a des cons partout hein), mais ça peut les expliquer. Alors Kyrie ne peut pas simplement demander aux fans de Boston d’oublier tout ça en un claquement de doigts. C’est pourtant ce qu’il a fait en conférence de presse d’avant-match la semaine dernière, en disant que le temps est venu pour tout le monde de passer à autre chose. Mais si Kyrie Irving était vraiment dans ce mood-là, pourquoi lâcher des doigts d’honneur au public en réponse aux insultes ? Encore un mystère provenant de la planète Uncle Drew.

Ensuite, il y aussi la responsabilité qui accompagne le fait d’être un joueur NBA. Que Kyrie le veuille ou pas, qu’il l’assume ou pas, il est une figure majeure de la Grande Ligue. Et quand on est une figure majeure de la Grande Ligue, on représente un modèle ainsi qu’une source d’inspiration pour de nombreux amoureux de la balle orange, en particulier les gamins. Contrairement au fan lambda qui lâchera des insultes, Irving est un « influenceur » possédant une plateforme globale. Les trois commentateurs du Game 1 entre Boston et Brooklyn – à savoir Mike Breen, Mark Jackson et Jeff Van Gundy – étaient ainsi unanimes pendant la rencontre : « Kyrie ne peut pas faire ça ». Le trio ne s’est pas éternisé sur les raisons qui font que ce genre de gestes sont à proscrire mais l’ancien joueur NBA Richard Jefferson s’en est occupé après le match, lui qui fait partie de ceux qui considèrent les gestes d’Irving comme déplacés.

« Je respecte Kyrie, et je comprends son intensité. Mais il y a des enfants en tribunes. Certes, il y a des fans qui disent certaines choses, mais c’est hors de son contrôle. En tant que joueur, vous ne pouvez pas répondre avec la même énergie que celle des fans. Je sais que c’est une situation remplie d’émotion pour Kyrie et même les fans de Boston, mais Kyrie doit être meilleur et c’est le cas aussi pour les supporters.

Mais je veux que les joueurs se rendent compte que lorsqu’ils réagissent de la sorte à certains fans, ils réagissent aussi devant les enfants, les femmes et les hommes qui n’ont rien fait, et je ne pense pas que ça soit quelque chose de positif pour notre ligue. »

Quel rôle joue la NBA là-dedans ?

Sans surprise, la NBA est montée au créneau pour sanctionner Kyrie Irving d’une amende de 50 000 dollars suite à ces gestes envoyés aux fans de Boston. Habituellement, lorsqu’un joueur répond à un supporter à travers un langage ou des gestes considérés comme « obscènes » par la Ligue, cette dernière touche le joueur en question au porte-monnaie pour le refroidir un peu. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’Uncle Drew a été sanctionné cette saison. Il avait déjà pris 25 000 dollars d’amende il y a quelques semaines après avoir envoyé des mots doux à un fan de son ancienne équipe de Cleveland, situé au premier rang et un peu trop insolent. D’autres joueurs NBA sont également passés à la caisse au cours de la campagne 2021-22 pour « langage inapproprié », notamment son copain des Nets Kevin Durant. C’est une façon pour la Ligue de mettre en quelque sorte des limites aux joueurs afin que la tension ne monte pas trop entre ces derniers et les fans. Et de leur passer le message suivant : « tout le monde vous regarde, vous êtes dans le cadre de votre profession, alors c’est à vous de prendre du recul et de ne pas entrer dans le jeu des provocations. » Alors visiblement, Kyrie ne prend pas du tout la chose de cette manière et ce ne sont probablement pas les amendes qui vont changer son comportement dans cette série, lui qui a quand même choisi de sacrifier la moitié de ses 34 millions de dollars annuels pour rester fidèle à ses convictions en refusant le vaccin anti-COVID. Il sera intéressant de voir comment la Ligue réagira si Uncle Drew continue sur le même chemin, surtout que la NBA a déjà atteint le plafond en matière d’amende pour ce genre de situation. Les 50 000 dollars représentent en effet le montant maximal que peut imposer Adam Silver dans le cadre du CBA, et tout dépassement ouvrirait la porte à une possible plainte de la part du joueur.

Si la NBA sanctionne les joueurs quand ils répondent vulgairement aux fans, il existe également des mesures pour tenter de dissuader la minorité de supporters qui débarquent dans les salles dans le but de balancer des insultes ou s’attaquer aux joueurs. Déjà, à la base, il y a un Code de Conduite du Fan, qui a été mis en place en 2004 avec la terrible baston intitulée « The Malice at the Palace » entre les Pacers, les Pistons et les supporters de Detroit. Quand ce code est violé par un supporter et que ce dernier est identifié, différentes sanctions peuvent s’appliquer selon la nature de l’infraction. Cela va du simple rappel à l’ordre jusqu’à l’expulsion de la salle, voire même une interdiction d’assister à de futurs matchs NBA pour les comportements les plus hostiles. Alors bien évidemment, comme dit au-dessus, il faut souvent un acte flagrant pour qu’il y ait sanction derrière. Quand un supporter envoie un doigt d’honneur à une superstar en plein milieu d’un match diffusé en antenne nationale, y’a des chances pour que ça se voit. Mais quand un mec assis au quatrième rang d’une salle comble et bruyante balance des insultes à un joueur, c’est tout de suite plus compliqué à cerner malgré les moyens mis en place par la NBA (caméras, agents de sécurité…) pour éviter les dérapages. Pour résumer, c’est plus facile pour la Ligue de sanctionner un joueur que de sanctionner les fans ayant participé à l’interaction. On ne dit pas que c’est la raison pour laquelle la NBA donne une amende de 50 000 dollars à Kyrie Irving pendant que certains supporters de Boston peuvent tranquillement rentrer chez eux à la fin du match, mais c’est juste un fait.

Entre les joueurs et les fans, la NBA a forcément un rôle d’arbitre à jouer. C’est l’image de la Ligue qui en dépend. Cette dernière a trop souffert de l’épisode Pistons – Pacers en 2004 pour laisser passer des incidents majeurs impliquant des joueurs et des supporters. Mais au milieu du déséquilibre apparent entre ces deux types d’acteurs, ne devrait-elle pas laisser un peu plus de flexibilité aux joueurs dans leur manière de répondre ? Évidemment, on ne dit qu’il faut applaudir Kyrie pour les majeurs envoyés en direction des fans des Celtics. Cependant, et c’est un point intéressant mentionné par le journaliste d’ESPN Zach Lowe dans son dernier podcast, il y a peut-être une certaine tolérance à accorder aux joueurs quand ils se limitent à des réponses verbales.

« Je ne pense pas que Kevin Durant méritait de prendre une amende plus tôt dans la saison, quand il a dit à un fan de ‘fermer sa gueule’. Pourquoi reçoit-il une amende ? Il y a évidemment plusieurs niveaux d’insultes, mais si vous dites à un fan de la fermer, je ne pense pas que ça mérite une amende, même si ça dépend de ce que dit le supporter. […] Si les fans dépassent les limites, un joueur devrait avoir le droit de répondre gentiment en gardant un minimum de décence. »

Quand est-ce que le trashtalking passe de l’art à la connerie ?

Tout ce débat concernant l’attitude des fans et les réponses accordées aux joueurs s’inscrit notamment dans le fait que la définition du trashtalking – cet art magnifique où le chambrage est l’arme principale pour déstabiliser un joueur – est floue. On sait ce qu’est le trashtalking et on est plutôt bien placés pour en parler, mais les limites ne sont pas inscrites dans un livre universel nommé « les do’s & don’ts du parler-poubelle ». Non, ces limites peuvent être différentes selon chacun et certains n’en possèdent même pas. Un joueur comme Kevin Garnett n’hésitait pas à s’attaquer à la famille quand il était encore sur les parquets, tandis que d’autres s’interdisent de franchir cette ligne et préfèrent y aller de façon beaucoup plus subtile (et intelligente par la même occasion). Si on se met dans le camp des fans, à partir de quand passe-t-on de l’art à la connerie ? À partir de quand passe-t-on d’un environnement hostile mais qui reste dans le cadre du basket à un environnement malsain ?

Dans notre vision du trashtalking, les insultes comme celles partagées par Kyrie Irving (et surtout celles à caractère familiale, raciste, sexiste ou homophobe) n’ont clairement pas leur place à l’intérieur d’une salle de basket et les doigts d’honneur non plus, qu’ils proviennent des fans ou des joueurs. Le trashtalking qu’on aime, c’est le trashtalking intelligent, celui qui touche en plein dans le mille sans même avoir besoin de lâcher des noms d’oiseaux. C’est Reggie Miller qui fait le choke sign à Spike Lee lorsqu’il est en train de faire craquer les Knicks à base de gros tirs du parking. C’est Michael Jordan qui postérise un pivot en réponse à un fan qui lui disait de s’attaquer à quelqu’un de sa taille, avant de répondre à ce dernier « Il est assez grand lui ? ». C’est LeBron James qui sort sa célébration du Silencer après un gros shoot en fin de match dans la salle de son adversaire. Ce sont les fans des Knicks qui chantent « Trae Young devient chauve ! » avant que ce dernier lâche un shimmy après un shoot bien clutch. Ce type de trashtalking, il a sa place dans absolument toutes les salles NBA. Et vous savez quoi, on en demande toujours plus.

Nous sommes à quelques heures du Game 2 entre Kyrie Irving et les fans des Celtics, et quelque chose nous dit qu’il sera tout aussi chaud voire encore plus que le premier. L’hostilité démontrée envers Uncle Drew a même envahi le stade de baseball des Red Sox hier avec des « F*ck Kyrie » balancés depuis les tribunes du mythique Fenway Park. C’est bien la preuve qu’Irving est plus que jamais l’ennemi public numéro un à Beantown. Les supporters de Boston ne vont pas se priver pour en remettre une couche ce soir, Drew ne va pas se priver pour répondre, pourvu que ces retrouvailles ne débouchent pas sur un gros dérapage… 

2 Commentaires

2 Comments

  1. Kyridicule

    20 avril 2022 à 16 h 58 min at 16 h 58 min

    Je donne tort à Kyrie Irving. Comme souvent, j’avoue, car je suis ulcéré par le personnage.
    Il se fout éperdument des conséquences de ses actes ou prises de positions, depuis toujours et est d’un égoisme et d’un manque de reconnaissance total envers les franchises ou la ligue, alors qu’il leur doit tout, y compris d’être assez blindé financièrement pour pouvoir montrer le contre-exemple vaccinal cette année, pour 17m$.
    D’un coté Monsieur se la joue grand défenseur des causes perdues et s’amuse à faire n’importe quoi, mais n’a pas la jugeote pour se rendre compte de la portée de ses actes. Car oui, hélas, il y a des enfants fans de Kyrie Irving.
    Bref, je suis énervé. Si j’osais, je ferais un majeur…

  2. Me, myself and I

    21 avril 2022 à 5 h 39 min at 5 h 39 min

    En ce qui concerne l’anecdote avec Jordan, c’est Larry Miller, le propriétaire du Jazz à l’époque qui lui avait crié du bord du terrain de « s’attaquer à quelqu’un de (sa) taille » (Jordan venait de dunker sur John Stockton). Sur l’action suivante, Jordan avait postérisé Mel Turpin (2,11m) et avait chambré Miller d’un « c’est bon,il est assez grand, celui-là ? »

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