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Khris Middleton et Jrue Holiday, champions NBA : big up aux lieutenants du Freak, parce qu’ils méritent aussi leur place au soleil

Champions NBA ! Et maintenant, la médaille d’or olympique.

Source image : YouTube

Dans les minutes et les heures qui ont suivi le Game 6 des Finales NBA, le nom de Giannis Antetokounmpo était sur toutes les lèvres, à juste titre. MVP des Finales et auteur d’une performance monumentale dans la sixième manche, le Greek Freak est passé dans une nouvelle dimension. Mais il le dit lui-même, il n’en serait pas là sans ses copains, en particulier Khris Middleton et Jrue Holiday. 

Il y a quelques jours, dans le Game 5 des Finales NBA à Phoenix, le Big Three des Bucks composé de Giannis, Middleton et Jrue a sans doute joué son meilleur match depuis sa création en novembre dernier et l’arrivée de Jrue en provenance de la Nouvelle-Orléans. 32 points, 9 rebonds, 6 passes pour Antetokounmpo à 14/23 au tir, 29 points (12/23), 7 rebonds et 5 assists pour Middleton, et enfin, last but not least, 27 points (12/20), 4 rebonds, 13 caviars et 3 interceptions pour Holiday. Du très très lourd. Le alley-oop décisif entre Jrue et Giannis – suite à l’interception cruciale provoquée par le meneur sur Devin Booker – est rentré dans l’histoire, tandis que Middleton s’est montré décisif dans les dernières minutes avec plusieurs shoots plantés en plein dans le cœur des fans de Phoenix. Dans la sixième manche la nuit dernière, le scénario fut complètement différent. Le Greek Freak a éclaboussé la rencontre de son talent, faisant de l’ombre à tout le monde et notamment à ses deux copains. Cette fois-ci, Middleton a été plus discret au scoring (17 points à 6/13), tandis qu’Holiday a galéré avec son shoot (4/19). Mais ils ont chacun brillé dans le rôle de lieutenant. Le premier a mis le couvercle dans le money time, le second a encore réalisé un chantier en défense tout en faisant jouer ses coéquipiers. Et le résultat, lui, est le même. Les Bucks sont repartis avec la win pour la quatrième fois consécutive. Une quatrième victoire synonyme de titre NBA, et donc de consécration pour le duo Khris Middleton – Jrue Holiday, deux joueurs au parcours différent mais surtout deux joueurs longtemps sous-estimés.

Petite devinette avant d’enchaîner. Vous savez à quelle place Khris Middleton a été drafté en 2012 ? Lottery pick ? Nope. Deuxième partie du premier tour alors ? Non plus. Il faut descendre encore plus bas, puisque Khris a été sélectionné en 39e position par les Pistons, avant de se faire transférer un an plus tard à Milwaukee dans le cadre du trade Brandon Jennings – Brandon Knight. On ne le savait pas encore à l’époque, mais aujourd’hui on peut dire que ce trade représente un tournant dans l’histoire des Bucks. Car Middleton a connu une très belle ascension dans le Wisconsin. Pas une ascension aussi spectaculaire que celle de Giannis, mais une montée en puissance très sérieuse jusqu’à devenir un double All-Star NBA et un joueur pesant 178 millions de dollars. Durant ces Finales NBA 2021, il a non seulement assumé son statut, mais aussi son contrat. 24 points de moyenne, avec 6,3 rebonds, 5,3 passes décisives et 1,5 interception en prime, le tout à 45% de réussite au tir, plus de 35% à 3-points et 89% aux lancers-francs. Propre, très propre comme ligne de stats, mais c’est surtout sa façon de prendre les affaires en main dans le money time qui rend sa performance en finale encore plus belle. Si Giannis est incontestablement le MVP des Bucks, Middleton est celui vers qui le coach Mike Budenholzer se tourne quand Milwaukee a besoin d’un panier sur demi-terrain dans les derniers instants d’un match serré. Considéré comme l’un des meilleurs représentants du jeu mi-distance, Khris a répondu au challenge en beauté. Parfois critiqué pour son irrégularité, lui qui peut ressembler à Michael Jordan un soir puis Nick Young le lendemain, Middleton a step-up dans les grands moments lors de ces Playoffs et notamment en Finales NBA. Et aujourd’hui, il peut plus que jamais savourer. Car comme son grand copain Giannis, il a connu les plus grandes déceptions avec Milwaukee, avant la consécration ultime.

Jrue Holiday, lui, n’a pas traversé toutes ces expériences avec les Bucks ces dernières années. Mais il a traversé ses propres galères, sur le terrain comme en dehors. En 2016, sa femme Lauren – ancienne footballeuse pour Team USA – fut diagnostiquée d’une tumeur au cerveau pendant sa grossesse, obligeant Jrue à laisser le basket de côté pour prendre soin d’elle. Une histoire qui s’est heureusement bien terminée, mais Holiday a alors compris à quel point le basket pouvait être anecdotique par rapport à sa famille. Pas du genre à se mettre en avant et possédant la tête bien sur les épaules, le meneur de 31 ans sait ce que ça fait d’avancer dans l’ombre. Avant d’arriver à Milwaukee, il n’avait participé qu’à quatre campagnes de Playoffs au cours de sa carrière, pour seulement deux tours remportés au total. Excepté en 2018 où il avait été énorme contre Damian Lillard et les Blazers sous le maillot des Pelicans, Jrue a rarement été dans la lumière. Seulement une participation au All-Star Game en 2013, aucune nomination dans l’une des deux meilleures équipes défensives de la saison avant 2018, autant dire qu’il a attendu longtemps avant de véritablement être reconnu à sa juste valeur. Mais c’est désormais le cas. Recruté lors de la dernière intersaison pour aider les Bucks à franchir un cap en Playoffs, Jrue Holiday a prouvé qu’il était la pièce manquante. Il a prouvé que la grosse contrepartie lâchée par Milwaukee dans le transfert avec la Nouvelle-Orléans en novembre 2020 était justifiée. Il a prouvé qu’il méritait l’extension de 160 millions de dollars signée au début du mois d’avril. Certes, au cours de ces Playoffs 2021 et notamment de ces Finales, Jrue Holiday a connu des hauts et des bas. Son adresse au tir n’a pas toujours été au rendez-vous, son degré d’agressivité en attaque a pas mal varié, ses choix offensifs n’ont pas toujours été les meilleurs, mais sa contribution en défense fut absolument fantastique et il a élevé son niveau de jeu quand il le fallait, aidant ainsi les Bucks à atteindre le sommet dès sa première année à Milwaukee. « Jrue répondra présent quand on en aura le plus besoin » avait déclaré Giannis après un début de série compliqué pour Holiday contre Phoenix. On peut dire que le Freak a vu juste. On retiendra son Game 5 à Phoenix, le fameux Jrue Holiday Game dans lequel il a définitivement fait taire les mauvaises langues osant le comparer à Eric Bledsoe. On retiendra sa capacité à mener la vie dure à Chris Paul et Devin Booker à travers son impact physique, ou encore son playmaking lors des deux derniers matchs des Finales (24 passes décisives pour 5 pertes de balle dans le Game 5 et 6). Sur la plus grande des scènes, Jrue Holiday n’a pas pris de vacances. Au contraire, il a aidé à envoyer les Suns à Cancun.

Derrière l’indétrônable Giannis Antetokounmpo, Khris Middleton et Jrue Holiday méritent aussi leur part du gâteau dans le concert de louanges qui accompagne aujourd’hui le titre des Bucks. Et désormais, le duo de Milwaukee doit partir pour Tokyo pour ajouter une médaille d’or olympique à la bague de champion. Quel été !

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