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Nikola Jokic MVP : une tendance européenne passée, présente et future en NBA

Jokic Europe

Ça en fait du beau monde à la table des grands explorateurs européens ! Christophe Colomb n’a qu’à bien se tenir.

Source image : montage TrashTalk

Nikola Jokic MVP, c’est un peu l’apogée de la vague européenne qui se déverse depuis des années en NBA. Après Dirk Nowitzki et Giannis Antetokounmpo, il est le troisième joueur du Vieux Continent à recevoir la récompense. De quoi achever un peu plus l’accomplissement d’une longue lignée de pionniers originaires de l’autre côté de l’Atlantique, qui ont montré la voie, et ont surtout montré qu’un autre drapeau à étoiles pouvait se porter fièrement dans le monde du cuir orange. Oui, la Serbie n’est pas dans l’Union Européenne, mais vous avez compris l’idée.

Il est petit, il est gentil, il a stoppé Léo Messi Lui est grand, lui est marrant, lui a stoppé Joel Embiid et Stephen Curry. Si N’Golo Kanté n’est pas encore ballon d’or, Nikola Jokic, lui, est déjà MVP. Pour sa sixième cuvée en NBA, le Serbe a gravé son nom dans le marbre de l’éternel, celui des meilleurs joueurs de la saison régulière. Le fruit d’une domination de tous les instants pour le MVP le plus bas drafté de l’histoire, mais surtout pour quelqu’un qui est venu enfoncer le clou made in Europe sur la porte de la Grande Ligue de basket. Oui, enfoncer car ils ont été nombreux à y être allés de leur coup de marteau avant The Joker. Les pionniers et avant-gardistes n’affichaient peut-être pas 26,4 points, 10,8 rebonds, 8,3 passes, 1,7 interception, 0,7 contre, 57% au tir, 39% à 3-points et 87% aux lancers de moyenne sur 72 matchs dans une équipe top 3 de la Conférence Ouest, mais ils ont tour à tour posé une pierre d’un mur construit en plein milieu du pays de l’Oncle Sam.

Dans le même registre que Niko Jokic, son compatriote Vlade Divac fait évidemment partie de ce gratin européen de la NBA lorsqu’il a établi sa véritable California Love. Drafté en 1989 aux Lakers, le pivot de 2m16 et 111 kilos a achevé sa meilleure saison, celle de 1994-95, avec 16 points, 10,4 rebonds, 4,1 passes décisives, 1,4 interception et 2,2 contres de moyenne par match sous le maillot pourpre et or, cinquième à l’Ouest. Divac a vu son jersey number 21 retiré par les Kings, son deuxième amour californien, tout comme son nom intronisé au Hall of Fame en 2019. Un autre grand et serbe, également passé par Sacramento et qui a lui aussi marqué son sport de son empreinte en concluant s’il-vous-plaît sa carrière par un titre NBA : l’ailier de 2m08 Pedrag Stojakovic. Drafté par les Kings en 1996, en voilà un qui savait prouver que grand ne voulait pas dire mauvais de loin, avec pour couronner le tout deux concours de tirs du parking du All-Star Game en poche. En treize ans de NBA, il a conclu son meilleur exercice en 2003-04 avec 24,2 points et 6,3 rebonds de moyenne avec un énorme 43,3% du parking. Tradé en cours de saison en 2011, Peja a pu participer au seul titre NBA de l’histoire des Mavs, plutôt sympa comme cerise sur le gâteau avant de raccrocher.

Si on est plus chronologique et qu’on fait appel à un nom que désormais tous ceux qui ont binge-watché The Last Dance connaissent, il y a évidemment Toni Kukoc. Drafté 29e en 1990, le pépère a juste fait partie de la meilleure équipe de tous les temps en NBA (72 victoires et le titre en 1996) avec à la clé trois bagues de champion au sein des Bulls de Michael Jordan. Avec plusieurs saisons en NBA à environ 15 points et un titre de Sixième Homme de l’Année, l’ailier croate est devenu l’un des premiers Européens à se faire un nom dans la Grande Ligue, pratiquement au même moment que son compatriote Drazen Petrovic. Débarqué en 1989 aux Blazers, Drazen a quand même hérité du surnom de Mozart pour imager son maniement de la gonfle. Sa montée en puissance pendant ses cinq saisons outre-Atlantique, dont une place de meneur titulaire et deux saisons à plus de 20 points de moyenne aux Nets, ont fait de lui un véritable pionnier européen. Petrovic est malheureusement décédé dans un accident de la route en 1993. Grosse mention également à l’Allemand Detlef Schrempf, triple All-Star dans les années 1990 et deux fois meilleur remplaçant de l’année, ainsi qu’à l’intérieur lituanien Zydrunas Ilgauskas, arrivé en NBA en 1996 et deux fois All-Star au cours des années 2000.

L’Europe qui conquiert l’Amérique, c’est évidemment aussi les frères Pau et Marc Gasol, notre légende bleu-blanc-rouge vous les copains je ne vous oublierai jamais Tony Parker, jusqu’au premier MVP du continent, à savoir l’Allemand Dirk Nowitzki. Comment ne pas mettre en lumière le maître du fadeaway, le magicien du seul titre de l’histoire des Mavs en 2011, quatorze fois All-Star et MVP de la saison régulière 2007. La voie dégagée, c’est ensuite au tour d’un Grec au nom imprononçable de venir éclabousser de son talent la planète basket. Giannis Antetokounmpo, le mastodonte de Milwaukee aux multiples talents, le plus impressionnant Daim que l’on ait pu voir depuis Kareem Abdul-Jabbar et une hégémonie de MVP à laquelle Nikola Jokic vient de mettre fin. Oui, un Européen qui fait un back-to-back de meilleur joueur, Jokic ne peut qu’avoir cet objectif dans le viseur.

Le mode MVP européen conjugué au passé, au présent et aussi au futur, celui qui s’annonce d’ores et déjà radieux. La tête de gondole se nomme Luka Doncic qui, comme Jokic, fait plus que jamais valoir son style de jeu à l’européenne et son amour pour le soccer, sa sélection nationale et un petit style je bois des canons après avoir envoyé des boulets de canon. Le génie slovène est d’ailleurs à la baguette d’un clan européen du côté des Mavs puisqu’il a à ses côtés Kristaps Porzingis, un Letton déjà bien installé dans la Ligue. Le présent-futur, c’est aussi celui qui sort d’une saison époustouflante : Domantas Sabonis (20,3 points, 12 rebonds et 6,7 assists !), fils de la légende Arvydas, qui a passé quelques années dans la Grande Ligue du côté de Portland pour faire admirer son touché et ses énormes qualités de passeur. Domantas, comme six autres du Vieux Continent, a lui participé au All-Star Game 2021, qui a décompté le plus grand nombre d’Européens de l’histoire sur le parquet : Luka Doncic, Domantas Sabonis, Nikola Jokic, Giannis Antetokounmpo, le futur triple DPOY Rudy Gobert (cocorico) et Nikola Vucevic (belgorico). Preuve en est que le mur construit par les Européens cache le paysage américain ou met en lumière un fait : put some respect on european basketball.

Le Joker MVP, ce n’était certainement pas par défaut ou en rapport avec le tarot. Si les bambins européens – et peut-être même celui dont on parle – des années 1990 ont sans aucun doute rêvé grâce aux Kukoc, Petrovic et Divac, ceux d’aujourd’hui peuvent désormais s’appuyer sur des grands noms de la Ligue qui font jeu égal voire domine le basket américain, donc mondial. Une chose est sûre, ça met l’eau à la bouche des Jeux Olympiques de Tokyo, qui commencent dans… 44 jours.

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