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Le fabuleux destin de Cameron Payne : de pom pom boy à sixième homme costaud des Suns, la belle histoire de ces Playoffs

Cameron Payne

Il semblait perdu pour la NBA, aujourd’hui il donne la leçon aux champions en titre.

Source image : Montage Trashtalk

Cameron Payne n’a pas eu une trajectoire évidente en NBA et personne n’aurait pu prédire qu’il se transforme en sixième homme décisif en Playoffs. Cam, pour les observateurs, c’était ce joueur agitateur de banc qui était plus connu pour ses pas de danse fantasques que pour son apport dans le jeu. Oui mais voilà, les choses changent et ne sont pas gravées dans le marbre, car son itinéraire en catimini lors de la saison 2019-20 peut se résumer en une maxime populaire : reculer pour mieux sauter.

Cameron Payne éblouit les supporters de Phoenix, et pour cause. Ses récents matchs pour suppléer notamment un Chris Paul diminué ont impressionné toute la sphère NBA. Lors du Game 5 du premier tour face aux Lakers, l’autre CP des Suns a livré une performance bien lourde en sortie de banc : 19 minutes, 16 points à 7/11 au shoot et 2/4 du parking. Et cette prestation n’est pas un acte isolé, elle est même l’aboutissement d’une série plus que réussie pour lui. En dehors du Game 1 où il fut plutôt discret (5 points), Payne compile 15,8 points de moyenne avec une très bonne adresse (49% au shoot, 45% de loin). Avec ses qualités de slasheur, de shooteur ainsi que son énergie, Cameron Payne présente tous les prérequis pour être un des principaux contributeurs sur le banc de Monty Williams. Sa capacité à driver pour obtenir des points dans la peinture en font un parfait remplaçant de Devin Booker et Chris Paul. Dans un rôle taillé pour lui, Cameron Payne voit ses habitudes être légèrement bousculées depuis le début des Playoffs. Son meneur titulaire étant diminué, il a fallu que le pompom boy soit frais et dispo pour tenter de combler les brèches. Lors du quatrième quart-temps du Game 3, Payne a même époustouflé son monde en étant en feu à 3-points alors que son équipe tentait de faire son retard. Même si le match s’est soldé par une défaite, les supporters de l’Arizona ont kiffé. Loin d’être ridicule lorsqu’il foule le parquet avec Phoenix, la situation de Payne en NBA n’a cependant pas toujours été si belle pour lui.

Le début de carrière de Cameron Payne en NBA n’a pas transcendé les foules. Loin de là. Drafté par Oklahoma City en 14e position en 2015, soit une place derrière… Devin Booker, le jeune meneur se retrouve alors dans une franchise dans le top de la Conférence Ouest sans grandes minutes. Les places de back-up étant déjà occupés, Payne ne parvient pas à prouver sa valeur dans la rotation de Scott Brooks : en seulement 12 minutes par match, il inscrit 5 petits points en moyenne avec 1,9 passe. Il se rappelle de cette période au micro de The Solar Panel Podcast, le 5 mai dernier  :

« À la Draft, j’ai vu qu’OKC m’avait sélectionné. Je me suis directement dit, ‘Mon dieu, je vais jouer avec Russell Westbrook ! […] Il y avait KD à son prime. À l’entrainement, je me faisais mangé en défense. »

Après les nombreuses péripéties connues par le Thunder lors du printemps et de l’été 2016, Cameron Payne ne parvient pas à progresser dans sa saison sophomore, qu’il débute à l’infirmerie à cause d’une fracture de Jones. Avec un Russell Westbrook à l’époque omniprésent depuis le départ de Durant, il ne fait pas son trou et est envoyé aux Bulls. Son plus gros highlight restera soit le transport de bouteilles d’eau pour Russ, soit ses petites danses avec ce dernier en pré-game. Compliqué de se faire envoyer dans un plus gros bourbier que les Bulls de l’époque. Petit rappel de la situation dans l’Illinois : Dwyane Wade, à 53 ans, est le lieutenant de Jimmy Butler, accompagné par Rajon Rondo qui n’avait pas encore appris à shooter. Bobby Portis et Nikola Mirotic ne se tapent pas encore dessus, mais la situation dans le vestiaire n’est pas au beau fixe. Les Bulls réalisent une saison médiocre avec un bilan de 41 victoires pour 41 défaites. Payne, entre l’Oklahoma et l’Illinois, ne jouera que 31 petits matchs en 2016-17 et passent pas mal de fois par la G League. Sa carrière NBA n’est clairement pas lancée sur les chapeaux de roues. Malgré une légère progression pour sa troisième saison (8,8 points de moyenne et 4,5 passes), Payne ne joue que 25 rencontres suite à une opération au pied lors de l’intersaison. Pour une fois, il ne sera pas refourgué à une autre équipe en cours d’année mais pire que ça, en janvier 2019, il est coupé par les Taureaux. Cam signe alors un contrat de dix jours à Cleveland, puis un second, sans grand succès. À l’été 2019, il signe un contrat de deux ans avec les Raptors de Toronto et revient sur cette opportunité, de courte durée :

« C’était un deal de deux ans et je me sentais bien mieux. Je jouais bien en pré-saison. Mais les Raptors m’ont libéré en tout début de saison et je me suis bien demandé où j’allais finir. Je n’avais pas d’opportunité en NBA, il fallait que je prouve ma valeur de l’autre côté de l’océan. J’étais terrifié avant d’aller en Chine, mais finalement c’était cool. Ma copine a apprécié, j’ai rencontré des supers coéquipiers et j’ai pu prendre mon cash. »

Cameron Payne signe alors aux Shanxi Loongs et se lie d’amitié avec deux joueurs américains : Eric Moreland et surtout Jamaal Franklin. Il parvient à se faire plaisir au sein de l’effectif des Loongs mais retourne chez l’Oncle Sam après avoir été libéré par Shanxi début 2020.

« Quand j’ai eu une opportunité, il restait deux matchs dans la saison. J’avais le choix de rester avec l’équipe et Jamaal ou de partir pour ne plus revenir. J’ai pris la décision de rentrer. Je n’avais que des offres en G League et je n’avais que deux offres : Dallas ou OKC. J’ai pris la décision de rejoindre Dallas car je savais que leur équipe était en place et jouait pour gagner, même si je connaissais mieux l’environnement d’OKC. »

Ni une, ni deux, le combo file au Texas Legends en janvier 2020 pour finir la saison au sein de la G League. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son retour sur les terres US se fait remarquer. Il compile 23,3 points, 7,8 passes en 29,5 minutes à 48,4% au shoot. Ces performances dans la ligue réserve de la NBA devrait lui donner une opportunité de rejoindre encore une fois un collectif NBA en tant que joker médical. Il dira de lui-même que son leadership faisait de lui le « Chris Paul » des Texas Legends. Rien que ça. Mais en mars 2020, la situation sanitaire ne permet pas de continuer les matchs. Les saisons NBA et G League sont interrompues.

La reprise NBA se fait finalement en juin. Et Cam espère être de la partie. Naturellement, il pense être appelé par Dallas, Jalen Brunson alors blessé à l’épaule ne pouvant pas jouer avec les Mavs. La franchise de Mark Cuban préfère faire appel à Trey Burke, et CP est donc encore une fois laissé sur le carreau. Songeant même à retourner une nouvelle fois prendre son cash en Chine, une opportunité se présente à lui seulement quelques minutes après la signature de Burke à Dallas. Le front office des Suns l’appelle, il sera dans la bulle avec Phoenix. Et les choses se passent très bien de son côté. Jevon Carter – dans un rôle de remplaçant de Booker – ne prend pas souvent la responsabilité du poste 1 en remplacement de Ricky Rubio et Ty Jerome ne semble pas encore prêt à assumer cette tâche. Payne ressort alors comme la meilleure alternative en sortie de banc. Les Suns déroulent et sont invaincus dans la bulle. Malgré leurs performances, ils ne parviennent pas à accrocher le play-in, mais sortent de Disney par la grande porte. La suite de l’histoire vous la connaissez, et Payne a finalement trouvé chaussure à son pied.

Pour un joueur qui ne croyait plus avoir d’opportunités en NBA dès 2019, Cameron Payne n’a jamais rien lâché et toute la planète basket a été admirative de son évolution au sein de la Grande Ligue. Tous les jeunes joueurs ne peuvent pas arriver à maturité au même moment et CP n’était sans doute pas assez mûr pour contribuer tout de suite. Quoi qu’il en soit, il semble désormais installé à Phoenix et est bien parti pour y rester encore un petit moment. 

Source texte : The Solar Panel Podcast

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