Old-School

Le discours de Phil Jackson pour son intronisation au Hall of Fame, entièrement traduit par TrashTalk

Chaque année au mois de septembre, une nouvelle classe de légendes de la balle orange est intronisée sur la scène du temple de Springfield. Cette cérémonie est toujours un grand moment dans la vie d’un basketteur avec en point d’orgue un discours que chaque nouveau membre livre non sans une certaine émotion. Aujourd’hui, retour en 2007 pour le speech de Phil Jackson, intégralement traduit dans la langue de Molière. 

Pour ceux qui s’en souviennent, j’ai donné la balle à Bradley [Bill Bradley, ancien coéquipier de Phil Jackson aux Knicks, et qui accompagne ce dernier lors de son entrée au Hall of Fame, ndlr.] sur un écran ligne de fond et il a marqué les deux points. Bob McAdoo, tu as pris 42 points un soir je crois.

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Wow, il y a beaucoup d’émotion. J’ai failli craquer en regardant ça, c’était très bien. Merci au Hall of Fame pour tout ça.

C’est une fantastique soirée. On a eu des moments divertissants, des excellents discours provenant des coachs. On sait tous que c’est un sport où les joueurs sont rois. Mais ce soir, c’est un coach qui revient après avoir joué en NBA. Je pense que c’est une grande responsabilité de rendre ce sport aux joueurs et comprendre que c’est leur effort. C’est ce que j’ai appris de Red Holzman [ancien coach de Phil Jackson aux Knicks, ndlr.].

Ce soir, j’aimerais dire quelques mots pour toutes les personnes qui m’ont accompagné sur ce chemin. Les personnes pour qui j’ai travaillé, les organisations pour lesquelles j’ai travaillé. Les Albany Patroons, les Piratas de Quebradillas, les Gallitos d’Isabela, les fantastiques années avec les Chicago Bulls, et évidemment les incomparables L.A. Lakers. Mon coaching staff qui a été avec moi dans les tranchées et qui s’est montré uni, apprenant ainsi à notre équipe comment jouer ensemble. Les GMs qui étaient avec moi pour tenter d’obtenir des joueurs qui voulaient jouer ensemble. Voilà les grandes lignes en un paragraphe.

Mais pour ceux qui ne google pas, je vais devoir personnaliser un peu plus. Mes origines familiales sont quelque chose que je veux remercier. Mes deux parents étaient pasteurs. Mon père correspondait à un gentleman chrétien. Ma mère était une compétitrice, elle était capitaine de son équipe de basket au lycée et peut-être la personne la plus compétitive que j’ai connue ou entraînée. J’ai trois frères et sœurs. Une sœur décédée et deux frères, Chuck et Joe, qui ont quatre et six ans de plus que moi. Ils m’ont emmené et m’ont appris à jouer à beaucoup de jeux. Ils ont vu mon côté compétiteur quand j’étais petit et ont fait en sorte de le développer correctement. Mes entraîneurs pendant mes années d’éducation, mes coachs au lycée, H.L. Pedersen et Bob Peterson. H.L. m’a appris ce que no pain no gain [on n’obtient rien sans effort, ndlr.] voulait dire ainsi que les méthodes de marine, et Bob Peterson, mon coach au lycée, m’a fait comprendre la joie qui existait dans ce sport et le plaisir de le pratiquer. Je dois avoir 16 coéquipiers qui sont dans le Colorado au Steamboat Springs ce week-end, ces Coyotes [surnom de l’équipe de Jackson au lycée, les Williston Coyotes, ndlr.] qui ont fait partie d’une équipe championne avec moi. Habituellement, on utilise ce week-end tous les ans pour nous rappeler du bon vieux temps et passer un bon moment. Salut à eux.

L’Université du Dakota du Nord m’a recruté. Le coach était Bill Fitch, c’était un jeune homme de 31 ans qui avait beaucoup d’énergie et de vigueur. J’étais une de ses recrues, je suis arrivé à l’Université du Dakota du Nord, on a eu des grands succès. Bill était quelqu’un qui m’a beaucoup poussé. En tant que coach, c’était quelqu’un de très exigeant. Je lui dois beaucoup dans mon parcours, il m’a appris beaucoup de choses sur le basket. Mon co-capitaine et colocataire, Paul Pederson, qui est ici. Merci d’être venu.

Ma carrière professionnelle doit beaucoup à Red Holzman, qui était scout chez les New York Knicks. Il m’a vu jouer dans beaucoup de situations quand j’étais à l’université et a encouragé les Knicks à me drafter au second tour après Walt Frazier. Tôt dans ma saison rookie, Red est devenu head coach. Il m’a permis de jouer avec tous ces Hall of Famers qui sont ici ce soir. Earl Monroe, Walt Frazier, Bill Bradley, Willis Reed, Dave DeBusschere, Jerry Lucas, Cazzie Russell. Mais le vrai tournant dans ma carrière aux New York Knicks, c’est quand je me suis blessé après une année rookie remplie de succès, au terme de laquelle j’ai été nommé dans la All-Rookie First Team. Au milieu de ma deuxième saison, j’ai subi une sérieuse blessure qui menaçait ma carrière. J’ai dû rester sur la touche non seulement pour le reste de cette saison mais aussi pour la saison suivante, quand les Knicks ont gagné leur premier titre en 69-70. Red m’a non seulement encouragé pour continuer à faire partie du jeu, mais m’a également beaucoup appris sur comment le regarder. Il disait, « Tu sais, ce n’est pas sorcier. Défensivement, tu essaies de rester en face de ton adversaire. Offensivement, tu essaies de trouver le joueur démarqué ». C’était quelqu’un de pragmatique. Le basketball pour lui était un jeu qui venait des playgrounds et les systèmes offensifs utilisés à ce moment-là étaient pour lui des choses qui arrivaient tout le temps. Red a fait de moi l’homme qui schématisait les séquences de jeu. Les gens qui me connaissent savent que je ne suis pas trop axé tactique mais Red a remarqué mon amour pour les concepts et pour le jeu.

Ma carrière d’entraîneur, bien qu’initiée par Red, a vraiment commencé lorsque j’étais chez les New Jersey Nets et Kevin Loughery. Il m’a encouragé à être un player assistant coach dans cette équipe. Après un passage chez les Nets du New Jersey, je suis parti pour devenir coach principal aux Albany Patroons puis à Porto Rico avec Quebradillas et l’équipe d’Isabela. C’était un moment où les salaires étaient de 20 000 dollars à l’année. Les temps étaient durs mais je sentais qu’être coach principal était mieux pour moi et ma personnalité que de rester en NBA en tant que coach assistant. Je pense que ça a payé.

Après être revenu en NBA, j’ai eu la chance d’être recruté par les Chicago Bulls dans le staff de Doug Collins. Et ça m’a donné une formation supérieure de deux ans dans l’histoire du basketball avec Tex Winter, et Johnny Bach en coach assistant. Deux anciens gentlemen, un de la côte Est, un de la côte Ouest. Ils m’ont appris tout le basket dont ils pouvaient se souvenir et tout le basket qu’ils connaissaient. J’ai eu une magnifique éducation.

Remerciements aux Jerry. Jerry Reinsdorf et Jerry Krause, pour avoir fait confiance à quelqu’un sans expérience pour prendre en main l’équipe des Chicago Bulls, qui a obtenu des grands succès dans la décennie des années 90. C’était évidemment le résultat du niveau magnifique de Michael Jordan, qui a eu la clairvoyance d’impliquer ses coéquipiers – des anges inférieurs – dans son royaume. Également Scottie Pippen, qui a formé un duo dynamique avec Michael Jordan. Ces deux-là étaient excellents offensivement et défensivement. Également les autres Bulls qui ont contribué à l’équipe du premier three-peat. Johnny Paxson, B.J. Armstrong, Craig Hodges, Bill Cartwright. Et évidemment ce second groupe qui était tiré par le fou du roi Dennis Rodman. Luc Longley, Steve Kerr, Ronnie Harper, Jud Buechler, pour nommer quelques-uns de ces joueurs. Cette ère s’est terminée et une nouvelle a commencé.

J’ai eu la chance d’entraîner une autre équipe prête à gagner le titre. Jerry Buss a dit, « J’aimerais bien gagner un autre titre », et je pensais qu’on pouvait peut-être en gagner plus qu’un, et c’est ce qu’on a fait. Les Lakers ont grandi et j’ai pu voir une équipe arriver à maturité. Ils n’étaient pas seulement capables de gagner mais aussi d’être une équipe dominante. Qui aurait pu être plus chanceux que moi, et se retrouver au milieu de tant de succès ? Shaquille, Rick, Kobe, Robert Horry, Ronnie Harper, Fish, merci d’avoir été là et d’avoir aidé. Les coaching staffs qui m’ont supporté toutes ces années étaient menés par Tex Winter. L’innovateur de l’attaque en triangle, et je ne connais personne qui aime le basket plus que cet homme. D’autres membres du staff ont été avec moi pendant des années et sont là ce soir. J’aimerais m’en souvenir. Frank Hamblen, Jim Rodgers, Jim Cleamons, Kurt Rambis, Brian Shaw… Cartwright, qui était aussi un co-capitaine dans la première équipe du three-peat. Charlie Rose, un ami et un collaborateur d’Albany, New York, qui avait prédit mon succès et qui est le romancier basket le plus prolifique de notre époque.

Évidemment, je dois remercier ma famille. Ce sont mes supporters personnels. Ils ont suivi leur père à de nombreux endroits et ils ont rendu possible mes succès. Tout d’abord, June, la mère de quatre de mes cinq enfants. C’est la meilleure mère et cheerleader. J’ai déjà dit que mes cinq enfants utilisent les Playoffs comme la mesure d’une fête pour entamer l’été. Ils ont traversé 10 finales. Ils viennent tout juste de s’éclater.

Ce soir, j’aimerais lire un poème de mon fils cadet, le poète, pour donner de la perspective à la vie. Cela vient d’un poème qu’il a appelé « The domestic ».

But cross-court, I’d always study my father, his fist on chin brooding

from which I was certain the game’s cadence must originate,

each entry pass orchestrated, all layups divine

ordering timeouts the arc and tremble of his ball is yet in the playbook

a flash pivot and flex cut or a weak side back screen

where Edwin peyote leapt away with the rim

driving his forearm through the metal pit

spitting it at a half-court a trophy on a spit

and I remember those defeated nights I hid beneath the bleachers

imagining each place strung up in passing like a parade of migratory birds

remembered less for flight than for rhythm

turning and turning under my father’s constellation

before he took the wheel before we sank into the wetlands

shrieking all the way to our rental houses by the anthills at sea

Merci Ben.

Je pense que ma famille devrait se lever. Ils sont tous là au premier rang avec mes deux petits-enfants. Allez, levez-vous.

Le basket est un jeu formidable. Et il a évolué tellement au cours des 45 années où j’ai pu en faire partie. Du moment où je regardais l’équipe d’El Paso au Texas, jusqu’à voir les athlètes prendre la dimension qu’ils possèdent actuellement, la domination physique du jeu. Je pense que le jeu a toujours évolué. Parfois je pense qu’on met des joueurs sur un terrain trop petit avec un panier trop bas vu la façon dont ils jouent maintenant.

Je pense que le jeu doit continuer d’évoluer. Je pense que les gens dans le Hall of Fame, vous qui êtes là, nous sommes capables de continuer à faire évoluer le jeu pour qu’il soit toujours un meilleur sport à l’avenir. Nous devons toujours nous rappeler qu’il faut respecter le jeu. Et c’est la raison pour laquelle James Naismith a créé ce jeu. C’est un jeu compétitif, un sport sans contact basé sur la vitesse et le talent. C’est un jeu magnifique à entraîner.

Pour finir, avant de terminer, j’aimerais remercier ma compagne Jeanie Buss, qui m’a fait revenir aux Lakers et je veux que vous sachiez qu’on vise toujours l’or.

Merci.

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