Old-School

Latrell Sprewell, un record en carrière au goût d’inachevé : retour sur cette soirée où il a pris feu pour… rien

Joueur talentueux mais très controversé, Latrell Sprewell n’était pas le genre de mec à laisser indifférent. Passé par Golden State, New York et Minnesota, le quadruple All-Star est autant connu pour son pétage de plomb sur P.J. Carlesimo et ses déclarations WTF que pour ses qualités de basketteur. Mais aujourd’hui, on va laisser le côté obscur au placard pour revenir sur son record personnel en carrière.

Nous sommes en décembre 2001, le 11 exactement. Le Madison Square Garden est sur le point d’accueillir les Celtics de Paul Pierce et Antoine Walker. Trois mois jour pour jour après les terribles attentats des tours jumelles, la Grosse Pomme est encore sous le choc mais le basket permet aux supporters new-yorkais de penser un peu à autre chose, d’autant plus que les Knicks tournent plutôt bien avec six victoires sur leurs sept derniers matchs. Cependant, malgré cette bonne dynamique, un Jeff Van Gundy fatigué décide à la surprise générale de quitter son poste de coach quelques jours avant cette rencontre face à Boston. Latrell Sprewell et ses copains jouent désormais sous les ordres de Don Chaney, l’assistant de JVG. Après un début de saison plutôt timide, Spree est alors en plein boom. Il est l’une des raisons de la bonne série de New York, lui qui reste sur six matchs consécutifs entre 23 et 29 points. Mais face aux Celtics, il va monter beaucoup plus haut jusqu’à dépasser son propre record en carrière, fixé à 46 unités depuis un match de janvier 1997 opposant les Golden State Warriors aux Dallas Mavericks.

Sprewell commence le match doucement, à l’image des Knicks, qui ratent 12 de leurs 13 premiers shoots. Mais Spree va mettre son équipe dans le sens de la marche, puis faire cramer de la ficelle dans le deuxième quart-temps. Le numéro 8 porte l’attaque new-yorkaise et son total de points n’arrête pas de grimper. 19 en tout dans le second quart, 26 des 47 de son équipe à la pause, on peut dire qu’il est chaud le garçon. Dans les vestiaires du Madison Square Garden, le coach de Boston Jim O’Brien fait passer un message à son équipe, « Peu importe s’il en marque 50, gagnons ce match ». Parce que oui, même si Latrell cartonne, c’est l’équipe en vert qui fait la course en tête 48-47. En deuxième période, le scénario est assez similaire. Sprewell poursuit son festival, lui qui atteint la quarantaine dans le troisième quart, mais le match est serré de bout en bout. Dans les dernières secondes de la partie, alors que les Knicks mènent 88-86, Spree a l’occasion de tuer le match à travers deux lancers francs, et par la même occasion d’atteindre la barre des 50 pions. Le public de la Mecque du basket scande même des « We want 50 » au moment où il est sur la ligne. Mais ces chants vont vite s’arrêter, Sprewell ratant le premier de ses deux lancers. Il marque le second pour atteindre un total de 49 points, mais il sait qu’il vient de laisser la porte ouverte à une potentielle égalisation des Celtics. Et devinez quoi ? Sur l’action qui suit, Antoine Walker (42 points dans le match) égalise derrière l’arc. 89-89. Latrell a bien l’occasion de se rattraper mais sa dernière tentative ne donne rien. Pire, il ne marquera plus de la soirée.

« Je ne pensais pas tellement aux 50 points, je voulais juste mettre mes deux lancers. C’était fun, mais le fun disparaît quand vous perdez. »

– Latrell Sprewell après le match

En prolongation, les Knicks encaissent un 13-4 et s’inclinent finalement 102-93. Sprewell reste ainsi bloqué à 49 points (18/32 au tir, 6/10 du parking, 7/8 aux lancers francs), son record en carrière. Une superbe performance, mais forcément un goût d’inachevé pour Spree. Cela reste tout de même l’une des plus grandes prestations offensives réalisées face à la mythique franchise des Celtics. D’après StatMuse, sur les 25 dernières années, seulement trois joueurs ont fait mieux contre Boston. Il y a eu évidemment l’énorme carton de Devin Booker, auteur de 70 points au TD Garden en mars 2017, et également deux perfs à 51 pions signées Hakeem Olajuwon (janvier 1996) et Caris LeVert (mars 2020). Mais juste derrière, il y a donc Sprewell, à égalité avec un certain Stephen Curry (49 points en janvier 2018).

Pour votre culture basket, sachez que Latrell Sprewell se rapprochera de son record perso en janvier 2002, avec une prestation à 48 points contre sa ville natale de Milwaukee, mais dans une victoire en double prolongation cette fois-ci. Sans doute un meilleur souvenir pour Spree…

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