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Nostalgie à l’Oracle Arena : 47 années de souvenirs se succèdent pour les fans des Warriors

Nous y sommes. Quelques années après la première rumeur d’un déménagement de l’autre côté du Bay Bridge, l’Oracle Arena a vécu son dernier match de saison régulière cette nuit. Un lieu rempli d’histoire qui méritait bien son petit hommage. Allez, mouchoir.

Les Warriors ont vu les choses en grand pour cette der des der contre les voisins de Los Angeles, les Clippers. Il fallait évidemment s’assurer de remporter la rencontre, pour que le spectacle soit complet, mais les gradins dorés de l’une des enceintes les plus bruyantes du circuit étaient déjà remplis bien avant le match pour profiter de ces derniers moments de calme à la maison. Il y aura bien sûr une dernière campagne de Playoffs pour tenter d’arroser encore une fois les murs des vestiaires avec du Dom Pé, mais la vraie cérémonie avait lieu hier, avec tout ce que cela implique. Les maillots de l’époque We Believe étaient donc de sortie pour marquer le coup, sans oublier une vidéo récap de tout ce qui s’est passé entre ces larges murs à quelques encablures des docks d’Oakland et un beau discours de Steve Kerr après le dernier buzzer pour introduire une nouvelle bannière qui flottera également dans la nouvelle salle bâtie du côté de San Francisco. Avant d’aller plus loin, on laisse la parole à l’entraîneur qui a eu le temps de se faire de nombreux souvenirs à l’Oracle Arena depuis le début de sa carrière de basketteur professionnel.

« C’est difficile de résumer tout ce que l’on ressent par rapport à cette salle et ce public. Pendant 47 ans, les fans des Warriors ont accompagné leur équipe dans les hauts et les bas. Et soyons honnêtes, il y a eu beaucoup de bas. Mais il se passe de belles choses en ce moment. Je peux vous dire que depuis le premier jour où je suis rentré dans cette enceinte pour ma saison rookie en 1998, l’ambiance de cette salle est incroyable. Ça a toujours été le cas, lors des quinze années où je suis venu ici en tant qu’adversaire durant ma carrière de joueur ou à chaque fois que je suis venu commenter ici. La plus grosse ambiance que j’ai pu voir ici correspond au Game 6 de l’épopée de We Believe. Je n’avais jamais entendu ça avant ! Et maintenant, d’avoir le privilège de sentir cette énergie en tant que coach, nous ne pouvons que vous remercier, tous autant que vous êtes. Je tiens à remercier tout le staff de l’enceinte qui fait un boulot incroyable. Et en pensant à toutes les générations de fans des Warriors qui sont dans le public aujourd’hui, nous savons que votre amour pour cette équipe est quelque chose que vous transmettez de génération en génération alors merci à tous les nouveaux fans des Warriors et à ceux qui nous supportent depuis tant d’années, rentrez chez vous et remerciez vos grands-parents ou vos parents ou peu importe qui vous a transmis ce virus. Merci. C’est la cérémonie du dernier match à l’Oracle mais il en reste encore quelques-uns. Nous allons avoir besoin de tout votre soutien lors des deux prochains mois alors merci. Derrière moi se trouve une bannière pour se rappeler de ces 47 ans passés à l’Oracle Arena. Cette bannière sera accrochée au plafond du Chase Center aussi. Alors merci à tous. Nous vous aimons et on se voit en Playoffs ! »

Bien avant de devenir l’un des entraîneurs les plus victorieux de l’histoire de la NBA, Steve Ker a d’abord connu cette salle dans la peau de l’adversaire et il sait à quel point c’est un avantage de jouer devant un tel public. Tous ceux qui ont déjà eu la chance de pénétrer dans ce lieu le savent, le poids de l’histoire est perceptible au moment de franchir les rideaux qui séparent les coursives de l’intérieur de la salle. En effet, depuis l’arrivée des Dubs dans cette gym en 1971, il s’est passé de grandes choses à l’Oracle Arena baptisée à l’époque The Arena in Oakland. Il y a d’abord ce record de Rick Barry qui date du 26 mars 1974 et qui tient toujours après toutes ces années, malgré des grands malades de la gâchette qui se sont succédés après lui sur ce parquet lustré. Mais personne n’a réussi à battre ses 64 points personnels, même pas Stephen Curry ou Klay Thompson un soir de fièvre. Malheureusement, la ville d’Oakland n’aura pas le privilège de recevoir les Finales de 1975, la faute à un spectacle de patin à glace prévu de longue date qui a forcé les hommes du futur Hall of Famer Al Attles à disputer cette ultime série contre les Bullets au Cow Palace de Daly City, au sud de San Francisco, une ville ou le brouillard ne se dissipe jamais totalement. Cela n’empêchera pas les Warriors d’inaugurer leur palmarès avec un premier trophée de champion au terme d’un sweep indiscutable. Après encore quelques années de succès relatif avec Rick Barry à la baguette, les Californiens vont vivre une triste décennie en attendant le renouveau de la franchise avec l’association du Run TMC, l’un des trios les plus emblématiques de l’histoire de la NBA formé par Tim Hardaway, Mitch Richmond et Chris Mullin sous les ordres de Don Nelson. Aucun titre à se mettre sous la dent mais tout de même de belles années dans la mémoire des fans avec un basket champagne très porté sur l’offensive et spectaculaire à souhait.

Une longue période creuse commence alors mais heureusement que Vince Carter a la bonne idée de se forger sa réputation au concours de dunk organisé à l’Oracle Arena en 2000. Auteur de la plus belle performance individuelle de l’histoire du concours (oui), Vinsanity marque l’esprit des spectateurs qui auront toujours beaucoup de respect pour le vétéran qui s’amuse désormais à enfiler des perles à distance du haut de ses 80 balais. Il faut donc attendre jusqu’à 2007 pour revivre de grands moments de basket qui comptent pour quelque chose. Pour le retour de Don Nelson sur son banc préféré, la saison régulière est longue et difficile mais Golden State accroche in extremis son ticket pour les Playoffs avec la huitième place à l’Ouest, une première depuis 13 ans. On se dit qu’ils sont déjà contents d’être là et que les Mavericks de Dirk Nowitzki qui viennent d’en gagner 67 pendant la saison ne vont faire qu’une bouchée de Mike Pietrus et ses potes. Mais c’est sans compter l’énorme cœur de cette équipe qui, poussée par un public en fusion, va probablement réaliser le plus bel upset de l’histoire de la NBA. Six matchs et basta, auf wieder sehen le MVP ! Les t-shirts We Believe et tout le roster sont iconiques. Le prochain tour sera trop dur mais Baron Davis en profitera quand même pour assassiner Andrei Kirilenko. Il parait que le cercle tremble encore aujourd’hui tellement c’était violent. Ensuite, on replonge dans quelques années de néant surtout marquées par la saison à 11% de réussite aux lancers-francs d’Andris Biedrins. Bon appétit !

La lumière va finalement revenir quelques saisons plus tard, dans le sillage d’un petit meneur aux chevilles plus si fragiles que ça et au poignet mieux réglé qu’un robot. De retour en Playoffs en 2013, les fans ne le savent pas encore mais ils assistent à la naissance d’une dynastie. Avant de souffrir comme jamais auparavant face à une équipe, LeBron laisse une première marque à l’Oracle Arena avec l’un de ses plus beaux tirs en carrière suivi d’une célébration mythique. TrashTalk était présent dans l’upper bowl ce 12 février 2014 et se souvient d’un public admiratif qui finira par applaudir le quadruple MVP pour sa performance. Mais le plus beau reste à venir avec un premier titre obtenu en 2015. Pas de chance, le match du sacre est joué à Cleveland mais on se rapproche du plus beau jour de l’enceinte. La saison suivante, ils réalisent la meilleure régulière de l’histoire avec 73 victoires dont un nouveau record de 54 wins consécutives à domicile à cheval sur deux exercices. Mais l’issue de la campagne 2015-16 est moins glorieuse avec The Block et le shoot de Kyrie. Les Cavaliers remontent un retard de 3-1 pour s’imposer à Oakland 4-3 et inonder les vestiaire visiteurs de champagne. Un cauchemar que les Warriors vont tout de suite vouloir effacer en enchaînant un back-to-back avec la première remise du trophée Larry O’Brien à l’Oracle Arena pour les Warriors en 2017. Vous avez dit dynastie ? En tout cas, on n’en est pas loin et Golden State a l’occasion de terminer son chapitre à Oakland de le plus belle des manières, avec un Threepeat historique validé à la maison pour dire au revoir à l’Oracle Arena en beauté.

Les 37 points de Klay Thompson en un quart-temps, les tirs du couloir de Stephen Curry à l’échauffement ou Dance Cam Mom, les souvenirs à l’Oracle Arena ne manquent pas et ils ne mourront jamais. Les Warriors se doivent de terminer sur un titre pour ne rien regretter avant de traverser le pont, car personne ne sait quand ils reviendront à Oakland. Thank you The Town, it was unforgettable.

1 Comment

1 Comment

  1. Raphaël Wanham

    8 avril 2019 à 14 h 05 min at 14 h 05 min

    Je suis triste que les warriors quittent cette magnifique enceinte qui sait mettre une ambiance de folie
    Mais ilsi sont quand même fort ces Américains, ils ont réussi à m’émouvoir pour une salle 😉

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