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Les Nets de retour en Playoffs : processus intelligent de construction, magnifique doigt d’honneur au tanking de l’extrême

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Suffit juste d’être intelligent finalement, et un peu patient aussi.

Source image : Léonce Barbezieux pour TrashTalk

C’est donc officiel, les Nets sont de retour en Playoffs, quatre ans après leur dernière participation à la grande teuf du mois d’avril. Celle-là il fallait la prévoir, vraiment, et en tout cas on ne s’y attendait peut-être pas… aussi tôt. Complètement saignés à blanc par la mégalomanie et les délires de Billy King, la franchise new-yorkaise a dû repartir de zéro, amputée de tous ses picks de drafts ou presque, mais un staff compétent couplé à des décisions malignes durant la free agency ou lors des dernières drafts ont finalement fait la différence. Comme quoi le tanking extrême n’est pas forcément la seule solution pour se reconstruire. De toutes façons les Nets n’avaient pas le choix, alors chapeau bas.

41 victoires, 40 défaites. C’est donc officiel depuis cette nuit, non seulement les Nets auront en 2018-19 un bilan à l’équilibre, voire positif, mais on les retrouvera surtout en Playoffs pour la première fois depuis 2015. Souvenez-vous, 2015, une éternité, la fin de l’ère des dollars donnés à des vieux débris ou des jeunes nullos, et le début donc d’une période que l’on présageait… tellement longue. Le board des Nets a été absolument dégueulasse depuis un petit moment déjà, on pense évidemment aux 452 picks de Drafts lâchés pour quelques presque grabataires, et le projet de titre à très court terme a évidemment volé en éclats assez rapidement, on se croirait à l’OM. Le magnat russe Mikhail Prokhorov tranchera dans le vif en janvier 2016 en dégageant enfin Bill Roi en même temps que le coach de l’époque Lionel Hollins, pour faire de la place à un duo étonnant. Sean Marks à la baguette, Kenny Atkinson à la plaquette. Le premier est roux et sort tout droit de l’école Spurs mais ce n’est pas Matt Bonner, le second est un espèce d’écorché vif qui donne la prime aux efforts fournis et à Brooklyn, même si les résultats tardent à arriver, on se rend vite compte des progrès en matière de gestion des comptes et des talents…

Pas de pick de Draft en 2016 ? Allez, Thaddeus Young file aux Pacers contre un pick 20 qui deviendra… Caris LeVert. Pô mal comme dirait Titeuf. Joe Johnson avait été prié d’aller marcher au ralenti ailleurs, Andrea Bargnani exerce désormais au Parc Astérix, Bojan Bogdanovic partira également du côté de Washington contre un premier tour de Draft, et on rebâtit donc par l’endroit même par lequel on s’est fait soulever quelques années auparavant. Viendront s’ajouter les gestions parfaites des cas Joe Harris et bien sûr D’Angelo Russell, les drafts de Rodions Kurucs et Jarrett Alllen, sans oublier tous ces petits apports qui ne semblaient rien valoir sur le papier (Napier, Dinwiddie, Hollis-Jefferson, Carroll) et qui au final rendent cette équipe terriblement équilibrée et bien construite. Merci messieurs Marks et Atkinson, ça travaille de concert, pas sexy pour un sou mais monstrueusement efficace et enthousiasmant pour nos petits yeux de la night. Aujourd’hui ? Après trois exercices à 21, 20 et 28 victoires et des bouches fermées pendant trois ans le temps d’apprendre et de fourbir les armes, voici les Nets en Playoffs avec l’un des meilleurs coachs de la Ligue, un All-Star de niveau MIP (D’Lo tradé contre… Brook Lopez, fallait y penser à celui-là aussi !), un banc ultra-solide et trois jeunes pleins de promesse (Kurucs, Allen et surtout ce pirate de Caris LeVert). Alors on dit quoi dans ces cas-là ? On dit bravo, mais genre un grand et beau.

Rien n’aura finalement empêché les Nets d’aller un peu plus vite que ce que la feuille de route avait prévu. Pas la blessure de LeVert, oh non, ni même un calendrier horrible sur la fin de saison. Oui, les Nets disputeront bien un premier tour à partir de samedi prochain, et c’est plus que mérité. Et ils peuvent bien servir de chair à saucisse aux Bucks, aux Raptors ou aux Sixers, l’essentiel est ailleurs, car on sait aujourd’hui que la quête d’un first pick n’est plus la meilleure solution pour relancer une franchise. Suffit juste d’être intelligent en fait, poke qui vous savez.

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