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La chronique de Dirk – Episode #5 : sortez trompettes et tambours, Dirk Nowitzki est de retour pour vous jouer un mauvais tour

Avoir des quadras performants dans la Ligue, c’est rare. C’est l’heure d’apprécier les derniers moments de ces gloires du jeu, qui ont ravi les fans sur plusieurs décennies. Dirk Nowitzki fait partie de ceux-là. Il entre dans sa 21ème saison NBA, qui pourrait s’avérer être l’ultime baroud du géant. Le meilleur joueur européen de l’histoire qui vit sa dernière danse ? TrashTalk ne pouvait pas rater ça, et va vous permettre de suivre l’année de Tall Baller from the G grâce à une rubrique bimensuelle. Allez, avant d’entonner le chant du cygne, il est temps que Dirk nous régale encore quelques mois.

# RETOUR SUR SES DERNIÈRES PERFORMANCES

Absence pour blessure depuis la fin de saison dernière. C’en est fini de cette maudite phrase.

  • 13 décembre @ Phoenix Suns (défaite 99 à 89) : 6 minutes de jeu, 2 points (à 1/2 au tir, dont 0/1 du parking), 1 rebond
  • 16 décembre vs Sacramento Kings (défaite 120 à 113) : 8 minutes de jeu, 3 points (à 1/4 au tir, dont 0/1 du parking, 1/1 aux lancers-francs), 4 rebonds, 1 balle perdue
  • 18 décembre @ Denver Nuggets (défaite 126 à 118) : 7 minutes de jeu, 3 points (à 1/2 au tir, dont 1/1 du parking), 1 rebond, 1 passe décisive
  • 20 décembre @ Los Angeles Clippers (défaite 125 à 121) : 6 minutes de jeu, 0 point (à 0/1 au tir, dont 0/1 du parking), 1 faute
  • 22 décembre @ Golden State Warriors (défaite 120 à 116) : 12 minutes de jeu, 3 points (à 1/4 au tir, dont 0/1 du parking, 1/1 aux lancers francs), 1 balle perdue

Statistiques sur la saison : 5 rencontres disputées (0 fois titulaire), 8 minutes de jeu, 2,2 points (à 30,8% au tir dont 20% du parking, 100% aux lancers-francs), 1,2 rebond, 0,2 assist, 0,4 faute, 0,4 balle perdue

On commençait à perdre espoir, à penser que cette rubrique ne serait jamais remplie que par la triste phrase contenant les termes « absence » et « blessure ». En cette fin d’année, tous les espoirs étaient pourtant permis pour croire au retour à la compétition du Wunderkind. On ne sait s’il s’agit de la magie de Noël, d’un cadeau du barbu sous les millions de sapins des fans NBA, ou d’une quelconque sorcellerie. Même s’il faut écarquiller les yeux pour y croire, ça y est, le numéro 41 des Mavericks est bien là, pour le bonheur des petits comme des grands.

Ce premier paragraphe politiquement correct étant terminé, les circonstances faisant, il est temps de pouvoir exprimer une réaction plus naturelle. Essayons. « Fichtre, quelle stupéfaction, l’être germanique aux grands segments a finalement effectué sa reprise dans les atours du ballon-panier d’outre-Atlantique, quelle aubaine, quelle béatitude ». Ou, en version plus actuelle : « YEEEEEEEEEEEES (plutôt JAAAAAAAAAAAAA), Dirk Nowitzki fait son come-back, p***** que ça fait du bien, on a attendu trop longtemps, c’est un tel kiff de le revoir sur les parquets NBA. »

Okay, les chiffres du retour ne sont pas dingues. Cependant, hors de question de faire la fine bouche (antonyme de Draymond Green). Sur les cinq matchs joués par les Mavericks depuis celui contre les Suns, le 13, Tall Baller from the G n’en a raté aucun (pas de back-to-back). Le temps de jeu est faible, une manière de protéger le corps du géant, encore fragile, mais aussi de le réintégrer progressivement à la rotation de Dallas, qui jusqu’alors, n’était pas trop mal huilée. Personne ne veut la chambouler, surtout pas Dirk. Sortir du banc ? Il ne l’avait fait que 31 fois tout au long de sa carrière avant cet exercice. Le faire toute cette année ? Aucun souci. Le mec est juste un seigneur.

# DIRK NOWITZKI EN TENUE, UN PLAISIR POUR LES YEUX, UN VECTEUR D’ÉMOTIONS ET DE QUESTIONS

Recevoir le ballon à quasiment 45 degrés, un peu en-dessous du coude droit de la peinture, travailler lentement mais sûrement son adversaire, soudainement (plus ou moins) se retourner face au panier, et dans un élan vers l’arrière, relâcher la gonfle qui va tendrement caresser la planche avant de terminer sa course délicatement dans le cercle. Hurler comme un gros dingue (comme prévu) parce que ça fait vingt ans que tu vois ça, et que tu t’en lasseras jamais. Tu bafouilles des « Ja, mein Freund, das ist es » à tes collègues en les étreignant, alors que t’as même pas fait LV2 allemand. Voilà comment on pourrait décrire Dirk Nowitzki, son impact sur les fans et son action signature (bien qu’il eut plus réalisé de swishes que de bank shots). Un classique du genre, mêlant technique, précision, fluidité, adresse et toucher. Ces qualificatifs, qui décrivent bien le joueur qu’est l’Allemand, dépeignent également le portrait du premier panier du numéro 41 pour son retour sur les planches face à Phoenix, il y a dix jours (adieu, cordes vocales, bonjour, voisins réveillés à pas d’heure). C’est comme cela qu’il a choisi de démarrer sa 21ème (et dernière ?) saison avec les Mavs, record absolu de longévité pour un joueur dans une seule et même franchise.

Effectuer son come-back à Phoenix, dans une rencontre très peu tendue, c’était sans doute l’idéal pour reprendre doucement, sans trop de pression, tout en ayant sa droit à sa petite standing ovation à son entrée en jeu de la part d’une espèce en voie d’extinction, les fans des Suns. 49 secondes plus tard, la messe était déjà dite, le prêtre de Wurtzbourg avait parlé, renvoyant tout jeune disciple à ses études. Six minutes, rentrée pépouze, tout roule, douche, glace, récup’, il fallait se préparer pour la suite, soit le retour à l’American Airlines Center, tel un prophète en son pays. Le 16 décembre, contre les Kings, c’était le grand jour, qui entérinait définitivement le retour du Wunderkind à la compétition. Vidéo hommage, souffle ahurissant, brouhaha assourdissant dès qu’il se lève du banc, le moment est sublime.

Le temps de jeu est minime, de quoi savourer la moindre goutte de Tall Baller from the G qui nous est offerte. On le sent, la mécanique est rouillée, à part le poignet. Lorsqu’il est posé, sur le spot mon pote, et qu’il a pris ses appuis, bang bang bang, la gonfle file dans le cercle comme le foie gras dans l’estomac. Pour le reste, c’est légèrement plus compliqué. S’il peut encore prendre des rebonds grâce à ses bras et à sa carcasse (quatre en 8 minutes contre les Kings), la défense est encore pire qu’à l’accoutumée. La rapidité latérale est proche de zéro. Sortir sur les écrans, compliqué, effectuer des rotations, un effort surhumain, défendre sur un guard, bonjour le tour de rein, défendre un pivot physique, bonjour les coups… Sans être médisant, on ne va pas se mentir, à côté, James Harden, il est DPOY. C’est également de plus en plus compliqué d’enchaîner les aller-retours rapides face à des jeunes joueurs qui ont la moitié de son âge. Sa manière de se déplacer est à la fois terrible et amusante. C’est une démarche de pachyderme qui lui donne un air patibulaire dès qu’il essaye de se déplacer rapidement avec ses grandes papattes. La souffrance se lit, mais pépère se donne, sur de courtes séquences, en essayant d’apporter à son équipe, non plus seulement en dehors, mais aussi sur le terrain.

Désormais focus entièrement sur l’équipe, il élude les questions sur sa forme physique, sur les progrès qu’il fait par un simple « I’m okay’. L’attention est désormais portée sur le plan sportif, sur l’équipe. Un Dirk Nowitzki en forme, ça fait 2m13 de bonheur, soit une belle hauteur sous sapin. Le cadeau est déjà beau, et il va évoluer. On attend encore de voir de vraies séquences de jeu où Luka Doncic et le vétéran seront alignés ensemble, afin de percevoir une possible alchimie, d’établir une éventuelle European Connection, et de provoquer de multiples orgasmes chez Mark Cuban. En attendant, les signaux sont encourageants du côté du Bon Gros Géant. Il a joué 12 minutes hier face aux Warriors, son plus grand total cette saison. Sa relation avec Juan José Javier Jorge Jaime Jimmy Jean-Jacques Barea ne date pas d’hier, de quoi faire dérouler la second unit des Mavs.

Il faut malgré tout faire attention pour Rick Carlisle. L’équilibre de son roster est fragile. Ses rotations étaient bien établies en début de saison. Un cinq Smith Jr., Doncic, Matthews, Barnes et Jordan, c’était clean. Cela permettait à Barea, Finney-Smith, Kleber ou Powell de prendre le relais en sortie de banc. L’arrivée de Dirk Nowitzki risque d’amenuiser le temps de jeu et le rôle des deux derniers cités. Le compatriote Allemand et Dwight sont préposés à jouer à l’intérieur, ce qui ne marchait plutôt pas mal en début d’année. Mais si le Wunderkind est là, il va jouer. Reste donc à voir comment le staff de Dallas va gérer ce surnombre au poste 4 dans l’effectif. Continuer à donner du temps de jeu à tout le monde semble être judicieux, afin de garder tout le monde impliqué. Les trois profils sont différents, et intéressants. De toute façon,  il y a moyen de trouver du temps pour tout le monde, le numéro 41 ne va pas jouer plus de 20 minutes par rencontre. Non, par contre, laissez-nous en quelques unes pour pouvoir entrevoir des actions d’une autre époque, mais d’une classe et d’une efficacité indémodable.

Et une petite pour Shaun Livingston, peut-être une vengeance d’il y a quelques années, où le meneur des Warriors avait palpé l’entrejambe de l’ailier-fort… Bref. Il en aura fallu, de la patience, de l’espoir, et du temps. Mais nous y sommes. Ce ne sera plus le Nowitzki des grandes années, c’est certain. Plus de matchs à 40 points, certes. Des buzzers beaters, sait-on jamais… Malgré tout, la joie est palpable, quel plaisir, quel pied de revoir le patron sous le jersey des Mavs. D’avoir attendu aussi longtemps pour savoir si on le reverrait sur les planches de la NBA, ne nous fait qu’encore plus apprécier le cadeau offert par le Père Dirk. Le vieux tracteur est dépoussiéré, il turbine comme il peut, mais il avance, et prend du plaisir en jouant au basket. Une 21ème saison à Dallas, qui s’ouvre doucement pour Dirk Nowitzki, et qui permet également de faire redémarrer les compteurs de l’Allemand au niveau des classements all-time.

# DIRK AU RÉVÉLATEUR DES  STATISTIQUES

Lorsque l’on joue autant de temps dans une Ligue, et que l’on a été un franchise player pendant tant d’années, on fait partie des légendes de ce jeu. Dirk est l’un des plus grands par le talent, et cela se vérifie forcément au niveau statistique. C’est ainsi que nous surveillerons tout au long de l’année sa position dans différents classements all-time.

Classement des marqueurs les plus prolifiques en carrière :

Septième avec 31 198 unités.

En cinq rencontres, Dirk Nowitzki a marqué la bagatelle de 11 points. Ce qui le rapproche à 221 unités de Wilt Chamberlain. Pendant que LeBron James se rapproche dangereusement et à vitesse grand V de Michael Jordan, l’Allemand a au moins réenclenché le compteur. Bon, il va falloir augmenter légèrement la cadence pour rattraper l’homme aux 100 puntos en un match. En effet, s’il restait sur ce rythme de 11 points inscrits en cinq rencontres, il lui faudrait plus de cent oppositions supplémentaires pour dépasser cette barre. La moyenne de l’ailier-fort devrait malgré tout augmenter au fil de la saison, afin d’aller décrocher cette sixième place d’ici la fin de l’exercice. Vintage Dirk est attendu.

Classement du nombre de paniers réussis en carrière :

Neuvième avec 11 038 tirs réussis. 

Quatre petits tirs supplémentaires dans la besace. Le chien est maigre, tout autant que les gambettes du numéro 41. 292 unités de retard sur Shaquille O’Neal, il va falloir en mettre des paniers d’ici la mi-avril pour rattraper Diesel.

Classement du nombre de matchs disputés en carrière :

Quatrième avec 1 476 rencontres disputées (+1 position).

Désormais ex-aequo avec Karl Malone, le Wunderkind pourra envoyer un courrier au Mailman dès sa prochaine rencontre. Une lettre contenant le classement des joueurs ayant disputé le plus de matchs en carrière. Lorsque son pair d’ailier-fort aura été définitivement dépassé, Dirk Nowitzki aura une autre cible à atteindre, qui n’est autre que l’alter ego du Jazzman qu’il vient de dépasser. Avec ses 1 504 unités, John Stockton est à la portée du sniper de Wurtzbourg. Plus que 28 games, et c’est un podium all-time qui l’attend. De quoi vous classer un bonhomme.

# LE PROGRAMME DE DIRK NOWITZKI

Deux prochaines semaines :

  • 24 décembre @ Portland Trail Blazers
  • 27 décembre vs New Orleans Pelicans
  • 29 décembre @ New Orleans Pelicans
  • 31 décembre vs Oklahoma City Thunder
  • 1er janvier @ Oklahoma City Thunder
  • 3 janvier @ Charlotte Hornets
  • 5 janvier @ Boston Celtics
  • 6 janvier @ Philadelphie 76ers

Gros programme à venir pour les Mavs dans la prochaine quinzaine. Huit rencontres, deux back-to-backs, plus l’opposition de ce soir qui s’enchaîne avec celle d’hier face aux Warriors. Puis, autant dire que ce ne sont pas des petits morceaux qui attendent les hommes de Rick Carlisle. Effectivement, en dehors des volatiles de Louisiane, toutes les franchises qui se présentent sur la route de la bande à Cuban sont actuellement playoffables. En sachant qu’un Dallas-New Orleans est un duel de division, ce sont donc huit face-à-face difficiles qui attendent les Texans. Un temps dans les huit, les Mavericks sont désormais onzièmes à l’Ouest, à cause d’une série de cinq matchs sans victoire. Ce qui correspond malheureusement au nombre de rencontres que Dirk Nowitzki a disputé depuis son retour…

Les complotistes hurleront aux illuminatis, les mauvaises langues diront que l’Allemand est un chat noir, les rageux diront photoshop. Toujours est-il qu’il est grand temps d’endiguer cette mauvaise série, si D-Town veut pouvoir garder l’objectif de la postseason en ligne de mire. Offrir ne serait-ce qu’une série de Playoffs à papy Dirk, voilà le plus beau cadeau que la franchise pourrait rendre à celui qui lui a tant apporté. Ce dernier risque d’ailleurs de ne pas prendre part à toutes les confrontations des Mavs dans les deux prochaines semaines. Le repos risque d’être privilégié en cas de back-to-back, histoire de ne pas cramer la mèche bien courte de l’ancienne crinière la plus réputée de la Ligue. Le 5 janvier 2019, le quadra aura pour la dernière fois de sa carrière, l’occasion de rencontrer les Celtics. Sauf si Doncic emmène Dallas jusqu’aux finales NBA. Autant dire que l’ultime opposition entre un joueur légendaire et une franchise mythique, c’est à ne pas louper.

En plus des traditionnels chocolats et mandarines, le père Noël a déposé, un peu en avance, un cadeau qui donne le sourire à tout fan de NBA. Dirk Nowitzki est bel et bien de retour. C’est le moment d’en profiter, en rêvant secrètement d’une 22ème saison du Wunderkind chez lui, à Dallas. N’allons pas trop vite en besogne, c’est d’abord l’heure de la célébration. Une bonne pinte, un jus d’orange ou un bon petit verre de (No)whisky ne seront pas de trop pour arroser ça. Puis vient celle des bonnes résolutions. Que Dirk reste en bonne santé toute l’année, qu’il passe une bonne année, et qu’il nous procure beaucoup de bonheur. Allez, auf wiedersehen, Frohe Weihnachten, à dans deux semaines.

Sources texte : Youtube/BleacherReport, Twitter/@dallasmavs, Foxsports

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