Jaylen Hoard
Star de demain

Star de demain – Jaylen Hoard : le Frenchie qui s’éclate déjà sur les parquets cainris depuis 2016

Source image : YouTube/Harold_Miller Frankie Vision

Chaque année, ils sont plusieurs centaines à s’inscrire à la Draft pour tenter d’y décrocher un spot dans l’une des 30 franchises NBA. Mais au milieu de ce vivier de jeunes talents, quelques joueurs tirent déjà leur épingle du jeu et sont promis à un grand avenir chez les pros. Parmi eux, un jeune expatrié français parti à la conquête des États-Unis depuis trois ans déjà, Jaylen Hoard. Pour lui, la transition avec la NBA sera moins dure que ses compatriotes.

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Comme souvent, le basket est une véritable histoire de famille chez les Hoard. Mais chez eux, c’est peut-être encore plus vrai qu’ailleurs. Né le 30 mars 1999 au Havre, Jaylen prend souvent la route pour suivre son père de ville en ville avec ses quatre frères et sœurs. Antwon Hoard n’est pas représentant ni directeur d’un cirque mais bien joueur professionnel, principalement en France où il évolue entre la Pro A et la Pro B de 1990 à 2010. De la Normandie à Evreux, en passant par Hyères-Toulon ou encore Boulazac avec qui il remportera la deuxième division avec un titre de MVP de la finale à la clé, on peut dire que le daron a écumé pas mal de salles dans l’Hexagone. Mais le lien des Hoard avec la balle orange ne s’arrête pas là puisque la mère, Katia Foucade, est vice-championne d’Europe 1993 avec les Bleues tandis que la marraine de Jaylen, Edwige Lawson-Wade, n’est plus à présenter. Dans un environnement aussi propice, le choix d’orientation était écrit d’avance pour le petit Jay qui court aujourd’hui après son rêve de NBA à l’instar de sa sœur cadette Anaïa, déjà internationale chez les jeunes et championne d’Europe U16 en 2017, qui veut briller chez les filles. Au micro de Théo Sorroche pour France 3 Languedoc-Roussillon, Jay explique en quoi le fait d’avoir un père professionnel lui a donné un avantage instantané sur le reste des enfants de sa génération.

« Quand j’étais petit, c’est lui qui m’a appris à shooter. Je pense que ça m’a donné un peu d’avance sur les autres joueurs qui étaient avec moi. »

Tout au long de sa jeunesse, Jaylen est donc en avance sur les autres. Mais à 13 ans, il est stoppé net par un problème de croissance qui va le forcer à rester sur le banc pendant deux longues années. Une première fracture au pied, puis une autre à l’autre jambe pour avoir voulu revenir trop vite. Quand on voit la difficulté de certains joueurs professionnels à se relever d’une blessure, on imagine la gamberge dans la tête d’un jeune garçon qui rêve déjà du plus haut niveau et se fait arrêter aussi longtemps. Premier test psychologique réussi avec succès, puisque Hoard revient plus fort que jamais, tout près de Carnon où il a grandi, à Castelnau-le-Lez. Le 17 avril 2015, il est convié à Brooklyn pour le Jordan Brand Classic rassemblant les meilleurs prospects internationaux de sa génération et est élu MVP de la rencontre avec 16 points, 7 rebonds et 5 interceptions en 18 minutes. Une première ligne à son palmarès qui parle plus aux scouts NBA que n’importe quel trophée obtenu sur le Vieux Continent (poke Luka Doncic). Déjà à l’aise en anglais, la langue maternelle de son père, il impressionne par sa maturité au micro de Jim Halley pour USA Today alors qu’il vient de souffler ses 16 bougies.

« Mon but était de jouer dur pour gagner le match, et ensuite seulement d’aller chercher des points et des interceptions. Les points sont venus tout seuls grâce à mon agressivité. »

Cette performance lui vaut de voyager en Lituanie avec l’équipe de France U16 pour participer au championnat d’Europe l’été suivant. Désormais incontournable chez les jeunes de son âge, il rejoint les meilleurs joueurs de sa génération à l’INSEP. Avec Sekou Doumbouya, Vincent Poirier ou encore Olivier Sarr, il découvre la NM1 en totalisant des moyennes de 8 points, 3,5 rebonds, 1,6 passe décisive et 1,1 interception par match. L’expérience est enrichissante mais, poussé par son père, il prend la décision de franchir l’océan pour intégrer un lycée cainri dès la saison 2016-17. Déjà demandé un peu partout aux US, il rejoint la Wesleyan Christian Academy entraînée par l’ancien Chalonnais Keith Gatlin à High Point en Caroline du Nord. Habitué à rendre visite à sa famille basée aux Etats-Unis, il se retrouve dans un nouveau contexte, éloigné de ses proches, et est même hébergé par son coach comme cela se fait beaucoup là-bas. Il s’attend à vivre des moments difficiles mais a hâte de se confronter à la crème du basket mondial ainsi que ceux avec qui il se battra pour obtenir une place dans la Grande Ligue quelques années plus tard comme il l’exprime à l’époque à Jason Jordan de USA Today.

« Avec ma famille on est très proches et je n’ai pas souvent été loin d’eux à part cette année à l’INSEP et encore ils me rendaient souvent visite. Là je serai carrément sur un autre continent. Au début ce sera difficile mais c’est l’un des sacrifices à faire si je veux atteindre mon objectif [de rejoindre la NBA, ndlr]. […] Je pense juste qu’il est temps de venir ici et d’affronter les meilleurs. Beaucoup de gens me connaissent en France. Mais je veux faire de même ici où se trouvent les meilleurs. Je veux montrer mon talent et me le prouver à moi-même. »

Mais avant de s’envoler chez l’Oncle Sam pour de bon, il retourne en sélection à l’occasion du championnat du monde U17 organisé en Espagne où il éblouit les observateurs avec une ligne de statistiques prometteuse à 22,4 points, 5,7 rebonds, 3,1 assists et 1,7 steal de moyenne. La France manque le rendez-vous avec Team USA d’un rien mais Jaylen Hoard sait déjà qu’il retrouvera ses membres un jour ou l’autre. Après un petit moment d’adaptation, il s’impose comme l’un des cadres de son équipe de lycée et apparaît déjà dans différents classements nationaux mâchant le travail des recruteurs pour les meilleures universités du pays. Et comme il a décidé de vivre l’expérience américaine à fond, il a même droit à sa vidéo Ball Is Life après seulement trois matchs sur son nouveau continent. La mixtape n’est pas encore au niveau de celles de Zion Williamson ou de R.J. Barrett mais le buzz est là et lui permet de se faire inviter aux tournois AAU, les compétitions d’été les plus en vogue du pays. Là encore, le déclic n’est pas instantané, surtout qu’il n’est pas forcément utilisé à son poste de prédilection. Mais comme le talent finit toujours par payer, il voyage aux quatre coins du pays et rencontre même Chris Paul dans sa baraque à Los Angeles en marge d’un tournoi où il est coaché par l’actuel meneur des Rockets. L’occasion, qui sait, d’apprendre à négocier un contrat empoisonné pour sa franchise une fois la trentaine passée. Jay est revenu sur cette expérience incomparable dans un bel entretien avec Gabriel Pantel-Jouve sur BeBasket.

« C’était complètement différent, c’était vraiment dur. En High School, parfois tu joues des joueurs qui ne sont pas très bons, à part si ce sont les meilleures équipes de l’Etat. Là ce sont les meilleurs joueurs de chaque état. En gros c’est une sélection. Les gabarits changent complètement, il n’y a que des gars de plus de 2 mètres. Du coup, le premier tournoi c’était compliqué, je n’étais vraiment pas dedans. J’ai dû revenir à l’école et travailler sur des choses qui n’ont pas été. »

De retour au lycée, le petit Hoard est plus mature et prêt à dominer chaque adversaire pour se rapprocher de son but. Ses trois années passées en Caroline du Nord lui valent déjà une excellente réputation aux States et un classement 5 étoiles sur 5 avant de rejoindre une fac. En avril dernier, il enchaîne le Jordan Brand Classic et le Nike Hoop Summit avec deux belles prestations qui lui valent de nombreuses courtisanes parmi les universités de NCAA.

« Il faut être sélectif. Quand les coachs te racontent que tu es le meilleur joueur au monde, que tu vas venir jouer dans leur école directement sans aucune concurrence… Ils te mentent. Il ne faut donc pas les écouter. Les écoles sérieuses, tu sais que tu vas devoir travailler pour mériter ton temps de jeu. La relation avec le coach, si vraiment il reste en contact avec toi, s’il te donne l’impression que tu es une priorité, le style de jeu, comment tu vas pouvoir t’intégrer avec l’équipe, le campus… Après il faut que mes parents soient d’accord, c’est un choix collectif. »

Après plusieurs visites sur les meilleurs campus du pays, c’est finalement sur Wake Forest que le choix de Jaylen s’est porté. La rencontre californienne avec Chris Paul n’y est peut-être pas pour rien dans cette décision, tout comme la proximité géographique avec son lycée qui se trouve à une trentaine de kilomètres seulement du gymnase des Demon Deacons. Mais loin d’être un choix par défaut influencé par quelques discussions avec le staff local, WF est un gage de sérieux depuis de nombreuses années et évolue en ACC qui est aussi réputée comme la conférence la plus relevée du circuit universitaire cainri. Et, cerise sur le gâteau, il a retrouvé un compatriote et un bon ami dans l’effectif de Danny Manning, à savoir Olivier Sarr qui joue déjà en NCAA depuis une saison et avec qui il avait fait équipe au Centre Fédéral en 2015. Les Black and Gold sont aussi réputés pour avoir sortis quelques joueurs all-time comme CP3 et Tim Duncan, en espérant que ce dernier puisse faire jouer ses relations pour ramener un nouveau Frenchie à San Antonio l’année prochaine même si c’est plutôt du côté des Lakers que Jaylen rêvait de soulever les foules quand il était plus jeune.

Los Angeles, San Antonio, Milwaukee ou Phoenix, le plus important sera bien sûr d’être appelé sur l’estrade du Barclays Center par Adam Silver dans quelques mois. Avec 16 points, 8,3 rebonds, 1,6 assist et 1 interception de moyenne pour son année de freshman, Jaylen Hoard continue de marquer des points et il part avec un gros avantage sur ses concurrents étrangers, lui qui baigne dans la culture US depuis la naissance et qui est quotidiennement observé par les scouts américains depuis presque trois ans déjà. De là à taper une place dans les lottery picks ? Pourquoi pas.

 

Sources texte : BeBasket, France 3 Languedoc-Roussillon, USA Today

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