Jeux Olympiques

France contre Espagne : chronologie d’une rivalité légendaire, les 7 moments les plus marquants

France

Pour comprendre toute l’animosité qui réside dans ces oppositions entre France et Espagne, il faut remonter à plusieurs moments marquants de ces dernières années.

Si le niveau d’animosité entre la France et l’Espagne a atteint un tel niveau aujourd’hui au basket, c’est pour une raison bien particulière. Ou plutôt sept, pour être honnêtes : zoom sur ces 7 moments qui ont façonné la rivalité la plus chaude (ou caliente) de la balle orange. 

Il y a ceux qui se souviennent de chaque date, et ceux qui n’en ont aucune idée. Ceux qui se souviennent même de l’endroit où ils étaient, et ceux qui n’y ont jamais assisté. Depuis 2011, après 8 défaites consécutives de la France contre son ennemi-juré, chaque rencontre entre le pays du camembert et celui de la paella est devenu un monument de notre sport, car la pression a toujours été plus grande, l’enjeu plus important, les éléments de tension plus puissants. Qui sait jusqu’où cela ira ? Personne ne le sait. Mais les limites du sportif ont déjà été dépassées, et plus d’une fois. Avant la rencontre de ce soir, il est donc important de revivre l’histoire pour se préparer… à l’écrire. France – Espagne, sortez vos kevlars, on ouvre les dossiers.

# 2011 – L’attentat impardonnable de Rudy Fernandez sur TP

Pour de nombreux fans, surtout les plus jeunes, tout commence cette année-là. Enfin au meilleur niveau, l’équipe de France se retrouve en finale et doit y affronter le voisin du Sud. On rappelle qu’à l’époque, Joakim Noah porte la tunique bleue et Guerschon Yabusele vient d’entrer au lycée. C’est pendant cette finale, perdue face à une équipe espagnole plus confiante et expérimentée, qu’une allumette tombera dans le mauvais caisson. Tony Parker passe ligne de fond, Rudy Fernandez le voit esseulé, pas le choix faut y aller : faute flagrante, direction le sol en l’agrippant par le cou. Sauf qu’on ne touche pas ainsi au meilleur basketteur français de l’histoire, lui qui reste sur le plancher pendant une bonne minute. Depuis, l’ailier est devenu l’ennemi numéro un de l’Hexagone, et cela s’est suivi par des embrouilles permanentes contre l’EDF. Un an plus tard, c’est Gelabale qui se frottait au bonhomme. Les rumeurs disent qu’à l’INSEP, le tableau des fléchettes aurait été remplacé par un poster de Nandez. Espagne 1, France 0.

# 2012 – Le pétage de plombs XXL de Nicolas Batum 

Nous sommes aux Jeux Olympiques de Londres, et à l’époque disons qu’on aimait déjà bien remporter tous nos matchs plutôt que de calculer notre position dans le tableau général. Un choix qui se paiera au second tour, avec une Espagne consciente du chemin des Américains et suffisamment futée pour perdre contre… le Brésil en poule. Résultat des courses, c’est un France – Espagne calculé que Vincent Collet et ses hommes perdront, déclenchant la fureur d’un très jeune Nico Batum. Plus chaud qu’une cafetière devant cette absence ‘d’esprit olympique’, l’ailier ponctue la défaite des Bleus par un crochet du droit dans les parties intimes de Juan Carlos Navarro. Une image aussi terrible que jubilatoire, pendant que Tony remet ses lunettes après avoir failli perdre la vue quelques semaines auparavant dans un accident. Les deux équipes se chauffent, mais la hiérarchie reste la même. Espagne 2, France 0.

# 2013 – Le discours inoubliable de Tony Parker dans le vestiaire

Trop de défaites consécutives, trop de barrières psychologiques, c’est en Slovénie qu’un des virages les plus importants de l’histoire du basket français aura lieu. La France rencontre l’Espagne en demi-finale de l’Euro, mais elle cafouille son basket comme souvent face au maillot rouge et jaune. Vingt points seulement à la mi-temps ? Une honte, qui mènera Tony à sortir le speech le plus motivant qu’on puisse imaginer (ici en complet). Derrière, c’est un conte de fées pour l’EDF, réalisant la deuxième mi-temps de sa vie et chassant enfin ses démons. On y est, ça y est, la France a enfin battu l’Espagne. Une victoire fabuleuse, qui mènera au titre européen derrière, et à l’inscription de ce speech dans toutes les grandes écoles de lettres modernes de l’Hexagone. Repris à toute les sauces depuis ce jour, on le ressort dès qu’on a un coup de barre. Le genre de speech qui te rend… speechless. Espagne 2, France 1.

# 2014 – Thomas « Donne-moi ton short » Heurtel rentre dans les mémoires

Le foot a eu droit à sa séquence royale signée Thierry Roland, affirmant qu’après avoir vu la France battre le Brésil au Stade de France, il pouvait mourir tranquille en 98. Le basket inscrira son commentaire au panthéon des grands moments de sports à la télévision, avec une inspiration divine offerte par David Cozette. Sans Tony Parker, en quart de finale d’un Mondial, qui se joue en Espagne, l’EDF réalise le scénario parfait en éliminant l’hôte de sa propre compétition. L’effort collectif est phénoménal, la Roja pourtant au complet a encore une chance de l’emporter, mais Thomas Heurtel deviendra une icône instantanée en rentrant un tir venu d’une autre planète. Filoche de huit mètres sur la tête de Pau Gasol, avec un public intégralement enterré sous une vague bleue, blanche et rouge. Le 10 septembre 2014 vers 23h, une secousse sismique a été détectée en France, voilà pourquoi. Espagne 2, France 2.

# 2014 – La naissance d’un monstre appelé Rudy Gobert

No pasarán, qu’on pouvait lire dans les rues de Madrid, comme pour annoncer aux mangeurs de grenouilles que cette fois le drapeau français ne flotterait pas. Sauf que ceux qui ne passèrent pas furent bien Espagnols, ce soir-là. Dans le même match que celui marqué par la bombe d’Heurtel, un autre phénomène surnaturel se produisit : l’arrivée d’un géant nommé Gobert. Discret jusque là et montrant quelques séquences intéressantes sous les arceaux, le bonhomme sortira le match de sa carrière et ne reviendra plus jamais en arrière. C’est simple, dans l’histoire de Rudy, il y a un avant 10 septembre 2014 et un après 10 septembre 2014. Sa performance hisse l’EDF jusqu’en demi, le Jazz prend note et transférera Enes Kanter trois mois plus tard. Depuis, on parle d’un des meilleurs protecteurs d’arceaux au monde, et d’un titulaire indiscutable. Espagne 2, France 3.

# 2015 – Le massacre de Pau Gasol à Villeneuve d’Ascq

Parce que la France prend un peu trop la confiance, et qu’il faut bien rééquilibrer le score, c’est sur le sol d’Edith Piaf que le plus grand cauchemar sportif du basket au 21ème siècle prendra place. Alors que l’EDF assiste à un bel engouement de son peuple pour la balle orange, qu’elle voit la finale lui tendre les bras avec en plus l’Espagne au menu des demi-finales, l’armée tricolore devra rendre les armes face à un Pau Gasol tout simplement héroïque. Frustré d’avoir dû s’incliner lui aussi à la maison un an auparavant, le bourreau ne fera qu’une bouchée du Gobert qui l’avait bousculé à Madrid, permettant à son pays de remporter l’Euro… chez l’ennemi. Depuis, le 17 septembre est devenu une date maudite, et Villeneuve d’Ascq a été rangée dans la case des villes fantômes. La désillusion de ce soir-là, plus personne ne l’oubliera. Espagne 3, France 3.

# 2016 – Un dernier rendez-vous au sommet pour deux légendes

C’est ce soir, évidemment. Car avec le simple discours de Tony il y a un an, sa dernière compétition en équipe de France et la possible dernière de Pau Gasol pour son pays, tout est rassemblé pour que le combat atteigne le niveau des confrontations récentes. Les deux meilleurs joueurs de l’histoire de leur nation, rassemblés sur leur parquet, avec la possibilité d’envoyer l’autre à la retraite ? Inutile d’en rajouter plus, même si on pourrait en ne mentionnant que les présences de Rudy Fernandez, Nico Batum, Juanca Navarro, Ricky Rubio, Thomas Heurtel, Rudy Gobert et tous ceux qui ont façonné la rivalité actuelle. On ne sait pas encore qui repartira vainqueur, mais on sait déjà une chose : le perdant sera tout simplement dévasté. Espagne (?), France (?).

Vous voilà désormais instruits, informés, à jour et enfin prêts pour ce match entre la France et l’Espagne. Sans Tony et Pau pour les années à venir, on en voit certains nous affirmer que l’animosité ne sera plus la même. On préfère les prévenir : c’est impossible. Car même en pétanque, aux échecs ou dans la queue d’un supermarché, un duel entre ces deux pays restera particulier. En espérant que le match de ce soir s’inscrive dans la lignée des précédents, avec une victoire des Bleus au bout.

Source image : Canal +

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0 Comments

  1. GPglovetrotter

    17 août 2016 à 11 h 47 min at 11 h 47 min

    Vamos a jubilar Pau Gasol !!!!!!!!!!!!!!!!!!
    FRANCIA FUERTE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    (on leur met 20pts et puis basta, quoi !;)

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