One-on-One

Monty Williams est en train de flinguer Anthony Davis : peut-on le virer des Pelicans aussi tôt ?

Loin de nous l’envie ni l’habitude de réaliser des jugements éclairs, en criant haut et fort que certains font n’importe quoi dans leur franchise alors qu’ils n’ont joué que deux rencontres. Le problème avec Monty Williams, c’est que cela remonte à bien plus longtemps que cela.

4 ans. Cela fait quatre longues années que les quelques fans des Pelicans doivent faire avec leur entraineur, un type vraiment sympa et chaleureux au premier abord mais très loin des standards demandés pour coacher efficacement une équipe en NBA. Pourtant, dès sa première saison en Louisiane, Monty faisait sourire grâce à sa petite bouille de voisin parfait et sa capacité à emmener les Hornets de l’époque en PlayOffs. Ou plutôt Chris Paul, qui comme avec un certain Vinny Del Negro, avait réussi à faire passer un entraineur pour une lumière grâce à ses qualités de leader. Dès que CP3 a quitté le Bayou pour la Californie, les fondations se sont écroulées comme par magie à New Orleans et c’est Williams qui a dû ramasser les déchets avec le sourire. D’abord 32% de victoires, puis une explosion avec 1% de progrès la saison suivante, et enfin 41% l’an passé. Orphelin de nombreux joueurs à cause de soucis de santé récurrents chez les Pelicans, Monty recevait un nouveau passe-droit au printemps et même une belle cargaison de nouveaux joueurs en été. On se dit alors que les choses vont véritablement changer à NOLA, et que l’envol de l’oiseau symbole de la région est imminent : l’entraineur va utiliser à fond la pépite qu’il possède en Anthony Davis. C’est sûr et certain.

Et bien non.

Non, malheureusement, le faible travail réalisé l’an passé avec le phénomène semble suivre la même trajectoire et les Pels jouent un basket toujours aussi affreux. Obligé de devoir regarder Eric Gordon et Tyreke Evans jouer à Chamboule-tout pendant 48 minutes, l’ailier-fort est une nouvelle fois cantonné au poste d’éboueur de luxe, un rôle qu’il arrive à maximiser à merveille puisque ses statistiques sont devenues des gifles visuelles quotidiennes. Comment ne pas avoir envie de pleurer quand vous voyez un joueur comme Davis réaliser des double-doubles monstrueux, alors que ce n’est que la troisième option offensive des Pelicans ? Certains nous l’ont justement fait remarquer : oui, Anthony force encore pas mal de ses tirs lorsqu’il reçoit la gonfle. Mais imaginez trente secondes que vous avez le corps et les capacités du bonhomme, et que vous touchez une balle toutes les 3 minutes pendant que chaque possession est drivée par des escrocs qui tirent à 30% en carrière. Il suffisait de voir cette séquence insupportable en fin de rencontre, Davis étant libre sur le couloir droit et prêt à terminer une action dont lui seul a le secret, pour traduire à la perfection le sentiment qui semble animer l’intérieur aujourd’hui : Tyreke Evans fonce comme un camion dans la raquette, et réalise un eurostep dégueulasse qui se termine en passage en force. Gentil mais frustré, AD crie en regardant par terre et retourne en défense avec ses imposants sourcils froncés. La définition-même de la frustration.

Ce type d’action, c’est malheureusement ce que doit vivre Anthony au quotidien. Et s’il pleure tous les soirs en rentrant chez lui, cela ne nous étonnerait pas le moins du monde. Après avoir fait du Olajuwon face au Magic, le garçon balance un ‘petit’ 31-15 sur Dallas en récupérant les miettes que lui laissent ses potes. Pourtant, quelque chose nous échappe : faut-il avoir fait des études supérieures pour comprendre que le numéro 23 de New Orleans est un vainqueur de la loterie basketballistico-génétique ? N’importe quel passionné construirait 80% de son attaque autour de lui, puisque des lancers, une passe décisive ou deux points sont les résultats systématiques de balles terminant dans ses mains. Trop rapide, trop technique, intelligent et patient, Davis est un joueur qu’on ne croise qu’une fois tous les 10 ans et c’est hélas ce que Monty Williams n’arrive pas à réaliser. L’entraineur continue à filer la gonfle aux arrières périmés qui composent son effectif, et la fin de match face aux Mavs se transforme du coup en vidéo-gag. Anthony dans le corner, prêt à aller se jeter corps et âme au rebond, Evans balle en main qui envoie un sous-marin nucléaire de 6 mètres. Après une première saison passée à nettoyer le sol qu’il avait conclu en claquant 20 points et 10 rebonds de moyenne, Davis progresse de son côté pendant l’été mais son coach se prend pour Stevie Wonder : c’est pour cette raison que je souhaite voir Monty prendre la porte, pas pour deux simples matches de début de saison. Son utilisation des joueurs à disposition et le gâchis qu’il est en train de faire concernant AD est aux limites de l’insupportable. Les statistiques individuelles sont peut-être belles, mais elles cachent subtilement le rôle que possède l’intérieur aujourd’hui dans son effectif. Celui de technicien de surface.

On en parlait justement pendant l’Apéro TrashTalk. Si les Pelicans veulent intégrer le Top 8 à l’Ouest et ainsi permettre à Anthony Davis de devenir concrètement le troisième meilleur joueur de la NBA, ce n’est pas avec Monty Williams que ce sera possible. Trop limité, trop inconscient, l’entraineur de New Orleans sera encore probablement aux manettes de la franchise à la fin de la saison, une grave erreur qui risque de coûter une nouvelle année à New Orleans et l’évolution d’un phénomène exceptionnel qui plus est. Plus triste, tu meurs.

Source image : NOLA.com

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