L’AT&T Center : rodéo en février, Playoffs au printemps, repeat

A chaque salle NBA son âme, ses anecdotes et ses bannières accrochées au plafond. Toutes les arènes sont uniques et leurs couloirs cachent bien souvent des secrets qui révèlent leur histoire et leur personnalité. Direction le Texas et plus particulièrement San Antonio, pour une visite guidée du AT&T Center qui accueille les Spurs depuis 2002.

La fiche

  • Nom actuel : AT&T Center
  • Ancien nom : SBC Center
  • Adresse : 1 AT&T Center Parkway
  • Ville : San Antonio, Texas
  • Date d’ouverture : 18 octobre 2002
  • Affluence maximum : 18 418 personnes
  • Propriétaire : Bexar County
  • Surnoms : The T, Fort Alamo
  • Prédécesseur : Alamodome

Histoire

L’AT&T Center se situe à l’est du centre-ville de San Antonio, juste au nord du Lincoln Park. Construit en 2000 par les architectes du cabinet Ellerbe, le coût total s’élève à 175 millions de dollars et son ouverture officielle fut le 18 octobre 2002. Outre les Spurs, l’autre locataire est le Rampage, franchise de hockey sur glace. Entre 2003 et 2017, la maison abritait également les Silver Stars, franchise de WNBA désormais localisée à Las Vegas sous le nom des Aces. Autrefois locataires de l’Alamadome, les Spurs se sont construits leur propre salle en raison de la quarantaine de matchs disputés toute l’année, empêchant d’établir un programme fixe puisqu’ils cohabitaient avec la franchise de football américain locale. Le bâtiment est alors financé par le Comté de Bexar à hauteur de 146,5 millions de dollars et le reste par les Spurs. Pendant quatre ans, il porta le nom de SBC Center mais en novembre 2005 la société fusionna avec AT&T, ce qui précipita le changement de nom.

Pour le premier match sur leur parquet flambant neuf, le 1er novembre 2002, les Éperons s’imposeront contre les Raptors sur le score de 91 à 72. Menés par un Vince Carter maladroit (18 points à 5/21 aux tirs), les Dinos n’ont pu faire grand-chose face à Tim Duncan et le jeune Tony Parker, auteur de 12 points. L’international français avait 20 piges, Vince en avait 26. Comme dirait l’autre, ça ne nous rajeunit pas. Dans cette salle (par ici la visite) la Spurs Nation a à disposition 18 418 places assises pour regarder les soldats de Pop. Lors de la saison 2019-20, le prix moyen pour assister à un match de San Antonio était de 49 dollars et si jamais vous vouliez admirer le jeu mi-distance de DeMar de plus près il fallait débourser près de 700 dollars pour une rencontre. Au niveau du parquet, le logo est au centre du terrain, le nom de la salle derrière l’arc de chaque côté du terrain et l’emblème de la franchise est présent à l’intérieur de la ligne à trois points, également de chaque côté. Des rénovations sont aussi à noter puisqu’en 2015, un nouveau tableau d’affichage et de nouveaux écrans ont fait leur apparition. De plus, un nouveau système de son et des bornes wifi se sont également installées, la technologie à son max.

Etant plus qu’une salle de basket, l’AT&T Center organise plus de 250 événements à l’année. Entre rodéos, hockey, basket et concert, la ville de San Antonio n’a pas le temps de se reposer et les Spurs sont chaque année délogés de leurs quartiers durant deux à trois semaines au mois de février pour permettre aux cow-boys de se réunir à l’occasion du San Antonio Stock Show & Rodeo. Durant sept ou huit matchs, ils sont alors sur la route à l’occasion de ce que l’on appelle le Rodeo Road Trip. Concernant le basket, l’enceinte a organisé le WNBA All-Star Game de 2011 sans oublier les NBA Finales à cinq reprises : 2003, 2005, 2007, 2013 et 2014. A propos des records établis c’est LaMarcus Aldridge qui détient la palme d’or avec 56 points inscrits lors de la réception du Thunder le 10 janvier 2019. Le légendaire Tim Duncan goba 27 rebonds contre les Hawks le 27 janvier 2010 alors que son coéquipier Tony P réalisa 18 passes décisives lors du Game 2 des Finales de Conférence contre les Grizzlies, le 21 mai 2013. Ce sont de bien beaux records que l’on a du mal à voir tomber pour le moment.

Meilleur souvenir au AT&T Center

Parmi les quatre titres remportés par la franchise de San Antonio dans cette arène, celui qui apporte le plus de satisfaction est sans aucun doute celui de 2014. Replaçons le contexte pour y voir plus clair. Un an auparavant, Tim et ses coéquipiers se font arracher un Game 7 par un Ray Allen clutchissime et ne s’en remettront pas, perdant ainsi les Finales NBA. En quête de vengeance et de titre, les hommes de Gregg Popovich affichent alors une énergie folle pendant la saison (merci aussi le load management, Pop en a vu passer des amendes) et finissent la campagne avec un bilan de 62 victoires pour 20 défaites. Le mode Playoffs est activé. Au menu du premier tour ? Les Mavericks. Vainqueur de la série en sept matchs, ce fut la plus belle affiche du round, game-winner de Vince Carter, 32 points de Tony P lors de l’ultime match… La série est vraiment bonne mais les Spurs se sont fait incroyablement peur. Deuxième tour contre Portland qui vient d’envoyer Houston faire dodo grâce à un énorme buzzer de Damian Lillard. Trop courts pour rivaliser avec les gars du Texas, l’Oregon s’inclinera 4-1. Place désormais aux Finales de Conférence face au duo de MVP Westbrook-Durant. Ces derniers tournent à plus de 25 points de moyenne chacun mais n’auront pu empêcher leur équipe de s’incliner en six matchs, pourtant ils n’étaient pas loin d’arracher un Game 7 car la rencontre se perd en overtime. Les Spurs sont à nouveau en Finales NBA et leurs adversaires sont les Tres Amigos. Tout le monde jubile, les fans veulent une revanche sur King James et ses potes. Étonnamment, le Heat ne va pas voir le jour sur cette série et va s’incliner 4-1, D-Wade choke sa série et Chris Bosh n’a pas réussi à combler le manque offensif de Flash. Kawhi Leonard sera élu MVP des Finales, mérité vu le travail défensif et offensif réalisé. Malgré une série décevante tant l’attente était élevée, la Spurs Nation aura eu ce qu’elle voulait : une revanche sur le King. Cette bague sera la dernière du trio le plus victorieux de l’histoire des Playoffs, la fin d’une ère. On vous laisse avec un mini-movie sur les Finals, 30 minutes de bonheur pour les amoureux des Spurs et du beau jeu.

Pire souvenir au AT&T Center

Même si l’histoire des Spurs écrite dans cette salle est incroyable, les Éperons ont également fait face à de terribles moments. Aujourd’hui, nous montons dans la DeLorean pour revenir lors des Playoffs 2004, en demi-finale de Conférences contre les Lakers. Nous sommes le 13 mai et le Game 5 se tient au AT&T Center, 2 victoires partout, balle au centre comme on dit. Dans un match ultra-défensif (74-73 score final), Kobe enfile un jumper pour mener au score, 72-71 alors qu’il reste 11 secondes. Les Spurs ratent une action et se retrouvent avec une remise en jeu à 5,4 secondes du buzzer. El Manu donne à Timmy, se place dos au Shaq à 6 mètres du cercle, se retourne, place une feinte puis dribble deux fois à gauche. Monsieur fondamentaux dégaine, toujours avec O’Neal dans son short mais ça ne suffit pas pour arrêter le meilleur poste 4 de l’histoire qui plante son tir. 73-72 pour la Spurs Nation alors qu’il ne reste que quatre dixièmes sur le chrono. Tout le monde est déjà en train de célébrer la victoire car oui, avec 0.4 seconde, que peut-il bien arriver ? Et bien demandez donc à ce cher Derek Fisher. Remise en jeu Gary Payton, D-Fish est le seul qui parvient à se démarquer et reçoit la patate chaude qu’il envoie directement vers le cercle. BANG ! Ça rentre et toute l’équipe rentre direct au vestiaire. Les Spurs sont désarmés, la climatisation du jour (du siècle ?) est signée Derek “Big Balls” Fisher. Les Lakers étaient menés 2-0 dans cette série et vont donc remporter quatre matchs d’affilée car après ce shoot incroyable, ils ne manqueront pas de finir la série à domicile afin de se qualifier pour les Finales de Conférence. Tim Duncan, Tony Parker, Manu Ginobili et Gregg Popovich peuvent assurément nourrir des regrets puisque les Purple and Gold s’inclineront en Finales contre les Pistons des Wallace Towers et Billups. Ce tir est clairement le numéro deux dans le top 10 du seum chez les Spurs, après celui de Ray Allen qui cause très fort dans la discussion.

Maillots retirés au plafond du AT&T Center

Palmarès au AT&T Center

  • Champions NBA (2003, 2005, 2007 et 2014)
  • Champions de Conférence (2003, 2005, 2007, 2013 et 2014)
  • Champions de Division (2002, 2003, 2005, 2006, 2009, 2011-2014, 2016 et 2017)
  • Meilleur bilan : 63-19 (2006)
  • Pire bilan : 47-35 (2018)

Et maintenant ?

En loupant les Playoffs lors de la saison 2019-20, l’équipe des Spurs mettrait fin à une série de 22 participations d’affilée aux phases finales. Le légendaire trio est à la retraite, Gregg Popovich ne devrait pas tarder et sans grosse signature, la franchise se dirige clairement vers la pente descendante. Dominant la Ligue depuis plus de vingt ans, le temps est fait et un processus de reconstruction semble inévitable pour relancer la machine. A voir ce que le front office nous réserve pour le futur des Spurs de San Antonio.

Avis aux fans, gardez vos tickets pour la saison prochaine. Même si cela fait mal au cœur de regarder le niveau de jeu proposé par les noirs et blancs votre amour pour le maillot devra se faire sentir, les joueurs en auront besoin et l’ambiance doit toujours être au rendez-vous, même dans la défaite. Allez courage, il faut bien laisser du succès aux autres après tout.

Source image : YouTube/San Antonio Spurs


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