Bucks

Il y a 13 ans, Brandon Jennings allumait les Warriors : 55 points à 7/8 du parking, l’apogée de sa carrière après seulement sept rencontres

Le 14 novembre 2009, un rookie des Bucks colle 55 points sur la truffe des Warriors. Ce minot, c’est Brandon Jennings qui a lâché la meilleure performance de sa carrière après seulement… sept matchs en NBA. C’est à la fois très cool, et à la fois pas cool du tout.

Entre Kareem Abdul-Jabbar et Giannis Antetokounmpo, Milwaukee a eu une vie. Peu folichonne certes, mais jonchée de talents éphémères qui ont fait vibrer le Wisconsin. On pense à Ray Allen, Sidney Moncrief, mais aussi à Brandon Jennings à chaque fois que le calendrier affiche « 14 novembre ». Ce jour-là, en 2009, le jeune rookie va tout péter. Les Bucks viennent de le drafter en 10e position de la Draft 2009, juste derrière DeMar DeRozan, Stephen Curry, James Harden, Ricky Rubio ou encore Blake Griffin, n°1 cette année-là.

La cuvée n’est pas une piquette et regorge de meneurs talentueux, dont le petit Brandon qui devance Jrue Holiday, Ty Lawson et Jeff Teague. Contrairement à tout ce beau monde, Jennings ne vient pas de NCAA mais d’Italie. À l’époque, il était le premier américain à opter pour un cursus international dans le but d’atteindre la Grande Ligue. Et la dolce vita l’avait plutôt bien préparé, après un bon début de saison – 20,7 points, 4,3 rebonds et 5,2 offrandes de moyenne en six matchs – le natif de Compton va profiter de la venue des Warriors pour balancer une performance majuscule en collant 55 pions sur la tronche de Stephen Curry. Main droite, main gauche, floater, catch-and-shoot, bombes lointaines, mid-range… Tout y est, Brandon Jennings balance et grave dans la roche la mixtape de sa vie.

55 points, 5 rebonds et 5 offrandes à 7/8 depuis la buvette et 21/34 au total, tout ça en trois quart-temps. Car il est toujours bon de rappeler que la soirée du petit Brandon ne s’annonçait vraiment pas idyllique. À la fin du premier quart-temps, le cervidé compte alors un zéro pointé, trois tirs manqués et cinq petites minutes sur le parquet. Mais Jennings va commencer à trouver son rythme au deuxième avec 10 unités avant de scorer 45 points après la pause, dont 29 dans le troisième, logique. Forcément, le festival permet aux Bucks de passer devant au score, 92 à 83, alors qu’ils étaient menés à la mi-temps. Dans les dernières minutes, il offre la victoire à Milwaukee, 129 à 125, dans une ambiance de folie propre à ces soirs où la magie opère. Brandon Jennings est touché par la grâce et pose une performance historique, à deux doigts d’effacer des tablettes le grand Wilt Chamberlain et ses 58 points, record NBA pour un rookie. Forcément questionné sur ce match tout au long de son parcours, le meneur a avoué, dans un podcast de HoopsHype avec Michael Scotto en septembre 2021, ne pas savoir ce qu’il s’était passé ce soir-là.

« Le match à 55 points est encore quelque chose que je ne peux pas expliquer. J’étais juste en feu et le ballon rentrait à chaque fois. Je n’ai marqué que 10 points en première mi-temps, et j’ai eu un terrible premier quart-temps. Je suis arrivé bouillant en seconde mi-temps. »

Un rookie qui balance plus de 50 pions pour son septième match NBA, on ne vous fait pas un dessin, les conclusions hâtives ont fusé de partout. Vu son talent offensif et son physique, le joueur de 20 piges était comparé à Allen Iverson, mais problème, sa défense ressemblait à celle de ton pote Jean-Paul le dimanche matin après une nuit au Macumba. Peu à l’aise défensivement, le bougre était un virtuose qui en a fait danser plus d’un balle en main. Le genre de joueur qui fait le spectacle et n’a pas sa langue dans sa poche. Les fans des Bucks se rappellent que c’est lui qui a intronisé le fameux chant, « Bucks in 6″, ayant bercé le dernier championnat glané par Giannis en 2021. Lors de la saison 2012-13, le duo Brandon Jennings – Monta Ellis emmène Milwaukee en Playoffs. Pas de bol, dès le premier tour, il faut se coltiner los tres amigos de Miami. Face à LeBron James, Dwayne Wade et Chris Bosh, les Bucks se retrouvent très vite menés 2-0, Brandon Jennings balance alors sa maxime « Bucks in 6, that’s for the culture ». Finalement, ce sera un coup de balais et un transfert à Detroit – contre un package comprenant Khris Middleton – pour le feu follet.

Loin du Wisconsin, Brandon Jennings reste le même, un talent offensif qui pose ses stats sans défendre. Lors de sa deuxième saison aux Pistons, Brandon Jennings va vivre un cauchemar alors que Detroit se déplace… à Milwaukee un soir de janvier. En voulant sauver une touche, le meneur se rompt le tendon d’Achille. Un coup d’arrêt dont Jennings ne se remettra jamais. Il tentera de se relancer en NBA, enchaînant des passages anodins du côté du Magic, des Knicks et des Wizards entre 2015 et 2017. Adepte des voyages, Brandon Jennings se tire alors en Chine avant de revenir en coup de vent chez les Bucks en 2018. La boucle est bouclée, Brandon Jennings dit adieu à sa carrière NBA, laissant derrière lui un immense goût d’inachevé. Le meneur n’a jamais réussi à concilier les performances individuelles et les victoires collectives.

Quand on voit ses qualités, on se dit que Brandon Jennings aurait pu faire mieux, c’est une certitude. Mais les Dieux du basket en ont décidé autrement. Aujourd’hui, il reste de lui son immense performance un soir de novembre 2009. 55 points pour un rookie, on ne se rend vraiment pas compte du foutoir.

Source texte : NBA History, HoopsHype, WTMJ-TV, Milwaukee Bucks. 

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