Les Français en NBA

Quand Evan Fournier était une jeune pépite du basket français : des cheveux, des highlights et surtout une détermination déjà bien aiguisée

Evan Fournier poitiers 25 octobre 2022

30 ans, l’âge pour arrêter de sucer son pouce.

Source image : Youtube

Evan Fournier s’apprête à souffler ses trente bougies. Trente berges déjà pour celui qui donne tout afin de faire rayonner le basket français. Forcément, quand on pense au dégarni de Charenton, on pense calvasse, Équipe de France et NBA. Mais pour cet anniversaire si particulier, on replonge dans les années hexagonales de notre Vavane national !

Le 29 octobre 1992, Evan Mehdi Fournier voit le jour dans un bled du Val-de-Marne. Trois décennies plus tard, le bougre sera l’un des maestros du basket français, au point que si vous êtes à New York, vous pouvez très bien entendre de la part d’un passant “J’aime la France, Paris, Baguette, Fournier”. Mais bien avant de poser ses valises chez l’Oncle Sam, Evan Fournier a aussi traumatisé quelques types sur les parquets de notre douce France.

Retour en l’an 2000, en septembre plus précisément où Evan signe sa première licence à l’âge de 7 ans, sans doute convaincu de jouer au basket lors de l’habituel forum des associations qui est sans conteste la plus vieille tradition nationale. Ses premiers paniers, Vavane va les tenter juste à côté de chez lui au Saint-Charles Charenton Saint-Maurice Basketball… pas évident de rentrer un blase pareil sur les maillots. Dès petit, le capitaine de l’Équipe de France se montre en avance sur ses coéquipiers et ses adversaires. En 2012, son entraîneur à Charenton déclarait au Parisien que “certains jeunes voulaient venir ici (à Charenton) pour jouer avec Evan”. Le minot Evan ne cesse d’impressionner et de grandir et il finit par quitter son club pour rejoindre l’INSEP en 2007 à l’âge de 15 ans. À ce moment-là, Evan Fournier ressemble déjà à Evan Fournier avec des cheveux en plus – désolé, mais on était obligé de le préciser – et ce spot publicitaire tourné avec Boris Diaw montre déjà la mentalité hors norme du gamin. Une rencontre marquante comme ils l’ont évoqué quelques années plus tard dans un épisode de Bros Stories.

Le clip vidéo est légendaire et les répliques le sont tout autant. Ce qui ressort, c’est surtout l’assurance du petit Fournier, c’est cette confiance et cette détermination qui pousseront le joueur des Knicks à quitter l’INSEP au bout de deux ans – alors que les cursus sont habituellement de trois saisons – pour tenter sa chance dans le monde professionnel. Son premier contrat est signé en 2009, l’arrière a alors 17 piges et il va défendre les couleurs de Nanterre en Pro B. Collectivement, Vavane et ses potes vont réaliser un bel exercice en terminant 6e avec 21 victoires pour 13 défaites. Nanterre atteindra même les demi-finales, mais finira par s’incliner face à Limoges en deux matchs. Un apprentissage plutôt réussi pour Evan Fournier qui est élu meilleur jeune du championnat en scorant 4,7 points par match en 12 minutes de jeu en moyenne. Mais la Ligue 2 et Vavane, c’est déjà terminé et le gus signe à Poitiers pour découvrir l’élite du basket tricolore. Sa progression se poursuit en sortie de banc en Pro A. Avec Poitiers, Fournier joue une quinzaine de minutes par match et score 6,4 points de moyenne. Le potentiel est bien présent et il n’échappe pas aux scouts ricains, à la fin de la saison Evan est sélectionné pour le fameux Hoop Summit qui se déroule à Portland en avril 2011. Quand on regarde les noms cochés sur la feuille de match, on se rend compte que la Team USA avait fière allure avec Bradley Beal et Anthony Davis, et ce sont eux qui raviront la victoire (90-82). Entouré de Bismack Biyombo, Dario Saric ou encore Davis Bertans, Evan Fournier termine 6 unités, 6 rebonds et 2 assists en 22 minutes. Pas ouf ouf, et forcément Evan est un peu déçu de sa perf mais ne perd pas espoir.

“C’était une grosse opportunité… mais ça arrive. Vous connaissez Andrea Bargnani ? Il a mis deux points dans ce match et a quand même terminé premier de la Draft (en 2006). Ce n’est pas ça qui va me décourager. Mais c’est clair que c’est frustrant, bien sûr.”

– Evan au micro de Stade 2 après la rencontre

Ce genre de réaction, c’est typiquement du Evan Fournier, un joueur qui ne se contente que du meilleur et rassurez-vous, il a toujours cette même mentalité à trente piges. On a d’ailleurs pu le voir cet été après la finale perdue de l’Euro… Mais aussi quelques semaines plus tard dans les médias américains qui lui ont demandé jusqu’à quand il honorera le maillot bleu de sa présence. Réponse de l’intéressé : “Jusqu’à ce qu’on vous batte bande d’enfoirés”. 

On referme la parenthèse, et on revient sur le parcours de Mister Fournier. Après ce Hoop Summit 2011 un peu fade, Vavane va bosser dur et revenir sur les terrains de Pro A pour tout casser. Sa deuxième saison est de très bonne facture avec 14 pions de moyenne en 26 minutes de jeu. C’est propre, c’est efficace et malgré des résultats poitevins médiocres (13e, 9 victoires pour 21 défaites), le jeune arrière progresse encore et remplit sa besace de distinctions personnelles : MVP du mois de mars 2012, meilleur jeune et meilleure progression de Pro A. Pour lui l’aventure tricolore s’arrête ici, après trois saisons et 90 matchs entre les deux échelons professionnels français.

Quelques semaines plus tard, la pépite française deviendra le 21e tricolore à être appelé le soir de la Draft. Pour le gosse de Saint-Maurice, c’est le début du rêve américain avec une 20e place qui l’envoie aux Nuggets. Evan est alors âgé de 19 ans, il porte le 94 et il peut encore aller chez le coiffeur.

Charenton, Paris, Nanterre, Poitiers, ça sent l’itinéraire pas jojo pour passer ses vacances, mais c’est surtout la trajectoire qui a fait d’Evan Fournier le joueur qu’il est aujourd’hui. Le dégarni nous régale depuis pas mal d’années en NBA et avec les Bleus, et on lui souhaite forcément que ça dure !

Source texte : Le Parisien, Bros Stories, USA Basketball, Stade 2, Fred Katz, LNB.

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