Warriors

Le training camp des Warriors en 2014 : le jour où tout a commencé …prémices d’une dynastie qui allait faire cauchemarder la NBA

Curry-Thompson-Green 17 octobre 2022

Un training camp bien géré et depuis, c’est 4 bagues aux doigts.

Source : Youtube

Dans l’amour et la haine, dans les fastes et la hate, les Warriors ont construit l’une des plus grandes dynasties du basket moderne. Une hégémonie qui prend ses racines à l’été 2014. Cette année-là, Steve Kerr va coacher pour la première fois les Dubs, le public californien ne le connaissait pas vraiment dans ce rôle …et le training camp qu’il va organiser va changer le cours de la NBA moderne.

D’après les dires, “Une dynastie est une collection de cadavres numérotés”. Cavaliers 2015, Cavaliers 2017, Cavaliers 2018 et Celtics 2022, la collection est plutôt belle pour les Warriors qui ont remporté quatre titres et joués six finales sur les huit dernières saisons NBA. Une dynastie portée par le trio Stephen Curry – Klay Thompson – Draymond Green et dirigée de main de maître par Steve Kerr. Pour réellement comprendre cette domination outrageuse, il est nécessaire de foutre les pieds dans une machine à remonter le temps, direction Oakland et la saison estivale 2014. Une période maudite pour tous les Brésiliens, sauf pour un, Leandro Barbosa, qui prend sans doute la meilleure décision de sa vie en signant chez les Warriors. À ce moment-là, l’équipe de la baie monte en puissance et reste sur deux apparitions consécutives en Playoffs sous la direction de Mark Jackson. Problème, la franchise n’arrive pas à passer le fameux cap qui ferrait d’elle un gros poisson. Mark Jackson prend la porte et Steve Kerr arrive en ville, l’ancien sniper des Bulls n’a aucune expérience et ça donne quelques sueurs froides à Bob Myers, comme il l’a raconté à Scott Ostler du San Francisco Chronicle :

“Je ne sais pas comment le décrire, mais je ne dormais pas bien. J’étais modérément optimiste, mais définitivement anxieux… Si nous avions bu une bière et que vous m’aviez dit : “Hey, si ça ne marche pas, vous risquez d’être viré”, j’aurais probablement reconnu que vous aviez raison.”

Pourtant, le GM de Golden State va faire confiance au staff de Steve Kerr qui arrive avec des idées et une nouvelle identité à insuffler. Le but est plus que simple, les joueurs doivent s’amuser et prendre du plaisir tout en restant professionnels. Mais Steve Kerr souhaite aussi créer un groupe solide où tout le monde est copain. Une ambiance de Bisounours et de départementale qui paraît alors utopique pour une équipe NBA qui compte Draymond Green dans ses rangs. Diners, bowling et jours de repos sont au programme de l’intersaison et une nouvelle mesure d’entraînement va parachever le collectif de la Dub Nation : la musique. DJ à ses heures perdues, Steve Kerr va faire cracher les sonos à l’entraînement pour rapprocher ses joueurs et offrir des scènes dont il se marre encore :

“Durant nos échauffements, Steph adorait tirer du milieu du terrain. Un jour, Bob (Myers) arrive à l’entraînement, il vient juste de m’embaucher comme coach, il y a de la musique à fond, et tous les joueurs tirent du trois quarts du terrain. Je suis sur que Bob a du penser : “Mais qu’est-ce que je viens de faire ? Pourquoi j’ai engagé ce type ?”

Ces parenthèses musicales vont permettre aux Warriors de découvrir la diversité de chacun et chaque joueur gérait la playlist tour à tour. De Bogut à Ezeli en passant par Leandro Barbosa, les styles variaient et on regrette juste la présence d’un Français qui aurait balancé du Francis Cabrel à tout va. Ambiance bonne enfant donc et surtout une méthode de travail qui va se baser sur les fondamentaux et les bases de la balle orange. En gros tous en ligne et faites des passes à vos copains, et Andrew Bogut se souvient que ça ne plaisait pas à tout le groupe :

“Pour la première semaine du training camp, on a fait les exercices les plus basiques. Ok les gars trouvez un partenaire. Passe de la poitrine. Ok, maintenant passe avec rebond. Faites une passe baseball. Ou lancez la balle dans un de ces filets avec un rebond. Draymond disait que c’était des conneries.”

Mais tout ce travail a été nécessaire pour permettre aux Warriors de développer un jeu basé sur les passes, les mouvements incessants et bien sûr les bombes lointaines. Une nouvelle façon d’attaquer qui va révolutionner la NBA et apporter un vent de fraîcheur qui se transformera en machine impitoyable. Tout n’était pas rose, et le nouveau coach des Warriors a dû connaître quelques insomnies durant ce virage plus que serré :

“Tout a l’air bien quand tu le dessines sur le papier, puis d’un coup tu essayes de l’exécuter et tu te demandes si tout va marcher. Je me souviens d’un entraînement, le troisième ou le quatrième jour, la première fois que nous avons réellement joué, et c’était le chaos total sur le terrain, j’ai quitté la salle totalement découragé.”

Toutes ces nouveautés ont mis du temps à se mettre en place, mais les Warriors comptaient dans leurs rangs des joueurs au QI basket assez développé avec Curry, Thompson, Bogut, Iguodala, Livingston, Green… Peu à peu, chacun a compris sa place et accepté son rôle sur le terrain comme en dehors, ce qui a permis à Steve Kerr de réussir son pari et d’en mettre plein la vue à tout le monde dès la première saison. Quatre titres et huit ans plus tard, ce training camp apparaît comme le tournant d’une histoire qui se fait aussi de détails et la blessure de David Lee juste avant le début de la saison en fait partie. Ce n’est pas son remplaçant Draymond Green qui vous dira le contraire.

Rome ne s’est pas faite en un jour mais les Warriors se sont faits en une intersaison. Un training camp particulier qui a lancé l’une des meilleures équipes de l’histoire vers les sommets.

Source texte : San Francisco Chronicle.

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



To Top