Equipe de France

La faute flagrante de Nicolas Batum sur Juan Carlos Navarro : aux JO de 2012, l’esprit olympique est passé par-dessus la 3ème corde

Quelques heures avant le début de la grande finale entre la France et l’Espagne, on a pensé bon de se remémorer quelques moments inoubliables de la rivalité franco-hispanique. Parmi eux, un instant unique, marqué dans toutes nos têtes, une parenthèse loin d’être glorieuse mais pour le moins jubilatoire aux yeux de certains. Oui, on parle bien du crochet droit de Nicolas Batum dans les maracas de Juan Carlos Navarro aux Jeux Olympiques 2012. 

Londres, 8 août 2012. Nous sommes en quart de finale des Jeux Olympiques. Face aux Bleus d’un Tony Parker aux grosses lunettes, la Roja des frères Gasol, Sergio Llull, Jose Calderon et compagnie. La rivalité France – Espagne n’est pas encore celle qu’on connaît aujourd’hui, mais elle se construit de compétition en compétition et nos Frenchies ne se souviennent que trop bien du RKO que Rudy Fernandez a asséné à TP l’été précédent, pendant la finale (perdue) de l’EuroBasket. L’un des moments marquants de cette rivalité intervient justement au cours de cette rencontre olympique. Nous sommes dans les dernières secondes du match, l’Espagne mène de six points et n’a plus qu’à finir la rencontre sur la ligne des lancers-francs pour valider son ticket vers les demi-finales. C’est alors que Nicolas Batum enfile son costume de Batman – certes pas le meilleur – pour envoyer son poing droit dans les bijoux de famille de l’arrière espagnol Juan Carlos Navarro, qui zigzaguait sur le parquet. Nico, pris d’un sentiment d’injustice et forcément touché par la frustration d’une défaite cruelle, réalise alors le rêve secret de nombreux fans qui supportent un tantinet le basket tricolore.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce pétage de plomb made in Nico : la défaite bien entendu, synonyme de fin d’aventure olympique. Le fait aussi que nos Bleus avaient le match en main jusqu’à la 35e minute avant de craquer. Le fait que ce soit encore l’Espagne, un an après l’EuroBasket, qui prend le rôle de bourreau des Français. Mais peut-être plus que tout, l’ailier des Blazers est frustré par l’attitude des Espagnols. Frustré pour leur tendance à en rajouter un max pour obtenir des coups de sifflet. Frustré par leur défaite bien arrangeante face au Brésil en phase de poule, qui a comme par hasard permis à la Roja d’éviter la grande Team USA avant le stade de la finale.

“Et faire exprès de perdre un match, c’est dans l’esprit olympique, ça ? […] Je voulais lui donner une bonne raison de flopper. […] C’est pour ça que c’est aussi frustrant. Quand j’ai vu leur match contre le Brésil, je me suis dit : d’accord, cette fois on va les taper.”

– Nico Batum sur son geste

Heureusement, Nicolas est un homme raisonnable, et il sait reconnaître lorsqu’il dépasse les bornes. Pour son image et sa conscience, et pour l’exemple, Batum fait son mea culpa sur les réseaux dans la foulée.

“Je m’en veux de l’image que j’ai montrée de moi-même, de notre jeu et de la France. Je me sens mal, parce que ce n’est pas moi. Je suis humain, j’ai juste perdu mon sang-froid. Je ne peux pas faire ça. On ne veut pas voir ça sur le terrain. Si la FIBA ou le Comité Olympique veut me suspendre ou me donner une amende, ça m’ira, je ne dirai rien.”

– Nico Batum sur le site de Blazers

Heureusement, un an après, les Bleus obtiendront vengeance puisqu’au terme d’un match de légende ponctué d’un discours mémorable du meilleur basketteur français de l’histoire, l’Équipe de France va écarter les Espagnols en demi-finale de l’EuroBasket 2013. Pour ensuite décrocher l’or.

Avant l’entame de la finale de l’EuroBasket 2022, toutes les images des années de batailles opposant les Bleus à la Roja surgissent dans nos têtes, les bons comme les mauvais moments. Classez celui-ci dans la colonne que vous voulez mais quoi qu’il arrive, cette action sera dans la tête des milliers de personnes qui auront les yeux rivés sur le match. Y compris les joueurs, tous prêts à prendre le trône européen face à leur meilleur ennemi.

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