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LeBron James dénonce la sanction de la NBA contre Robert Sarver : “Il n’y a pas de place dans cette ligue pour ce genre de comportement”

lebron james

Comme lors de l’affaire Donald Sterling en 2014, le King est monté au créneau.

Source image : YouTube The Shop

Au cœur de diverses accusations de racisme, sexisme et misogynie depuis les révélations d’ESPN il y a un peu moins d’un an, le propriétaire des Suns Robert Sarver a finalement écopé d’une suspension d’un an avec une amende de dix millions de dollars suite à l’enquête de la NBA. Une sanction que beaucoup jugent trop clémente, LeBron James en tête.

En 2014, lors de l’affaire Donald Sterling, LeBron était déjà monté au créneau pour dire “qu’il n’y avait pas de place en NBA” pour l’ancien propriétaire des Clippers, finalement banni à vie par le commissionnaire Adam Silver pour propos racistes. Huit ans plus tard, le King n’a pas changé de refrain par rapport à l’affaire Robert Sarver, la différence est que ce dernier a écopé d’une sanction bien moins sévère que Sterling à l’époque. “Comment Sarver peut-il garder le contrôle de sa franchise après les révélations troublantes de l’enquête ?” “Comment peut-il garder sa place dans la Grande Ligue ?” “Pourquoi n’est-il pas banni par la NBA comme a pu l’être Sterling en 2014 ?”. Voilà le genre de questions que beaucoup se posent, des employés des Suns aux journalistes couvrant la NBA en passant par les joueurs de la Ligue, dont un certain LeBron donc.

“J’ai lu à plusieurs reprises les histoires sur Sarver, je dois être honnête… Notre ligue s’est plantée sur ce coup-là. Je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi. Vous avez tous lu ces histoires et vous pouvez juger par vous-même. Je l’ai déjà dit auparavant et je vais le répéter, il n’y a pas de place dans notre ligue pour ce genre de comportement. J’aime la ligue et je respecte profondément notre leadership. Mais ceci n’est pas juste. Il n’y a pas de place pour la misogynie, le sexisme et le racisme dans le milieu du travail. Peu importe si vous êtes propriétaire de l’équipe ou si vous jouez pour cette équipe. La ligue sert d’exemple pour représenter nos valeurs et là, ça le fait pas.”

On sait à quel point la voix du King porte, on sait à quel point ses interventions peuvent peser. Et il ne fait aucun doute que les deux tweets de LeBron sont arrivés à l’oreille d’Adam Silver.

Autre voix qui résonne fort, en particulier dans ce dossier, c’est celle de Chris Paul. Le meneur star des Phoenix Suns évolue non seulement dans la franchise de Robert Sarver, mais on parle aussi de l’ancien président de l’association des joueurs (qui est en constante négociation avec la Ligue et donc les propriétaires des franchises). Comme LeBron, CP3 est allé sur Twitter pour exprimer son incompréhension suite à la sanction de la NBA.

 “Comme beaucoup d’autres, j’ai regardé le rapport. Je suis horrifié et déçu par ce que j’ai lu. Ce comportement, en particulier envers les femmes, est inacceptable et ne doit plus jamais se reproduire. Je suis d’avis que les sanctions prises sont insuffisantes pour remédier à ce genre de comportement qu’on peut tous considérer comme atroce. J’ai une grande pensée pour toutes les personnes qui ont été affectées.”

La conférence de presse (pas convaincante) d’Adam Silver

Adam Silver a eu l’occasion hier de se justifier lors d’une conférence de presse dédiée précisément à l’affaire Robert Sarver. Dans un premier temps, le commissionnaire a indiqué qu’il avait “accès à des informations que le public ne possède pas” pour des raisons de confidentialité, et que ça lui permettait d’avoir “une vision plus globale des circonstances entourant ces événements” qu’on ne retrouve pas forcément dans le rapport de l’enquête qui est aujourd’hui accessible à tout le monde en ligne. C’est spécifiquement cet élément qui – selon Tonton Adam – permet de différencier l’affaire Sarver de l’affaire Sterling en 2014, où un enregistrement audio incluant des propos racistes avait été dévoilé au grand jour.

“Dans l’affaire Donald Sterling, j’étais dans la même position que n’importe qui d’autre. On était tous face au même enregistrement audio. Cette affaire [Robert Sarver, ndlr.] est très différente. Et ce n’est pas parce que l’un a été enregistré et l’autre non. […] Ce qui permet de différencier les faits de l’affaire Sterling des faits de l’affaire Sarver, c’est le contexte. J’ai un plus grand accès au contexte que le public, car on a des enquêteurs qui peuvent expliquer ce qu’ils ont appris dans plus de 300 entretiens. Dans le cas de Donald Sterling, on pouvait tous apporter notre propre jugement. Pour vous expliquer pourquoi la sanction est différente entre l’affaire Sterling et l’affaire Sarver, dans le cas de Sterling on était devant un comportement raciste flagrant envers un certain groupe de personnes.”

Pas sûr que tout ça suffise à convaincre ceux qui estiment qu’il y a un deux poids – deux mesures entre les deux affaires, et que Sarver aurait mérité une sanction tout aussi sévère pour son comportement. Surtout quand on prend en compte la suite de la conférence de presse d’Adam Silver, où le commissionnaire a fait froncer les sourcils quand le journaliste Howard Beck (Sports Illustrated) lui a demandé pourquoi Robert Sarver peut aujourd’hui conserver son statut de propriétaire alors que n’importe quel employé “lambda” aurait très probablement été licencié pour un comportement similaire.

“Il y a certains droits qui accompagnent le fait d’être propriétaire d’une équipe NBA, par opposition à quelqu’un qui est employé. Une suspension d’un an et une amende de dix millions de dollars, je ne sais pas comment mesurer ça par rapport à un job. […] Je n’ai pas le pouvoir de lui enlever son statut de propriétaire, même si évidemment on pourrait entamer un processus pour le faire. C’est quelque chose de très compliqué, et au final j’ai estimé qu’on n’en était pas arrivé à un tel niveau. Mais pour moi, les conséquences sont sévères ici concernant Mr. Sarver.”

La toute première phrase a tellement fait réagir sur les réseaux sociaux que le porte-parole de la NBA Mike Bass a dû sortir un communiqué pour clarifier les propos de Tonton Adam, et assurer que les propriétaires de franchise étaient “absolument tenus au même standard de comportement que les joueurs et les employés”. Pas de doute, on a déjà connu le commissionnaire de la Ligue plus inspiré derrière les micros. Et ce ne sont pas ses propos concernant le fait que Robert Sarver aurait “évolué en tant que personne” (alors que certains incidents soulignés dans le rapport datent de 2019 et même 2021) depuis sa prise de fonction en 2004 et qu’il aurait “accepté la responsabilité de ses actions” qui ont arrangé les choses, bien au contraire. Face aux nombreuses questions et l’incompréhension globale entourant la sanction donnée au proprio des Suns, Tonton Adam a donc peiné à convaincre. Pire, il a donné l’impression de se ranger aux côtés des proprios milliardaires (qui, on le rappelle, ont élu Silver en tant que commish en 2014 à travers le Board of Governors) alors qu’on attendait de lui qu’il prenne les devants pour montrer le même type de leadership qu’il a pu démontrer par le passé, notamment dans l’affaire Donald Sterling.

“C’est la première fois que je vois Adam Silver être mal préparé, et je pense qu’il s’est raté. Cela ne donne pas une bonne image de la NBA, cette conférence de presse ne donne pas une bonne image de la NBA. […] Si vous êtes un joueur ou si vous travaillez chez les Suns, comment pouvez-vous venir au travail en sachant que ce gars-là – Robert Sarver – est le propriétaire de la franchise ?!”

– L’ancien joueur NBA et analyste Kendrick Perkins, via NBA Today

Retirer le statut de propriétaire à Robert Sarver ou le pousser à vendre sa franchise n’a visiblement jamais été dans les plans d’Adam Silver. Et c’est bien ça qu’on lui reproche aujourd’hui. Pour certains, cette conférence de presse représente tout simplement le plus mauvais moment de sa carrière en tant que commissionnaire de la Ligue. Tonton Adam a tenté de se justifier, il s’est plutôt enfoncé.  

Source texte : @KingJames, @CP3, ESPN, NBA

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