Playoffs NBA

Joel Embiid clarifie le rôle de James Harden : « Tout le monde s’attendait à voir le James Harden de Houston, mais il n’est plus celui-là »

Joel Embiid

Toujours moins piquante que celle sur Ben Simmons.

Source image : YouTube

Ce jeudi, en sortie d’élimination contre le Heat, Joel Embiid a dressé un premier constat sur le niveau de James Harden depuis son arrivée à Philly, en février dernier. Des mots à la fois durs et lucides, qui aident à comprendre la mise en retrait d’El Barbudo dans le jeu offensif des Sixers. C’est donc fini. Il ne prendra plus treize step-back en un quart-temps.

Sur les cinq dernières campagnes de Playoffs, les Sixers n’ont jamais passé les demi-finales de conférence. Un gros blocage, auquel le renfort de James Harden à la mène n’a absolument rien changé. Cette saison, le groupe de Doc Rivers s’est heurté à plus fort/constant/solide que soi, et s’est incliné 4-2 face au Heat. Une nouvelle désillusion, les mots sont difficiles à trouver. La profondeur d’effectif a joué – Miami ayant une rotation fixe de dix joueurs – mais certains titulaires sont eux aussi fautifs. Dans cet ultime match 6, James Harden a sorti une seconde mi-temps catastrophique à 0/2 au tir, sans aucun lancer-franc obtenu. Avec un Joel Embiid pété au visage et au pouce – toutefois sur le terrain – l’on s’attendait à ce que l’ancien des Rockets sorte le mode iso et prenne les choses à son compte. Un truc du genre 47 points à 17/39 au tir, au bon souvenir des stations-service texanes. Mais à 32 ans, James Harden n’en est plus capable. C’est d’ailleurs ce qu’a fait remarquer Joel Embiid en conférence d’après-match. Comme après toute débâcle, le leader d’un groupe passe devant les journalistes pour y évoquer ce qui, à son sens, n’a pas fonctionné. Un exercice qui nécessite une certaine agilité pour ne pas sortir le mot de trop. Est donc venue la question : « À quel point pensez-vous avoir encore plus besoin de James Harden ? ». Une aimable façon de demander : « Eh Joel, il a été nul le barbu hein ? T’es fâché ? ».

« Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr que l’on n’en ait plus besoin, nous avons eu ce que nous attendions de James Harden. Tout le monde s’attendait à voir le James Harden de Houston, mais il n’est plus celui-là. Il est davantage un playmaker maintenant. Globalement, je pense que nous pouvons tous être plus agressifs. » – Joel Embiid, en conférence d’après élimination

La phrase est saillante, mais juste. Elle n’a pas le même effet que la décla’ de la saison passée sur Ben Simmons. Il y a ici une véritable intention de protéger son lieutenant en évoquant ce nouveau style de playmaker. Si l’on analyse un tant soi peu le ton, la construction de la phrase et le sermon collectif, Joel Embiid est en réalité le premier avocat de James Harden. Pour ce qui est du factuel, sous le maillot pennsylvanien, les moyennes d’El Barbudo sont de 21 points à 40% au tir dont 33% à 3-points, 7.1 rebonds, 10.5 assists et 1.2 interception en 21 matchs. Le problème est ailleurs. Cette pensée peut être un peu cassante, mais James Harden est bon tant que la télévision est éteinte. Lui et Russell Westbrook – toute proportion gardée – traversent la même phase  : des statistiques très correctes – voire bonnes – mais une incapacité à faire fructifier le jeu de leurs partenaires. Et puis, il y a ces trous d’air. Le MVP de la saison 2017-18 crève aujourd’hui l’écran par séquences. Capable de lâcher un premier quart-temps à 15 points, il laissera ensuite sa place à un barbu qui lui ressemble mais qui a arrêté le basket en 2009. Trop irrégulier, il n’a plus les épaules pour incarner une tête d’affiche. Pour le plaisir de taper là où ça fait mal, on ferme ce papier avec les propos de Joel Embiid juste après le premier match de James Harden à Philly. Une petite enflammade.

« C’est probablement le match où j’ai été le plus ouvert de toute ma carrière. » – Joel Embiid, après le premier match de James Harden à Philly

C’est fini. Les Sixers sont une nouvelle fois éliminés en demi-finale de conférence, et James Harden – même dans un rôle de playmaker – n’a pas apporté les bienfaits escomptés. Cet été, le barbu va normalement accepter sa player option. Rien que pour ne pas revivre la tempête Ben Simmons, c’est cool que Joel Embiid ne l’ait pas trop chargé. Il est peut-être là finalement, le plus gros progrès.

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