Sixers

Débuts réussis pour James Harden avec les Sixers : 27 points, 8 rebonds et 12 passes, victoire à Minnesota, le barbu et Embiid ça marche très bien…!

C’était le match le plus attendu de toute la soirée NBA, avec tout le respect qu’on a pour la Battle of Los Angeles ou les duels entre Lance Stephenson et Théo Maledon. Pour ses premiers pas officiels avec les Sixers, James Harden a été impeccable. Un match dominé par Philadelphie (133-102), qui nous a permis d’apercevoir les prémices d’un duo succulent. Harden et Embiid, oui, sur le papier ça peut méchamment fonctionner.

Toute la planète basket voulait savoir ce que ça pouvait donner.

Tout le monde, même de très loin, voulait avoir un aperçu d’un jeu à deux, d’un tir rentré, ou de lancers provoqués par James Harden sous son nouveau maillot. Transféré au buzzer à la trade deadline, l’arrière n’avait pas encore participé à un match de son équipe et le All-Star Break servait de dernière rampe de lancement avant le grand saut. Le match entouré ? Minnesota, le vendredi 25 février, un match en déplacement histoire de chauffer les muscles et exécuter les premières visions de Doc Rivers et son staff. Visuellement, tout de suite, la concentration de Harden et celle d’Embiid, bien entourés par leurs coéquipiers dans le cinq de départ : Tobias Harris, Matisse Thybulle et Tyrese Maxey. Un quintet qui fait mal à la tête, avec beaucoup d’options envisageables et un ballon à faire bouger. En face ? Les Wolves, qui avaient beaucoup donné dans la bataille la veille au soir. Il n’est pas question de trouver des excuses pour Karl-Anthony Towns et ses potes qui se sont fait dominer par les Sixers sur ce match, mais disons qu’il est tout de même important de replacer le contexte car les hommes de Chris Finch ont vite agité le drapeau blanc. Et en même temps, côté Philly, on était pas venus pour trier les flocons.

Dès le premier quart-temps, l’agressivité naturelle de Joel Embiid prend place, avec des lancers provoqués à tour de bras. Les pauvres Wolves, avec Patrick Beverley et Jaden McDaniels en tête, prenaient faute sur faute et voyaient le pivot des Sixers installer ses affaires sur la ligne des lancers. Alors à la limite, ça, on pouvait s’y attendre vu que Joel prend personnellement sa matchup avec Towns, et Minnesota gère mal ses fautes cette saison. Ce qu’on voulait voir, c’était l’ajustement d’Harden et le jeu à deux sur demi-terrain. Ce qui a tout de suite frappé, c’est la bonne forme de James balle en main et son envie de rentrer dans le système de Doc Rivers, donc sans avoir à monopoliser la gonfle. Traînant la patte à la fin de son court passage à Brooklyn, Harden avait l’air en pleine santé et les inquiétudes sur ses cannes pouvaient être levées. Pareil dans ses positions en attaque, au-delà d’un premier panier rentré sur and one, c’est le déplacement du barbu vers le corner pour sanctionner en catch-and-shoot qui faisait plaisir à voir. Oui oui, vous avez bien lu : Harden en catch and shoot, ce qui est très loin de ce qui fût son jeu à Houston ces dernières années. Conséquence immédiate d’un duo qui semble déjà connaître ses spots ? Des coéquipiers qui profitent des espaces créés pour se faire plaisir. Ce sont donc Tyrese Maxey, Danny Green et Matisse Thybulle notamment qui se sont régalés à leur manière pour sanctionner les Wolves, qui pensaient bien faire en tentant de ralentir le monstre à deux têtes. Maxey, formidable des deux côtés du terrain, a confirmé son étiquette de joueur absolument indiscutable dans quelconque transfert imaginé il y a 15 jours. Le sophomore pourrait être le plus grand gagnant de ce trade, tant il peut vivre en électron-libre aux côtés des deux stars et donc laisser parler son jeu tout en vitesse. Les snipers de Philly, désormais orphelins de Seth Curry, devront apprendre à sanctionner dès le moindre mouvement de ballon car il y aura des passes à fructifier et cela s’est ressenti aussi bien dans le jeu que dans les déclarations d’après-match.

C’est probablement le match où j’ai été le plus ouvert de toute ma carrière.

Quand Embiid lâche ce genre de propos, tu sens que le patron est content, en plus de pouvoir glisser un petit tacle à distance à Ben Simmons. C’était d’ailleurs intéressant de voir le maintien de cette structure, avec Joel en leader et Harden en side-kick, dans un rôle dont il avait envie en allant à Brooklyn et qu’il pourra plus facilement avoir chez les Sixers. Dès ce premier match, on a eu la re-confirmation que cette équipe est bien celle d’Embiid, et que James allait apporter sa force dans d’autres aspects du jeu. Comme en fin de premier quart-temps ou de première mi-temps, en fonction des lineups mis en place par Doc Rivers : sans Embiid, Harden peut retourner sur une sorte de Houston Basketball où il a toute la liberté de créer à sa manière balle en main, et avec Embiid, il peut attirer des regards et des rotations défensives qui vont libérer d’immenses espaces pour les seconds couteaux de Philadelphie. Le match en lui-même ? On pourrait développer en détail le grand nombre de fautes et lancers provoqués, ou le gros run de fin de première période et début de deuxième, mais Minnesota n’a pas vraiment tenu sur la longueur et le principal ne se situe pas là. Le principal, il est dans cette première vraiment réussie par des Sixers qui semblent ravis d’intégrer James Harden dans leur groupe, et inversement. C’est sur les prochains matchs, sur la durée, qu’une analyse poussée pourra avoir lieu. C’est lors des premiers obstacles, et la réaction du duo, qu’on verra de quoi ce nouvel alliage est fait. Mais on a aussi connu des débuts chaotiques dans l’histoire de la NBA, des gros risques pris, des paris tentés qui n’ont rien donné d’entrée et ont confirmé un malaise sur la durée. Demandez aux Lakers ce qu’ils en pensent, pour ne citer qu’eux. Avec Harden à Philly, au moins, les bases sont saines sur cette première rencontre et on a en fait hâte que d’une chose : la suite. Ce sera au Madison Square Garden ce dimanche, avant de recevoir les Knicks mercredi soir devant un public de Philly qui sera incontrôlable.

Victoire des Sixers ? Oui. Avec un bon James Harden ? Oui. Avec un Joel Embiid dominant et content ? Oui. De quoi s’enflammer immédiatement ? Non. Mais des perspectives qui nous donnent envie d’en voir plus ? Carrément. Le coup de poker essayé par Daryl Morey a du sens, voyons s’il peut secouer l’intégralité de la Conférence Est lors des futurs Playoffs, en montant en température dans les prochaines rencontres.

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