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Boris Diaw parmi les joueurs qui ont inspiré Nikola Jokic : quand le Serbe dit ça en bermuda depuis une écurie, ça fait sens

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Source image : YouTube ESPN

Quelle est la plus belle récompense après avoir été élu MVP ? Que le MVP vous cite parmi ses sources d’inspiration. C’est en quelque sorte une petite victoire par procuration. Ce mercredi 11 mai, cinq ans après sa retraite, Boris Diaw a reçu un chaleureux big up de la part de Nikola Jokic, qui l’a mentionné aux côtés de Tim Duncan, Dirk Nowitzki et LaMarcus Aldridge. La connexion Spurs – Europe de l’Est est géniale.

« Nikola, je vais vérifier, mais je crois que c’est la première fois de son histoire que le trophée de MVP est remis dans une écurie en Serbie ». En une phrase, Ernie Johnson plante magnifiquement le décor. Cette interview est improbable. Assis sur une petite chaise en bois, devant son écurie à Sombor – une ville située dans la province autonome de Voïvodine – Nikola Jokic répond aux questions d’ESPN. Ce gars en bermuda/t-shirt blanc est le cinquième poste 5 de NBA à réussir le back-to-back MVP. Il y a eu Wilt Chamberlain, Bill Russell, Kareem Abdul-Jabbar, Moses Malone, et maintenant lui. Sur un ton ironique – joué avec beaucoup de sérieux – Jokic demande : « Ah bon, Shaq ne l’a pas fait ? ». Ça sent le coup dans le museau cette histoire. À presque 10 000 kilomètres, Ernie Johnson ne comprend visiblement pas le second degré du Serbe et soutient que non, Shaquille O’Neal n’a jamais réussi le back-to-back MVP. « Je plaisante. Quoi qu’il veuille faire, je plaisante. C’est un grand joueur. Je voulais juste faire une blague » répond Jokic, voyant que son chambrage est passé à la trappe. L’entretien – déjà légendaire – prend alors une toute autre tournure. L’image montre l’une des premières licences de Nikola Jokic, tout marmot, et Ernie Johnson lui demande : « À cet âge, où allais-tu chercher ton inspiration, quel joueur de l’époque essayais-tu d’imiter ? »

« A cet âge je ne pensais pas faire du basket. J’étais ici, à l’écurie. Je lavais les boxes et les chevaux. Donc à cet âge, je ne pensais pas du tout au basket-ball, je ne vais pas mentir. En fait, j’ai su jouer au basket quand j’avais treize ans ou quatorze ans. J’y ai été six mois et après mon père a convaincu l’entraîneur de me garder. » – Nikola Jokic, pour ESPN

Une première réponse bien intéressante, mais pas celle escomptée pour Ernie Johnson. Le présentateur n’en démord pas : « Et quand vous avez commencé à prendre le basket au sérieux, qui était votre modèle ? ».

« Quand je suis arrivé en NBA, Tim Duncan. Je pense qu’il est un grand joueur, quelqu’un auquel tu peux te référer, la personne que tu peux considérer comme une idole. Mais j’ai toujours cherché ce quelque chose chez les gars qui ne sont pas flashy. Comme Dirk, LaMarcus Aldridge, Boris Diaw. » – Nikola Jokic, pour ESPN

Un double MVP qui en place une pour Babac ? La fierté est immense. Né en 95, Nikola Jokic s’est donc inspiré du MIP de la saison 2005-06. Bon, le Serbe n’avait à cet époque que onze ans, il doit donc parler du Boris Diaw navigant entre les Charlotte Bobcats et les San Antonio Spurs. Le terme utilisé colle parfaitement à l’étiquette du poste 4 français : « not flashy ».  Dans un registre aussi discret qu’efficace, Babac est titré en 2014 aux côtés de Tony Parker, Manu Ginobili et Tim Duncan. Son héritage laissé en tant que role player, facilitateur de jeu et point d’appui pour dérouler les systèmes, est exceptionnel. Une flèche dorée dans le carquois des coachs ayant croisé sa personne. Mais il reste rarissime qu’un joueur actuel le cite parmi ses sources d’inspiration. Il y a ce côté européen que partage Nikola Jokic, mais surtout – et l’évoquer est inévitable – le lifestyle. Deux bons vivants qui jouent au basket-ball comme ils l’entendent, et pour lesquels la pression médiatique n’est pas secondaire, mais bien hors de leur champ des considérations. S’ils sont critiqués ? Silence radio, ça bosse dans l’ombre. Ils ont tout deux connu le succès – toute proportion gardée – et appliquent la même philosophie : au sommet sans jamais se mettre en avant.

« Quand je serai gros, vieux et grincheux, avec un peu de chance je m’en souviendrai et je pourrais raconter à mes enfants les jours où je jouais vraiment bien au basket-ball. » – Nikola Jokic, pour ESPN

On ne sait pas s’il pense à la politique pour sa reconversion d’après-carrière, mais Nikola Jokic vient de gagner 80% de légitimité auprès des Français qui soutenaient la candidature de Joel Embiid. C’est fort. 

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