Suns

Privilégier Deandre Ayton à Luka Doncic était un choix de Robert Sarver : tout ça pour rechigner à filer le max à Dede, téma la taille du rat

Ayton Doncic

Petite incohérence, là.

source image : TrashTalk

Quelle époque de fou malade. Dans ce papier, vous apprendrez que l’on peut diriger une franchise NBA comme on dirige un club sur Football Manager, quinze minutes avant d’aller commander une pizza pour la bourriner devant un Angers SCO – FC Sochaux Montbéliard en Coupe de France. La critique est un poco dure mais ce retournement de veste made in Robert Sarver fait mal à nos cartésiens esprits de manageurs. On s’assoit et on débrief.

Même quand cela fait quelques saisons qu’une institution est plutôt bien gérée, oscillant entre réussite sportive et choix de management lumineux, il arrive naturellement que certains de ses membres manquent le coche lorsqu’il s’agit de prendre la bonne décision. On se souvient de ce jeudi 21 juin 2018, soir de Draft pour les Trae Young, Marvin Bagley et autre Luka Doncic. Beaucoup d’interrogations dont la plupart questionnent les aptitudes du Slovène à évoluer au plus haut niveau physique, ce pourquoi les Suns lui ont d’ailleurs préféré la carte sécuritaire en dépensant leur first pick au profit du dominant Deandre Ayton. Sans battre le bronze tant qu’il est encore tiède, l’intérieur de l’Université d’Arizona représentait alors cette longue silhouette complètement idoine pour l’effectif de Phoenix, qui manquait cruellement d’un poste 5 sachant couper du bois. Mais aujourd’hui, trois saisons après cette soirée on ne peut plus controversée, Robert Sarver serait réticent à l’idée de prolonger Deandre Ayton à hauteur de ses demandes salariales. Tout comme ses camarades de la classe 2018 – Shai Gilgeous-Alexander, Trae Young, Luka Doncic et Michael Porter Jr. – il est éligible à ce fameux contrat de 172,5 millions de dollars sur 5 ans, sans mentionner les bonus de performances qui peuvent faire grimper le montant jusqu’à 207 plaques. L’hésitation du prez’ est donc très étonnante, encore plus lorsque l’on s’appuie sur les récents propos de Tim MacMahon – journaleux pour ESPN – dans le podcast de Brian Windhorst en compagnie du Hoop Collective.

« Plusieurs personnes qui faisaient partie de l’organisation Phoenix m’ont dit que c’était une décision totale de Robert Sarver (choisir Deandre Ayton, ndlr). Ce n’était certainement pas Igor Kokoskov (l’entraîneur des Suns à cette époque, ndlr). Il voulait évidemment qu’ils obtiennent Luka et mettent une grosse offre sur la table pour Clint Capela. » – Tim MacMahon, rédacteur pour ESPN

On récapitule. Le monsieur a fait suer toute l’institution histoire de privilégier Deandre Ayton à Luka Doncic, puis refuse de le prolonger au maximum quelques années plus tard ? On rappelle que l’intérieur fait largement le taf espéré avec trois saisons consécutives en double-double de moyenne et une parfaite alchimie avec le reste de l’équipe, qui – au passage – a reach les Finales NBA l’an dernier. Dans l’optique où il n’a jamais changé d’avis, Robert Sarver aurait donc dépensé un first pick juste pour dégoter un lieutenant – presque un role player – sans jamais envisager d’en faire une pièce centrale de son roster, tant sportivement que financièrement ? Tout cela sans calculer la disponibilité de Luka Doncic, et d’un éventuel trade pour rameuter Clint Capela ? Ce n’est en tout cas pas Igor Kokoskov – l’entraîneur des Suns à cette époque – qui a décidé de laisser passer Luka Doncic, un incroyable talent qu’il avait coaché avec la Slovénie championne d’Europe en 2017. Les bruits de couloir disent qu’il ne s’est d’ailleurs jamais remis du choix de Robert Sarver, celui de privilégier Deandre Ayton au petit grassouillet de Ljubljana. Aujourd’hui assistant de Jason Kidd à Dallas, il a profité de son passage à Fenerbahçe pendant la saison 2020-21 pour révéler que cette drôle de Draft fut la seule raison de son départ.

« Là, je suis en train de discuter avec vous à Atasehir en Turquie. Si les Suns avaient drafté Luka Doncic, je ne serais pas assis à côté de vous aujourd’hui. » – Igor Kokoskov, en 2020

C’est qu’il a un peu fait n’importe quoi, l’ami Robert. Qu’il sélectionne Deandre Ayton avant Luka Doncic, cela est largement compréhensible tant l’intérieur n’en demeure pas moins un crack. Mais rares sont les pivots capables d’exister aussi proprement à notre ère, ce pourquoi Mister Sarver ne devrait pas hésiter une seule seconde avant de poser le flouze sur le bureau de son jeunot.

5 Commentaires

5 Comments

  1. Blouson Noir

    13 octobre 2021 à 3 h 38 min at 3 h 38 min

    Une équipe qui « reach » les finales, sérieux ? On a un mot qui veut dire exactement ça en français.

    • LeVerbe

      13 octobre 2021 à 9 h 55 min at 9 h 55 min

      Hello Blouson Noir, sur TT, si tu veux une certaine qualité il faut lire les articles de fond souvent écrits par Bastien et Alexandre. Malheureusement les video Youtube prennent du temps et les empêchent d’écrire. Sinon l’ensemble des articles, c’est deux tweets pris sur les médias avec un contexte autours. J’ai cliqué pour le titre et me suis fait avoir. je suis même étonné que « Jason Kidd » soit écrit tel quel et pas « Jason L’Enfant ». Il y a du progrès.

      • Giovanni Marriette

        14 octobre 2021 à 4 h 54 min at 4 h 54 min

        Salut toi ! A en lire tes nombreux commentaires depuis très longtemps j’en déduis que tu es un lecteur très fidèle bien que très critique, et je remarque même que tu es en capacité de comprendre ce qui empêche les uns et les autres d’écrire, ce qui fait de toi un savant, peut-être même un génie. Ravi d’avoir ton avis aussi souvent en tout cas, sur ce je retourne regarder le match de Jrue Vacances face à Jordan Klaxon.

        • LeVerbe

          14 octobre 2021 à 19 h 17 min at 19 h 17 min

          Salut Giovanni, tu viens à la rescousse de ton protégé ? oui très fidèle même si je suis assez critique. Je pense tout simplement ne pas être la cible, que je situerais au niveau collège, et être trop vieux pour le contenu. Savant non, génie encore moins et non je ne sais pas ce qui empêche les autres d’écrire ou pas (d’ailleurs je ne sais pas ce que ça vient faire).
          Facile de critiquer pour ma part, alors je vais poursuivre sur plusieurs notes positives:
          1) les articles sur la masse salariale, équipe par équipe (30 preview en 30 jours) c’est très intéressant, dommage que le tableau ait changé de format (je préférais l’ancien) même si ça n’enlève rien au fond,
          2) le/ les livres sont très intéressants (j’en ai lu deux: le jaune dont j’ai oublié le titre, désolé, et « le plus grand livre de Basket »);
          3) les vidéos, c’est ce qui m’a fait connaître TT, je suis abonné YT, j’adore le contenu et le recommande.
          Je critique car c’est frustrant de savoir que vous êtes capable d’aller au fond des choses mais on a l’impression que vous privilégiez la quantité à la qualité. J’imagine que c’est le business d’un média en ligne qui l’exige. bref merci pour ta réponse, j’avais l’impression d’écrire dans le vent mais apparemment c’était lu. j’espère que le match était bien.

          • Giovanni Marriette

            15 octobre 2021 à 9 h 38 min at 9 h 38 min

            Ah, voilà un commentaire qui fait avancer le schmilblick pour le coup. Déjà, sache qu’en effet si on ne répond pas tout le temps on lit bel et bien tous les (tes) messages, notamment au moment du reveal du Top 100 all-time de la rédaction haha. Pour les articles salaires les tableaux sur basketballinsiders ne sont plus disponibles, à notre grand regret, mais on essaie quand même de traiter ça du mieux possible. Merci pour les bouquins ! Clairement le contenu est forcément différent, merci pour la force et je suis ravi que ça te plaise. En ce qui concerne le contenu je ne suis pas (tout à fait) d’accord parce qu’on fait justement en sorte de ravir tout le lectorat, des plus jeunes aux plus anciens, dans les thèmes abordés autant que dans la façon de les traiter ! Pour la petite pique j’ai juste pas trop apprécier que tu limite les « papiers de fond » à Alex et Bastien, tout simplement parce que dans le flot de la quantité on essaie de toujours garder la même qualité d’écriture et de traitement de l’info. Evidemment que certains papiers seront plus courts et parfaits pour être des repaires à punchlines qui font rire certains, mais très souvent d’autres papiers sortent et ils sont plus travaillés, relèvent de l’analyse etc, simplement on essaie de balayer un maximum de styles et de sujets, qui collent aussi à nos manières différentes d’écrire. Merci en tout cas pour ton long message !

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



To Top