Pelicans

Zion Williamson a-t-il la tête loin de New Orleans ? Quelques tensions en coulisses, on fait le point sur la situation

Zion Williamson énervé

Quand Tomas Satoransky te parle de ses irritations sur les cuisses à cause de la sueur.

Source : YouTube / hoopsferro

D’un calme plat, trop plat, a découlé une petite prise de conscience : quelles perspectives d’avenir pour Zion Williamson en Louisiane ? Un questionnement qui ne sort pas de notre chapeau, mais plutôt né des récentes tensions entre le jeune buffle et les costards des Pelicans. Alors on prend toutes les infos, on se fait couler un café, on s’assoit, on analyse, puis on débrief.

Si l’on ne se fie qu’aux images, l’idylle entre Zion Williamson et sa franchise coule de source. Beaucoup d’émotion au moment de sa draft, une saison rookie fumée par une blessure mais tout de même une vingtaine de chouettes prestations, puis un exercice sophomore sur le thème de la sauvagerie avec une progression notable et les rênes de l’équipe désormais dans ses immenses mimines. Même si le collectif peine à se faire respecter dans le graillon de la Conférence Ouest, les débuts de la petite brute en NBA sont plus au moins ceux que l’on attendait. Il avait quelque chose en plus sur les parquets NCAA, il l’a toujours sous les spots de la Grande Ligue, mais si les surfeurs veulent de réelles vagues c’est en coulisses qu’ils doivent se rendre. Car cela fait maintenant une semaine que Christian Clark – plume du The Times-Picayune, un journal local – a balancé l’info comme quoi Zion Williamson et les Pelicans… seraient de moins en moins sur la même longueur d’onde. Ainsi, le numéro 1 de la Draft 2019 aurait – par exemple – toujours en travers de la gorge la manière avec laquelle fut gérée sa convalescence sur le round 2019-20, théoriquement prévue entre six et huit semaines mais qui l’a finalement écarté des parquets pendant trois mois. On vous avait dit hein, qu’il y avait mieux qu’une tisane et un bisou magique d’Alvin Gentry pour soigner un genou. Le visage de Zion s’habille donc d’un sourire de façade lorsqu’il croise le personnel médical, et sa bouche crie à la désapprobation vis-à-vis du coaching staff qui, à son retour de blessure, ne lui filait pas quarante-douze minutes par match. Presque deux ans après, ce soi-disant excès de prudence ne passerait donc toujours pas. On se souvient d’Alvin Gentry justement, qui avait accepté d’être surnommé « le coach le plus stupide du monde », plaçant la vision sur le long terme au-dessus de l’excitation de l’instant. Comme si un axe de désaccord ne suffisait point, le départ de J.J. Redick aurait également « irrité«  le Z, dont certains des membres de sa famille lui conseilleraient même désormais de quitter la Louisiane. La teuf bat son plein dis-donc.

« J’adore être ici. J’aime la ville de New Orleans. Je ne veux être nulle part ailleurs. […] C’est que de l’amour entre moi et Griff’ (David Griffin, ndlr). Nous sommes tous les deux des compétiteurs, nous voulons tous les deux gagner. Sommes-nous en désaccord sur certaines choses ? Oui. Mais personne n’est d’accord sur tout. » – Zion Williamson

Quand il sent que les rumeurs commencent à dégrader l’intérieur de la franchise, Zion sort le beau phrasé et enfile le costume de communicant : dire que la ville est géniale, avouer qu’il y a quelques embrouilles puis ponctuer en les banalisant. Le schéma est top mais n’est pas sans rappeler le cas… Anthony Davis, qui, même s’il louangeait constamment la ville de New Orleans, ne prenait tout simplement plus de plaisir à se rendre au boulot, et c’est aujourd’hui LA situation à éviter pour les Pelicans. L’actualité autour de Zion Williamson a en tout cas confirmé deux choses. D’abord qu’il est toujours fragile, puisqu’après sa blessure au doigt en fin de saison dernière il va désormais se faire opérer du pied qu’il s’est fracturé pendant l’intersaison. Un non-dit sûrement resté secret pour ne pas faire monter la sauce façon « oh il est toujours blessé, quel bust » puis, ensuite, lesdites tensions montrent que le Golden Boy a du caractère et qu’il sera prêt à tout pour faire respecter son désir de jouer. Mais cette envie n’est pas perverse, on a simplement l’impression d’un gamin qui boude lorsque le jeu lui est retiré. Les Pelicans vont donc devoir faire preuve d’une grande habileté en concédant beaucoup à leur franchise player, tout en s’assurant qu’il coure le moins de risques possible. C’est difficile et il y aura forcément des fins de rencontres pourtant anecdotiques, lors desquelles Zion voudra jouer, alors entraînons-nous à serrer les dents pour ces quelques soirées, en espérant un stress écrasé sous la valse aérienne des contacts entre le jeune buffle et ses victimes. Puisse son corps tenir, et si possible en Louisiane.

Il est dans la place, il lui manque certes un pied, mais Zion a le smile. Si comme pour chaque gros feuilleton NBA tout peut s’arrêter du jour au lendemain, on aime penser que la bête intérieure puisse rester à New Orleans une bonne partie de sa carrière. Son contrat l’emmène en tout cas jusqu’à l’été 2023, laissant deux saisons à la franchise pour se faire à sa philosophie : « du recrutement et des minutes, mon corps c’est moi qui le gère ».

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