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Dallas Mavericks, le bilan 2020-21 : Luka Doncic a encore étincelé… mais il va vite falloir l’entourer

Luka Doncic 7 mai 2021

Après trois saisons à s’amuser Luka Doncic et les Mavs doivent désormais passer la seconde, mais les bases sont solides, tant qu’elles sont slovènes.

Source image : NBA League Pass

Difficile de dire si l’élimination des Mavericks 2021 au premier tour des Playoffs est une déception, mais une chose est sûre cette fin de saison aura marqué la fin d’une ère à Dallas. La fin de l’ère Rick Carlisle, et le début de celle du tout Luka, qui devra très vite être entouré comme il se doit pour faire honneur à son talent et faire, surtout, des Mavs de vrais candidats au titre dans les prochaines saisons. Parce que kiffer des grands 43/17/12 toute l’année c’est bien, mais remplir son CV c’est encore mieux.

CE QUE TRASHTALK AVAIT ANNONCÉ

Une Free Agency assez calme, avec le départ dommageable de Seth Curry mais le pari Josh Richardson pour amener un peu plus de défense sur le backcourt, puis les arrivées de James Johnson et Wes Iwundu qui vont également dans le sens d’un désir de muscler le jeu au Texas. Michael Kidd-Gilchrist qui part envoyer de la brique loin de Dallas, la légende J.J. Barea qui quitte le navire quelques mois avant son coach, une Draft timide… bref un automne pas folichon mais, selon nous, la capacité à progresser un chouïa pour se mêler à la lutte à l’Ouest. Une cinquième place semble alors dans les clous, entre 40 et 43 wins potentiellement, en fonction évidemment de l’état de santé de Kristaps Porzingis, opéré du genou en octobre.

 

CE QU’IL S’EST VRAIMENT PASSÉ

Des débuts laborieux, avec une défaite inaugurale à Phoenix et une autre le soir de Noël à Los Angeles. Luka Doncic a semble-t-il passé son mois de novembre au rayon boucherie, Kristaps Porzingis n’est toujours pas en short, bref pas grand chose ne va à Dallas. Après un réveillon on l’imagine arrosé chez les Doncic, le réveil est néanmoins validé début janvier. 33 points, 16 rebonds et 11 passes pour Luka à Houston, un énorme duel remporté deux jours plus tard face à Nikola Jokic, Tim Hardaway Jr. et Trey Burke qui plantent 65 pions contre le Magic, Porzingis de retour et une nouvelle mixtape de Luka Magic à Charlotte et ça fait quatre wins de suite, saison lancée, yeah. Après l’Epiphanie Doncic dépasse un certain Michael Jordan au nombre de triples-doubles en carrière, ça c’est pour les potins, la Licorne lettonne fait du sale avec notamment un 27/13 à 12/15 au tir dans l’Indiana, le lendemain un jeune blond slovène salit les Spurs comme à son habitude depuis deux ans et, oh, les Mavs sont au complet pour la première fois depuis… 425 jours, stat vérifiée et complètement folle. Malgré cette bonne nouvelle les Mavs replongent dans leurs travers de porc et perdent six matchs de suite avant de gagner – enfin – un match de basket le 3 février à Atlanta, avant une succession de soirées assez incroyables au pays des cow-boys et des alcoolos (ref à la série « Dallas », calmez-vous). 40 pions de Kelly Oubre et blow-out de Golden State mais la revanche deux jours plus tard grâce à un énorme Doncic et un maxi game winner de Maxi Kleber, malgré… 57 pions de Steph Curry. Quelques jours plus tard Luka et Zion Williamson se livrent un duel 3.0, Dallas vient de gagner quatre matchs de suite mais au classement ça stagne à la onzième place et c’est cheum.

Bonne nouvelle ça va beaucoup mieux début mars, avec six victoires en sept matchs autour du All-Star Game. Luka Doncic craque un game winner contre Boston, J.J. Redick débarque à la deadline mais n’apportera pas grand chose à part la qualité de ses podcasts, et le highlight du mois d’avril n’est autre qu’un… game winner de Luka Doncic, tiens tiens, à Memphis et en total déséquilibre. Deux victoires face aux Lakers et une grosse win plus tard, début mai, face aux Wizards grâce à 20 caviars de qui vous savez, les Mavs enchainent avec le scalp des Nets et valident ainsi leur… cinquième place, comme prévu comme dirait l’autre, mais Kristaps Porzingis est de nouveau à l’infirmerie et on appelle ça un beau sens du timing. Portland et les Lakers partagent un bilan de 42-30 avec Dallas mais au jeu des tie-breakers ce sont bien les Texans qui glissent au seed 5 et vers une confrontation en Playoffs avec les Clippers, again, pour une belle revanche du premier tour de 2020. Staps est revenu de chez le Doc, les Mavs prennent deux wins à l’extérieur pour commencer, Luka Doncic est intenable mais Paul George et surtout Kawhi Leonard font leur loi et s’en sortent finalement au Game 7 pour la seule victoire… à domicile de la série, malgré 46 points, 7 rebonds et 14 passes du futur maire de Dallas et président de la Slovénie. Une issue décevante mais finalement… logique, on remballe et on passe à la suite.

L’IMAGE DE LA SAISON

Rick Carlisle

Neuf saisons à Dallas, plus de 1000 matchs sur le banc et, bien sûr, ce titre entré dans la légende en 2011. Les Mavs au XXIème siècle c’est Dirk Nowitzki mais c’est aussi Rick Carlisle, et la franchise texane va donc prendre dès la saison prochaine une autre direction avec l’arrivée de Jason Kidd, ancien de la maison et espèce de Luka Doncic de 50 piges, alors que le sosie chauve de Jim Carrey est parti relancer les Pacers vers les sommets et que son assistant Jamahl Mosley a pour sa part connu une belle promotion puisqu’il sera la saison prochaine le boss du banc d’Orlando . Inutile de dire que le retour de Rick à Dallas ne se fera pas sans émotion, en attendant de voir à quel point J-Kidd sera capable de faire step-up le projet texan. Une page se ferme, une autre s’ouvre, la vie quoi.

IL A ASSURE ET CA PROMET : LUKA DONCIC

27,7 points, 8 rebonds et 8,7 passes par match cette saison pour Luka Doncic, en soit des moyennes moins impressionnantes que lors de sa saison sophomore mais… les chiffres ne font pas tout. Dans le dur – ou plutôt dans le mou – en début de saison, étant apparu avec les bienfaits apparents de son amour pour la bonne bouffe plus que pour les séances de crossfit, Luka Doncic a ensuite actionné le bouton on et plus personne ou presque n’a réussi à se mettre en travers de son chemin. Une orgie statistique et visuelle à peine masquée par quelques soirées sans et par le bilan mitigé des Mavs jusqu’au milieu de saison, et, – surtout – des Playoffs absolument incroyables lors desquels il ne pouvait tout simplement pas tout faire tout seul. 31/10/11 et 39/7/7 pour mettre KO les Clippers au Staples Center, un 44/9/9 inutile au Game 3, un 42/8/14 pour permettre aux Mavs de mener 3-2 et enfin ce 46/7/14 du bout du monde pour mourir les armes à la main face à un immense Kawhi Leonard au Game 7, dizaine de jours so Doncic et qui représente probablement ce qui va nous tomber sur la tête durant les douze ou quinze prochaines années. Un festival que le garçonnet poursuit actuellement à Tokyo, la bise aux Argentins, et la promesse pour les Mavs de lendemains qui chantent si le nouveau coaching staff réussit à entourer la pépite à la hauteur de son talent. Le pire dans tout ça ? C’est qu’à 22 ans Luka semble au devant d’un tas d’axes de progression. Son mental, capable de lui faire rentrer des tirs de l’espace (S/O Memphis) mais également de le sortir des matchs et de lui faire prendre de la faute technique à foison, son hygiène de vie, qui fait de lui le sosie de Babe à chaque retour de week-end en famille, ou encore sa défense, clairement ciblée chaque soir par les adversaires des Mavericks. Bref le futur s’annonce incroyable à Luka Land, et si vous n’avez pas encore pris vos billets magnez-vous car il n’en reste déjà plus beaucoup.

ON L’ATTENDAIT ET ON L’ATTEND ENCORE : KRISTAPS PORZINGIS

Cet énergumène touchera plus de 100 millions de dollars jusqu’en 2024, et cette phrase suffit à refiler des boutons à la fanbase des Mavs mais également à leur front office. Non pas qu’il soit foncièrement mauvais hein, quoiqu’on peut aussi en parler, mais aussi et surtout car le grand dadais de 2m20 a une fâcheuse tendance depuis… toujours à squatter d’un peu trop près l’infirmerie. Cette saison ? 43 matchs joués seulement, 20 points de moyenne, sa plus faible moyenne en attaque depuis trois saisons, quelques bribes d’espoir évidemment, on parle quand même d’un mec de 12 mètres de haut qui court comme un lapin et qui snipe comme un meneur, mais beaucoup moins de défense alors qu’il avait l’an passé montré de belles choses et globalement un problème qui persiste, celui d’un mec sur qui l’on ne peut pas vraiment compter. Pas sûr que les Mavs n’aient une grande envie de grandir avec Porzingis dans les pattes, la Free Agency arrive à grand pas et nous donnera d’ailleurs quelques indices, voire des preuves du plan de Jason Kidd, et à 25 ans l’ancien idole du Madison (pas longtemps) semble à la croisée des chemins, en tout cas dans le Texas. Car au 27 juillet, la seule certitude, c’est que le freak Kristaps Porzingis n’a pas fait passer le cap souhaité aux Mavericks. Et ça c’est un fait.

LA SUITE

Donnie Neslon et Rick Carlisle sont partis, et c’est donc la fin d’une ère incroyable à Dallas, la plus belle de l’histoire de la franchise. Les Mavericks ont la chance de compter en leurs rangs l’un des plus beaux joyaux du basket mondial si ce n’est le plus beau, et Jason Kidd aura mine de rien une pression folle pour faire de Luka et ses boys de vrais candidats au titre. Tim Hardaway Jr. a assuré mais est free agent, le projet Josh Richardson est mort-né et Dallas possède aujourd’hui dans ses rangs une palanquée de joueurs solides mais surtout potentiellement… transférables afin d’offrir à Doncic une autre superstar ou de vrais lieutenants. On parle de Jalen Brunson, de Maxi Kleber ou de Dwight Powell, et globalement d’une obligation de changement pour redevenir compétitif. On a connu pire comme projet, souriez, Luka est là.

Du kif pendant six mois, une équipe joueuse mais ne nous mentons pas, du kif surtout offert par un jeune blondin mal dégrossi et qui joue au basket comme toi tu tapes un Uno entre potes. Après trois saisons à s’amuser Luka Doncic et les Mavericks doivent désormais passer la seconde, mais les bases sont solides, tant qu’elles sont slovènes.

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