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Les Warriors ont enfilé le costume du petit poucet sympa : tiens, les choses ont bien changé depuis 2019

Stephen Curry récap

Comme quoi, tout va très vite en NBA.

Source image : NBA League Pass

En pleine bourre en fin de saison régulière sous l’impulsion d’un Stephen Curry en état de grâce, les Warriors ont réussi à arracher le huitième spot de l’Ouest pour s’offrir un gros match de play-in face aux champions en titre, les Lakers. Un match qu’ils aborderont dans le costume de l’outsider sympathique, loin du statut de grand favori qui a longtemps suivi les Dubs ces dernières années.

« Pendant cinq ou six ans, nous étions l’équipe que tout le monde pourchassait. Désormais, nous sommes à nouveau les chasseurs. Et ça, c’est toujours fun. » Draymond Green est sans doute celui qui a le mieux résumé la chose. Il y a deux ans jour pour jour, les Warriors étaient sur le point de sweeper les Portland Trail Blazers pour décrocher un nouveau ticket en direction des Finales NBA, avec comme objectif de rentrer dans la catégorie des rares équipes à remporter trois titres de champion consécutifs. De 2015 à 2019, les Dubs ont dominé la Conférence Ouest et plus généralement la NBA avec cinq Finales disputées à la suite pour trois bagouzes. Stephen Curry, Klay Thompson, Draymond Green et Cie avaient pris le pouvoir avant de voir Kevin Durant débarquer en provenance d’Oklahoma City pour former peut-être la machine la plus redoutable all-time. Les Warriors étaient un peu dans leur monde, largement au-dessus de la concurrence le plus souvent. En novembre 2018, le coach Steve Kerr avait même déclaré que son équipe de Golden State était dans « un rêve éveillé » pendant quatre ans et demi, un rêve bien loin des réalités habituelles de la NBA. Ce costume de grand favori, de top team, de monstre quasiment impossible à abattre a depuis été remplacé par un autre costume, celui d’outsider. Depuis les Finales NBA 2019, il s’est évidemment passé beaucoup de choses : le départ de Kevin Durant et d’autres éléments importants de la dynastie Warriors (Andre Iguodala, Shaun Livingston…), les blessures (Klay Thompson évidemment), un changement de salle… autant d’éléments qui ont modifié la trajectoire des Warriors, revenus brutalement sur terre (derniers de la NBA en 2019-20 avec 15 victoires pour 50 défaites) dans un premier temps avant de repartir vers l’avant cette année (bilan de 39-33, huitième à l’Ouest). Et aujourd’hui, 19 mai 2021, ces Warriors-là font un peu figure de petit poucet sympa qui n’a pas grand-chose à perdre en postseason.

Quelque part, c’est assez marrant de voir à quel point la perception à l’égard d’une équipe peut changer en deux années seulement. Quand vous gagnez, quand vous dominez, encore et encore, le nombre de fans augmente à vitesse grand V mais celui des détracteurs monte peut-être encore plus vite. Les Warriors n’ont pas échappé à ce phénomène car non seulement ils étaient inarrêtables voire insolents sur les parquets mais en plus, ils possédaient l’audace de se positionner sur le marché des transferts pour se renforcer jusqu’à devenir Team USA bis suite aux arrivées de Kevin Durant et DeMarcus Cousins. Lors de la saison 2018-19, les Dubs étaient presque fatigués par leur succès, mais c’est aussi une grande partie de la NBA et ses fans qui étaient fatigués, et qui voulaient les voir tomber. On se rappelle encore de ces nombreuses réactions assez glauques sur Twitter quand les Dubs ont fini par craquer sous l’effet notamment des blessures lors des Finales 2019 contre les Raptors.

Ils n’étaient pas nombreux à supporter les Warriors lors des Finales NBA 2019… (Source : BetOnline)

Aujourd’hui, c’est comme s’il y avait un nouveau sentiment d’appréciation envers ces Warriors. Un génie du basket aux commandes d’une équipe limitée, des role players moyens qui donnent tout ce qu’ils ont, une belle solidarité malgré un talent qui manque autour de Stephen Curry, une équipe qui doit souvent s’arracher pour gagner… tout ça, ça peut provoquer une certaine affection chez un fan. Pourtant, les principaux visages de la dynastie sont encore là : Stephen Curry, Draymond Green, Steve Kerr ou encore Klay Thompson, même s’il est blessé. Et on parle toujours des Golden State Warriors. Sauf que la grande différence, c’est que d’une manière générale, on aime les surprises, on aime voir les petits remettre la supériorité des grands en question, on aime les belles histoires. Et le play-in tournament – de par son format – favorise exactement cela.

Ce mercredi, les Warriors vont arriver au Staples Center de Los Angeles avec la ferme intention de titiller le champion en titre dans un match de qualification pour les Playoffs, match qui promet d’être épique. Le vainqueur prendra la septième place de la Conférence Ouest tandis que le perdant devra passer par un autre match de play-in, à élimination directe cette fois-ci, pour espérer décrocher son ticket. La magie du play-in, c’est que sur un match, tout est possible, même quand on n’est pas favori. C’est d’ailleurs ce qui fait le succès de compétitions comme la March Madness ou même la Coupe de France de foot. C’est pourquoi on aime autant les septièmes matchs d’une série de Playoffs. Pour l’incertitude, pour le suspense, pour le côté sans lendemain. Théoriquement, ce soir, les Lakers et les Warriors ne risquent pas une élimination car ils posséderont chacun une seconde chance pour se qualifier en Playoffs en cas de défaite, mais l’atmosphère sera similaire. Et le monde de la NBA a hâte de voir si Stephen Curry est capable de battre les champions en titre à lui tout seul ou presque. On veut voir si cette équipe de Golden State – parfois complètement à la rue cette saison – peut continuer sur sa belle dynamique jusqu’à mettre en difficulté le grand LeBron James et ses Lakers. Un peu comme les Warriors « We Believe » de 2007, qui avaient réussi l’incroyable exploit de sortir des Mavericks à 67 victoires au premier tour des Playoffs.

En l’espace de deux ans, les Warriors sont passés de machine de guerre que tout le monde veut battre à équipe moyenne mais excitante qu’on a bien envie de soutenir. Comme quoi, dans le monde de la NBA, tout va toujours très vite.

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