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Les Brooklyn Nets 2021, ou le retour du concept de « superteam » : que ça plaise ou non, ils vont faire causer

Un Big Three, avec à côté LaMarcus Aldridge, Blake Griffin, DeAndre Jordan et quelques autres encore.

Source image : NBA League Pass

C’était l’une des grosses nouvelles du week-end. LaMarcus Aldridge, agent libre après son buyout avec les Spurs, a décidé de s’engager avec les Nets, ajoutant ainsi un grand nom supplémentaire à un effectif Triple XL. Une signature qui a bien évidemment fait réagir, entérinant le grand retour du concept de « superteam » dans le paysage NBA.

Kevin Durant, James Harden, Kyrie Irving, Blake Griffin, DeAndre Jordan, LaMarcus Aldridge. Six noms, 41 apparitions au All-Star Game, 31 nominations dans l’une des trois All-NBA Teams de la saison. On pourrait aller encore plus loin dans la description en mentionnant les titres de MVP de KD et Harden par exemple, mais on va s’arrêter là car la liste des accomplissements individuels et autres récompenses est plutôt longue. Sur le papier, les Nets présentent sans doute le roster le plus impressionnant de la NBA, et probablement l’un des plus impressionnants all-time. On a là une véritable superteam, un concept qui a véritablement gagné sa place dans le vocabulaire NBA à partir des années 2010 avec notamment la création du Big Three de Miami composé de LeBron James, Dwyane Wade et Chris Bosh, qui a lui-même répondu à la formation du trio des Celtics Paul Pierce – Kevin Garnett – Ray Allen en 2007. Dans une ère où gagner un titre est devenu la priorité absolue sous peine de se faire détruire sur les réseaux sociaux, le mot « superteam » a ensuite été utilisé pour qualifier d’autres équipes comme les Lakers de 2012 (Steve Nash, Kobe Bryant, Pau Gasol, Dwight Howard…), puis évidemment les Cavaliers (LeBron James, Kyrie Irving, Kevin Love et toute la clique) et les Warriors, ces derniers poussant le cheat code toujours plus loin (Stephen Curry, Klay Thompson, Draymond Green, Kevin Durant, DeMarcus Cousins). On peut même ajouter le Thunder 2017 à la liste, avec son trio Russell Westbrook – Paul George – Carmelo Anthony. Chacune de ces équipes s’est construite différemment, elles ont connu différents degrés de succès, du gros fail des Lakers et du Thunder à l’accumulation de bagouzes par le Heat et les Warriors. Mais à chaque fois qu’une armada se forme en NBA, les attentes sont évidemment immenses et les mêmes discours ressortent. Il suffit de regarder les commentaires suite à l’arrivée de LaMarcus Aldridge aux Nets pour se faire une idée : « C’est quoi cette équipe 2K », « À quoi sert le salary cap ? », « Le rassemblement de stars c’est nul pour la NBA », « S’ils gagnent ils n’auront aucun mérite »… bref, on connaît la chanson et sans vouloir rentrer dans des débats stériles, les Nets vont beaucoup faire parler. Et surtout, ils auront une véritable cible dans le dos. Bien évidemment, il y a aussi une partie des fans qui sont excités à l’idée de voir cette équipe évoluer ensemble, mais ils sont beaucoup moins bruyants que ceux qui veulent la voir tomber.

Ça, c’est le quotidien des franchises qui se présentent tous les soirs avec une équipe cheatée sur le parquet. Ces Nets version 2020-21 viennent véritablement de relancer le concept de « superteam » après la mini-trêve ayant suivi l’explosion de la dynastie Warriors en 2019. On s’en rappelle, il y a deux ans, après la défaite des Dubs contre les Raptors en Finales NBA, la Grande Ligue a vu naître plusieurs duos de All-Stars répartis aux quatre coins des States : LeBron James – Anthony Davis ainsi que Kawhi Leonard – Paul George à Los Angeles, Kevin Durant – Kyrie Irving à Brooklyn, Russell Westbrook – James Harden à Houston… et là on ne cite que les duos qui ont vu le jour à ce moment-là, pas ceux qui existaient déjà au sein de la NBA (Joel Embiid et Ben Simmons, Giannis Antetokounmpo et Khris Middleton, les Splash Brothers, Damian Lillard et C.J. McCollum…). L’été 2019 a été complètement fou mais d’une certaine manière, il y a eu un rééquilibre et une redistribution des cartes après la dictature imposée par Golden State, ce qui a donné une saison 2019-20 très ouverte et assez imprévisible, encore plus avec l’arrivée du COVID derrière. Aujourd’hui, Brooklyn fait figure d’épouvantail et si des équipes comme Philadelphie et Milwaukee représentent également des poids lourds de l’Est, on n’en connaît pas beaucoup qui sont prêts à parier contre les Nets dans leur conférence. La puissance offensive de cette équipe de Brooklyn est quasiment illimitée avec Kevin Durant, James Harden et Kyrie Irving, et le potentiel de cette dernière sous l’impulsion de son Big Three attire forcément des vétérans à la recherche d’un titre. Cela ne date pas d’hier, on peut remonter quasiment deux décennies en arrière pour avoir des exemples qui vont dans le même sens. Vous vous rappelez quand Gary Payton et Karl Malone ont rejoint Shaquille O’Neal et Kobe Bryant en 2003 afin de décrocher une bague ? La situation était différente dans le sens où The Glove et The Mailman restaient chacun sur une saison à plus de 20 points de moyenne à Milwaukee et Utah. Dans le cas de Blake Griffin et LaMarcus Aldridge, on parle de deux joueurs récupérés sur le marché du buyout et clairement sur le déclin. Mais la finalité reste la même. Dans le jargon, on appelle cela des ring chasers.

Quand on parle de superteam, il faut tout de même ne pas oublier de prendre en compte avant tout le niveau actuel d’un joueur et pas uniquement son blaze. Parce que bon, Griffin et Aldridge, c’est bien beau sur le papier, mais si les Pistons et les Spurs ont accepté de les lâcher via un buyout, c’est pour une raison hein. Leur prime est clairement derrière eux et même s’ils vont pouvoir apporter certaines petites choses ainsi que leur expérience aux Nets, leur arrivée ne booste pas tout d’un coup les chances de titre de Brooklyn, d’autant plus qu’ils ne répondent pas forcément aux points faibles qui caractérisent encore l’équipe, notamment sur le plan défensif. Des jeunes joueurs de l’ombre comme Bruce Brown ou Nicolas Claxton, pour ne citer qu’eux, pourraient jouer un rôle bien plus précieux et pourtant personne n’en parle au moment de décrire la superteam new-yorkaise. Tout ça pour dire qu’il faut vraiment relativiser ces signatures et prendre les joueurs pour ce qu’ils sont à l’instant T. Et en se disant ça, on peut se poser une question qu’on aurait pu mettre sur la table d’entrée : c’est quoi au final une vraie superteam ? Quels sont les critères pour rentrer dans cette catégorie ? Est-ce qu’il faut obligatoirement avoir trois, quatre, ou cinq grands noms dans l’effectif ? Est-ce que les stars doivent être dans leur prime ? Est-ce qu’il ne faudrait pas qualifier les grands collectifs de superteam, peu importe le nombre de stars qui les composent ? Au final, chacun est libre de donner sa propre définition. Mais quand on parle des Nets version 2020-21, impossible de ne pas les mettre dans le lot, peu importe votre vision des choses. Trois superstars toujours au top de leur game, des role players qui font du bon boulot, des grands noms sur le déclin qui débarquent pour chercher un titre, et une équipe qui est aujourd’hui deuxième de la Conférence Est avec un bilan de 31 victoires pour 15 défaites. Toutes les cases sont cochées, maintenant il y a une bague à aller chercher.

Passés de jeune équipe sympathique en 2019 à monstre à abattre en 2021, les Nets ont complètement changé de dimension depuis l’arrivée de Kevin Durant et Kyrie Irving, puis celle de James Harden en janvier dernier. La nouvelle superteam de la NBA, c’est Brooklyn. À l’équipe new-yorkaise de confirmer cela en soulevant le trophée Larry O’Brien l’été prochain.

2 Commentaires

2 Comments

  1. Phil

    29 mars 2021 à 21 h 48 min at 21 h 48 min

    Super article, merci beaucoup!!

  2. Adrien Negrao

    30 mars 2021 à 21 h 00 min at 21 h 00 min

    Bien si avec tout ça ils ne sont pas champions NBA… Il y aura des questions à ce posés, néanmoins ça reste quand même scandaleux… Mais ce n’est que mon avis.

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