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Les Nets, entre ambition et défis : 3 pièges à contourner afin d’éviter de faire une Clippers en 2021

Pas mal de points communs entre les Nets de 2021 et les Clippers de l’an passé. Le résultat peut-il être différent ?

Source image : NBA League Pass

Parmi les équipes qui seront particulièrement attendues cette saison, les Nets sont probablement tout en haut de la liste. Kevin Durant va faire son grand retour sur les parquets, Kyrie Irving a également quitté l’infirmerie, et Steve Nash observera tout ce beau monde depuis son banc. Mais malgré la grosse dose de talent présent dans l’effectif et les grandes ambitions de la franchise, de nombreux obstacles se dresseront sur leur route. Des obstacles similaires à ceux rencontrés par les Clippers l’an dernier, et on sait tous comment ça s’est terminé pour les Californiens. Alors voici les trois grands pièges à éviter pour Brooklyn en 2020-21.

Attention au choc des cultures

Comme les Clippers, les Nets ont réussi à construire une culture de franchise qui a permis d’accueillir deux grands noms lors de la Free Agency 2019. Avant l’arrivée de Kawhi Leonard et Paul George à Los Angeles, et celle de Kevin Durant et Kyrie Irving à Brooklyn, on avait deux équipes qui étaient représentées par un joli collectif et un style de jeu affirmé. Chez les Nets, on avait le basket de Kenny Atkinson, un basket offensif séduisant avec la balle qui bouge et un partage équitable des munitions offensives. Aujourd’hui, le coach qui a favorisé la renaissance de Brooklyn et qui a développé certains éléments toujours présents dans l’effectif n’est plus là. L’aventure s’est terminée en mars dernier, quelques mois seulement après le recrutement de KD et Kyrie. Ces derniers sont désormais entraînés par l’ancien MVP Steve Nash, successeur de l’intérimaire Jacque Vaughn et ancien consultant aux Warriors, chez qui il a construit une relation solide avec Durant. Le changement de cap est indéniable et symbolise l’évolution du statut des Nets, passés d’une franchise sympathique à franchise voulant jouer le titre.

Quand on jette un œil à l’effectif de Brooklyn aujourd’hui, on voit clairement quels joueurs font partie de l’ancienne culture et lesquels forment véritablement la nouvelle. Caris LeVert, Joe Harris, Spencer Dinwiddie, Jarrett Allen, tous ces gars-là ont participé à la progression des Nets sous Atkinson en jouant des rôles importants. Kyrie Irving, Kevin Durant, DeAndre Jordan sont eux arrivés en bombe il y a un an avec de sacrés CV et des personnalités bien à eux. L’ensemble de ces joueurs forment véritablement l’équipe de Brooklyn cette saison, mais on a vu aux Clippers qu’une fracture peut s’opérer quand l’ancienne culture est un peu laissée de côté au profit des recrues XXL et de leurs privilèges. Si le vestiaire new-yorkais ne regorge pas de têtes brûlées comme Pat Beverley à Los Angeles, on se dit par exemple que le cas Jarrett Allen peut devenir un peu sensible. Jeune pivot formé par Kenny Atkinson, il est en concurrence avec Jordan, grand copain de KD et Kyrie. Dédé a été placé titulaire après le départ d’Atkinson et a démarré lors du premier match de pré-saison. Pas besoin d’être un génie pour comprendre que l’ancien Clipper est surtout là parce qu’il a les bonnes relations. Pas sûr que ça plaise à tout le monde, mais on sait que le pouvoir appartient aux stars en NBA.

Tout ça pour dire que les Nets, aux différentes étages de la franchise, devront être vigilants afin d’éviter que l’équipe soit coupée en deux et que les « anciens » (façon de parler sachant que KD, Kyrie et Dédé sont ceux qui possèdent le plus d’XP dans l’histoire) ne se sentent pas délaissés en cours de route. Car si Brooklyn veut aller loin cette année, il faudra que tout le monde soit sur la même longueur d’onde.

Kevin Durant et Kyrie Irving ne devront pas faire bande à part

Dans un tel contexte, Kevin Durant et Kyrie Irving devront arriver à fédérer. Si l’on reprend l’exemple des Clippers, Kawhi Leonard et Paul George ont échoué à ce niveau-là. Entre traitement spécial et manque de communication, ils n’ont pas su emmener l’équipe avec eux, bien au contraire. On sait que KD et Kyrie sont extrêmement proches, ils sont arrivés en même temps à Brooklyn (comme Kawhi et PG-13 à Los Angeles) et vivent un peu dans leur monde. Mais s’ils sont clairement au-dessus de leurs coéquipiers en matière de talent pur et qu’ils sont les seuls à posséder un statut de champion NBA dans l’équipe, Kevin et Drew ne peuvent pas rester dans leur coin en pensant que ça va marcher tout seul. Des relations doivent être construites – sur comme en dehors du terrain – avec l’ensemble du groupe. Ils devront donner le ton à travers leur jeu, leur comportement, leurs déclarations, en évitant si possible les polémiques. Bon, de ce point de vue-là, Kyrie a déjà lancé les hostilités avec son récent boycott de la presse, lui qui a notamment indiqué qu’il ne parlait pas aux « pions » avant d’expliquer qu’il ne faisait pas référence aux journalistes. Une première petite controverse hors basket avant même le début de la pré-saison. Pas forcément le meilleur départ pour assurer un bon climat autour de la franchise dans un marché comme celui de Brooklyn, New York. On espère pour les Nets que la campagne ne deviendra pas un cirque médiatique et ça, c’est de la responsabilité des deux stars. Ce sera par contre de la responsabilité de Steve Nash et de ses assistants d’apporter le cadre nécessaire au bon fonctionnement de l’équipe. Car c’est une chose de dire toutes les bonnes choses derrière les micros et de flatter l’ego de ses stars, mais il arrivera sans doute un moment où il faudra s’affirmer en coulisse. Visiblement, Kyrie a découvert que Steve avait les épaules d’un vrai head coach et qu’il n’était pas simplement un collaborateur, de bon augure pour la suite.

« Steve est incroyable. Cela reflète vraiment quel genre de personne il est et son QI basket. Il force le respect, non pas en se comportant comme un coach typique qui est toujours sur le dos de ses joueurs, mais en nous laissant de la place pour grandir, communiquer, balancer des idées. Et on parle d’un double MVP qui nous coache. Je crois que je dois retirer mes commentaires d’il y a quelques mois. »

– Kyrie Irving

Le load management d’accord, mais n’oubliez pas de jouer ensemble

Le coach Steve Nash l’a déjà annoncé, les Nets seront prudents avec leurs stars Kevin Durant et Kyrie Irving. Pas une surprise vu le rythme imposé par la NBA et l’historique de blessures des deux joueurs. KD sort d’une saison blanche après une rupture du tendon d’Achille lors des Finales NBA 2019, et Uncle Drew n’a joué que 20 matchs dans sa première année aux Nets (pour rappel, il sort d’une opération à l’épaule) et est plutôt un habitué de l’infirmerie. On peut donc s’attendre à du load management et quand on parle de load management, le nom de Kawhi Leonard arrive tout de suite en tête. La saison dernière, les Clippers ont rarement été au complet en saison régulière, Leonard et George ratant notamment pas mal de matchs (blessures, repos…). Et en Playoffs, ils l’ont payé. Manque d’automatismes, manque d’alchimie, manque de cohésion… que des éléments très importants pour la réussite d’une équipe, et qui demandent du temps de jeu en commun pour pouvoir construire quelque chose de solide.

« Il n’y a aucun plan spécifique en place, mais c’est peu probable que les deux jouent 72 matchs. »

– Steve Nash, coach des Nets

Là encore, il y a un vrai équilibre à trouver pour Nash et son staff certifié Suns version run & gun. Certes, la santé des joueurs – particulièrement celle de KD et Kyrie – est très importante mais les Nets ont besoin de mieux se connaître sur les parquets. Chaque rencontre va compter, et ce dès la pré-saison, surtout dans une campagne comportant moins de matchs (72 au lieu de 82 en régulière) et avec une préparation plus courte que d’habitude. Vu l’effectif, le talent ne manque clairement pas, mais on a des joueurs qui doivent apprendre les tendances de chacun tout en trouvant leur place dans un nouveau système. Quand vous avez dans la même équipe Kevin Durant, Kyrie Irving, Caris LeVert et Spencer Dinwiddie, l’expression « il n’y a qu’un seul ballon » prend tout son sens et ce sera aux hommes du banc de bien gérer les rotations et les rôles de chaque joueur pour trouver un équilibre et éviter de faire des frustrés. Clairement, l’intégration de deux stars aux côtés de mecs qui possédaient pas mal de responsabilités sans elles apporte son lot de challenges. Pour que ça fonctionne au mieux, tout le monde devra y mettre du sien, mais certains devront sacrifier plus que d’autres.

Dans une saison à part qui pourrait devenir chaotique à cause du COVID, la première campagne des Nets version Kyrie et KD ne sera pas forcément un long fleuve tranquille. La route du titre est chaque année très compliquée, peut-être encore plus en 2020-21, surtout pour une équipe qui a besoin de temps pour atteindre son top niveau. 

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