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Témoignage d’un confinement en Chine : les aventures de Pooh Jeter, sorti récemment de quarantaine

Pooh Jeter

Pooh Jeter se confie sur son séjour en quarantaine. Pas facile pour tout le monde mais #RestezChezVous

Source image : YouTube

La ligue professionnelle chinoise (CBA) était censée reprendre courant-avril mais en raison des décisions gouvernementales et de la crise sanitaire mondiale, la date de reprise a été reportée. Il est même peu probable qu’elle reprenne cette saison. On l’avait écrit il y a quelques jours, les joueurs étrangers étaient priés de revenir dans le pays afin de s’entraîner en vu d’une prochaine reprise. Parmi eux, Pooh Jeter. 

Les quelques Américains ayant fait l’aller-retour Chine-USA devaient alors passer deux semaines en quarantaine avant de pouvoir reprendre l’entraînement avec leurs équipes respectives. L’international Pooh Jeter fait donc partie de ces gars. Joueur des Fujian Sturgeons depuis deux saisons, il est aussi passé par l’Europe (coucou Limoges) après avoir tenté un saut en NBA lors de la saison 2010-11 avec les Sacramento Kings. L’ancien Limougeaud raconte alors à SLAM son confinement. L’occasion intéressante de voir comment cette période se déroule pour lui.

« Pendant mes deux semaines de quarantaine, merci Dieu pour mes entraîneurs. J’étais sur YouTube pour regarder des vidéos de Ky Evans et FitnessBlender. Je faisais des séances de cardio comme courir sur place et faire des sauts côte à côte. J’avais aussi des bandes de résistances, alors je les mettais sur la porte et je remontais le plus loin possible. »

Le joueur n’a pas eu le temps de s’ennuyer, comme cité ci-dessus, Pooh a reçu l’aide d’internet mais aussi de ses coachs perso, CJ, Jason, Jelany White et George, le préparateur physique des Sturgeons. Cela rassure quant au maintien de la forme des athlètes, alors qu’en NBA, les équipes mettent au point divers moyens afin de les aider à ne pas perdre l’habitude de faire du sport. Le meneur était en quarantaine depuis le 18 mars et en est sorti le 1er avril. Il décrit alors la relation avec le personnel médical mais aussi celle avec son coéquiper et ancien NBAer, Ty Lawson.

« Le matin est arrivé [matin de la sortie ndlr], ils m’ont appelé sur mon téléphone et j’ai réagi genre ‘OK c’est vrai ! Ce n’est pas un poisson d’avril !’ Dans le couloir en sortant, j’ai dis ‘Yo Ty, je sors d’ici !’ Ty Lawson, mon coéquipier, était à quelques portes de moi. […] Quand je suis descendu, ça s’est vraiment transformé en séance photo. Je prenais des photos avec le personnel médical. […] Ils savaient que c’était mon jour de départ et ils avaient quelques photos à signer. […] C’était le moment, j’étais vraiment sorti. »

Mais pas le temps pour l’ennui avec Pooh, qui avait un emploi du temps bien chargé. Lors de sa quarantaine, l’ancien King a notamment eu l’occasion de se faire interviewer par de nombreux médias américains.

« J’ai fait beaucoup de choses dans cette pièce. C’était le moment de réfléchir sur ma vie. J’étais sur SportsCenter. J’ai fait des journaux comme SLAM. J’étais sur Spectrum News, The Undefeated. J’étais vraiment sur beaucoup de plateformes. J’ai eu tellement de réunions d’affaires sur Zoom. Lecture, rattrapage de mes émissions. J’étais vraiment en paix. C’est passé vite. C’était un de ces moments où, au moins, beaucoup de bonnes choses en ont découlé. »

Après deux semaines de confinement dans l’hôtel,  les deux guards sont sortis et essayent alors de reprendre une vie « normale ». Etant donné que la situation mondiale n’est pas normale, forcément, ça impacte le mode de vie de chacun mais peu importe, Pooh était content de revenir chez lui. Il est d’ailleurs satisfait, surpris et content des moyens mis en place.

« Pour entrer dans l’endroit où j’habite, ils ont demandé à un agent de sécurité de vérifier les températures. Vous ne pouvez pas entrer si vous n’habitez pas ici. […] Ce matin je suis allé déjeuner. Le buffet chez moi est ouvert uniquement pour le petit déjeuner. Dans le restaurant, ils ont mis des autocollants au sol qui vous indiquent les endroits où vous devez être, à un mètre l’un de l’autre. C’est là que les gens doivent attendre leur nourriture. Ils s’assurent vraiment que vous n’êtes proche de personne. C’était bon de voir ça [les mesures mises en place ndlr]. »

Première journée passée à la maison, il doit se rendre à l’entraînement le lendemain, dirigé par l’assistant coach en raison de la mise en quarantaine du coach en chef. En Chine, aucune source n’indique une potentielle annulation de la saison. Les joueurs s’entraînent alors pour maintenir leur forme, en espérant tâter le ballon lors d’un match officiel.

« Je sais qu’il y aura une réunion le 20 avril pour discuter du futur, mais au moment où je parle, on reprend en mai. Je disais aux gars avec moi que de passer de la quarantaine à quatre matchs par semaine à partir du 15 avril ne fonctionnerait pas. En aucun cas nous aurions été prêts pour ça. Je pense qu’on a besoin d’un mois pour revenir dans la forme nécessaire à un match. »

Il le dit, l’endurance nécessaire à un match professionnel dépasse de loin toutes les pompes que vous pouvez faire seul dans votre coin. Il ne faut pas précipiter la reprise, d’une par rapport à la situation actuelle, et de deux cela apporterait une vague de blessures plus ou moins grave. Le temps ne presse pas, la remise en forme doit être progressive.

Dans ce deuxième opus des journaux intimes de Pooh Jeter, le joueur se réadapte à la vie en sortie de quarantaine et nous raconte son expérience vis-à-vis de la situation. Loin de sa femme et de ses deux enfants, le temps risque d’être un poil long, surtout si la saison venait à être annulée. Il reste toujours intéressant d’avoir le témoignage de quelqu’un, dans le monde du basket, en Chine. 

Source texte : Slam

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