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Quatre Rois français en Californie : récit d’un road-trip homérique, car il se passe toujours quelque chose avec les Kings

Kings Fr 26 mars 2020

Huit jours en immersion totale chez les Kings, y’a même l’extraction qui va avec.

Source image : Kimani Okearah

Pour tous c’était un rêve, et pour certains d’entre eux c’était même une grande première. Retour sur le voyage en Californie de quatre loulous français à l’ADN Kings, un road-trip qui s’annonçait fabuleux mais qui a très rapidement switché vers la catégorie « inoubliable ». Du début… à la fin.

Laurent, Olivier, Florian et Alex. Si vous trainez sur Twitter et que vous êtes fans de NBA… vous les connaissez sans doute. Les deux premiers gèrent de main de maître le compte Twitter SacramentoFR, le troisième est pour sa part le PDG de SactoKingsFR et le dernier est un agitateur connu du réseau à l’oiseau, lui aussi fan inconditionnel des Kings et jamais avare d’un tweet monstrueusement chauvin sur sa franchise de cœur. Quatre loulous entiers et qui tentent H24 de concilier leur vie professionnelle, familiale et de fan, on est sûr que ça vous dit quelque chose. Là où ces messieurs se distinguent ? Disons qu’ils sont rentrés récemment d’un voyage resté dans les mémoires, dans la plus pure tradition… Kangz. L’occasion de revenir avec eux sur huit jours complètement fous, l’occasion aussi de faire une bise aux copains de Raptors_FR, de DallasMavsFR et à un paquet d’autres, eux aussi récemment partis à la conquête de leur rêve, car si la NBA prend aujourd’hui une place aussi grande dans nos vies et sur nos écrans, c’est en bonne partie grâce à la passion et au travail de toutes ces petites mains. Messieurs qui gérez avec le sourire un compte de franchise : cette histoire est aussi pour vous.

4 mars 2020, ce mercredi est alors un Mercredi Panzani comme un autre… mais pas pour tout le monde. Car si ton programme est constitué d’un petit déjeuner, d’un visionnage de la Pat Patrouille et de six ou huit heures à saigner ton PC au bureau ou à ranger des tomates cerise à Leclerc, celui de nos quatre amis du jour est légèrement plus original. Direction la Californie pour la team, le voyage est calé depuis un bail et c’est le grand jour. Comme tout bon road-trip qui se respecte les embrouilles commenceront avant même le départ mais l’objectif est finalement atteint : tout le monde est dans l’avion, ça part donc taper une bise à l’Oncle Sam, entre potes, et le programme est chargé. Car vous l’imaginez bien, les quatre fantastiques n’ont pas prévu ce voyage uniquement pour jouer les groupies, tant qu’à partir autant faire les choses bien. Trois matchs au programme, un quatrième à vivre au bistrot, et surtout quelques rencontres prévues avec des sommités locales, histoire de représenter comme il faut la fanbase française de la franchise. Car le voyage a été taffé en amont, et les contacts ont été pris afin de faire de ces quelques jours un kiff un minimum organisé. La suite ? Un délire.

Grant Napear qui débarque à l’appartement avec des places courtside ? Check. Une grande partie des stars de l’équipe capturée par le flash d’un Kodak ? Check. Une légende serbe à la retraite qui prend également la pose ? Check. Oliv et Alex qui descendent sur le parquet en plein temps-mort pour participer à un concours de lancers ? Check. Une réunion avec l’équipe digitale des Kings ? Check, check, check, et re-check. Une défaite face aux Sixers, une autre face aux Raptors, une victoire à Portland vécue entre deux burgers et trois binouzes, attention l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et les victoires des Kings aussi. Allez, album photo et on passe à la suite.

C’était bien beau tout ça, mais n’est pas un vrai Kings fan celui qui n’a jamais vécu de moment difficile. Mercredi 11 mars, satanées Panzani, le COVID-19 se présente de manière un peu brutale à la NBA. L’air s’était tendu depuis quelques jours mais cette fois-ci c’est officiel, la NBA appuie sur pause. En France c’est le choc mais là-bas nos quatre aventuriers commencent surtout à se demander s’ils pourront rentrer chez eux. Pas le même délire. Par chance un avion passe par là et Red Richards, Jane Storm, Johnny Storm et Ben Grimm s’accrochent à l’un des réacteurs. Retour en France la tête pleine de souvenirs, et c’est encore Oliv qui en parle le mieux. Allez, interview :

TrashTalk : Racontez-moi la genèse de ce voyage. Depuis quand vous y pensiez ? Quid de l’organisation ? Plutôt militaire ? A l’arrache ? Déjà des contacts avec des personnes sur place avant de partir ?

Olivier : Avec Laurent, cela faisait déjà un petit moment qu’on pensait à essayer de partir à Sacramento sans réellement organiser quoique ce soit, en se disant que ça serait complètement fou. Puis à force d’échanges sur Twitter avec Grant Napear, celui-ci finit par nous follow (ce qui nous paraissait déjà fou à l’époque… si on avait su). Puis Laurent a cette idée folle : lui proposer une interview, au culot. Il accepte direct. C’était en avril 2019 de mémoire. S’en suit une bonne heure et demie de discussion en visio (publiée sur notre chaine YT) au terme de laquelle il déclare sans sourciller que, si jamais on se chauffe à venir, il nous mettra royal (rencontre de joueurs, accès courtside…). Évidemment quand on apprend ça, on est comme des gamins et on se promet d’y aller. Mais pas sans nos potos. Donc on décide de le proposer à notre gang (Simon, AntiBasketix, DemarcusDivac, Sacto Kings FR) et on se rend compte que tout le monde est archi chaud, et puis partir en petit comité nous semblait plus simple à organiser. Malheureusement DemarcusDivac et Simon n’ont pu se joindre à nous, mais l’idée de base était toujours là : faire un voyage entre potes autour d’une passion commune. Le voyage a plutôt bien été organisé en amont : on a pris les billets d’avion en novembre puis on a enchainé avec le Airbnb et la location de la voiture. A coté de ça, j’ai arrosé de mails tous les contacts que j’ai pu trouver au sein de l’organisation des Kings genre 1 ou 2 mois auparavant mais aucune réponse… jusqu’au jour du départ (!) où la manager de l’équipe digitale nous a répondu et nous a régalé.

TT : Du coup le programme à la base, brut, c’est quoi ?

O : Départ le 4 mars et arrivée dans la soirée du jour-même, heure locale. On avait prévu de voir 4 matchs sur place, dont 3 à domicile (Sixers, Raptors et Pels finalement reporté). Grant Napear nous a offert les tickets pour les 3, comme il l’avait promis, et on était très bien placés ! Pour le match à l’extérieur (Blazers) on s’est posé dans un des plus gros bars sportifs de la ville et on a eu toute une partie de la salle rien que pour nous. Deux giga TV, le son a fond, un burger et une bière chacun… on a gueulé et retourné le bar en regardant notre team désosser Portland. C’était terrible. Dans les rencontres prévues, évidemment Grant Napear, qui a été aux petits soins tout le séjour et nous a mis extrêmement bien, Pete Youngman (soigneur des Kings pendant plus de 25 ans), la team digitale des Kings avec laquelle on a arrangé un rendez-vous le jour du départ, Matt George (journaliste à KHTK spécialisé Kings) et le reste en impro totale et des surprises incroyables.

TT : Transition parfaite… les surprises du coup : il me semble que vous avez finalement pu rencontrer quelques sommités du milieu ?

O : Dans les personnes rencontrées : évidemment tous ceux évoqués juste avant mais aussi James Ham, journaliste à NBCS (diffuseur officiel) et insider des Kings, Jason Wise, Nikki Nicholson et toute leur équipe digitale/réseaux sociaux pendant une réunion pro d’environ 1h. Nikki nous a ensuite fait visiter le Golden 1 Center dans ses moindres recoins, expliqué le fonctionnement, montré les coulisses et elle s’est débrouillée en amont pour que Laurent et moi ayons des accréditations média à chaque match ! On a aussi rencontré Kevin Fippin, rédacteur en chef de Sactown Royalty (nouvellement The Kings Herald) et Kimani Okearah, photographe pour le compte de Sactown Royalty. Parmi les joueurs, Fox, Bjelica, Bogdanovic et Giles ont pris des photos et signé des trucs pour nous en courtside. Sinon on a plus ou moins capté toute l’équipe en coulisses de loin. Vlade Divac, qui a signé tous les maillots farfelus qu’on a pu lui présenter (Kings mais aussi Lakers et Belgrade), a un peu discuté et pris une photo avec nous. Laurent est un immense fan, il était en transe.

TT : Respiration, sourire jusqu’aux oreilles.

O : Dans les autres surprises ? Les accréditations pour chaque match dégotées par Nikki avec accès aux vestiaires, les accès aux loges VIP (buffets à volonté avant-pendant-après match, lounge) offerts par Grant. Sans compter que c’est aussi lui qui s’est débrouillé pour que l’on ait des accès courtside pendant les échauffements, un moment avec les joueurs et avec Vlade Divac. Il nous a offert un repas le dernier jour aussi. Il a été d’une classe et d’une gentillesse incroyables, il a été à notre service pendant tout le séjour. On ne le remerciera jamais assez. Toutes les personnes rencontrées qui nous remercient d’être là et de faire ce que l’on fait… hallucinant, des fans nous ont même reconnu et nous ont demandé des photos dans les couloirs du G1C. WTF complet. Un super moment avec Pete Yougman qui nous a offert le petit dej et une longue entrevue sur ses années aux Kings. On est même reparti avec deux maillots game-worn et des objets de collections qu’il nous a offerts. Quelqu’un de réellement adorable. Et clou du spectacle… Alex et moi-même invités à participer à un jeu sur le terrain à la fin du premier quart-temps contre les Raptors. Je me suis ridiculisé mais on a gagné le jeu et des cadeaux… du délire complet. Et je dois en oublier.

TT : Si je comprends bien… vous avez vraiment été considérés comme de vrais insiders !!! Accueil étonnant non ? Ça fait quoi de se retrouver considéré comme de vrais pros ? Il a fallu vous adapter un peu ?

O : Sans qu’on ait rien demandé, on s’est retrouvé (Laurent et moi) avec des vraies accréditations. Tu commences un compte Twitter dans ta chambre et puis tu te retrouves trois ans plus tard accrédité par ta franchise de cœur… c’est du pur délire. Entendre Grant, Matt George, James Ham, Kevin Fippin ou des fans random nous remercier d’être là… ça n’a juste aucun sens. Ils se sont débrouillés pour qu’on passe à la télé, qu’on nous prenne en photo, qu’on ait des accès privilégiés… On a plus été des fans privilégiés que des insiders mais on a pu combiner les deux. On a été accueillis comme un média en fait, par les différents journalistes cités. Alors qu’on est rien de plus que des fans. C’était incroyable. Cela fait bizarre d’être considéré comme des pros parce qu’on ne s’y attendait absolument pas alors on s’est adapté selon les situations. Par exemple, tenir une vraie réunion avec la team digitale des Kings a été compliqué car pas préparé mais ultra instructif. Mais quand tu rencontres les joueurs ou Divac, t’es obligé de craquer… Devant eux, on était juste des gamins émerveillés. De façon générale, on a été assez bluffés par l’accessibilité et la simplicité des gens que l’on a rencontrés. On a halluciné tout du long. En résumé, on était des fans avec des accès d’insiders / VIP. Rien que ça.

TT : Et sinon messieurs les VIP… est-ce qu’il y a des anecdotes un peu marrantes dont on peut avoir la primeur ? Un truc dont vous n’avez pas trop parlé ?

O : Premier match, Grant nous fait descendre courtside pour l’échauffement des joueurs et nous présente à un monsieur au premier rang : c’est Phil Oates, investisseur local et proprio minoritaire des Kings. Hyper enthousiaste que l’on ait fait le voyage jusqu’à Sacramento, il nous invite à son resto : « la note est pour moi, vous avez mis assez de billets dans ma poche en venant jusqu’ici ». Quatre jours plus tard, on dîne dans un resto chic tous frais payés… en survet et hoodies car on n’avait évidemment pas prévu les costards pour un tel événement ! On a également pas arrêté de chercher des maillots bleus rétro. On est allés peut-être deux fois par jour au Kings Store et on a écumé tous les magasins de sport et centres commerciaux de la ville et des environs… sans succès. Mais on a trouvé des petites pépites dans des friperies. On a à peu près fait la même chose pour trouver un bureau de change pour Laurent. On a testé un paquet de banques et on est allés à un bureau de change finalement délocalisé en banlieue. Bref, on a mis trois ou quatre jours pour lui avoir du cash. Avec Laurent on a eu la chance de pouvoir accéder aux vestiaires des joueurs avant le match contre les Raptors. C’est là qu’on a rencontré Giles qui a été hyper cool et a un peu discuté avec nous. On en tremblait. Après le match il nous a même reconnus en sortant et est venu nous checker. Comme si c’était normal après tout. Le concours de lancers a été une surprise de malade aussi. On passe devant presque 20 000 personnes et on se retrouve à tirer des lancers en compagnie de différentes mascottes de franchises. J’ai lâché deux énormes briques, ce qui m’a valu de me faire chambrer sur Twitter et par les gars tout le reste du voyage. Mais bon, on a gagné, et on est repartis avec… une putain de couette violette de 7 kilos. Et puis il y a toutes les péripéties du départ : Laurent bloqué à Nice la veille du départ, son avion est parti avec plus de quatre heures de retard. On a eu peur qu’il ne puisse même pas nous rejoindre. Alex qui avait confondu son passeport avec celui de son frère juste avant le départ et qui a heureusement pu faire l’échange, Flo qui avait oublié sa fiche ESTA (heureusement pas importante)…

TT : Et là… c’est le drame. Le COVID-19 fait son « apparition » et le voyage prend un tout autre visage. Comment vous avez vécu ça ? Qu’est-ce que ça a induit pour vous comme changement d’orga ?

O : Sujet de fond avant même le départ et pendant notre semaine mais rien de vraiment inquiétant jusqu’aux dernières 24 heures. Escalade assez folle en très peu de temps. Déclas de Trump et fermeture des frontières à venir : on sent que ça commence à s’agiter sévère et qu’il est temps de partir mais on est encore persuadés que tout va se passer comme prévu en mode « il n’aurait pas fallu partir une semaine plus tard ». On se doute qu’une suspension ou des matchs à huis clos vont arriver dans les prochains jours. Avant le dernier match, on déjeune avec Grant qui est persuadé lui aussi que la rencontre n’est pas en danger. Le soir, on sent que l’ambiance est plus tendue et plus restreinte (plus d’accès courtside et vestiaires). Nouvelle escalade une heure avant le coup d’envoi : annonce de Gobert et on croise Matt George qui nous apprend la suspension de la saison NBA. La tension monte encore d’un cran. Au moment de l’échauffement final, seuls les Kings sont sur le terrain et les Pelicans tardent à arriver. On comprend alors que c’est mort. Annonce du speaker, tout le monde rentre chez soi. Dégoûtés mais on commence aussi à se poser des questions sur notre vol retour du lendemain. Heureusement sans encombre. Pensées pour les autres comptes FR qui sont en plein transit. Sans compter que j’ai été interviewé par une télé locale concernant l’annulation du match et la suspension de la saison en sortant de l’arène. Cela n’aura évidemment pas suffi à masquer toutes les dingueries qu’on a vécues les jours d’avant mais ça laisse un goût amer de ne pas avoir vu une affiche de malade qui comptait double pour les Playoffs. Comme on se l’est dit tout au long du voyage : « c’est n’importe quoi » (trademark ça), dans tous les aspects possibles et imaginables.

TT : Pour finir… je crois savoir qu’une partie de votre « mission » était aussi (surtout) de faire profiter de ce voyage à la commu. Vous pouvez me parler, justement, de ce lien qui vous/nous unit à la communauté ? En quoi est-ce aussi important pour vous ?

O : Notre volonté était de partager au maximum ce que l’on vivait, sans filtre et faire kiffer au maximum notre réseau. Cela nous a semblé normal en fait, nos followers nous font vivre toute l’année, on leur doit bien ça. On n’a pas cherché à faire une couverture « pro » du voyage… au contraire : on voulait montrer le plus possible toutes les dingueries qu’on a vécues, les personnes rencontrées. Voir les gens kiffer pour nous, c’est presque aussi incroyable que tout ce qu’on a fait. Ils nous ont jamais vu mais ont été derrière nous comme jamais. C’est juste dingue, cette communauté fait des merveilles. Montrer aux gens que tout est possible quand on s’en donne les moyens : que mêmes les simples twittos que nous sommes pouvons réaliser leurs rêves. On n’est personne, on reste personne, mais on a été accueillis comme des rois par tout le monde sur place. Sans aucune raison, par pure classe et gentillesse. C’est quelque chose qu’on a vécu ensemble et qu’on n’oubliera jamais. Il faut le vivre. C’est une aventure humaine incroyable.

TT : Et c’est quoi d’ailleurs cette histoire avec les tee-shirts ?!

O : Comme le reste du voyage, impro totale. Match à San Francisco, maillots offerts à chaque place. Tout part d’une boutade d’Alex qui propose de les revendre pour rigoler… et a des réponses immédiates. Flo se prend au jeu et part récolter les maillots abandonnés dans les tribunes pour délirer. Les mauvaises langues diront que c’était plus drôle que de suivre la purge des Warriors. Rapidement, il se retrouve avec une vingtaine de tee-shirts sur les bras. Sur le chemin du retour, on a l’idée d’en faire profiter la communauté tout en faisant une bonne action. Flo a un ami-collègue dont le fils est atteint de la mucoviscidose, le choix de l’association bénéficiaire lui est donc venu naturellement sans chercher ailleurs.

TT : Sans trop spoiler… y’a autre chose de prévu à terme ? Un autre voyage ?

O : En off on s’est dit qu’on aimerait bien y retourner d’ici deux ans pour un nouveau trip, avec le gang au complet. Les réseaux sur place sont faits, on connait les ficelles. Y’a plus qu’à.

Huit jours de folie, des rencontres inoubliables et une issue que personne n’aurait imaginé. Huit jours qui doivent prouver à n’importe quel fan de NBA qu’avec beaucoup de taf et pas mal de culot tout est possible quand on s’en donne les moyens. C’était fou, c’était beau, c’était tellement… Kings.

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