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C’était un 17 février : David Robinson enregistre son historique quadruple-double, bienvenue dans la quatrième dimension

Le 17 février 1994, du côté de San Antonio, David Robinson réalisait une performance historique en NBA : un quadruple-double. Une performance dominante tant offensivement que défensivement, à l’image du joueur en somme. Ça méritait bien un flashback. 

En 1987, les San Antonio Spurs prennent avec leur premier choix de draft David Robinson. Il arrivera deux ans plus tard après son service à la Navy pour démontrer toute l’étendue de son talent à la Grande Ligue. Et ce talent, le pivot de 2m16 va l’utiliser des deux côtés du terrain. En défense d’abord. Parce que oui, remporter un titre de Défenseur de l’Année dans les années 1990, ce n’est pas à la portée de n’importe qui. Il suffit de demander à Scottie Pippen. Niveau scoring, il n’est pas en reste non plus, comme en témoigne sa saison 1993-94 où il finit meilleur marqueur en finissant par un match à… 71 points sur les Clippers. Donc forcément, quand un joueur domine de chaque côté du terrain, il est élu MVP. Il le deviendra en 1995. On a cité son record de points marqués sur un match mais une autre performance est à mettre en valeur lors de cette saison 1993-94, à savoir son fameux quadruple-double. Finir à au moins 10 unités dans quatre catégories de stats (positives bien entendu) lors d’un même match, c’est une performance gigantesque pour un joueur NBA. La preuve, au moment où on parle, seulement quatre joueurs ont réalisé cet exploit, même s’il faut prendre en compte le fait que la Ligue a commencé à compter les interceptions et les contres qu’à partir de la saison 1973-74. Par exemple, Wilt Chamberlain ou Bill Russell ont peut-être effectué ce genre de performances sans qu’elles soient comptabilisées officiellement. Ceci étant dit, le cercle VIP des mecs ayant réussi un match en quatre dimensions se limite aujourd’hui à Nate Thurmond, Alvin Robertson, Hakeem Olajuwon et donc David Robinson.

Ce match de David Robinson a lieu à l’Alamodome, contre une équipe de Detroit d’un Isiah Thomas sur la pente descendante, d’un Sean Elliott qui n’est plus chez les Spurs, mais surtout face à des Pistons en pleine saison galère puisqu’ils abordent ce match avec 12 victoires pour 37 défaites. C’est pas joli. Côté Spurs, tout va bien avec 36 succès pour 14 revers dans le sillage de l’Amiral mais aussi de Dennis Rodman. 43 minutes pour le pivot de San Antonio, 34 points, 10 rebonds, 10 passes décisives et 10 contres dans une victoire tranquille 115 à 96 des Texans. Trois catégories statistiques qui sont tout juste à deux chiffres, c’est suffisant et c’est validé. Et en même temps, quand il y a Rodman à côté, c’est difficile de capter tous les rebonds de la partie. Ce match en est un bon exemple : 1 point, 22 rebonds pour l’extravagant gobeur de rebonds. Évidemment, réaliser 10 contres est quelque chose d’impressionnant, même pour un spécialiste comme David Robinson, septième contreur le plus prolifique de l’histoire avec 3,0 blocks de moyenne en carrière. Les 10 passes sont toutes aussi impressionnantes pour un pivot, notamment à l’époque où l’idée est quand même de lui donner la balle au poste pour qu’il joue son adversaire direct afin de le manger. Impossible à arrêter dans la raquette avec sa technique, sa puissance, sa taille et son toucher. Impossible à arrêter quand il est lancé avec sa vitesse et sa mobilité. Bref, un cauchemar à défendre, comme le montrent ses 34 pions face à Detroit. Voilà pour la performance de l’Amiral. C’est donc à ce jour le dernier quadruple-double réalisé en NBA. La Ligue a changé à bien des niveaux depuis les années 1990, jusqu’à même banaliser le triple-double aujourd’hui. Pourtant, personne n’a réussi à atteindre ce total. Le meilleur joueur de l’histoire des Spurs – et bénédiction pour David Robinson – Tim Duncan, a failli réaliser cet exploit. Mais lui, ce n’était pas en milieu de saison régulière mais en Game 6 des Finales NBA 2003 face aux Nets, où il est passé à seulement deux contres d’un quadruple-double. Dommage. Des five-by-five (5 dans les cinq catégories statistiques positives) sont réussis lors de quelques rares occasions, mais aucun quadruple-double à signaler. Est-ce que ça pourrait arriver dans le futur ? Why not. Voici une liste de candidats potentiels qui pourraient le faire un jour.

  • LeBron James : on ne sait jamais ce que peut nous réserver le King, donc autant s’en prévenir en le citant. Il semble compliqué de le voir réaliser cette performance, mais on a appris à ne jamais l’oublier.
  • Russell Westbrook : c’est le roi du triple-double, un mec qui a déjà sorti un 20-20-20 dans sa carrière. S’il arrive à s’approcher des 10 steals dans un bon jour, on se dit que c’est possible. D’ailleurs, il a déjà réalisé une performance avec quatre catégories statistiques à 10 ou plus. Le problème, c’est que c’était avec des pertes de balle. Désolé Russell.
  • Giannis Antetokounmpo : un candidat très sérieux et l’un des favoris si cette performance devait se réaliser. On connaît ses moyennes au scoring et aux rebonds. Il est également à l’aise à la passe, tout en étant prolifique aux contres (LeBron James l’a bien senti lors du All-Star Game) et avec ses bras de 2m de long, sa défense dure et sa science du jeu, il pourrait même aller chercher des steals. On ne parle pas de quintuple-double, c’est presque impossible, mais pour quatre catégories, il se place.
  • Anthony Davis : avec Giannis, l’autre favori pour cette performance dans les joueurs actuels. Il y a cinq ans, en mars 2015, il a réalisé 36 points, 14 rebonds, 7 passes et 9 contres face aux Nuggets. Quand on connaît son coté all-around et ses performances, il est impossible de l’éviter. Au scoring et aux rebonds, il coche les cases tous les soirs. Les passes décisives peuvent aussi être effectuées tant il est dominant et intelligent dans le jeu. Quant aux contres, il tourne à 2,4 par match et a déjà frôlé les 3,0 blocks lors de certaines saisons. En début d’année, il avait écrasé 8 fois la balle face à Detroit. Un candidat très sérieux.

Des mentions honorables : Nikola Jokic, Draymond Green, Joel Embiid, Ben Simmons, Luka Doncic…

On va scruter les performances de ces monstres du jeu actuel, mais on se dit aussi que si seulement quatre joueurs ont réalisé un quadruple-double dans l’histoire, ce n’est pas un hasard. Tous ces mecs ont de grandes chances de ne pas y arriver et c’est pour cela qu’il faut revenir en arrière pour apprécier ces prestations majuscules dans l’histoire de la Ligue. Alors allez voir la perf de l’Amiral, ça vaut le coup d’œil. 

1 Comment

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  1. JohanAsYo

    18 février 2020 à 9 h 15 min at 9 h 15 min

    Et pourquoi pas the « Stifle Tower » ?
    Rudy Gobert mériterai d’être cité dans la liste ici. Utah’s ‘double-double Man’ aux points et aux rebonds est capable de belles perf’ aux contres, et il nous montre de plus en plus de belles choses à la passe (c.f. sa passe dans le dos durant le ASW)!
    Son 1er All-Star Game a été remarquable et il a montré à tous les sceptiques qu’il méritait largement sa place parmis l’élite…
    …il mérite donc d’être ici cité parmis eux!

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