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Gangs of Los Angeles, Épisode 8 : c’est l’heure du All-Star Break, la rivalité Lakers – Clippers mise sur pause

Entre hommages pour Kobe, trade deadline et gros matchs, il s’est passé des choses dans la Cité des Anges avant la trêve de février.

Source image : YouTube

Connue avant tout pour ses stars, ses strass et ses paillettes, la ville de Los Angeles est devenue en l’espace d’un été l’épicentre de la NBA. Le transfert d’Anthony Davis chez les Lakers de LeBron James, et les arrivées de Kawhi Leonard et Paul George aux Clippers, ont fait de la Cité des Anges la nouvelle capitale du basket mondial. Tous les yeux seront rivés sur le Staples Center, où les deux franchises de L.A. vont se livrer une guerre sans merci pour prendre le pouvoir à Hollywood, avec comme objectif final de remporter le titre NBA. Vous l’avez compris, la bataille s’annonce particulièrement épique, et TrashTalk a ainsi décidé de mettre les petits plats dans les grands en vous proposant une rubrique bimensuelle spécialement dédiée à la grosse rivalité californienne. Au programme aujourd’hui, le huitième épisode. 

# Que nous dit le hype-o-mètre ?

Dans le monde de la NBA, il y a toujours certains joueurs ou certaines équipes qui sont sur le devant de la scène, qui dominent l’actu, qui créent de nombreuses discussions et qui excitent les fans pour diverses raisons. Dans le jargon, on appelle ça la « hype ». Aujourd’hui, à Los Angeles, elle est évidemment énorme avec la présence de LeBron James et Anthony Davis chez les Lakers, et l’association Kawhi Leonard – Paul George aux Clippers. Mais cette hype est aussi partagée entre les deux rivaux, car ils sont des concurrents directs. Tout au long de la saison, elle va plus ou moins basculer d’un côté ou de l’autre selon les résultats de chaque équipe. Dans une ville comme Los Angeles, on sait que chaque victoire comme chaque défaite peut prendre une ampleur démesurée. On va donc se charger de suivre ça à travers un outil maison, le hype-o-mètre.

  • Los Angeles Lakers
  • Bilan : 41-12
  • Série sur la quinzaine : défaite – victoire – victoire – défaite – victoire – victoire – victoire
  • Confrontations directes face aux Clippers : 0-2, défaite 102-112 (22/10), défaite 106-111 (25/12)

VS.

  • Los Angeles Clippers
  • Bilan : 37-18
  • Série sur la quinzaine : victoire – victoire – victoire – défaite – victoire – défaite – défaite
  • Confrontations directes face aux Lakers : 2-0, victoire 112-102 (22/10), victoire 111-106 (25/12)

Ces derniers jours, juste avant la trêve du All-Star Break, Lakers et Clippers ont été testés avec des confrontations contre des poids lourds de la NBA, qui plus est en déplacement. L’occasion de se jauger après une bonne cinquantaine de matchs de saison régulière. L’occasion d’aborder la petite pause de mi-février avec des certitudes… ou des doutes. Les Lakers, qui ont forcément eu un peu de mal à repartir après la mort de Kobe Bryant, ont très bien négocié leur choc sur le parquet des Nuggets mercredi, en l’emportant en prolongation 120-116 grâce à un duo LeBron James – Anthony Davis au top du top et un Dwight Howard très présent en sortie de banc. Face au deuxième de l’Ouest, en altitude, dans un Pepsi Center à l’ambiance de Playoffs, c’était loin d’être gagné, d’autant plus que les Nuggets restaient sur six victoires en sept rencontres dont cinq consécutives sous l’impulsion d’un Nikola Jokic trop facile. Ce genre de victoire, la deuxième dans le Colorado cette saison pour les Lakers, ça permet d’envoyer un message à toute la Conférence Ouest. La bande à LeBron n’a pas toujours convaincu face aux gros malgré sa très belle campagne globale, mais ce succès est à ranger parmi les matchs références.

« Je savais que le break était sur le point d’arriver, mais je ne voulais pas prendre cette opportunité pour acquise. Je voulais vraiment bien jouer ce soir pour mon équipe, et je voulais qu’on réalise une belle performance avant le break pour finir sur une bonne note. En tant qu’équipe, nous avons très bien répondu. »

– LeBron James, via ESPN après la victoire chez les Nuggets.

Un discours de champion, un discours d’un mec qui est le leader de la meilleure équipe de l’Ouest. Chez les Clippers, on n’est pas vraiment dans le même type de déclaration. Dans l’autre franchise de Los Angeles, c’est la frustration qui domine aujourd’hui. Une frustration liée à deux défaites consécutives sur le parquet des Sixers et des Celtics, mais qui puise également sa source dans les décisions arbitrales. D’abord, on a eu Paul George, qui n’a pas hésité à se plaindre en parlant « d’arbitrage maison » après le revers concédé du côté de Philadelphia. Dans le dur dans cette rencontre et souvent en désaccord avec les officiels, PG-13 a vécu une soirée à la con et est ensuite logiquement passé à la caisse avec 35 000 dollars d’amende. Bim. Et puis ensuite, on a eu Lou Williams, qui était à deux doigts de péter un plomb lors du money time face aux Celtics.

La cause de cette colère noire ? Un panier non accordé par les arbitres alors que le score était de 127-124 pour les Celtics à environ 25 secondes de la fin de la première prolongation. Servi dans le corner par le nouveau venu Marcus Morris, Lou a balancé un missile qui a fait ficelle, le tout avec la faute de Gordon Hayward. Sauf que pour les arbitres, la faute du Celtic a été commise avant la tentative de shoot. Évidemment, ce n’était pas du goût des Clippers et de Doc Rivers (via ESPN).

« La décision de ne pas valider l’action à quatre points a eu un énorme impact. Je ne sais pas ce qu’il faut faire, c’était un tir. Les arbitres nous disent qu’ils (les Celtics, ndlr.) avaient encore une faute à donner et qu’ils voulaient faire faute. Quand vous regardez la vidéo, clairement, ils n’essayaient pas de faire faute. […] Ce fut une décision très importante. »

Si Landry Shamet a réussi à remettre les deux équipes à égalité juste derrière à travers une grosse banderille du parking, les Clippers sont tombés lors de la deuxième prolongation face à un Jayson Tatum plus que jamais en mode All-Star. Une défaite difficile à avaler pour L.A., surtout que Paul George est retourné à l’infirmerie à cause d’un nouveau bobo aux ischios-jambiers. Il avait déjà été gêné plus tôt dans l’année à ce niveau-là et visiblement, ça s’est réveillé. Résultat, PG-13 n’est pas revenu sur le terrain en deuxième période. Pas super tout ça. Clairement, la trêve va faire du bien. En parlant de blessure, Patrick Beverley n’a lui pas joué depuis cette victoire des Clippers contre Miami le 5 février dernier. Depuis ce match-là, Los Angeles a perdu trois rencontres sur quatre jouées. Coïncidence ? Quand on voit la taule encaissée sur le parquet des Timberwolves juste après la trade deadline, avec 142 pions accordés, on peut dire que les Clippers auraient bien eu besoin d’un pitbull comme Pat Bev. Sans lui, on a certes vu un Shamet qui continue d’assurer mais l’intensité de Patoche a parfois cruellement manqué aux Clippers. En espérant le revoir très vite après le All-Star Weekend.

# Le fait marquant : l’hommage des Lakers à Kobe

Si la Cité des Anges est devenue en un été le point focal du basket NBA, elle est depuis longtemps un énorme marché médiatique, où tout est filmé, analysé, décortiqué. La rivalité entre les Lakers et les Clippers domine sans aucun doute l’actualité sportive à Los Angeles, et représente la story idéale dans la capitale du cinéma. Alors forcément, les faits marquants vont se succéder au cours de la saison. Des images, des déclarations, des tweets explosifs… bref, impossible de s’ennuyer. Et on est là pour vous faire vivre tout ça à 100%. 

C’est peut-être l’image de la saison. Une photo qui a fait le tour des réseaux sociaux, pour un moment qui restera gravé à jamais dans les têtes. Le 31 janvier dernier, avant un match face aux Blazers et cinq jours après l’accident d’hélicoptère qui a emmené Kobe Bryant, sa fille Gianna et sept autres personnes, les Lakers ont salué leur légende lors de leur premier match au Staples Center depuis la tragédie. L’hommage des Clippers la veille avait déjà été très émouvant, mais celui de la mythique franchise californienne était forcément différent de tous les autres étant donné la glorieuse histoire du Black Mamba sous le maillot pourpre et or. Deux décennies d’exploits, cinq titres NBA, beaucoup de hauts mais aussi quelques bas. Tout ça, ça forme des liens éternels, que même une tragédie ne peut casser, bien au contraire. Cette cérémonie d’avant-match, c’était l’occasion pour toute la Lakers Nation de dire adieu à Kobe, avec beaucoup de grâce, d’élégance et évidemment énormément d’émotion. Il y a eu des larmes, il y a eu des applaudissements, il y a eu des moments de silence comme des moments où le nom de Kobe a été scandé par un public tout de jaune vêtu. Une cérémonie digne du bonhomme. Une cérémonie caractérisée par les superbes performances d’Usher sur Amazing Grace et Ben Hong sur Hallelujah, sans oublier bien évidemment le speech poignant de LeBron James.

Face à un Damian Lillard en mode Kobe, les Lakers n’ont pas réussi à chercher la victoire pour rendre un hommage supplémentaire au Black Mamba, mais difficile de leur en vouloir étant donné le contexte unique de cette rencontre. Et puis de toute manière, l’essentiel était ailleurs. À noter qu’une nouvelle cérémonie pour honorer Bryant et sa fille – inhumés le 7 février dernier – aura lieu le 24 février, avec l’organisation d’un mémorial public au Staples Center. La date n’a évidemment pas été choisie au hasard, car elle reprend les deux numéros qui symbolisent Kobe et Gianna, à savoir le 24 et le 2. Elle a été annoncée par la femme de Kobe, Vanessa, dans un post Instagram avec le message suivant.

« #2, #24, #20 comme le nombre d’années en tant que Laker et le nombre d’années que Kob et moi avons passées ensemble. »

Pour rester dans le cadre des hommages à Kobe Bryant, vous n’avez sans doute pas loupé le fameux reverse dunk de LeBron James face aux Rockets. Là encore, la magnifique photo signée Andrew D. Bernstein a fait le tour du monde, mais ce sont surtout les similitudes avec un dunk de Kobe en 2001 qui ont marqué les esprits. Une belle manière de se rappeler au bon souvenir du jeune Mamba avec sa coupe afro, même si c’était visiblement involontaire de la part du King (via ESPN).

« Vous avez déjà vu le film ‘The 6th Man’ ? Kobe est redescendu sur Terre, a pris possession de mon corps et m’a offert ce dunk en contre-attaque.

Rien n’était vraiment prémédité jusqu’à ce que je saute. […] C’est fou à quel point c’est exactement le même dunk, sur le même panier que celui de Kobe, il y a quoi, 19 ans ou quelque chose comme ça ? C’était cool. »

# Zoom sur une rivalité dans la rivalité : la bataille pour récupérer Marcus Morris

Cette saison, pour la première fois depuis 1984 et l’arrivée des Clippers à Los Angeles, on peut véritablement parler de rivalité entre ces derniers et les Lakers. Jusqu’ici, ce terme était inapproprié à cause de la grosse différence de succès entre les deux équipes de la Cité des Anges. Les Lakers ont enchaîné les titres et les Finales NBA depuis les années 1960, tandis que les Clippers ont longtemps été synonymes de médiocrité. Et quand les Voiliers ont commencé à vraiment faire du bruit à partir de 2011, c’est la mythique franchise pourpre et or qui a violemment décliné. Aujourd’hui, la dynamique est complètement différente. On a deux équipes qui visent le titre suprême en même temps, dans la même ville, et dans la même salle. La rivalité est donc naturelle, mais elle regorge en plus de nombreuses petites histoires passionnantes qui ajoutent du piment à celle-ci. Sans plus attendre, on fait un zoom sur l’une d’entre elles.

La NBA trade deadline faisait partie des grands sujets d’actu lors de la dernière quinzaine. Et les deux équipes de Los Angeles avaient bien l’intention de se renforcer en vue des prochains Playoffs. Sur leur liste de courses, les Lakers et les Clippers avaient plusieurs cibles selon leurs besoins respectifs, mais un nom était convoité par les deux rivaux de Los Angeles, à savoir Marcus Morris. Auteur de sa meilleure saison individuelle sous le maillot des Knicks cette année avec plus de 19 points de moyenne, Morris intéressait les Angelinos à travers sa capacité à contribuer des deux côtés du terrain. Capable de scorer, capable de shooter, capable de défendre, et expérimenté puisqu’il est quand même dans sa neuvième saison NBA, Momo coche pas mal de cases pour un prétendant au titre. Marcus, c’est le genre de joueur qui peut clairement faire une différence quand ça compte. Brian Windhorst d’ESPN a récemment sorti un papier sur les coulisses des négociations entre les deux franchises californiennes et les Knicks pour récupérer le vétéran lors de la deadline. Visiblement, ça a foiré côté Lakers car ces derniers n’ont pas voulu inclure Kyle Kuzma dans un potentiel deal, tandis que les Clippers ont profité de leurs picks de draft (on vous rappelle que les Lakers sont quasiment à sec à ce niveau-là après le trade d’Anthony Davis l’été dernier) pour convaincre New York, eux qui ont envoyé un premier tour 2020, un deuxième tour 2021 (via les Pistons) et la possibilité de swap les choix du premier tour 2021 (protégé top 4), tout ça avec Maurice Harkless.

Avec l’arrivée de Marcus Morris, les Clippers ont donc ajouté une pièce potentiellement importante à un effectif déjà bien lourd sur le papier, tandis que les Lakers n’ont pas réussi à se renforcer. On peut donc dire en quelque sorte qu’ils ont fait coup double lors de cette trade deadline. Faut-il s’inquiéter pour la franchise pourpre et or ? Les Lakers ont-ils ce qu’il faut pour survivre en Playoffs ? Ou alors vont-ils regretter leur manque d’activité à la trade deadline ? Il y a trois semaines, LeBron James s’était exprimé sur les chances de son équipe avec l’effectif actuel, et il avait déclaré que les Lakers n’avaient pas forcément besoin d’une pièce supplémentaire pour pouvoir rivaliser avec les meilleurs. Coup de comm’ ou vérité ? À voir, l’avenir répondra à toutes ces questions. Et puis faut pas oublier qu’un certain J.R. Smith est toujours sur le marché hein. Mais ouiiiii, Gérard ! Le grand copain de BronBron va passer une audition avec les Lakers et qui sait, peut-être qu’il fera son grand retour en NBA, pour notre plus grand bonheur. S’il débarque dans la Cité des Anges, pas de doute, la mythique franchise californienne pourra regarder tout le monde les yeux dans les yeux. Blague à part, un autre nom est récemment apparu dans les rumeurs côté Lakers, à savoir… Dion Waiters. Encore une légende du jeu. Avec Darren Collison qui a finalement décidé de rester tranquilou à la retraite, Waiters pourrait représenter une option pour Los Angeles. À surveiller, tout comme les joueurs qui pourraient arriver sur le marché du buyout, qui dure jusqu’au 1er mars pour les mecs voulant participer aux prochains Playoffs.

# L’instant culture : un hymne national pas comme les autres

Aussi énorme par sa superficie qu’importante à travers sa place dans la culture américaine, Los Angeles est une ville vraiment pas comme les autres. Une ville qui a connu beaucoup d’événements marquants et de personnages légendaires dans sa riche histoire. On a ainsi voulu élargir un peu notre rubrique pour s’intéresser à des aspects qui dépassent le cadre du basket, tout en gardant évidemment ce lien avec la balle orange et les deux franchises de la Cité des Anges. Au menu du jour, Marvin Gaye et son interprétation mythique de l’hymne national américain lors du All-Star Game 1983.

Avec le All-Star Game qui arrive, on a décidé de revenir sur l’édition 1983, organisée justement dans la Cité des Anges. Le Forum d’Inglewood, la mythique salle des Showtime Lakers, a accueilli cette année-là le match des étoiles, qui a été marqué par un moment de grâce, un moment qui est resté dans les mémoires. Non, on ne parle pas de basket ici. On ne parle pas d’une performance de Magic ou Kareem, qui ont tellement brillé dans cette salle pendant les eighties. On parle de Marvin Gaye, prince de la soul et artiste légendaire ayant souvent mis en avant les problèmes sociaux de son époque à travers sa musique.

Ce 13 février 1983, il a réalisé l’une des plus belles interprétations de l’hymne national américain. The Star-Spangled Banner en version soul, pour un résultat magnifique. Pendant les trois minutes où il était derrière le micro, Marvin Gaye a réussi quelque chose de rare. Il a réussi à transmettre sa magie aux personnes présentes dans la salle. Joueurs, coachs, fans, ils ont tous été captivés par ce moment à part. Le temps semblait comme suspendu, et la voix du prince de la soul résonnait avec une pureté extrême. Il était alors au top. C’était la période de Midnight Love avec Sexual Healing, le plus gros succès de Marvin Gaye, qui a vu le jour lors d’un exil de deux ans en Belgique qui lui a permis de combattre ses gros problèmes de drogue, entre autres. Malheureusement, le prince de la soul se fera assassiner environ un an plus tard, le 1er avril 1984, par son père suite à une altercation dans le domicile familial.

« Je suis un privilégié car j’ai pu assister à ce moment, quand cette icône a chanté cet hymne. Les personnes qui étaient dans la salle ce jour-là ont vu quelque chose d’unique, qui a probablement changé les gens d’une certaine manière. »

– Pat Riley, via The Undefeated.

« Gangs of Los Angeles », c’est la série à suivre pour vivre à fond la grosse bataille de la Cité des Anges entre les Lakers et les Clippers. Sur comme en dehors du terrain, vous saurez tout. On vous donne désormais rendez-vous le vendredi 6 mars prochain pour la sortie du neuvième épisode, qui réservera sans aucun doute beaucoup de surprises.  

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