One-on-One

LeBron James au sommet du playmaking : meilleur passeur NBA, un chef d’orchestre exceptionnel, Magic a trouvé son successeur

Magic 2.0

Source image : YouTube

Meilleur passeur de la Ligue avec 11 caviars distribués par rencontre, un record pour lui depuis son arrivée en NBA, LeBron James régale plus que jamais avec ses qualités de passeur et sa vision de jeu. Tout au long de sa carrière, le King a brillé à travers son côté playmaker mais il atteint des sommets cette saison en tant que meneur assumé des Lakers. Focus.

LeBron James a toujours eu ce sens du jeu, cette capacité à lire les défenses et à créer des opportunités pour ses coéquipiers à travers des passes style Magic Johnson. Parfois, devant notre écran, on est là et on se demande comment il a pu sortir tel ou tel caviar. Peu de joueurs possèdent ce talent, que ce soit dans la NBA actuelle ou même dans l’histoire. C’est quelque chose de rare, mais le King fait partie de ces génies de la balle orange qui comprennent tout avant les autres et qui parviennent à analyser le jeu de manière impressionnante grâce à un QI basket extrêmement élevé. C’est clairement l’une de ses plus grandes forces, lui qui a passé la barre des 9 000 passes décisives en carrière la veille de son anniversaire le 29 décembre dernier. Récemment, LeBron avait rendu hommage à son ancien coach Frank Walker pour lui avoir inculqué l’importance du collectif dès ses premiers pas sur un parquet de basket. Faire jouer les autres, être altruiste, mettre ses coéquipiers dans de bonnes dispositions… il a appris tout ça très jeune et n’a jamais vraiment changé de philosophie. Avant d’arriver en NBA, il était déjà reconnu pour ses qualités de passeur et il s’est rapidement imposé comme l’un des meilleurs playmakers de la Grande Ligue. Tout au long de sa carrière NBA ou presque, il fut le point central de son équipe, la plaque tournante, dans un rôle de point forward bodybuildé capable de marquer 27 points par soir avec sept assists en prime. Mais aujourd’hui, aux Lakers, on a encore atteint un autre niveau. On ne dit pas que LeBron est meilleur à 35 piges qu’à 25 ou 28, mais il n’a probablement jamais été aussi redoutable dans le costume de chef d’orchestre d’une attaque.

Cette saison, LeBron James occupe véritablement le poste de meneur de jeu des Lakers. C’est quelque chose qui avait été discuté cet été et Los Angeles a mis ce plan à exécution. Aux côtés du King, sur les extérieurs, on retrouve deux joueurs qui n’ont pas besoin du ballon, qui sont là surtout pour défendre et tirer à 3-points, genre Danny Green, Kentavious Caldwell-Pope ou Avery Bradley. Bref, le profil qu’affectionne LeBron car ça écarte le terrain tout en donnant des options au King. Ça change de l’an passé, où les Lakers ont voulu mettre d’autres playmakers à côté de James pour permettre de soulager ce dernier avec moins de responsabilités offensives. Ça a bien foiré et du coup on est revenu à du classique. Que ce soit depuis le poste bas ou sur pénétration après un écran, LBJ distribue les tickets shoot, pour le plus grand bonheur de KCP, Green ou encore Troy Daniels. Dans la raquette, les Lakers font partie de ces équipes NBA qui jouent avec deux véritables intérieurs dans le cinq, ce qui n’est pas forcément dans la tendance globale. Anthony Davis et JaVale McGee sont effectivement alignés dans la peinture, avec du Dwight Howard en sortie de banc. Là encore, l’association avec James fait mal. Forcément, ça aide d’avoir un monstre comme AD dans l’équipe mais la relation entre LeBron et Unibrow est tout simplement impressionnante pour deux joueurs qui effectuent leur première campagne ensemble. Le pick-and-roll entre James et Davis est dévastateur, et puis l’ancien Pelican peut aussi planter de loin quand il est dans un bon soir, tout en étant menaçant dans le jeu en transition (bonjour les passes full-court). Autrement dit, difficile de trouver un intérieur plus complet que le monosourcil, qui représente le coéquipier idéal pour LeBron. Quant à McGee et Dwight, on parle de deux pivots qui sont excellents dans leur rôle de finisseur. Ces deux-là ne sont pas sur le parquet pour jouer au poste, ils sont surtout là pour conclure les alley-oops quand James attire la défense sur pick-and-roll. Vous ajoutez à tout ça un scoreur comme Kyle Kuzma, qui peut faire mal en contre-attaque ou lorsqu’il profite de l’attention générée par LBJ pour couper sans ballon.

« Mes coéquipiers et le coaching staff ont confiance en moi pour jouer à la mène et orchestrer tout ça. C’est mon boulot de prendre soin du ballon et mettre les autres en bonne position pour réussir, en faisant la passe au bon moment et au bon endroit pour des 3-points, des lobs, des dunks ou en transition, en utilisant mes qualités et ma vision de jeu que je possède depuis toujours. »

– LeBron James, via le Los Angeles Times.

Tout ça pour dire que James profite parfaitement des éléments qui évoluent autour de lui pour véritablement déployer tout son arsenal. Ces dernières années, dans une NBA au rythme de plus en plus élevé et où le shoot à 3-points a pris une place très importante, la moyenne de passes décisives a bien augmenté pour LeBron, avec 8,7 caviars en 2016-17 et 9,1 la saison suivante. Il n’avait jamais atteint de tels chiffres durant sa carrière auparavant. Mais aujourd’hui, James tourne carrément à 11 passes décisives par rencontre, pour 3,7 turnovers par match. Les pertes de balle ont souvent été un point faible chez James, qui n’hésite pas à prendre des risques dans ses choix de passe, mais 3,7 est un chiffre qui reste correct, surtout quand on prend en compte le jump au niveau du nombre d’assists. Avec un Anthony Davis en scoreur numéro un de l’équipe, le King marque moins (24,9 points par match) mais il est plus all-around que jamais, et ça donne un équilibre idéal pour les Lakers, premiers de l’Ouest avec un bilan de 29 victoires en 36 matchs. Cette saison, LeBron a atteint la barre des dix passes à 26 reprises et totalise pas moins de neuf triple-doubles. Un tous les quatre matchs, pas mauvais le numéro 23. Mais si on va plus loin que les chiffres, ce qui impressionne vraiment, c’est cette combinaison unique entre domination physique, QI basket, vision de jeu et gestion du tempo. Quand on regarde le King jouer au basket cette année, on a l’impression de voir un joueur qui dissèque les défenses possession après possession. Sa lecture du jeu est exceptionnelle, ses prises d’information et de décision font la différence, et ça permet aux Lakers d’avoir la quatrième meilleure efficacité offensive de toute la NBA.

On assiste clairement à une évolution dans le jeu de LeBron James cette année. Une évolution que l’on pourrait qualifier de naturelle vu son âge et ses nombreuses années dans la Grande Ligue, même s’il reste un monstre athlétique capable de scorer ses 25 points par soir. D’une certaine façon, le King nous rappelle les grandes heures de Magic Johnson version Showtime, dans un style différent certes mais avec un impact similaire.

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