Old-School

La fermeture du Palace, symbole d’une décennie en carton pour les Pistons : deux qualifs en Playoffs, zéro victoire, on applaudit

The Palace of Auburn Hills est sur le point d’être détruit, et c’est aussi triste que la décennie 2010 des Pistons.

Source image : YouTube/ESPN

The Palace of Auburn Hills. Pfiou, que de souvenirs. Si les Pistons évoluent aujourd’hui à la Little Caesars Arena, l’ancienne arène située en banlieue de Detroit reste évidemment la salle emblématique de la franchise du Michigan. Du coup, quand elle a fermé ses portes en 2017, l’émotion était grande, avec forcément une grosse pointe de tristesse pour les fans qui ont connu de grands moments à l’intérieur de celle-ci. Une tristesse qui symbolise bien la décennie 2010 des Pistons.  

30 ans. 29 plus exactement. Ouvert en 1988, le Palace a été le théâtre des plus grands moments de la franchise de Detroit pendant quasiment trois décennies. C’est au Palace que les Bad Boys ont pris le pouvoir en menant la vie dure à Michael Jordan, avec deux titres NBA en 1989 et 1990. Le fameux back-to-back décroché face aux mythiques Lakers version Showtime et aux Blazers de Clyde Drexler. Isiah Thomas, Joe Dumars, Dennis Rodman, Bill Laimbeer, Chuck Daly… la belle époque quoi. C’est également au Palace que les Pistons ont retrouvé les sommets 14 ans plus tard, avec l’une des plus grosses surprises de l’histoire des Finales. Tous les fans de Detroit se rappellent de cette série face aux stars de Los Angeles Shaquille O’Neal, Kobe Bryant, Gary Payton et Karl Malone. Une série remportée en cinq matchs face à des Lakers favoris mais en perdition, grâce à un collectif exceptionnel et une défense étouffante. C’était la team avec Chauncey Billups à la mène, Rip Hamilton à l’arrière avec son masque, Rasheed et Ben Wallace dans la raquette, et Tayshaun Prince sur le poste 3 pour cadenasser les meilleurs extérieurs adverses, le tout coaché par Larry Brown. Cette équipe a fait partie des poids lourds de l’Est pendant de nombreuses années et le Palace a toujours rugi pour elle, avec John Mason au micro et Eminem dans les tribunes. Mais le Palace, c’est aussi le lieu de l’un des événements les plus sales de la Grande Ligue, avec cette baston gigantesque entre les Pistons et les Pacers un soir de novembre 2004. Baston entre joueurs, mais surtout baston avec le public. Une bagarre qui a été un tournant dans l’histoire de la NBA et qui restera à jamais associée à cette arène, sous le nom de « Malice at the Palace ». Donc clairement, cette salle n’était pas vraiment comme les autres, d’autant plus qu’elle était la seule avec le Madison Square Garden de New York à ne pas être sponsorisée à travers un naming au moment de sa fermeture. Et puis, à travers son style très moderne pour la fin des années 1980, elle a inspiré beaucoup d’autres franchises pour la construction de nouvelles salles.

La fermeture du Palace, cela a sonné comme la fin d’une ère. Et si on veut rester dans la métaphore, ça ressemble un peu à la fermeture d’une boutique qui a très bien marché pendant un moment mais qui a ensuite attiré de moins en moins de monde, la faute à des produits de moins bonne qualité, voire carrément médiocres. Vous l’avez compris, on parle des Pistons quand on parle « des produits ». Parce que la décennie 2010 de Detroit, elle est moche. Après la saison 2008-09, au terme de laquelle l’équipe de Michael Curry s’était qualifiée pour les Playoffs avant de se prendre un sweep dans la gueule, la franchise du Michigan a connu six campagnes à 32 victoires ou moins, avec cinq entraîneurs différents sur le banc (John Kuester, Lawrence Frank, Maurice Cheeks, John Loyer et puis Stan Van Gundy) et de nombreux changements en coulisses (vente de la franchise et nomination d’un nouveau président en 2011, démission du boss des opérations basket Joe Dumars en 2014). Un gros bordel en quelque sorte. La transition après les belles saisons des années 2000 a bien été foirée, à cause d’un projet sans queue ni tête. Il y avait des vétérans, notamment des rescapés de 2004, il y a eu le recrutement de certains joueurs en pleine force de l’âge – vous vous souvenez de Ben Gordon et Charlie Villanueva qui devaient redynamiser la franchise ? – et de jeunots via la Draft pour essayer de repartir sur de nouvelles bases, mais ce mix n’a rien donné. Les mauvaises décisions, comme les défaites, se sont accumulées au fur et à mesure des saisons, avec comme symbole ultime l’épisode Josh Smith, signé pour 54 millions sur quatre ans en 2013 puis coupé… 18 mois plus tard. Bravo les gars. Il faudra finalement attendre la campagne 2015-16 pour revoir une équipe de Detroit compétitive, sous l’impulsion notamment du nouveau patron du sportif Stan Van Gundy. Grâce à la progression du jeune pivot Andre Drummond et les performances solides du meneur Reggie Jackson, sans oublier l’arrivée de Tobias Harris en cours d’année, les Pistons ont terminé cette saison-là avec 44 victoires au compteur, et un billet pour les Playoffs en prime. La suite, c’est un sweep face aux futurs champions, les Cleveland Cavaliers de LeBron James et Kyrie Irving, malgré une belle résistance. Malheureusement pour les fans de Detroit, c’était un one shot car leur équipe n’a pas confirmé en 2016-17, lors de la dernière saison avant le déménagement à la Little Caesars Arena. Autant dire que le Palace n’a pas vraiment eu l’occasion de vibrer au cours de ses dernières années d’activité.

Et aujourd’hui, c’est un peu pareil pour la nouvelle salle au centre de Detroit. Elle est belle, elle est moderne, elle est flambant neuve, mais l’ambiance est bien triste. Quand vous avez une équipe qui ne décolle pas malgré l’arrivée du spectaculaire Blake Griffin et du coach de l’année 2018 Dwane Casey, et qui semble même régresser, forcément c’est compliqué. 39 victoires pour la première année à la Little Caesars Arena, 41 en 2018-19 avec un nouveau sweep en Playoffs, un bilan négatif à l’heure de ces lignes, ça ne fait vraiment pas rêver. Mais la différence quand on regarde un match des Pistons aujourd’hui, c’est qu’il n’y a plus cette atmosphère spéciale qui accompagnait le Palace, même quand beaucoup de sièges étaient vides. Aujourd’hui, il y a plutôt cette pointe de nostalgie qui domine, car The Palace of Auburn Hills sera toujours la salle dans laquelle les Pistons ont raflé trois bannières de champion, dans une ambiance de folie avec plus de 20 000 personnes qui supportent leur équipe. Mais ce sentiment, il ne concerne pas uniquement Detroit. D’une manière générale, quand une franchise quitte une arène mythique, la transition n’est pas facile, surtout si l’équipe n’est pas performante. Prenez les Warriors aujourd’hui, ils évoluent dans le magnifique Chase Center mais on se dit qu’ils auraient mieux fait de rester dans la très chaude Oracle Arena étant donné que leur nouvelle salle semble être construite sur un cimetière indien. Désolé supporters de Golden State, on était obligés de faire une petite blagounette. Mais vous voyez le truc. Les souvenirs, les petites habitudes, l’histoire, c’est toujours dur de laisser tout ça derrière, et c’est uniquement à travers la création de nouveaux grands moments qu’on peut véritablement passer à autre chose. Le problème pour les Pistons, c’est que l’avenir ne s’annonce pas très radieux.

Le Palace d’Auburn Hills est sur le point d’être détruit, deux ans après sa fermeture. Les Pistons ont vécu leurs plus belles heures dans cette salle, malgré une fin sans saveur à cause d’une équipe de Detroit médiocre au cours de la décennie 2010. L’histoire de la franchise de Motown s’écrit désormais à la Little Caesars Arena, qui attend toujours de voir les Pistons avec une saison positive.  

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