Old-School

La brocante de TrashTalk, épisode 6 : le Suns – Celtics de 1976 ? The Greatest Game Ever Played, rien que ça

Bah oui mon n’veu, c’était pas du 720p à l’époque.

Source image : Youtube

C’est officiel, la canicule est passée par là et l’été est déjà bien entamé alors en attendant que la NBA reprenne ses droits dans notre quotidien, on recharge les batteries comme on peut. Entre deux matchs de Summer League pour survivre, on a même le temps d’enlever ses oeillières pour porter un regard différent sur notre sport préféré. Alors sortez vos lunettes de soleil et votre appareil à pression, TrashTalk vous accompagne en cette saison estivale avec des thèmes variés sur le monde de la grosse balle orange pour se changer un peu les idées. Allez, petit détour par la Brocante.

Les débats autour de l’histoire en NBA sont certainement les meilleurs : LeBron est meilleur que Jordan, Allen shoot mieux que Curry, les Celtics de Bird étaient une meilleure équipe que les Lakers de Magic, et patati et patata. Tout est audible et affirmer une vérité objective n’est jamais simple. En revanche, il existe bien des choses qui vont de soi et qui ne peuvent être remises en question. Aujourd’hui, on parle de l’un des plus beaux matchs de l’histoire si ce n’est le plus, comme son nom l’indique. Flashback jusqu’en en 1976 pour un match Suns-Celtics légendaire.

Commençons par un petit point sur les effectifs et sur la saison des deux équipes. Les Celtics ont réalisé cette année-là une régulière très solide, en prenant la première place à l’Est avec un bilan de 54-28. Leur cinq majeur est le suivant : JoJo White, John Havlicek, Dave Cowens, Paul Silas, Charlie Scott, soit… quatre Hall of Famers. Sympa la petite équipe hein. Après s’être sortis, non sans difficulté, de la conférence Est, les Celtics se dirigent en Finales pour affronter, si la hiérarchie est respectée, les Warriors de Rick Barry. Les Suns, de l’autre côté du pays, sortent d’une saison réussie mais bien plus moyenne : quatrièmes avec un bilan de 42-40. Leur cinq majeur ?  Gar Heard, Curtis Perry, Paul Westphal, Ricky Sobers et Alvan Adams. Opposés au Golden State Warriors, on leur prédit une défaite rapide et un retour à la maison dans le juste respect des choses. Cependant, la série s’étire jusqu’au Game 7, qui a lieu à l’Oracle Arena, là où les Dubs sont quasiment invincibles. Trop peu pour les Suns qui repartent avec une victoire méritée après un match dominé de A à Z, direction la finale pour aller affronter les Celtes.

Et à nouveau… on vend la peau du cactus avant de l’avoir coupé : les Celtics mènent 2-0 avec deux victoires sans bavures à la maison. Seulement, le cœur de l’Arizona va réveiller les Suns qui recollent à 2-2 après deux gros matchs de leur part : un énorme Game 5 se prépare, mais personne ne s’attend à ça. Mesdames et messieurs, asseyez-vous confortablement, c’est l’heure du Greatest Game ever. Le match commence et, malgré un Havlicek blessé depuis le début de la série, la profondeur de l’effectif de Boston fait trop mal, les Suns ne peuvent pas défendre autant de joueurs capables de scorer. Le premier quart est une boucherie, 36-18 pour les C’s, on s’attend à un blow-out et au craquage définitif de Phoenix. Mais, sous l’impulsion d’un Westphal en mode patron, les Suns vont revenir petit à petit jusqu’à être clairement dans la course au cours du quatrième quart. Le franchise player au maillot violet est fortement soutenu dans cette quête par sa paire de rookie : Ricky Sobers et Alvan Adams, complètement impressionnants pour des gars qui n’ont aucune expérience dans la Ligue, pas sûrr qu’on revoit ça de sitôt.

En fin de quatrième quart, il faut un and-one de Westphal pour recoller les deux équipes à égalité. Parce que oui, à l’époque il n’y avait pas de ligne à 3-points, seulement une raquette dessinée sur un parquet tout brillant, dur à imaginer aujourd’hui. Bref, les astres s’alignent et on se dirige une prolongation : 95-95. Cette overtime est complètement étouffante, les défenses sont clairement en place et aucun panier n’est facile. Cinq minutes plus tard, les équipes n’ont marqué que 6 points chacune, rebelote, on part pour une seconde OT. On est donc dans un Game 5 de Finales NBA dans lequel une deuxième prolongation commence, et ce n’est pas fini. JoJo White sort la brouette et ses balls et montre le chemin de la victoire aux Celtics en donnant jusqu’à 3 points d’avance aux verts. Seulement, après un panier pour recoller à un point, Westphal réussit l’interception de sa vie, panier facile, +1 Suns, 5 secondes à jouer. En l’espace d’un clignement d’œil on est passé d’une situation où les C’s sont largement devant à une autre où les Cactus s’envolent vers la victoire, que c’est beau le basket. Très honnêtement, c’est maintenant que l’histoire s’écrit vraiment, car ce qui va suivre repousse les limites de l’entendement. On exagère ? A vous de juger.

Temps mort Boston qui est donc désormais mené de un. Il faut prendre un shoot rapidement, il n’y a plus d’issue pour une nouvelle égalité, cette prolongation aura raison du match. Balle à John Havlicek qui, tranquillement, va aller… déposer un énorme shoot synonyme de victoire pour Boston, +1 Celtics, 1 seconde à jouer. La salle explose et les gens envahissent le terrain en pensant que le match est terminé… seulement les Suns ont posé un temps-mort. Ce temps-mort, ils n’avaient pas le droit de le poser car ils n’en possédaient plus mais vous savez quoi ? C’était volontaire. La conséquence de cet abus est un lancer franc pour les Celtics, qui sera transformé par JoJo évidemment. Boston est donc à +2 mais les Suns possèdent une remise en jeu dans la moitié de terrain adverse, soit une balle d’égalisation. Alors… malin ou pas le temps-mort ? Remise en jeu, balle à Gar Heard, fadeway et hop, le match est égalisé, tie game comme ils disent, troisième prolongation nous voilà. La scène est surréaliste, alors que les Celtes pensaient avoir gagné, ce sont maintenant les Suns qui explosent de joie. Ah oui, c’est la première fois dans l’histoire de la NBA qu’un match de Finales ira au bout d’une troisième prolongation.

Ce dernier OT justement, sera dominé par un JoJo White incroyable, décidément motivé pour donner la victoire à son équipe. Les Suns vont tout essayer mais ils ne pourront pas revenir, Boston l’emporte et s’envole vers un treizième titre de champion (remporté au match suivants à Phoenix). Le match finit sur un score de 128-126 après 5 dernières minutes placées sous le thème de l’attaque, ce match nous aura vraiment tout fait, tout montré. La story est folle, les joueurs sont incroyables et le niveau de jeu est all-time. Aux antipodes de la NBA ultra athlétique et rapide qu’on connaît aujourd’hui, ce match là est clairement une référence que tout bon fan de basket appréciera regarder. Alors on ne vous conseille que cela, sortez votre short le plus court, mettez des Converses et c’est parti pour le plaisir.

L’été est déjà bien entamé et on doit maintenant chercher dans le old-school pour ne pas tomber sur des highlights qu’on a déjà vu et revu. Ce match-là est légendaire et sa beauté part direct dans notre sang pour nous donner notre dose quotidienne. Maintenant, on peut retourner dormir ou se pavaner au bord de la piscine, le basket pour aujourd’hui, on ne verra pas mieux.

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