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Retour sur la demi-finale de Conférence 2001 entre les Sixers et les Raptors : de quoi vous mettre l’eau à la bouche avant le remake

On sait que vous avez déjà entouré le Game 1 sur votre calendrier, et vous avez bien raison. La demi-finale qui se profile à l’Est entre Philadelphie et Toronto a tout d’une opposition absolument de mammouths. Des superstars qui ont répondu présentes au tour d’avant, des matchups intrigants à la pelle, la totale, quoi. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que ces mastodontes s’affrontent à ce stade-là, et la première bataille fut all-time. Retour.

Tout d’abord, replantons le contexte de cet affrontement épique. A l’époque, les Sixers étaient tout simplement les cadors de l’Est, emmenés par un Allen Iverson tellement cheaté qu’il influença une génération entière d’apprentis basketteurs. Cette saison-là, A.I réalise sans doute la meilleure campagne de son illustre carrière, avec un titre de MVP à la clé, mérité tant le Hall of Famer porta sa franchise. Oui, car qu’on se le dise, avec un Dikembe Mutumbo sur la fin, Eric Snow ou Aaron McKie comme coéquipiers principaux, sans vouloir leur faire injure, mais ce n’est pas un roster forcément taillé pour aller super loin. Et pourtant. Tout au long de la régulière, à coup de cartons invraisemblables au scoring, en attestent ses 31,1 points de moyenne, saupoudrés de handles qui laissèrent plus d’une paire de fesses par terre, Iverson propulsa une équipe de role-players en postseason, mais surtout avec le meilleur bilan à l’Est (56-26). Au premier tour, les Sixers rencontraient les Pacers de Reggie Miller, pas simple à manœuvrer, et Indiana ne se fit d’ailleurs pas prier pour arracher le premier match en mode raccroc, d’un tout petit point. No panic, Philly a son MVP, et un joli 45 points claqués dans les dents au Game 2, voilà que les hommes de Larry Brown étaient réveillés, et même si ce fut accroché, ils gagnèrent tous les matchs suivant pour s’adjuger ce premier tour, qui à l’époque se jouait en trois. En demi-finale, ça allait être un tout autre délire par contre. Cinquièmes de l’Est à l’issue de la saison, les Raptors avaient salement galéré pour se défaire des Knicks au premier round. Heureusement pour eux, la troupe de Lenny Wilkens avait elle aussi son messie : les enfants, dites bonjour à Half Man, Half Amazing, le plus canadien des floridiens, Vince Carter, bien sûr. Ce dernier sortait d’une énorme campagne à 27,6 points de moyenne en régulière, sauf que pour ses débuts en Playoffs, il allait dans un premier temps littéralement se chier dessus. Sur les six premiers matchs, Carter tournait à 18,8 points, à à peine plus de 30% au tir et, surtout, affichait un gros 2/19 à trois points (!). Qui a dit croqueur ? C’est passé sur le fil, 3-2, pour Toronto, mais au tour suivant, face à Philadelphie, il allait falloir hausser le ton, en particulier pour son franchise player.

Et c’est exactement ce qu’il fit, et, comme pressenti, l’affrontement entre Vince Carter et Allen Iverson s’inscrit sans aucun doute comme l’un des plus gros duels de scorers de l’histoire des Playoffs. Un vrai combat de coqs et, comme le veut l’adage, à la fin, il n’y avait de la place que pour une seule gâchette. Ni 30, ni 40, non, dans cette série on se répondait à coup de gros massacres à 50 pions. 50 points en Playoffs, mais de quoi on parle là ?! Pour vous donner une petite idée, sur l’ensemble de la série, Vinsanity et A.I ont posé une moyenne respective de 30,4 et 33,7 points. Le petit coup de mou de Carter ne dura donc pas bien longtemps, et une fois le surplus d’adrénaline dissipé, il reprit vite les bonnes habitudes, y allant de son petit chef-d’oeuvre lors du Game 3, avec une perf’ tout simplement all-time de 50 points, dont neuf tirs du parking. Ah oui, en effet, ça allait largement mieux pour Vince, qui ce soir-là combla son antre du Air Canada Centre, pour une large victoire des dinos’, 102-78. Mais tout ne fut pas aussi facile, puisque de l’autre côté, The Answer était lui aussi chaud comme la braise. Et allez, 54 unités lors du Game 2, ah, et vous en reprendrez bien 52 au Game 5 ? Bon, tout ça, c’est bien beau, mais comme annoncé en préambule, il n’y a qu’un seul spot en finale de Conférence, les gars. Dantesque jusqu’au bout, ce fut de façon assez logique que ce mano a mano se joua donc lors d’un ultime Game 7, au First Union Center. Le jour même du match, Carter décida de faire un aller-retour express à l’université de North Carolina pour la cérémonie de remise de son diplôme. Un geste plus qu’honorable, mais qui ne manqua pas de créer son lot de controverse, surtout au vue de la suite des événements. Lors du match décisif, il retomba quelque peu dans ses travers du premier tour, plantant seulement 20 points à 6/18 au tir, mais heureusement, la superstar d’en face était dans un cas similaire. Iverson était également en difficulté au shot, mais su néanmoins s’adapter en endossant un rôle de distributeur assez inhabituel, délivrant 16 assists, son record en carrière. Un final bien tendax comme on les aime, avec une dernière action tristement légendaire si vous êtes fans des Raptors, ou de Vince Carter. A 88-87 Philly, la gonfle arriva dans les mains du Raptor pour le dernier tir du match. Quoi qu’il arrive, Carter allait entrer dans la légende, il restait simplement à savoir de quelle façon. Un rebond sur l’arceau plus tard, c’est finalement le costume du magnifique loser qu’il endossa, partageant les regrets d’un pays entier. Ce jour-là, Vince dû se contenter d’un diplôme, « seulement ». Cruel.

Deux joueurs légendaires, une série de fou furieux, un scénario à couper le souffle… Si tout ça ne vous donne pas envie pour le remake, on ne sait pas ce qu’il vous faut. En espérant que, pour une fois, le sequel sera encore meilleur que l’original.

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