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Les Celtics peuvent apprécier leur gestion de la série face aux Pacers, mais pas de quoi noyer tous les doutes

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Source image : NBA league Pass

Auteurs d’un très propre sweep des Pacers sur ce premier tour des Playoffs à l’Est, les Celtics ont rempli une part du boulot en mettant de côté les critiques. Peut-on s’envoler pour autant et écarter définitivement les craintes mentionnées tout au long de la saison ? Pas sûr.

Foutue critique de l’instant. Elle va, elle vient, elle nous ronge quand on s’y attend le moins et elle nous prend par surprise en modifiant tout notre mode de pensée. La série de Boston contre Indiana sur ces sept derniers jours est un grand et bel exemple de cette tentation qui nous est posée sous le nez à chaque premier round de Playoffs. On débarque avant la série avec nos interrogations, nos doutes, nos attentes, et en fonction du résultat final on a tendance à modifier notre jugement initial. Mais voilà un comportement qui est bien dangereux à adopter lorsqu’on parle de cette équipe de Boston. Talentueuse, complète, polyvalente, expérimentée, l’armée de Brad Stevens a démarré sa saison 2018-19 avec un statut de troupe attendue en finale de conférence minimum, Finales NBA pour beaucoup. La suite, on la connaît, une régulière particulièrement mouvementée, quasiment pas deux semaines de suite sans se prendre la tête à deux mains dans le Massachusetts, des questionnements dans tous les sens et cette sensation de ne pas pouvoir compter sur les Celtics au moment où les Playoffs vont démarrer. On se dit, y’a un moment où ça va péter, où les grognements d’octobre à mars vont ressortir en mai. Et justement, nous y sommes bientôt en mai. Après le torse bombé à l’automne puis le front penché à l’hiver, voici le retour des gros pecs. En écartant sèchement les Pacers sur ce sweep bien mené, les C’s donnent l’impression d’avoir tout réglé. On le lit, on l’entend, nombreux sont les observateurs qui reprennent de manière assez compréhensible le discours tenu par Kyrie Irving : retrouvons-nous en Playoffs car c’est une toute autre affaire. Et les gros titres sont là, dégainés à cause de cette instantanéité si tentante. Et si Boston avait retrouvé son jeu ? Et si Boston était au top au meilleur moment ? Sweep oblige, changement de regard oblige.

En voyant Indiana se faire éliminer et la manière qui a été utilisée pour ce faire, on ne peut opter pour un jugement tout noir ou tout blanc. Le positif ? Il est dans l’approche globale de l’équipe, sérieuse, appliquée, unie. Il est dans la gestion des fins de matchs, que ce soit au Game 2 ou au Game 4. Il est dans la montée en puissance de Gordon Hayward, la bonne attitude de Kyrie Irving, la défense démontrée par séquence par tout le groupe. Les snipers étaient pointés sur les Celtics, ils les ont fait baisser sans montrer de vrai moment de doute. Mais le négatif ? Il est peut-être dans ce manque de pragmatisme face à l’adversaire donné. Oui, Boston a battu Indiana. Mais c’était attendu, c’était nécessaire, et la différence de talent entre les deux effectifs ne pouvait tolérer toute autre issue. Le sweep est là, net et sans bavure, mais peut-on balayer pour autant les Pacers comme les doutes évoqués pendant la régulière ? C’est là que l’adversaire suivant, et le round suivant, et le script de la série suivante, auront tout leur impact. Les Celtics ne se sont pas encore retrouvés dans une situation contraignante, de type lendemain de défaite. Ils n’ont pas eu non plus droit à une attaque de feu à stopper, comme celle que Milwaukee va imposer. L’idée ici n’est pas de discréditer Brad Stevens et ses hommes, ni de manquer de respect à Indiana ou de quantifier la différence de level entre Bucks et Pacers. L’idée ici est simplement de garder le plus possible les pieds sur terre. Se souvenir des projections d’avant-saison, se souvenir des critiques faites tout au long de la régulière, se souvenir aussi du niveau que représentait Indiana au premier tour, et aborder les demi-finales avec sérénité. Une partie du boulot a été faite et c’est tant mieux, en passant ce tour comme prévu. Maintenant va venir le vrai test de ces Celtics. Affronter les Bucks, avec le meilleur bilan de la NBA cette année, un probable MVP de la saison, un clair statut d’équipe favorite, l’avantage du terrain et la hype qui va avec. Peut-être que c’est exactement ce dont Kyrie et ses coéquipiers ont besoin. Ou peut-être qu’on retrouvera les secousses de l’hiver dernier. Mais au moins, la tentation du maintenant est un minimum écartée.

Avant de réaliser la preview complète de cette future série entre Bucks et Celtics (merci Giannis de finir Detroit comme il se doit), la mission est double pour Boston et ses fans. Apprécier le présent et le boulot effectué tout en contrôle, mais se rappeler de la montagne qu’il faudra grimper dans quelques jours, et le travail de groupe que cela va demander. Irving nous a donné rendez-vous en Playoffs, on y est : maintenant c’est l’heure de vraiment juger cette équipe de Beantown.

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